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La foi en D.ieu ; l’Unité Divine et Sa Torah

torah et unitéLe Judaïsme repose dans son intégralité sur la transmission d’une vérité immuable et fondamentale énoncée dès le premier verset de la Torah écrite, à savoir, que D.ieu a créé le monde et l’humanité :  » Béréchit bara Elokym ète ha-Chamaïm vé ète ha-Arets «  » Au commencement, D.ieu a créé les Cieux et la Terre « . Genèse 1-1.

Il en découle que la notion de « Création du Monde », ou Briyat ha-Holam, implique que tout ce qui existe, que ce soit les mondes et les créatures spirituelles, ainsi que les éléments physiques qui façonnent l’univers et qui y vivent, est l’œuvre et la volonté d’un Créateur unique, l’Eternel D.ieu Tout-Puissant ; Qu’Il donne vie et vitalité perpétuellement et éternellement, à chaque instant, à toute chose, uniquement par l’effet de « Sa Parole ».

C’est pour exprimer cette vérité première, source de vitalité en la « Foi en D.ieu », la Emounah Ba-Chem, que la Torah écrite commence par mentionner la genèse de l’univers et de l’humanité, et non par des lois organiques.

Dès les premiers versets, le Créateur se présente au préalable aux créatures, auprès de qui Il fait connaitre à tous la « Force de Ses oeuvres » ou Koah Mahassav, au-delà de toutes les puissances, et informe qu’Il est le seul et unique Créateur, comme il est dit dans le livre des Psaumes et la litturgie juive :  » Maitre du monde, qui régna alors que rien encore ne fut créé « . Sidour Téhilat Ha-Chem

D’un point de vue linguistique, toute croyance en un seul et unique D.ieu est appelée Monothéïsme, du grec « mono » ou « un » et « théos » ou « dieu ».

Toutefois, il faut établir une nette distinction entre le monothéïsme biblique, tel qu’il est transmis par les Sages de la Tradition juive depuis le Don de la Torah, et les autres formes de monothéïsmes. Des croyances qui se fonderont au cours de l’histoire sur d’autres personnages, récits, dogmes et théories, sans rapport avec les valeurs de la Torah reçues par le peuple d’Israël au pied du mont Sinaï.

Le « Judaïsme » se dit Yahadout.

Cette expression hébraïque provient de la racine du verbe « léhodot », qui signifie « reconnaître », ou « rendre honneur ». Le terme « Yahadout » ne figure pas dans les écrits bibliques, le Tanakh, mais apparaît pour la première fois dans le Livre des Hasmonéens II 2-21, pour définir la foi et les lois du peuple Juif, face aux croyances des nations.

Cependant, au regard du Monothéïsme hébraïque, D.ieu le Créateur, formulé dans les sources ésotériques par les expressions « Son Essence et Son Identité », ou Atsmouto ouMahouto, soit Sa nature profonde, est la seule existence réelle, l’unique existence, malgré la réalité de la Création du monde et de ses changements, sans que ceux-ci n’aient aucune coïncidence sur « Lui », comme il est écrit :  » Toi, tu es le même avant que le monde ne fut créé, et Toi, tu es le même bien que le monde fut créé « . Litturgie du matin, Téhilat ha-Chem

Néanmoins, il demeure que comprendre profondément la notion d »unité de D.ieu avec Sa création dépasse l’entendement humain. Mais l’intellect possède la capacité à saisir le concept et le devoir d’y méditer, et ainsi se soumettre à Sa volonté avec toutes les forces de son âme.

C’est pourquoi, raby Moché ben Maïmon commence son ouvrage fondamental par la loi :  » Le fondement de tous les fondements et le pilier de toutes les sciences est de savoir qu’il existe un Etre unique, cause de l’existence de toute chose. Tous les êtres, du ciel, de la terre et tout ce qu’ils renferment, ne sont parvenus à exister que par le mérite de son Existence. Et, si il te venait à l’esprit qu’Il n’existait pas, aucun être ne pourrait alors exister « . Michné-Torah, Lois des Fondements de la Torah, chap. 1, loi 1-2.

