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shabbat (2)Au cours de l’Histoire, le calendrier hébraïque a toujours été un obstacle majeur pour les rois conquérants, désireux d’imposer leur culture et d’assimiler les Juifs à un mode de vie étranger. Le calendrier hébraïque a toujours été un repère essentiel dans la vie du Peuple Juif et a toujours réussi à préserver son identité religieuse et culturelle face à l’hégémonie passagère des nations étrangères.

Dans l’Antiquité, tous les rois et empereurs qui ont voulu déstabiliser le Peuple d’Israël et détruire l’authenticité du Judaïsme se sont toujours attaqué au calendrier hébraïque et aux jours de célébrations. Mais, malgré les dangers de l’exil et les décrets étrangers, le calendrier hébraïque, sa science, a toujours perduré au cours des siècles, au sein de tout le Peuple d’Israël. En outre, tous les grands décisionnaires des Temps modernes, les « Haharonim », (XVIème au XIXème siècle) ont renforcé les fondements du calendrier hébraïque et fixé définitivement ses règles, lui conférant ainsi le pouvoir de régler et gérer la vie religieuse de tout le Peuple Juif, de façon incontestable, jusqu’à la venue du Messie.

Le jour du « Chabat », et les « Yamim Tovim ».

« Ainsi furent achevés les cieux et la terre et toutes leurs armées ».

La dimension du Chabat.

Dans le Judaïsme, l’observance des préceptes liés au repos du Chabat, le septième jour, est fondamentale, capitale et suprême, notamment, du au fait que ce jour aux dimensions particulières, est consacrée par D.ieu. De par son importance et sa sainteté, ce précepte englobe même le cadre de toutes les lois du Judaïsme.

Le premier Chabat de la Création commença au moment même de l’achèvement des six jours durant lesquels le monde fut créé par D.ieu, le Chabat est le septième jour :  » D.ieu acheva, le septième jour, l’œuvre qu’Il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’Il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu’en ce jour, Il se reposa de toute l’œuvre que Dieu avait créée, pour parfaire l’univers « . Genèse 2-2,3.

Que manquait-il au monde, demande raby Chlomo ben Itshak ? :  » Le Chabat est venu, et le repos est venu. Alors, l’oeuvre de la Création a été achevée « . Exode 2-2, voir Rachi.

Les lois relatives au jour du Chabat ont été ordonnées en deux circonstances ; une première fois à Mara, après la traversée de la mer des Joncs par le peuple hébreu sous la conduite de Moïse, et une seconde fois, lors de la révélation de la Torah sur le mont Sinaï.

L’ordonnance du Chabat est le quatrième commandement figurant dans les « Dix Paroles » ou « les Dix Commandements » :  » Zakhor ète yom ha-Chabat Lékadécho », soit :  » Souviens-toi du jour du Chabat pour le sanctifier « . Ibid 20-8

Le Chabat est un jour solennel décrété par la Torah écrite.

Le septième jour est qualifié de « Chabat Saint » ou Chabat Kodech, jour sanctifié et élevé, tandis que les six autres jours de la semaine sont appelés des jours de Hol ou « jours profanes ». Il représente le jour le plus « kadoch », le plus « élevé », comparé aux six jours de la semaine, durant lesquels l’homme est absorbé par ses affaires quotidiennes.

La durée totale du jour du Chabat est soumise à des lois spécifiques, régies par le principe des 39 travaux interdits.

Aussi, deux conduites fondamentales relatives à la notion du Chabat ont été enseignés par les Prophètes, ce sont le Kavod ou « l’honneur » et le Honègue ou la « délectation », comme il est dit :  » vékarata laChabat honègue likdach ha-Chem mékhoubad « . Isaïe 58-13 Deux raisons pour lesquelles également le Chabat est appelé Kodech.

De même ce jour est sanctifié par le repos, l’étude de la Torah, l’usage de préparer des habits appropriés à ce jours, de bons repas avec les meilleurs aliments, et de ne pas travailler. De plus, les Sages soulignent que les dépenses occasionnées pour les besoins du Chabat et de « Yom Tov » ne font partie du compte des gains financiers qui sont fixés à chaque homme le jour de Roch-ha-Chanah. Choulkhan Haroukh ha-Rav, Orah Hayim, lois de Chabat, 1;3

En règle générale, le Chabat est célébré principalement en souvenir de la création du monde en six jours, Zikaron Lé-Mahassé Béréchith, parce que D.ieu termina et se reposa le septième jour de la Création, jour de Chabat.

