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Les juifs ont eu une influence psychologique non négligeable en Afrique du nord. Les descendants d’Abraham, les ‘Hébreux’ s’y infiltrent dès avant Moïse.

juif berbere de dadesLes premières incursions des Juifs en Afrique du Nord, bien antérieures à la Conquête arabe, remontent au temps des Phéniciens, ces navigateurs qui ont commencé à fréquenter les côtes méditerranéennes du continent noir, tout comme en témoignent certains éléments épigraphiques et objets ouvrés retrouvés dans les ruines de Carthage. Ils seront rejoints par des milliers d’autres Juifs, persécutés et chassés au temps des Babyloniens et des Grecs, déportés et vendus dans les ports africains sous l’empire romain. On trouve des inscriptions témoignant de la présence juive dans tout le Sahara. En Mauritanie, nombreux sont les récits concernant « les juifs maraîchers ». On mentionne aussi des « Beni Israël » qui creusent des puits au Ghana.

Les Juifs du SAHARA

La première apparition des grandes colonies juives sur le littoral africain date de l’an 320 av. JC, lorsque Ptolémée Soter, fondateur de la dynastie des Lagides, envahit la Palestine et transplante plus de cent mille captifs juifs en Afrique. Une partie s’établit en Égypte, où Ptolémée leur confie la défense des forteresses grecques. Alexandrie surtout reçoit une importante colonie juive qui occupe bientôt deux des cinq quartiers principaux de la ville ». Quelques siècles plus tard, la grande révolte des juifs du pourtour méditerranéen contre Rome (115-118) s’étend jusqu’à la Mauritanie et à la Berbérie intérieure.

Plusieurs voyageurs ont trouvé des pierres et des stèles qui témoignent de « l’ère juive du Sahara », datant de 320 av. JC. Leur présence dure jusqu’en 1492.

De l’AN 5 à L’AN 1492

Durant notre ére, une civilisation juive s’étendait au nord du sahara, la plus vaste du monde. Un lourd silence plane sur cette période, mais l’histoire nous fait un devoir de la mentionner.

carte BERBERIELe Royaume Juif

Regroupés, les juifs s’organisent politiquement en une ‘République Juive’ dont la capitale est Tamentit, oasis du Touat qui fut au XÏII au XIVèmes siècles une métropole industrielle et commerciale du désert, tout comme le fut Tombouctou, la ville légendaire.

TAMENTITLa population juive était l’aristocratie dominante. A son contact, quelques tribus berbères se sont converties à la religion hébraïque.

Tout à l’honneur de cette population juive enracinée au sol, de grands travaux d’irrigation ont été réalisés. Alors que les lacs s’asséchaient, des aqueducs souterrains et des puits artésiens sont creusés, ils furent longtemps l’orgueil des oasis.

En l’an 115 de nombreux juifs de Cyrénaïque fuient le pays devant la rude répression de Marcius Turbo Ils émigrent vers l’Ouest et fondent des colonies dans la vallée de l’oued Righ et celle de l’oued Mzab et jusque dans les oasis où leurs descendants islamisés se retrouvent sous le nom de Mehadjeria (‘émigrés’ de leur religion, d’après M Martin, écrivain).

mehadjeriaUne mehadjeria jeune juive musulmane en costume traditionnel

Les juifs importent la civilisation greco-romaine et les méthodes de commerce et de cultures, apprises en Cyrénaïque Ils se propagent dans le Touat et le Gourara qui seront peuplés de juifs ou de Gétules judaisés.

Touat 1La Nouvelle Palestine

C’est alors qu’à partir de l’an 500, la ‘Nouvelle Palestine’ se développe dans le Touat, autour des lacs et des palmeraies qui les ceignent. Barrages et canalisations à ciel ouvert drainent les eaux de ruissellement superficielles.

La métropole, nous l’avons dit, est Tamentit où, à la suite d’une nouvelle et importante immigration juive dans le Touat est construite, en 517, la première synagogue.

tamentit juivePierre plate,d’une cinquantaine de kilogrammes, portant l’inscription « Maïmon, fils de Samuel et petit-fils de Braham ben Koubi, décédé en 5150 (1390)».  Sur cette dalle, les femmes lavaient leur linge au lavoir public.

tamentit juive 2Musée de l’Oasis

« Les Indigènes racontent que les ksour de Tamentit furent créés par les Juifs l’année de l’éléphant. C’est ainsi que les Arabes désignent l’année au cours de laquelle eut lieu l’expédition qu’Abraha, prince éthiopien, entreprit contre la Mecque pour renverser le temple de la Kaaba ; Abraha montait un éléphant blanc.»