De même, la notion de la foi en un D.ieu unique repose sur le principe fondamental :  » Qu’Il n’existe que « Lui », soit avant l’acte de la création, soit après l’acte de la création, sans que la création ne cause en Lui le moindre changement. « Lui » est l’origine de toute vie et « Lui » est l’origine de toute connaissance. Il est Celui qui connaît, Il est Celui qui est connu, Il est la connaissance même. Tout cela n’est qu’un « . Ibid chap. 2, Loi 10.

De la même façon que D.ieu ne forme qu’un avec « Sa connaissance », ainsi Il ne forme qu’un avec l’ensemble de ses « Forces » et de ses « Noms » :  » Moi l’Eternel Je n’ai pas changé « . Malakhi 3-6

Cependant, le concept d’une telle unité, avec ses Noms et Attributs, qu’il n’existe que Lui, bien que la création soit, reste au-delà de toute compréhension rationnelle. En effet, la compréhension de l’homme étant limitée, et D.ieu étant illimité et au-delà de toutes les sagesses, l’homme ne peut avoir de perception véritable de la Divinité et de son Unicité. Tanya, Porte de l’Unité de D.ieu et de la Foi, chap. 8.

Quand le peuple Juif déclare dans ses prières quotidiennes, notamment le verset lu matin et soir :  » Chémah Israël ha-Chem Elokénou ha-Chem Ehad  » Deutéronome 6-4 que « D.ieu est Un », il ne veut pas dire seulement qu’il n’y a qu’un seul D.ieu et qu’il n’en est pas d’autre.

Le sens profond de cette déclaration est tiré du versé : » Il t’a été montré pour reconnaitre que ha-Chem, Lui est D.ieu. Il n’en est point d’autres à par Lui « , Ibid 4-35 soit, que D.ieu est Un, qu’il n’y a rien d’autre que la divinité, ou Heyn hod milvado, c’est-à-dire, que Son Essence est la même avant et après la création du monde.

De même, la création du temps, ou de l’univers physique comme des mondes spirituels n’ont apporté aucun changement en D.ieu, car Il en est l’Essence. Les Cieux et leurs armées célestes, la Terre et les éléments innombrables qu’il contient ne peuvent exister par eux-mêmes. Ils n’existent constamment que parce que D.ieu les faits exister à chaque instant sous l’effet de Sa parole. C’est une injonction de la Torah d’avoir foi en « l’Unité de D.ieu » appelée Mitsvat Ahdout ha-Chem, un précepte qui s’accompagne également du précepte positif pour l’homme de s’investir du « Joug de la Royauté divine », un niveau de soumission nécessaire afin d’accomplir les préceptes de la Torah, ou Kabalat hol Malkout Chamayim.

La Torah ou l’expression de la Volonté de D.ieu.

Le Judaïsme, dans son son esprit et entendement, est l’expression de la Volonté profonde du Tout-Puissant, du Créateur, réveillée dans la Torah, à savoir, celle de résider dans le monde qu’Il a créé :  » raby Chmouel bar Nahman a dit ; Le Saint bénis-soit-Il se délecta que soit une demeure pour lui dans les mondes inférieures de même comme dans les mondes supérieurs « . Midrach Tanhouma Nasso 16

C’est à dire, que précisément ce monde auquel Il donne existence et vie à chaque instant, un monde par nature limité et aux facettes innombrables, soit une demeure pour « Son Essence divine » ou « Présence divine », la Chékhina, que ce soit dans les niveaux les plus élevés au plus bas et grossiers.

De même, le maintien de Sa demeure ici-bas, est concrétisé par la soumission, le service et l’effort de l’homme, lors de son étude des écrits de la Torah et l’accomplissement de Ses commandements, comme lors de l’utilisation des éléments du monde, tel qu’il est écrit:  » Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux « . Exode 25-8

Les Maîtres de la Sagesse ésotérique remarquent qu’il n’est pas écrit « Je résiderait en lui », ce qui se réfèrerait géographiquement au Tabernacle ou au Temple et à son service, mais bien « parmi eux », soit « au plus profond de chacun d’entre vous », Réchit Hokmah, Porte de l’Amour chap. 6 c’est-à-dire, de vivre en chacun des hommes, dans les coeurs et les esprits.

Aussi, les connaissances, les pratiques, les pensées et les orientations qui ont données naissance aux observances judaïques sous ses différentes dispositions et applications actuelles, soit au culte hébraïque, émanent des sagesses ou enseignements transmises par D.ieu à Moïse au mont Sinaï, dans le cadre de la Torah Ecrite et la Torah Orale.