Le repos du Chabat est rappelé dans plusieurs versets :  » Toutefois, observez mes chabats, car c’est un symbole entre Moi et vous, dans toutes vos générations, pour que l’on sache que c’est Moi, l’Eternel, qui vous sanctifie. Gardez donc le Chabat, car c’est une chose sainte pour vous ; qui le profanera mourra. Six jours durant, on se livrera au travail. Mais, le septième jour, il y aura un Chabat. Les Enfants d’Israël seront donc fidèles au Chabat, en l’observant dans toutes leurs générations, comme un pacte immuable, car, en six jours, l’Eternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour, Il a chômé et s’est reposé « . Ibid 31-13;16. « 

Le septième jour, Chabat pour l’Eternel ton D.ieu, tu ne feras aucun travail « . Nombres 20-9.

Le sujet du Chabat est également associé au souvenir de la sortie d’Egypte du peuple hébreu, Zékhér Li-Tsiath Mitsraïm.

La sanctification du Chabat

L’entrée du Chabat commence depuis le vendredi soir, au coucher du soleil, et se termine le samedi soir, à la sortie des étoiles. Ainsi, les heures d’entrées ou de sorties de chaque Chabat sont différentes en tous lieux de la terre. L’entrée du Chabat est célébrée par la Hadlakat Nérot, ou « l’Allumage des bougies » par les femmes, en récitant une bénédiction appropriée. Après cet allumage, les femmes ont l’usage de se couvrir les yeux et prier. De retour de la synagogue, suite à la prière du soir, le père de famille récite le Kidouch ou la sanctification du Chabat, sur une coupe de vin, avant chacun des deux premiers repas du Chabat. La bénédiction du Motsi est récitée sur deux Halot ou pains de Chabat, après le « Kidouch ». Ce rite est précédé du lavage des mains (et de sa bénédiction), appelé Nétilat Yadayim. le Chabat est généralement consacrée à l’étude de la Torah et à son approfondissement.

Tous les samedi matins à la synagogue, lors de la Téphilah de « Chaharit » (la prière du matin), une section des versets de la Torah écrite appellée Parachah est lue publiquement par le « Maitre de la lecture », le Bahal Koré. La lecture est divisée en 7 montés ou Halyot.

En régle générale, lors de ces montés à la Torah, le Cohen est appelé en premier, en second le Lévy, et ensuite un israélite quel qu’il soit, âgé au minimum de 13 ans, l’âge de la Bar-Mitsvah. Cette lecture publique, dont les règles sont nombreuses dans les ouvrages de code des lois juives, est toujours suivie de la lecture de la Haftarah, qui est un extrait des livres des Prophètes présentant un lien direct avec le sujet de la Parachah. Aussi, lors de la prière de « Minha », la lecture publique de quelques versets de la « Parachah » de la semaine suivante a été institué par le Sanhédrine d’Hézra le Scribe. Ce sont également eux qui ont ordonnés le rituel des prières de ce jour, comme l’intégration du célèbre texte « Nichmat kol haï.. », rédigé par raby Chimhon ben Chétah.

La sortie du Chabat est accompagnée de la Havdalah, ou cérémonie de séparation. Elle comporte des bénédictions de transition entre ce jour sacré et les six jours profanes de la semaine. Ce rite s’accomplit en récitant une bénédiction sur un verre de vin, mais aussi sur les Béssamim, des plantes odoriférantes et une bougie allumée.

A la fin du premier Chabat de la création, Adam constate que la lumière diminue.

C’est alors que D.ieu lui montre comment créé du feu à l’aide de pierre, et c’est à ce moment qu’il récite la bénédiction :  » Baroukh ata ha-Chem Elokhénou Mélech ha-Holam Boré méoré ha-ech « . Cette bénédiction est dite chaque sortie de Chabat, chaque samedi soir, et fait partie intégrante des bénédictions de séparation avec les 6 jours profanes.

