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La portée éternelle des 10 Expressions.

Le fondateur de la Hassidout, raby Israël ben Elyhézer, enseigne à propos du verset biblique :  » Toujours, ô Eternel, Ta parole subsiste dans les cieux « , Psaumes 119-89 que Ta parole se réfère ici à l’expression de la Torah :  » Qu’il y ait un firmament entre les eaux… », Genèse 1-6 c’est à dire, que  » Ta Parole «  allusionne à la notion de « Parole divine » créatrice, à l’origine de l’existence du monde créé ex-nihilo, soit « Mé-Ayin lé-Yéch ».

Cette « Parole divine » est appelée en hébreu Dvar ha-Chem ou la « Parole de D.ieu » et Rouah Piv ou le « Souffle de Sa bouche » ; elle est la source des 10 Expressions ou les « Hassarah Maamarot », qui confèrent existence, vie et vitalité à toute la création :  » C’est par la parole de l’Eternel que furent faits les cieux et le souffle de Sa bouche toutes leurs armées « . Ibid 33-6.

En ce sens, les lettres hébraïques constituante de ces 10 Expressions, subsistent éternellement dans le firmament et sont à jamais contenus à l’intérieur des cieux ; ce sont part ces lettres et ces mots qu’émanent la force vitale de tout être créé, comme il est écrit: «  La parole de notre D.ieu subsistera éternellement « . Isaïe 40-8.

Il est écrit également à propos des 10 Expressions :  » Ses paroles vivent et subsistent éternellement « . Liturgie de l’office du matin, Bénédiction du Chémah « Emeth véyatsiv »

De même, à l’inverse, si à D.ieu ne plaise les lettres et mots de ces 10 Expressions venaient à s’effacer et retourner à leur source, ne fût-ce qu’une seule fraction de seconde, tous les cieux retourneraient au néant absolu, exactement comme avant que ne fût prononcée la première expression divine :  » Vayomer Elokym…D.ieu dit ; Que soit un firmament entre les eaux « .

Il en serait de même pour toutes les créatures, jusqu’à ce monde terrestre et l’univers entier.

Dans l’hypothèse ou les lettres des 10 Expressions par lesquelles les cieux et la terre furent créés au moment des six jours de la Création devaient les quitter, ne fût-ce qu’un infime instant, les cieux et la terre retourneraient au néant absolu, comme avant les six jours de la Création.

C’est pour cette raison que la création est spécifiée comme étant un processus permanent, car D.ieu, à tout instant maintient cette « Parole » dans le monde pour lui donner existence et vie d’ex-nihilo.

De même D.ieu renouvelle constamment l’existence du monde et de toutes les créatures, les recréant du néant, exactement comme au moment de la création. C’est aussi cette « Parole » qui est à l’origine de la « Providence divine », régissant le moindre détail de ce qui survient à chaque créature. Tanya, Porte de l’Unité de D.ieu et de la Foi, chap. 1.

De la « Parole divine » à la constitution des mondes.

De même, la notion de « Parole créatrice » a été énoncée par le kabbaliste raby Itshak Louria:  » Même dans la matière, comme les pierres, la terre ou l’eau, il y a une âme et une force vitale spirituelle « . Ets Haïm, Chaar Mayim Noukvin Oumayim Doukhrin, Porte 3.

Les lettres hébraïques constituantes des 10 Expressions, en y pénétrant, donnent vie et existence à la matière minérale, qui peut alors sortir du néant qui régnait avant les six jours de la Création.

Ainsi, bien que le mot « pierre » ou « Even », en hébreu, ne soit pas mentionné dans les 10 Expressions figurant dans la Torah écrite, la force vitale coule néanmoins dans la pierre par l’effet de combinaison et de substitution des lettres qui sont transposées dans les « deux cent trente-et-une portes » en ordre direct ou inversé, comme cela est expliqué dans le « Séfer Yétsirah », jusqu’à ce que la combinaison du mot « Even », dérive des 10 Expressions et découle de celles-ci.