Mais à un autre niveau, la Torah, dont la source est au-delà du temps terrestre et le texte qualifié de Langue Sainte, représente la matrice et le moule qui sert à la création du monde par D.ieu, notamment du fait qu’elle contient les paroles divines créatrices :  » D.ieu a lu dans la Torah et a créé le monde « . Zohar Lévitique section Téroumah

L’étymologie du mot « Torah » provient du verbe « léhorot » qui signifit enseigner et ordonner. C’est également au sujet de la relation entre la dimension de la Torah et l’unité de D.ieu qu’il est écrit dans le livre de la Sagesse ésotérique :  » Ses enseignements (Sa Torah) et Sa Sainteté Bénit soit-Il ne sont qu’Un « . Zohar I, 24-a

Il est entendu que toute la Torah, unique source du Judaïsme, dans toute son étendue et dans les moindres détails, a été transmise par l’intermédiaire de Moïse au peuple d’Israël lors du Don de la Torah en 2448, puis enseignée de génération en génération à tout le peuple par les dépositaires de la chaîne de la Transmission des Sanhédrines successifs.

Toutefois, la connaissance mystique liée à la création de l’univers par un D.ieu unique est antérieure à la Révélation sinaïtique. Elle remonte à Adam, le premier homme et premier Prophète de l’humanité.

A ce titre, Adam est aussi le premier dépositaire des savoirs de la chaîne de la Transmission, dont Moïse représentera la 26 ème génération et le fondateur du premier Sanhédrine, d’où émane l’enseignement des lois de la Torah.

Parmi les autres dépositaires, on distingue essentiellement Noé, Chem, Héver et les Patriarches.

Jusqu’au jour du Don de la Torah au Mont Sinaï, la Volonté de D.ieu ne s’est exprimée que dans le cadre des 7 lois de Noé.

A la suite de la destruction du second Temple de Jériusalem, en 3829, la Torah, son enseignement et ses lois, sera transmise dans le cadre les Académies talmudiques, les « Batéi Midrachot » ou les « Yéchivot », jusquà nos jours.

Les valeurs de la Torah englobent généralement tout ce qui se rapporte à la « Halakha » ou la « Loi » et les règlements ou « halokhot » au pluriel ; les « Minaguim » ou les « Traditions » ; et le « Dérek Erets » ou les « Règles de conduite ».

Le premier codex regroupant les 613 Commandemants de la Torah et les 7 lois des Rabbanane, porte le nom de Michnah, dont les Maitres et enseignants portent le nom de Tanaïm. Ces derniers ont siégé et dirigé le Grand Sanhédrine de l’an 3448 à 3978.

Par la suite, leurs disciples et successeurs, les Maitres Amoraïm, développeront les alinéas de la Michnah, donnant naissance en Israël au Talmud de Jérusalem et en Diaspora au Talmud de Babylone. Ces derniers ont siégé et dirigé le Sanhédrine de l’an 3979 à 4267.

Par la suite, toutes ces lois et règles donneront naissance à de nombreux ouvrages hébraïques dans tous les niveaux d’interprétations de la Torah. Au XVIième siècle, l’ensemble des lois, à l’origine de la pratique du Judaïsme, furent codifiées afin d’être accessible au plus grand nombre dans le « Choulhan Haroukh » ou la « Table Dréssée », par raby Yossef Karo.

Les Noms divins ; des Attributs et des voiles

Dans la Torah écrite, différents noms divins sont attibués au Créateur, à D.ieu, chacun aux qualités spécifiques :  » Sache donc, en ce jour, et retiens dans ton cœur que l’Eternel (Havaya) est D.ieu (Elokym) en haut, dans le ciel, et en bas, sur la terre, et qu’il n’y en a point d’autre « . Deutéronome 4-9

Ces deux noms de D.ieu, Havaya et Elokym, sont généralement rattachés à des Attributs divins particuliers, et font référence au sens caché et profond du nom exprimé.