Les 16 Chabatot particuliers de l’année :

Dans le calendrier hébraïque, une année compte 52, 54 ou 56 semaines et donc autant de Chabat, ou Chabatot en hébreu, selon le type de l’année en cours, c’est-à-dire, soit une année régulière de 12 mois ou « chanah pchouta », soit une année embolismique de 13 mois ou « chanah méhoubéret ». Cependant, durant l’année, seize « Chabatot » portent un nom spécifique rattaché à des périodes et événements particuliers, et lors desquels on lit des « Parachiyot » ou des « Haftarot » spécifiques à ces jours. Ce sont :

  • 1/ le Chabat Mévarékhim ; le Chabat qui précède le 1er jour du mois, le jour de Roch-Hodech
  • 2/ Chabat Roch-Hodech ; lorsque Chabat et « Roch-Hodech » tombent le même jour.
  • 3/ Chabat Béréchit ; Chabat qui clôt la fête de Souccot et marque le recommencement de la lecture publique du « Séfer Torah », avec la section Béréchit.
  • 4/ Chabat hol ha-Mohèd Souccot ; Chabat qui tombe pendant la demi-fête de Souccot.
  • 5/ Chabat Hanoukah ; Chabat qui tombe lors de la fête de Hanoukah.
  • 6/ Chabat Chékalim ; Chabat qui précède le mois d’Adar.
  • 7/ Chabat Zakhor ; Chabat qui précède le jour de Pourim.
  • 8/ Chabat Parah ; Chabat qui suit le jour de Pourim.
  • 9/ Chabat ha-Hodech ; Chabat qui précède le « Roch-Hodech » de Nissan.
  • 10/ Chabat Mahar Hodech ; Chabat qui tombe la veille de « Roch-Hodech ».
  • 11/ Chabat ha-Gadol ; Chabat qui précède la fête de Péssah.
  • 12/ Chabat hol ha-Mohèd Péssah ; Chabat qui tombe pendant la demi-fête de Péssah.
  • 13/ Chabat Chirah ; Chabat quant est lue la section « Béchalah » qui relate la traversée de la Mer des Joncs.
  • 14/ Chabat Chouvah ; Chabat qui précède le jour de Kippour.
  • 15/ Chabat Hazon ; Chabat qui précède le jour du 9 av.
  • 16/ Chabat Nahamou ; Chabat qui suit le jour du 9 av, appelé « Chabat de Consolation ». La période qui s’étend de ce Chabat à « Roch ha-Chanah » est appelée Chévah dé-Nahamta, ce sont les « Sept semaines de Consolations », sur les exils d’Israël en Babel et en Edom et sur la destruction des deux Temples de Jérusalem. L’expression « nahamou » est tiré des versés du prophète Issaï 40-1, lues ce Chabat après la lecture de la Torah.
    Le Tabernacle ou les 39 travaux interdits du Chabat.

En règle générale, l’ensemble des travaux qui ont été pratiqué durant la fabrication du Tabernacle représente la source fondamentale des 39 travaux interdits du Chabat. C’est la raison pour laquelle ces deux sujets sont présentés côte à côte dans la Torah écrite, Exode 31 et étudiés ensemble dans le Talmud de Babylone, traité Chabat.

Ainsi, tous les travaux nécessaires à la construction du Tabernacle sont interdits, le Chabat. Talmud de Babylone traité Chabat 49-b.

Réciproquement, tous les travaux interdits, Mélakhot ha-Assourot, le Chabat, sont à l’image de ceux qui étaient effectués pour réaliser le Tabernacle. On distingue ainsi 39 travaux fondamentaux interdits le Chabat : labourer, semer, moissonner, lier les gerbes, battre le blé, vanner, trier, moudre, filtrer, pétrir, cuire, tondre, laver la laine, peigner la laine, teindre la laine, filer, ourdir, faire deux boucles, tisser deux fils, arracher deux fils, faire un nœud, dénouer, coudre en faisant deux points, découdre avec l’intention de recoudre en faisant deux points, capturer un cerf, l’égorger rituellement, l’écorcher, tanner sa peau, la racler, la régler, découper cette peau, écrire deux lettres, effacer afin d’écrire deux lettres, bâtir, détruire une construction afin de bâtir, éteindre un feu, produire du feu, finir une œuvre, transporter un objet du domaine privé au domaine public. Ibid traité Chabat 73-a.

Les Lois du Chabat : Les 39 travaux de base énoncés ci-dessus, les Av Mélakhot, sont expliqués et développés dans les recueils de « Halakha », la loi, qui détaillent également les dérivées de ces lois, les Toladoth. Toutes les règles relatives au Chabat sont exposées à l’étude dans la Michnah, Ordre Mohèd, traité Chabat, qui comprend 24 chapitres, et le traité Hérouvine qui comprend 10 chapitres. Ces deux traités sont analysés et discutés dans le Talmud de Babylone, par les Amoraïm.