C’est cela qui constitue la force vitale de la pierre, et de même pour tous les autres éléments de la création. Leurs noms respectifs dans la Langue Sainte sont les lettres mêmes du Verbe des 10 Expressions figurant dans la Torah et descendues, degré par degré, par les substitutions et les transformations dans les « deux centre trente-et-une portes », jusqu’à ce que ces lettres atteignent la chose créée, la pénètrent et lui donnent vie.

En effet, les créatures individuelles ne peuvent recevoir leur force vitale directement des 10 Expressions de la Torah, vu que cette force, à sa source, dépasse de loin la capacité des créatures individuelles. Celles-ci reçoivent cette force seulement quand elle est descendue et s’est réduite, degré par degré, par l’effet des substitutions et des transpositions des lettres, selon les équivalences numériques des lettres, la Guématria, jusqu’à ce que cette force vitale puisse se contracter pour pénétrer et donner naissance à une créature particulière.

Le nom de cette créature, dans la Langue Sainte, est le réceptacle même de cette force vitale, condensée dans les lettres de son nom.

De même la forme des lettres hébraïques rappelle les différentes sortes de force vitale qui conduisent à la création de toute chose.

Le Judaïsme considère que le monde a été créé par le seul effet de la Volonté de D.ieu, celle-ci étant dévoilée par la « Parole de D.ieu » dans le cadre des 10 Expressions. Par conséquent, l’univers n’existe et ne vit que par l’effet de la « Parole divine », laquelle est formulée et transcrite dans la Langue Sainte, dans la Torah.

De plus, le processus de la création ex-nihilo se poursuit et se renouvelle à chaque instant sous l’effet du « Verbe divin », qui insuffle continuellement dans la matière une vitalité nouvelle, afin de maintenir l’existence du monde, et qu’il ne retourne pas au néant absolu d’où il est issu :  » Il renouvelle continuellement et quotidiennement, dans sa bonté, l’œuvre de la Création « . Liturgie de l’office du matin.

Ainsi, le passage de l’esprit divin absolu aux mondes spirituels, puis à la substance matérielle, n’a pu se réaliser que par un acte émanant de « Sa seule Volonté », « Rétsono », et sous l’effet de « Sa Parole », « Dibouro ». Tel que l’enseignent les maîtres de la Michnah :  » Bé-hassara Maamarot Nivra ha-Holam « , soit, que le monde dans sa totalité, est créé sous l’effet de 10 Expressions, à chaque instant. Maximes des Pères 5-1.

Raby Chnéour Zalman, fondateur de la Hassidout Habad, développe le principe absolu selon lequel la création du monde n’a aucunement affecté l’identité divine. Il illustre ce principe par l’allégorie suivante :

« Nous savons que le monde entier, l’univers, comprenant les Cieux et la Terre, n’a été créé que par le « Souffle du Verbe de D.ieu ». De même que D.ieu emplit les mondes et que rien n’existe en dehors de Lui, il en résulte que rien ne peut être séparé de Lui. Là où se trouve la Parole de D.ieu, Son Essence est présente également, la « Chékhina ».

En effet, Sa Parole est partie de lui-même, à la différence de celle de l’homme qui se détache de lui, après qu’elle ait été prononcée.

Or, lorsqu’un homme prononce une parole, cette parole n’entraîne en lui aucun changement. Ce rapport est encore plus insignifiant si l’on considère l’identité de la parole avant d’avoir été prononcée, alors qu’elle n’était encore qu’à l’état de pensée :  » De fait, la mesure du Saint béni soit-Il n’est celle de l’homme, fait de chair et de sang. Ainsi, lorsqu’un homme prononce une parole, le souffle que suscite celui-ci dans sa bouche est ressenti, et il semble avoir une existence indépendante, distincte de sa source, c’est à dire, des dix aspects de l’âme proprement dite.

En revanche, la Parole du Saint béni soit-Il n’est nullement séparée de Lui,, ce qu’à D.ieu ne plaise, car rien n’est extérieur à Lui, et aucun endroit n’est vide de Lui…ainsi qu’il est écrit : Mes pensées ne sont pas vos pensées… La parole de D.ieu porte donc ce nom uniquement par référence à la parole inférieur de l’homme. etc.. Isaïe 55-8″. Tanya chap. 21

Ainsi, quand un homme prépare ce qu’il va dire, il réfléchit et ressent sans faire intervenir sa parole. Puis, lorsqu’il la prononce, dès lors, celle-ci existe en tant que telle.