Des kasbahs (véritables châteaux-forts maçonnés en pierres plates posées de champ par couches horizontales) se construisent à Tazout Balia, Mekkid et ïghezzer.

Des villages se développent, notamment :

– en aval : àTasfaout et dans le Fenoughil ; à El-Ahmar, Tittaf, Gharmianou, Temassegh dans leTamest ; à Takhfift, dans le Touat El- Henné ; à Aît Messaoud et Taorirt dans le Reggane.

– en amont : à El-Mansour et Ghermal, dans le Bouda ; à Kaberten à Igosten ; àTabia et àTahtaït, dans l’oasis deTimimoun.

tamentit royaumes juifsEn 681, les tribus Zénètes, anciens Gétules nord-sahariens, chassés par Sidi-Okba, s’installent dans le Touat, le Gourara et le Bouda Sidi-Okba parviennentt à soumettre le Touat et islamisent par la force ses habitants.

Dès que le conquérant disparaît, les habitants des oasis juives reviennent à la religion de leurs pères et de nombreux Zénètes se convertissent à la religion hébraïque

C’est en 691 que l’héroïne berbère Damya el-Kahena a battu l’envahisseur arabe Hassan ben-Amor. Elle était reine et prêtresse d’une tribu berbère convertie au judaïsme.

En 748, alors que les Juifs avaient évacué Takhfift, Hclal bon Messaoud arrive de Mossoul (Irak) avec des commerçants Juifs qui s’installent.

Tamentit_cite_du_desert_AdrarTamentit, cité du désert

Dix ans plus tard, en 758, les Miknassa qui sont Berbères, fondent un émirat à Sidjilmassa et soumettent les oasis à leur organisation tant politique qu’économique C’est ainsi que la voie qui relie le nord de l’Afrique au Soudan permettra l’acheminement des esclaves et de l’or de ce pays vers la Berbérie musulmane. Mais cela ne durera pas car l’émir de Sidjilmassa, Midrar, de son nom El Monteçar el-Yaca, soumet les oasis à sa domination, en 820.

En 909, l’armée châïte chasse les Zénètes qui sauvegardent leur vie par un nouvel exode vers les oasis où ils trouvent refuge auprès du noyau dur de la population juive dans lequel ils sont intégrés.

En 984 arrivent les premiers Arabes qui vont nomadiser dans le bas Touat, vers le Reggane à l’entour du Ksar deTaorit et sur les pentes ouest duTâdmaït. Alors que les eaux de surface disparaissent, le drainage en sous-sol est réalisé par l’aménagement de foggaras par la main d’oeuvre, abondante.

En 1040, un groupe de Boramiks, descendants de l’esclave Bormek affranchi par les Prêtres du Feu chez les Madjous (Normands), pourchassé par les Abassides s’installe à Touat-el-Henné.

Les Arabes affluent alors par petits groupes dans les oasis et s’y sédentarisent. Ils se surnomment les ‘Mahboub’ ce qui veut dire ceux qui ont des céréales qu’ils cultivent. Les Zénètes se nourrissent de loul, graine du drinn qui pousse, sans avoir à le cultiver, tout naturellement dans le Sahara ; c’est pourquoi ils sont appelés ‘Maloul’ par les précédents. Ils ne s’entendent pas et se livrent des luttes sanglantes.

Des tribus viennent s’installer près des gros villages Judéo-Zénètes et créent des ksours, El Mebrouk, Tibechrine, Béni-Mellouk, Tahtaït (Timimoun). Elles essaiment vers les oasis
créant d’autres villages et ksours.

Tamentit zenetesEL GOLEA Près du Ksar, ancien village Zénète qui porte le nom de l’exil (en hébreu golah ou géoulah)

Les luttes sont incessantes, les Merabtines (Marabouts) venus du sud attaquent les oasis. Les juifs attaqués par les Arabes évacuent Takhfift et s’installent à Temasegh.

Des tribus hilaliennes viennent nomadiser puis se sédentarisent et dominent les populations du ksar et leur font payer tribut.

Les luttes sont permanentes et s’aggravent lors de chaque arrivée de nouvelles tribus arabes qui se rangent du côté des Mahboub contre les Zénètes. La guerre gagne progressivement toutes les oasis. Tour à tour chacun des ksours est attaqué et pillé.

Les Juifs sont submergés par le flot des arrivées des Arabes qui s’installent dans Tamentit même ; de plus, la peste qui sévit fait mourir en grand nombre les juifs, ce qui leur fait perdre leur puissance et leur autorité. Ils vivent alors sous la protection des Musulmans.

Mais la guerre entre cheikhs n’a point de fin. Ils viennent du sud, du pays d’Oran, du Maroc pour dominer. Les Khalifes se succèdent à Sidjilmassa qui subit des pillages et se proclame, un jour de 1242, vassale du prince hasfide de Tunis puis tombe en 1268 sous la domination de l’Emir Mouhidde de Marrakech.