Toutes les règles de Chabat sont codifiées principalement dans les ouvrages du Rambam (« Michné-Torah », Lois du Chabat et Lois de l’Hérouv) et dans le code des lois juives ou « Choulhan Haroukh », de raby Yoseph Caro (Orah Hayim, Règles du Chabat). Le traité « Hérouvine » complète le traité Chabat, du fait qu’en ce jour, il est permis de se déplacer d’un lieu à un autre, et de porter d’un voisin à l’autre à certaines conditions et règles. Il traite essentiellement des lois relatives aux Réchouyot, du Téhoum, et du Hérouv.

Les « Réchouyot » sont les différents types de propriétés, de domaines ou lieux. Ils sont de l’ordre de quatre catégories : le domaine privée ou Réchout ha-Yahid, le domaine public ou Réchout ha-Rabim, et deux espaces intermédiaires entre les deux domaines, le Karmélyte et le Makom Pitour, tous deux considérés tels des domaines publics.

Le « Téhoum » ou « Téhoum Chabat » est la limite géographique établit à partir d’un lieu de résidence au-delà duquel il est interdit de se déplacer le Chabat. Elle a été fixée à 2000 amot, soit environ 956 mètres. Le « Hérouv », est une association entre résidents, établit selon des règles spécifiques, qui permet aux résidents d’une même cour, d’un quartier ou d’une ville de porter dans un espace devenu commun et privatif.

La Michnah expose les différents types de cours, communes ou non, ou les allées qui séparent les propriétaires : ce sont le Mavoy stam ou le Mavoy méphoulach. L’association entre résidents ayant accès sur une même cour porte le nom de Hérouvé Hatsérot, entre résidents d’un quartier, Hérouvé Mavauot, et entre deux lieux, Hérouvé Téhoumim. Le Talmud souligne que c’est sous le Sanhédrine que présidait que roi Salomon (2924/2964), que furent entérinées les lois relatives aux « Hérouv ». Traité Hérouvine 21-b

Le sens profond du travail et du Chabat.

La nécessité de travailler pour vivre représente l’un des plus grands paradoxes d’une vie basée sur la foi, surtout quand celle-ci vous contraint, aux regards des règles, à ne pas travailler certains jours de l’année.

En effet, si D.ieu est la seule source véritable de toutes les bénédictions, pourquoi doit-on se fatiguer pour gagner son pain ? Réciproquement, si nous travaillons, comment éviter de croire que le travail est notre seule source de subsistance ?

Aussi, le croyant doit-il s’engager dans ce que l’on peut qualifier de “travail passif” : l’homme doit gagner sa vie en travaillant, tout en gardant à l’esprit que seul le Créateur apporte la réussite dans l’oeuvre de ses mains.

Or, lorsque le Maître de l’univers a sanctifié le septième jour de la Création, il a défini jusqu’où l’homme devait s’impliquer dans le développement économique du monde. C’est dans ce contexte qu’Il a donné au Peuple d’Israël le commandement du Chabat et lui a ordonné de respecter le repos hebdomadaire, en ce septième jour de la semaine, saint et béni.

Dans les versets bibliques dans lesquels débute la Parachah Vayaqhel, Moïse enseigne ainsi au Peuple d’Israël l’importance du Chabat :  » Six jours durant, tout travail sera fait. Mais, le septième jour sera pour toi un jour saint, un Chabat complet en l’honneur de D.ieu « . Exode 35-1.

Il n’est pas écrit “Six jours durant, tu feras ton travail”, mais “Six jours durant, tout travail sera fait”.

La forme passive suggère que, même au cours des six jours de travail de la semaine, quand un homme a la permission, voire l’obligation de travailler, il ne doit pas se préoccuper outre-mesure de ses activités matérielles. C’est dans ce sens que l’enseignement hassidique interprète le verset des Psaumes : “ Si tu manges, du travail de tes mains, tu seras heureux et il en résultera du bien pour toi ”. Psaumes 128-2.

L’intention du Roi David, enseignent nos Sages, est d’insister sur la nature du travail dans lequel l’homme s’engage afin d’assurer ses besoins matériels : toute activité physique de l’homme ne doit mobiliser que ses forces extérieures. Tandis que l’être pensant doit rester connecté avec sa source spirituelle, le Divin. Le verset “Six jours durant, tout travail sera fait” nous enseigne une nouveauté sur la nature de la réussite matérielle : c’est la force spirituelle que l’homme investit dans son travail qui est le moteur de sa réussite.