En revanche, quand la Torah nous enseigne que tout a été créé par la « Parole de D.ieu », l’univers des étoiles et des planètes, les mondes physiques et les entités spirituels, elle entend que la totalité de la création ne ressemble en fait qu’à l’effet d’un « souffle du Verbe », une simple « parole », en comparaison à Son Essence, du fait que ce souffle ne se sépare pas de Lui.

Ce n’est uniquement par rapport à l’homme que l’existence du monde représente une réalité séparée de sa source, mais non pas lorsqu’il s’agit du Créateur qui confère l’existence aux créatures à chaque instant par la parole :

 » Néanmoins, la Torah s’exprime dans le langage des fils de l’homme, en l’occurrence, elle attribue aux propos de D.ieu le nom de Parole, à proprement parler comme celle de l’homme, parce qu’en réalité c’est bien de cette façon que Sa Vitalité descend et s’intègre aux stades inférieurs, au moyen de nombreuses et intenses phases de contraction de Sa lumière (Tsimtsoumim), appartenant à diverses catégories, afin de concevoir de multiples créatures, de différentes sortes « . Ibid chap. 22.

La Hassidout explique que toute créature ne peut exister que parce que la Parole créatrice de D.ieu se maintient en elle à chaque instant. Si, à D.ieu ne plaise, cette parole, ce souffle, se retirait d’une quelconque créature, ne serait-ce que pendant un infime instant, cette créature retournerait alors au néant, à un état de non existence.

De la Sagesse divine aux Quatres Mondes.

Le Judaïsme dispose d’une vaste bibliographie qui traite des sujets mystiques tels que la création de l’univers et des mondes de différentes natures qui l’anime, sur le processus même de la création, sur les caractéristiques des éléments et les forces qui donnent vie à l’âme, ou encore sur l’Unité et les Noms du Créateur.

Selon les sources de la Kabbalah et de la Hassidout, la notion qui définit l’acte premier à l’origine de la création des Cieux et de la Terre par D.ieu, repose sur le processus transcendant appelé « Création Ex-nihilo », ou Bria Yéch Mé-Ayin, une expression hébraïque traduite par « Création émanent du néant », ou « Création de ce qui existe issu du néant ».

Toutefois il faut distinguer deux formulations, à savoir que si le monde, tel qu’il est déjà à l’état de création concrète, est créé par D.ieu selon le processus formulés « Création à partir du néant », à l’inverse, quand il s’agit de D.ieu qui créé le monde, lui donne existence, vie et vitalité, celui-ci se dit selon le processus Mé-Ayin lé Yéch, c’est à dire, « Du néant à ce qui Est ou Existe », en tant que création. Voir Tanya, Porte de l’Unité et de la Foi, chap. 4 et 5.

Or dans la pensée hébraïque, à propos du mot « ayin » traduit à tort par « néant », il est clair que le « néant absolu », c’est à dire, un espace « vide de vie », n’existe pas dans la pensée du Monothéïsme hébraïque, ni en physique d’ailleurs, comme il est dit :  » Aucun endroit n’est vide de Lui « . Tikouné Zohar n° 57, p. 91

« Lui », étant la source et l’Essence divine de toute existence, faisant référence aussi à la « Présence divine », appelée la « Chékhina ».

Mais dans son sens profond, le terme hébraïque « ayin », traduit à défaut par « néant », ne signifie pas une « absence de vie et d’existence », bien au contraire, ce terme introduit un niveau de révélation très élevé et caché, une Lumière infinie de D.ieu à l’origine de la création du monde.

La source divine même d’où découle l’attribut de « Sagesse », ou Hokhma, un terme généralement traduit par sagesse ou force de l’intellect :  » Et la « hokhma », de « ayin » tu trouveras « . Livre de Job 28.