Tamentit ksar-isole-de-draa-timimounTimimoun : Ksar isolé de Draa

tamentit timimoun la casbaLes Juifs qui sont installés à Gharmali en Bouda sont expulsés par le cheikh Toudji venant du Sahel. Avant de disparaître totalement, ils s’installent dans l’oued El-Hadjar, à Ksar Daoud, à Ksar Omar et aux Oulad-el-Mehdi.

Les rezzous se succèdent et les ksours sont rançonnés. Les uns sont des gens du Sahara, d’autres de Mauritanie, voire des coalitions de cheiks de tribus diverses, telles les Arabes de l’oued El-Henné alliés aux Arabes d’Ouallen, d’el-Gandhou et de Bou-Zid. Les révoltes se succèdent et des tribus entières arabes sont déportées par le gouvernement Merinide pour réprimer leurs habitudes guerrières.

Les Juifs sont toujours la cible des Arabes et sont la cause de luttes entre clans arabes, ceux qui les protègent bénéficiant de leur commerce et ceux qui les emprisonnent pour en tirer quelque tribut.

Destruction de la synagogue de Tamentit

Tamentit était le lieu saint des Juifs sahariens. Leur synagogue est maintenue par les musulmans. Nous savons que les populations juives avaient précédé les Arabes et les Zénètes dans les oasis. Ceux-ci, plus nombreux, dominants et dominateurs leur avaient toléré leur religion voire même adoptée, par certains.

En 1492 l’Islam connaît des défaites en Europe.

Le Cheikh ben Abdeikrim el Mighili en accuse, au cours de ses prêches, les ‘gens de l’erreur’ et particulièrement les Juifs dont l’influence était grande. Il leur reproche, des trahisons qui leur rapportent de gros bénéfices. fl prêche alors la guerre sainte contre les Juifs et après les avoir persécutés à Sidjitoassa et dans les contrées environnantes, il se rend à Tamentit avec ses compagnons armés qui tuent tous ceux qui s’opposent à leur marche,

Arrivés à h synagogue, ils massacrent tous tes Juifs et la détruisent.

La ves ion populaire veut que Mîghili appela la malédiction divine non seulement sur les Juifs mais aussi sur le cheikh Seddik et ses partisans qui étaient opposés à la destruction du lieu de prières et au massacre. Ils furent, les juifs, exterminés.

Les Juifs et les Arabes de race blanche et de race sémite présentent des différences psychologiques profondes. Les premiers sont économes et prévoyante les seconds aussi gaspilleurs qu’imprévoyants. Différences ataviques accentuées par les préceptes religieux contenus dans le Coran et la Bible.

Tamentit juifs du SaharaJuifs du Sahara

tamentit-le-dernier-rabbin-de-tombouctouLe dernier rabbin du Sahara

mimounijuififrane94Une photo datant d’une cinquantaine d’années qui montre le départ des derniers citoyens marocains Juif d’Ifrane vers l’etranger après plus de 2500 ans de vie sereine au Maroc.

mimounijuififrane99Dans cette salle jouxtant le cimetière les Juifs marocains déposaient leurs morts en attendant de les enterrer. Il faut noter aussi que les corps arrivaient quelquefois de très loin a travers les montages pour être ensevelis.

Quant aux Berbères, qui ont facilement adopté le christianisme et le Judaïsme, ils s’adapteront encore plus vite à la religion également monothéiste que ‘pratiquent les Mahométants. Ce dernier culte leur laisse espérer le bonheur non seulement dans l’autre monde mais aussi sur la terre. Cela semble mieux correspondre à leurs instincts humains qu’à leur psychologie.

Les berbères juifs, une histoire niée et méconnue

La première source historique évoquant des tribus juives berbères date du XIVe siècle. C’est le Kitab al-cibar d’Ibn Khaldoun. Certes il y a également de nombreuses légendes locales sur les Juifs berbères au Sud marocain préislamique. Certains historiens sont convaincu de l’authenticité de ces traditions et légendes, même si nombre d’entre elles n’ont été consignées que récemment.