Raby Yohanane enseigne au nom de raby Yossi Talmud de babylone traité Chabat 118-b ; tous ceux qui se réjouissent pendant le Chabat recevront un héritage illimité, ainsi qu’il est écrit :  » Alors tu te délecteras en Hachem et Je te ferai jouir de l’héritage de ton aïeul Yahacov « . Isaïe 58-14

L’homme se doit de façonner un kéli, un réceptacle sans tâche pour les bénédictions divines.

C’est le sens des paroles de la Torah : “ Et l’Eternel ton D.ieu te bénira dans tout ce que tu feras ”. Deutéronome 15-18.

D.ieu désire que sa bénédiction se réalise par l’intermédiaire de “tout ce que tu feras”. Le moyen de subsistance de l’homme n’est qu’un canal naturel par lequel transite cette bénédiction. Ce concept doit toujours être gravé à l’esprit. Egalement, l’homme doit toujours rester conscient du caractère secondaire du travail qu’il accomplit afin de mériter recevoir l’abondance matérielle et la prospérité accordées généreusement par le Maître du monde. Cela explique l’expression Chabat Chabaton, soit “un Chabat complet” – utilisée dans les versets précédents et exprimant le contraste profond entre les six jours de la semaine et le Chabat.

Le Chabat n’est pas un jour de repos ordinaire qui clôture les six jours ouvrables. C’est un “Chabat complet”, représentant la continuité des six jours de la semaine.

Durant ces jours-là, bien que l’homme remplisse la majorité de son temps à ses occupations matérielles, il a néanmoins le devoir de diriger son esprit et son coeur vers D.ieu, source véritable de toutes les bénédictions. Les jours de la semaine vont alors s’imprégner de la sainteté du Chabat et être « chargés » d’une énergie nouvelle. Ils atteindront ainsi un degré spirituel élevé et recevront alors un caractère « chabatique », malgré leur nature profane.

Le Chabat qui va suivre de tels jours va alors être imprégné d’une double sainteté : la sainteté inhérente au Chabat, plus celle des six jours précédents, élevés par l’esprit du Chabat. C’est cet état doublement élevé qui porte le nom, dans la Torah, de « Chabat Chabaton », soit un « Chabat complet ». Un tel Chabat va illuminer en retour tous les jours profanes qui suivront et leur conféreront une sainteté accrue.

De la dimenssion de « Chabat » aux jours appelés « Yom Tov ».

En règle générale, toutes les lois qui sont en vigueur le jour du Chabat le sont également les jours de Yomim Tovim (pluriel de Yom Tov). A quelques exceptions près, ces mêmes règles s’appliquent de façon identique pendant les jours de Yom Tov (ou jours de fêtes, tels que Roch ha-Chanah, Péssah, Chavouhot et Souccot).

De la même façon qu’il est interdit de travailler, d’allumer l’électricité, de toucher de l’argent ou d’utiliser un moyen de transport, le jour du Chabat, il est de même interdit de faire toutes ces choses-là pendant les jours de Yom Tov. Talmud de Babylone Méguilah 5-b.

Il existe cependant deux exceptions qui différencie le Chabat du Yom Tov ; le Yom Tov il est permis de cuisiner pour les besoins du jour-même, en se servant d’un feu déjà existant avant le début de la fête ; et il est permis de transporter un objet utile aux besoins du jour, du domaine privé au domaine publique. Michnah, traité Méguilah 1-5.

Les jours de Yom Tov, il est néanmoins interdit de créer une nouvelle source de feu, quel que soit le procédé utilisé. Dans ce cas, il est recommandé de conserver un feu déjà allumé avant la fête, celle-ci pourra être ainsi utilisé durant les jours de Yom Tov. Il est également strictement interdit d’éteindre un feu.

Les jours de « Yamim Tovim » sont des jours de Haguim, des jours de réjouissance, que l’on célèbre dans la joie. Ils portent également le nom de Mohadim, du fait que leurs temps sont une convocation sainte.

Ainsi, dans le Pentateuque, seuls six jours de Yamim Tovim sont cités : deux jours à Péssah, deux jours à Souccoth, un jour à Chavouhot et un jour à Roch ha-Chanah. Michné-Torah, Lois de Yom Tov, Chapitre 1, Halakha 1.