Le terme de « Sagesse », dans son contexte, se rapporte également à la source originelle de la création, à la Sagesse supérieure et première, c’est à dire, « ha-Kadoch Baroukh Hou », ou le « Saint béni soit-Il », bien qu’Il transcende toutes les sagesses de la création et toute perception intellectuelle :

 » Seule la foi véritable en Celui qui fit la création du début, en le fait que la création émane à partir du néant, est appelée prémice de la sagesse, et cette sagesse n’est pas perceptible à aucun être créé. Cette création est réalisé de cette façon à tout moment et à chaque instant. Toutes les créatures émanent à l’existence à partir du néant, de Sa sagesse, béni soit-il, qui vivife toute chose « . Tanya, Iguérèt ha-Kodech chap. 11.

De plus, tous les mondes et toutes les créatures de l’univers, qu’elles soient d’ordre spirituelle ou matérielle ou de natures différentes, sont uniquement la conséquence et l’effet de la « Hokhma », tel qu’il est écrit :  » Que sont grandes et nombreuses Tes actions, tous Tu les fis par la Sagesse « . Psaumes 104-24

C’est pour ses raisons que la « Hokhma » est aussi qualifiée par l’expression Réchit ou « Prémice » ; cet Attribut divin, étant le début de la révélation divine, englobe et devance toutes les notions de création de temps et de matière :

 » En effet la qualité première et le stade initial des créatures sont la Sagesse, qui de ce fait est appelée Prémice. Elle est effectivement le commencement et la source de toute vitalité animant ces créatures « . Tanya, Porte de l’Unité et de la Foi, chap. 8. Rabbénou Béhayé section Vaéra.

De même, le processus créateur des sphères spirituelles les plus élevées aux mondes physique les plus bas et grossier, résulte uniquement de la force créatrice issue de l’Essence divine même et de son émanation, appelée Ohr Eyn Sof, ou « Lumière infinie » de D.ieu.

Une lumière qu’aucune pensée ne peut saisir, mais dont le réceptacle est la « Hokhma » elle-même.

Il en résulte que l’homme, créé aussi à l’image de son Créateur et fait par l’attribut de la « Sagesse », la source de l’intellect et de la compréhension qui transcende tous les mondes, porte en son âme cette Lumière infinie, bien que celle-ci le dépasse également par la pensée.

Au niveau de l’homme, la nature de « Hokhma » est l’état de conscience et la révélation de la manifestation la plus élevée de la personnalité humaine. Elle correspond au savoir potentiel dont les implications ne sont pas encore dévoilées. C’est le début de la compréhension qui marque du passage du non savoir au savoir, puis au stade du discernement et de la connaissance, deux composantes des trois attributs de l’intellect.

La Hassidout analyse longuement comment ce processus de création des sphères spirituelles, d’où émane l’existence et la vie de toute créature, se poursuit à travers quatre degrés d’émanation que la « Hokhma » transcende, réceptacle de la Lumière infinie, ce sont les Harbah Holamot ou les « Quatre Mondes ». Ces quatres mondes sont aussi qualifiés de « Mondes spirituels » ou Holamot ha-Rouhanyim (Holam au singulier), ils sont ;

1 – Holam ha-Atsilout. Premier des quatre mondes spirituels. C’est le monde de « l’Emanation » par excellence, le plus élevé de tous les mondes spirituels. Il est en état d’union parfaite avec D.ieu, et représente le plus haut niveau de proximité avec Lui. Il transcende, par conséquent, l’entendement humain.

2 – Holam ha-Briah. Deuxième des quatre mondes. C’est le monde de la « Création », représentant la première étape de la création ex-nihilo. Il est délimité et reçoit seulement une irradiation de la Lumière infinie du monde de « Atsilout ». Il peut, par conséquent, être appréhendé par l’esprit humain.

3 – Holam ha-Yétsira. Troisième des mondes. C’est le monde de la « Formation ». Le mal y est à part égal avec le bien. La création matériel commence à y prendre forme.

4 – Holam ha-Hassiyah. Quatrième des mondes. C’est le monde de « l’Action » qui, dans son niveau le plus bas, représente notre monde physique. C’est le stade final du processus créateur qui réduit progressivement et cèle la force créatrice des « Hassara Maamarot », les « Dix Expressions » originelles, par lesquelles tous les mondes ont été créés et se maintiennent.