Au Ier siècle avant l’ère commune, une importante présence juive à Cyrène est attestée par Strabon cité par Flavius Josèphe : « Il y avait à Cyrène quatre classes : les citoyens, les laboureurs, les métèques et les Juifs. Ceux-ci ont déjà envahi toutes les cités… »

« On a de sérieuses raisons de penser que le judaïsme commença à se répandre parmi les populations berbères de massifs montagneux et des confins du désert aux lendemains de l’insurrection des Juifs de Cyrénaïque au début du IIe siècle. La nombreuse population juive établie de longue date en ce pays était d’origine judéenne, mais les descendants… à force de vivre au milieu de populations berbères, avaient sans doute fini par se « berbériser » par leur langue et par leur manière de vivre… Nombre d’entre eux (…) purent facilement répandre leurs croyances et leurs pratiques parmi les Berbères auprès desquels ils avaient trouvé refuge. Amorcée dès cette époque, la judaïsation des Berbères se serait obscurément poursuivie du IIe siècle au VIe siècle pour ne recevoir des persécutions byzantines qu’une nouvelle impulsion. » Sebag écrit dans son ouvrage dédié aux Juifs de Tunisie.

Une Reine Berbère oubliée de l’Histoire :

Née en 650, Deya Bent Nifak Cohen était dit-on juive de confession, très belle mais de moeurs libertines. Elle aimait les hommes et s’offrait aux plus beaux et aux plus braves de ses guerriers. Les Arabes l’appelaient la devineresse, la Kahéna, la sorcière et juive d’Afrique. Elle résista aux armées arabes de 697 à 708 et régna pendant 5 ans. Elle est muée en légende mais refusée dans nos livres d’Histoire.

La vérité est que la Kahéna est le pur symbole de l’Afrique berbère qui se prolonge de nos jours à travers toutes les tribus des montagnes et du désert. Elle est le refus de la dégradation de l’âme amazigh jusqu’à l’anéantissement et à l’auto- destruction masochiste. La Kahéna a su unifier l’Afrique contre l’hégémonie étrangère après avoir vaincu les armées arabes de Hassan Ben Nuûman, mais elle n’a pas su organiser sa victoire en fédérant les siens…

Un mariage oublié de l’histoire

D’après les historiens,le contact entre les deux peuples, juifs et Amazigh, remonte à plus de 2960 années(calendrier berbère: 950 Av-JC) quand le Roi juif Salomon (970/937 av jc),qui régnait en terre sainte demanda la main de la fille du roi Berbère Sheshonq, fondateur de la 22ème dynastie des Pharaons en Egypte.

sheshongLe Pharaon Sheshong : le fondateur du premier état Amazigh 10 siècles avant JC

Cette alliance avait permis au Roi Salomon d’arrêter les appétits du Pharaon sur Jérusalem. Et c’est ainsi que la fille du Roi Phraon Amazigh devint la première épouse du Grand Roi et prophète du peuple hébreu. La fille de Sheshonq, épouse de Salomon donna naissance aux premiers Hébreu-amazigh de l’Histoire. Les mêmes chroniques nous rapportent que les premiers missionnaires, commerçants, aventuriers juifs furent arrivés jusqu’à la côte atlantique sud marocaine du temps du même Roi Salomon.

Ainsi commençait la judaïsation des Berbères, bien avant que l’islam existât.

Lorsque le pire ennemi de l’empire romain était un Amazigh

Hannibal Barca, ce général Amazigh de Carthage en Afrique du Nord dans l’actuelle Tunisie a décidé un jour en signe de révolte contre l’ingérence romaine en Afrique du Nord de lui faire la guerre. Mais comment peut-on faire la guerre à la plus grande puissance mondiale de l’époque qui est l’empire romain ?

Hannibal BarcaFils d’Hamilcar Barka, son vrai nom était H’anni-Baal.

Le jeune général âgé seulement de 26 ans, après une longue réflexion, décida de faire la guerre contre Rome ! Mais ne s’arrêta pas là, il a même choisi le lieu de la bataille pour être le cœur de l’empire romain à 100 km de Rome la capitale.

« Je suis né pour exercer la vengeance de mon peuple » dit Hannibal barca, qui va devenir le pire ennemi de Rome dans toute son histoire et le premier stratège militaire de l’histoire, poussant son armée jusqu’au bout de l’endurance possible pour ses soldats.

Avec une armé bien préparée, il fait le détour de l’Afrique du Nord en passant par le détroit, l’Espagne jusqu’en Italie. Avec des éléphants gigantesques qui ont fait trembler les soldats romains qui n’ont jamais vu un gigantesque animal !

Il a gagné la bataille trois fois à 40 km de Rome. Selon les règles de guerre de l’époque, Hannibal aurait dû signer la convention de sa suprématie sur Rome. Mais, il refuse et répond à ses généraux :

« Pas besoin de dévaster la vile de Rome pour prouver notre victoire, nous avons gagné Rome et nous allons leur montrer que nous ne sommes pas des barbares, ce sont eux qui le sont. »

Erreur fatale qui changeât le cours de l’histoire …

Article réalisé à partir de plusieurs sources, dont un texte du site  http://www.piedsnoirs-aujourdhui.com

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