Néanmoins, même à l’époque du Temple de Jérusalem, lorsque la fixation du 1er jour du mois se faisait d’après la déposition de deux témoins, le Sanhédrine rajoutait parfois un jour supplémentaire au mois en cours, ce qui décalait d’un jour la célébration des Chaloch Régalim, selon la conjoncture.

De fait les Sages ont rajouté des jours de Yom Tov aux fêtes, appelés Yom Tov chéni chel galouyiot. Selon la législation, les jours de Yom Tov sont : les deux jours de Roch ha-Chanah, les deux premiers et les deux derniers jours de Péssah, les deux premiers et les deux derniers jours de Souccot, et les deux jours de Chavouhot.

En Israël, ils comprennent : les deux jours de Roch ha-Chanah, le premier et le septième jour de Péssah, le premier et le huitième jour de Souccot, et le jour unique de Chavouhot. Exceptionnellement pour Roch ha-Chanah, deux jours de fête ont toujours été célébrés en Israël, de tout temps. Une quelconque modification dans le calendrier hébraïque ne pouvait être décidée que par le Sanhédrine.

Comme pour le Chabat, l’entrée du Yom Tov est célébrée par la Hadlakat Nérot, la bénédiction dite sur les bougies, puis, suit celle du Kidouch, dite sur un verre de vin avant le repas. Aussi, la sortie du Yom Tov s’accompagne de la Havdalah. A la différence avec Chabat, il n’y a pas de bénédictions dites sur les plantes et le feu.

Egalement, de même que l’entrée du Chabat est marquée par une bénédiction dite lors de l’allumage de deux bougies, la Hadlakhat Nérot, ainsi deux bougies sont-elles allumées à l’entrée du Yom Tov. Aussi, selon la loi, la bénédiction de l’allumage des bougies est suivis par la bénédiction de remerciement :  » Baroukh Ata Ado-naï Elokénou Mélekh ha-holam chéhékhéyianou vékiyémanou véhiguyianou lizmane hazhé. » Lors de ces jours de fêtes, il est fort important de se rendre à la synagogue où la communauté récite des prières et lit des textes de la Torah appropriés à ces jours solennels.

Quand le 1er ou le 2ème jour de Yom Tov tombe une veille de Chabat, soit un vendredi, il est nécessaire de préparer un Hérouv Tavchilin afin de pouvoir cuisiner, ce vendredi-là, pour les besoins du Chabat.

Le « Hérouv Tavchilin » consiste à préparer, la veille de fête, un pain et un plat cuit (tel que de la viande ou du poisson) que l’on consommera pendant le Chabat. Puis, on récite la bénédiction :  » Baroukh Ata Ado-naï, Elokénou Mélekh ha-Holam, Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Al Mitsvat Erouv « , soit :  » Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu Roi du monde, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné d’appliquer le précepte du Hérouv « .

Aussitôt après, on récite le texte suivant :  » Bédène, Yéhé Chara Lana Laafouyé Oulvachoulé Oul-atmouné Oul-adlouké Chragua Oultakana Oulméhbad Kol Tsorkhana Miyoma Tava Léchabata, Lana Oulkhol Israël Hadarim Bahir Hazot « , soit :  » Que, par ceci, il nous soit permis de cuire au four, de cuire à la marmite, de réchauffer la nourriture, d’allumer une bougie, de tout apprêter et de faire tout ce dont on a besoin, depuis le Yom Tov et pour le Chabat, pour nous et pour tous les Juifs habitant dans cette ville « . On le mange traditionnellement lors du troisième repas de Chabat, lors de la Séouda Chélichit.

« Bonne fête » ou « Hag Saméah » : Lors des fêtes de Péssah et Souccot, les jours qui séparent les premiers « Yamim Tovim » et les derniers Yamim Tovim, sont appelés des jours de Hol ha-Mohed, c’est à dire, des « Jours profanes de demi-fête ». En règle générale il est interdit de travailler durant ces jours, sauf exception. Les lois relatives à tous ces jours de fêtes, de convocations saintes, figurent dans le code des lois juives, la Michnah, dans les traités Péssahim, Roch ha-Chanah, Yomah, Souccah, Bétsah et Mohèd Katan.

Elles seront développées et enrichies des commentaires par les Maitres Amoraïm dans le Talmud de Babylone, dans les traités du même nom. Ces lois sont codifiées dans le « Choulhan Haroukh » Orah Hayim, Règles des fêtes et Règles de demi-fête.

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