De la Lumière infinie à l’existence des mondes.

La Hassidout révele à propos de l’Unité de D.ieu avec Sa création, que la « Lumière divine infinie » ou le « Ohr Eyn Sof », émanent de l’Essence de D.ieu, est par nature même infinie, constante et immuable.

De ce fait, Sa révélation directe n’aurait pas rendu possible la création d’un univers limité, en espace et en temps, sans avoir recours au processus de dissimulation de la force vitale, de la contraction et du retrait de la Lumière divine infinie, notamment, afin d’enclencher le mécanisme de la création de l’univers.

De ce processus créateur qui permet au monde d’exister ex-nihilo sous l’effet de la Lumière infinie de D.ieu, tout en supportant cette Lumière, porte le nom de Tsimtsoum.

De cette conséquence se distingue deux formes essentielles de contractions et mouvements ; la première, consiste en un retrait de la Lumière, de sorte que celle-ci soit écartée et mise de côté, la seconde forme, une fois le retrait accomplit, a uniquement pour effet de la voiler, de sorte qu’elle soit cachée et occultée :

 » En fait, les détails du voile et de l’occultation de la lumière de l’Eyn Sof, Bénit soit-Il, au sein de l’enchainement des mondes, jusqu’à la création de ce monde matériel, sont extrêmements nombreux et variés…, néanmoins de façon générale on peut distinguer trois formes de tsimsoum, intenses et globales, qui correspondent aux trois sortes de mondes. Mais chaque catégorie générale compte des dizaines de dizaine de milliers d’aspects spécifiques. Ils s’agit des trois mondes, Briah, Yétsira et Hassiyah, car le monde d’Atsilout, est à proprement parler, la Divinité « . Tanya chap. 46

De même, la Lumière infinie transcende l’enchainement des « Quatre Mondes » et donc des « Dix Attributs divins », donnant vie et vitalité à toutes les formes de créatures, des plus élevées et spirituelles au plus grossières.

De ce mouvement de contraction et retrait de la Lumière infinie, il en résulte que la Divinité, c’est à dire, la « Présence divine » ou « Chékhina », est alors totalement occultée afin de permettre au monde de subsister.

C’est à ce propos que les Sages rappellent également que le processus de la création ex-nihilo n’introduit aucun changement en D.ieu, en Son essence profonde :  » Tu es avant la création du monde, Tu es le même après la création « . Litturgie du matin.

La Présence divine est donc le début de la révélation de la Lumière infinie de D.ieu émanent de « l’Eyn Sof » ; elle transcende tous les mondes et apparaît en tout endroit chacun selon sa nature, sa définition et sa caractéristique.

Elle se trouve essentiellement ici-bas, ce qui veut dire que son dévoilement parmi toutes les créatures est essentiel et profond. C’est la Lumière infinie précédant le « Tsimtsoum » qui transcende les mondes.

Ce processus de contraction de la Lumière infinie de D.ieu est développé dans la Kabbalah de raby Itshak Louria, sous le vocable de « contraction originelle ».

Dans cette doctrine, le processus créateur ex-nihilo se réalise à partir de l’auto-limitation de la « Lumière divine infinie Bénit-soit-Il », ou le Ohr Eyn Sof Baroukh Hou.

La Kabbalah lourianique fait état d’une Lumière divine première émanée de l’Infini dans l’espace de la création. Elle se compose d’une infinité de points isolés et s’épanche sous une forme divisée.

Ce monde des lumières « punctiformes » ou Holam Ha Nékoudoth est le « Monde de la Confusion » du Holam Ha Tohou.

La création ex-nihilo comprend ainsi l’action d’un facteur qui se situe entre le néant et la substance. Cette « force dynamique » semble rejoindre le concept de l’énergie dans la physique nucléaire.

Ce processus se présente comme étant le facteur organisateur de la matière constituant la phase intermédiaire entre le monde abstrait et le monde concret. Raby Moché ben Nahman fait état d’une force dynamique déjà mentionnée par les philosophes grecs sous le terme de « Hylé ». Elle représente le lien entre le pur esprit et la matière. Cet élément premier est une force amorphe et indéterminée, dont la fonction essentielle est de conférer à la substance originelle sa forme première.