Par exemple, le « Nom Ineffable », ou « Tétragrame », est composé des quatre lettres hébraïques : le « Youd », le « Hé », le « Vav » et le « Hé », dont la valeur numérique est 26. Il est prononcé traditionnellement « HaVaYa », mais sa prononciation rituelle est « A-do-naï ». Ce nom se réfère à D.ieu tel qu’Il est infinit et transcende la création, à l’Etre omniprésent, omnipotent et omniscient, d’où sa traduction « l’Eternel ».

Ce nom est la contraction des trois expressions « Haya », « Hové » et « Yihyé », soit,  » Il a été, Il est, Il sera « , car sa Lumière infinie transcende toute notion de temps et d’espace. On lui substitue parfois le terme Ha-Chem, qui signifit « le Nom », c’est ce substantif qui est utilisé le plus courranment quand on s’adresse au Créateur.

Quant au nom divin « Elokym », la Torah écrite l’utilise pour se référer à D.ieu au moment de la Création de l’univers et de l’humanité, siégeant avec son Tribunal céleste. De même le nom « Elokym » est rattaché aux notions de rigueur et de justice et se traduit par « D.ieu », ou Deus en latin.

Raby Chlomo ben Itshak en donne le commentaire suivant :  » Il n’est pas mentionné « Elokym créa », mais « Hachem créa » (Hachem étant le Nom divin associé à l’Attribut de miséricorde). A l’origine, l’intention divine première était de créer le monde avec l’Attribut de justice, mais l’Eternel jugea que le monde ne subsisterait pas. Aussi, fit-Il passer au premier plan l’Attribut de miséricorde. Par la suite, Il l’associa à celui de justice, comme il est dit :  » Le jour où Hachem-Elokym créa terre et cieux « . Genèse 2-4

Toutefois, la Torah écrite emploie également le nom « Adonaï » transcrit selon sa prononciation : « Alef », « Daleth », « Noun » et « Youd », l’un des sept noms de D.ieu. Ce nom divin sous-entend que celui-ci est rattaché à « l’Attribut de Royauté ». Il a pour étymologie le terme hébraïque « Adôn » ou « Maître », faisant référence à D.ieu régnant sur toutes les créatures.

L’analyse de la valeur numérique des mots bibliques, la Guématria, révèle que le nom « Elokym », Nom de D.ieu utilisé dans le premier verset de la Torah, a la même valeur que le mot « Nature », ou Tévah, soit 86. Pardess, Porte 12, chap. 2.

Le terme « Tévah » désigne l’ensemble des lois et des propriétés naturelles inhérentes au monde physique, la nature des choses, comme les qualités des éléments et composants de l’univers matériel. Il en résulte de cet approche des valeurs numériques, que le nom « Elokym » a aussi dans un autre aspect de sa révélation, pour qualité et fonction essentielle de voiler l’Identité divine inhérente à l’existence des mondes et à la vie, d’où sa forme pluriel, laissant apparaître la notion de nature inhérente au monde.

Il donne à l’homme l’illusion que l’univers existe et évolue selon ses propres règles, sans que l’homme ne puisse ressentir l’expression du « Verbe divin », ou de la « Parole de D.ieu » à l’origine de la création ex-nihilo de l’univers.

Ainsi, le nom divin « Elokym » intervient et agit comme un « bouclier », un « Maguen », une protection face à la Lumière divine infinie émanant du Tétragramme divin « Y-H-V-H », soit le nom « HaVaYa ».

Ce nom divin confère un voile protecteur préservant toutes les créatures, leur permettant ainsi de d’exister et de vivre sans disparaître dans leur source originelle, c’est-à-dire, du néant absolu avant qu’elles aient été créées. Tanya, Porte de l’Unité et de la Foi, chap. 6.

Ainsi, c’est dans le but de permettre aux créatures d’exister, de façon indépendante, chaque entité selon sa voie naturelle et force vitale, et de les protéger, que le voile de la Divinité joue un rôle si important.

En réalité, bien que le monde n’est « rempli » que de Divinité, de la Présence de D.ieu, le voile est si grand que l’univers semble exister naturellement comme une entité complètement séparée de D.ieu, bien qu’Il donne vie à chaque instant à celui-ci. C’est pourquoi le terme « Monde » se traduit par Holam, en hébreu, terme de même racine que Hélem, ou « Voile », et c’est à ce propos qu’il est écrit :  » Et les mondes sont innonbrables « , et que  » Ta royauté, règne sur tous les mondes… ».

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