Toutefois, la notion de « Tsimtsoum » demeure complexe et dépasse l’entendement humain, elle implique la connaissance d’autres notions aux sens profond, intrinsèque à la Sagesse ésotérique qui traite des « Quatres Mondes » et des « Dix Attributs divins » :

 » Il n’est dans les possibilités de l’intellect d’aucune créature de comprendre la nature essentielle du Tsimtsoum et du processus de la dissimulation de la force vitale, et que néanmoins la créature soit créé ex-nihilo, de même qu’il ne lui est pas possible non plus de comprendre la nature essentielle de la création d’un être en partant de rien. Le Tsimtsoum et la dissimulation de la force vitale est appelé Vases et la force vitale elle-même est appelée Lumière…et les Vases sont les lettres Divines… ». Tanya, Porte de l’Unité chap. 4

La « Lumière » ou Or, et les « Vases » ou Kélime comprennent ensemble les « Attributs » ou les « Séphirot ». Ils sont respectivement l’aspect fini et l’aspect infini des « Séphirot ».

Les Vases limites la Lumière infinie, la mettant à même d’être révélée proportionnellement à la capacité des êtres finis. Les Vases remplissent la fonction qui consiste à la fois à masquer et à révéler la Lumière divine. De la même manière, les lettres servent à révéler la pensée mais en même temps la limitent. Car la parole ne peut exprimer tout ce qu’il y a dans l’esprit de celui qui pense.

C’est en ce sens qu’il est écrit « Et Moi Je me voilerai ». Or, dans le texte il est écrit « haster histir », signifiant un double voile. Ainsi, D.ieu se voile dans la création et ce voile est lui même caché des créatures, jusqu’à que certaines d’entre elles considèrent que ce voile n’existe pas et qu’elles existent de manière indépendante.

C’est précisément à cause de ce manque de sensation du divin qu’il est décrit dans le Zohar et la Hassidout, qu’il émane de la Lumière infinie de D.ieu deux natures de Lumières qui se complètent et qui sont la manifestation de l’Attribut de « Hessèd » ou « Bonté.

La Lumière divine qui entoure les mondes ou Or ha-Sovèv ; cette lumière est celle qui n’entre pas profondément dans les créatures mais les enveloppe. Elle est comparable dans l’esprit de l’homme à la volonté, qui est appelée « force entourante ».

Et la Lumière divine qui pénètre les mondes ou Or ha-Mémalé ; cette lumière est celle qui est dévoilée dans les « Dix Paroles » de la création pour faire vivre les mondes et les créatures, ainsi qu’il est dit :  » Il renouvelle dans Sa bonté, toujours, tous les jours de la création « , Litturgie du matin.

Cette vitalité habite les mondes et se trouve profondément en chacune des créatures. Elle se segmente en fonction des réceptacles dans lesquels elle se revêt et est reçue par chacun selon sa mesure.

Aussi, la Lumière divine qui pénètre les mondes, « Mémalé, est à l’origine de la limite, elle révèle le bienfait de D.ieu au sein des mondes, et la Lumière divine qui entoure les mondes, « Sovèv », est à l’origine de l’infini.

En revanche l’Essence divine, « Atsmouto Yitbarak » ne peut en aucune façon s’inscrire dans les mondes, elle transcende l’enchainement des dévoilements spirituels, infiniment plus haute que les deux Lumières divine citées ci-dessus.

Des Dix Attibuts divins et humains.

Les sources de la Kabbalah et de la Hassidout développent les notions très complexes liées au processus selon lequel la création de chacun de ces Quatre Mondes et sphères spirituelles, est également créée et constituée sur une échelle de « Dix Attributs divins », ce sont les Hassarah Séphirot, ceux-ci agissant dans chacun des Quatres Mondes qu’elles transcendent.

Les noms qui qualifient ces « Dix Séphirot » décrivent chacun selon sa spécificité, sa nature, l’action que la Lumière infinie de D.ieu exerce à travers elles. Elles révèlent leurs forces potentielles au sein de la création, dans chacun des quatre mondes spirituels.

Ces 10 canaux sont également appelés les « Vases des Attributs de D.ieu ». Ce sont Dix niveaux de dévoilement de la Lumière divine infinie. De même, ce sont par ces dix canaux spirituels qu’émanent la vie et la vitalité de tous les mondes, établis selon le processus appelé Séder ha-Hichtalchélout, ou « l’Ordre de l’Enchaînement », selon la directive qui régit toutes les sphères spirituelles, le rapport de cause à effet.

De même, ces dix sphères spirituelles sont des attributs et des lumières divines dont la nature profonde et l’ensemble se rapprochent pour ainsi dire des attributs intellectuels et émotionnels de l’homme ; ils sont en fait les sources des attributs humains.

Au niveau de l’homme, les dix canaux évoquent également les « Dix Forces de l’âme », le potentiel de vitalité, soit les Hésser kohot ha-Néfech.

Les 3 premiers niveaux (A) appartiennent aux forces de « l’Intellect et de l’Esprit » ou le Koah ha-Sihkly, dont le siège est le « Cerveau » ou le Moah.

Les 7 niveaux suivants (B) constituent les forces « Emotionelles » ou les Midot, dont le siège est le « Coeur » ou le Lèv, mais dont la source est le cerveau.

Ainsi, l’homme, désormais vêtu de ses dix forces de l’âme, se révèle et agit naturellement par l’intermédiaire de ses trois vêtements qui englobent toutes les formes possibles d’expressions, ce sont les trois habits de l’âme et du corps, appelés les forces de la « Pensée » ou Makhchavah, de la « Parole » ou Dibour et se « l’Action » ou Mahassé.

A / Les 3 forces de l’intellect.

– Hokhma ou « Intelligence » : souvent traduit par Sagesse. Premier attribut divin, et première force de l’âme divine, qui correspond à l’émergence de l’intellect, au savoir potentiel, dont toutes les implications ne sont pas encore dévoilées. Il s’agit d’un éclaire d’inspiration qui n’est pas encore assimilable par la pensée.

– Binah ou « Compréhension », soit la faculté du discernement et développement. Second attribut divin, et seconde force de l’âme divine, qui utilise l’intellect pour extraire les implications de la sagesse, qui introduit l’éclair de l’intuition dans les détails de la pensée.

– Dahat ou « Connaissance », soit la faculté de conscience et de savoir. Troisième attribut divin, et troisième force de l’âme divine, qui réalise le lien entre l’intellect et le sujet, provocant l’émerveillement, l’attachement, l’union de l’esprit et du coeur.

B / Les 7 forces émotionnelles.

– Hessèd ou « Bonté » ; Quatrième attribut divin, et quatrième force de l’âme divine, qui est celui de l’amour, de la proximité, dont la lumière est bien trop abondante pour aboutir à la création effective. Il doit atténuer la rigueur de l’attribut de « Sévérité » ;

– Guévourah ou « Sévérité » ; Cinquième attribut divin, et cinquième force de l’âme divine, qui est celui de la puissance et du jugement. Il doit maitriser la surabondance de l’attribut de « Bonté » ;

– Tiférèt ou « Harmonie » ; Sixième attribut divin, et sixième force de l’âme divine, qui est celui de l’harmonie, qui réconcilie les exigences des attributs de la « Bonté » et de la « Sévérité ».

– Nétsah ou « Victoire » ; Septième attribut divin, et septième force de l’âme, qui est celui du triomphe, qui doit conforter l’attribut de « Bonté ».

– Hod ou « Majesté » ; Huitième attribut divin, et huitième force de l’âme divine, qui est celui de la majesté, qui doit conforter l’attribut de « Sévérité ».

– Yéssod ou « Fondement » ; Neuvième attribut divin, et neuvième force de l’âme divine, qui est celui du fondement. Il concentre en lui toutes les lumières issues des huits sphères précédentes pour les déverser ensuite dans l’attribut de « Royauté ».

– Malkhout ou « Royauté » ; Dixième attribut divin, et dixième force de l’âme divine. qui est celui de la royauté, de la Présence divine, source du processus créateur dans l’univers fini.

SOURCE : http://www.hebraica.org

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