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Le Journal – 22/09/2016

Dans un fougueux discours à l’ONU, Netanyahu invite Abbas à la Knesset

Le Premier ministre a, entre autres, critiqué l’incitation palestinienne au terrorisme et plaide pour de nouvelles négociations.

netanyahou2Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a invité, jeudi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à venir parler à la Knesset, et a proposé de se rendre lui-même au quartier général de l’AP à Ramallah pour prononcer un discours et avancer dans les négociations de paix.

Mais, pendant ce discours d’ouverture de la 71e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Netanyahu a aussi vertement réprimandé les dirigeants palestiniens, les accusant « d’empoisonner le futur » en incitant à la terreur, par l’éducation et des émissions télé, et en refusant de reconnaître Israël comme l’Etat juif.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que les négociations de paix devraient reprendre en contact direct, déclarant à Abbas qu’il est invité à parler « au peuple israélien, à la Knesset de Jérusalem », et que lui, Netanyahu, « viendrait avec joie parler au Parlement palestinien de Ramallah ».

« Vous avez un choix à faire », a rappelé Netanyahu, s’adressant toujours à Abbas, qui s’était exprimé à la tribune quelques minutes plus tôt. « Vous pouvez continuer à attiser la haine, comme vous l’avez fait aujourd’hui. Ou vous pouvez faire face à la haine et travailler avec moi à l’établissement de la paix entre nos deux nations ».

Réitérant le fait qu’il reste « fidèle à une vision de paix basée sur deux Etats pour deux peuples », Netanyahu a ajouté qu’ « Israël est prêt à négocier sur tous les problèmes des statuts finaux » et que « la route vers la paix passe par Jérusalem et Ramallah, et non par New York ».

« La seule chose que je ne négocierai jamais, c’est notre droit au seul, à l’unique Etat juif », a insisté Netanyahu, acclamé par des applaudissements soutenus.

« Le conflit ne porte pas sur les implantations et n’a jamais porté [dessus] », a-t-il affirmé, en directe contradiction avec les commentaires d’Abas. « Il a toujours concerné l’existence d’un Etat juif ».

« Si les Palestiniens avaient dit oui à un Etat juif en 1947, il n’y aurait pas eu de guerre… et une fois qu’ils accepteront finalement l’existence d’un Etat juif, nous pourrons alors mettre fin à ce conflit, une fois pour toute », a proclamé Netanyahu.

Le Premier ministre a également fermement critiqué la décision des Palestiniens de poursuivre en justice le gouvernement britannique pour la déclaration Balfour de 1917, qui soutenait « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le people juif », selon son texte.

« C’était il y a presque 100 ans », a rétorqué Netanyahu. « Et nous serions ceux qui sont coincés dans le passé ! Les Palestiniens pourraient tout aussi bien poursuivre l’Iran pour les déclarations de Cyrus, ou déposer une plainte collective contre Abraham pour avoir acheté des terres à Hébron », a-t-il ajouté, faisant référence à un édit perse autorisant les Juifs à retourner en Judée, en 539 av. J-C, et au patriarche biblique.

« Mais ils ne sont pas seulement coincés dans le passé, ils empoisonnent aussi le futur », a continué Netanyahu, avant d’attaquer l’incitation palestinienne à la violence en tentant de décrire la vie fictive d’un « Palestinien de 13 ans, appelons-le Ali ».

Toute sa vie, a expliqué Netanyahu, que ce soit lors d’un entraînement de football ou à l’école, on lui rappelle les actes glorifiés de terroristes, qui ont donné leur nom à des stades et à des programmes éducatifs.

A 13 ans, Ali sait que s’il commet un attentat contre des Israéliens, il recevra un salaire de l’Autorité palestinienne [en prison], et un travail au sein du gouvernement palestinien lui est garanti à sa sortie, a affirmé Netanyahu.

« C’est de la maltraitance d’enfants », a accusé le Premier ministre.

Netanyahu a ainsi déclaré aux Nations unies que, contrairement aux Palestiniens, Israël ne tolère pas les extrémistes, et que cela « prouve les profondes différences entre nos sociétés ».

Il a donné l’exemple de l’incendie criminel qui a causé la mort d’une partie de la famille palestinienne Dawabsha en Cisjordanie par des terroristes juifs en juillet 2015, et la réponse israélienne.

« Aujourd’hui, les citoyens juifs israéliens accusés d’avoir tué la famille Dawabsha sont dans une prison israélienne. Cela prouve les profondes différences entre nos sociétés. Quand Israël met en prison la poignée de terroristes qui sont parmi tous, les Palestiniens récompensent financièrement des milliers de terroristes », a-t-il conclu.

Dans son discours, Netanyahu a également critiqué le groupe terroriste du Hamas pour son refus de restituer les corps de deux soldats qui ont péri pendant l’opération Bordure protectrice il y a deux ans à Gaza – et dont les corps avaient été pris par le Hamas – et pour rejeter les négociations sur le retour de trois citoyens israéliens actuellement à Gaza.

Le Premier ministre a pressé les pays du monde entier à se tenir aux côtés des familles affectées et « faire ainsi preuve de décence face à l’inhumanité du Hamas ».

« L’Iran reste la principale menace »

Dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, Netanyahu a également promis de ne jamais laisser l’Iran développer des armes nucléaires – « pas maintenant, ni dans dix ans, jamais » -, soulevant des applaudissements.

L’Iran est la plus grande menace envers Israël, la région et le monde entier, a-t-il affirmé, reprenant un thème central de ses précédents discours à l’ONU.

L’accord sur le nucléaire avec l’Iran de l’an dernier, sous lequel la République islamique a accepté de refréner son programme atomique en échange de l’allègement de certaines sanctions internationales, n’a pas éliminé le danger, a déclaré Netanyahu, clamant que « la menace posée par l’Iran à nous tous n’est pas derrière nous, mais devant nous ».

Il « doit y avoir un effort soutenu et uni pour repousser l’agression iranienne, le terrorisme iranien », a-t-il ajouté.

Évoquant d’autres développements récents dans la région, Netanyahu a parlé en faveur de créations de liens avec des pays du Moyen-Orient, promettant que, « dans les années à venir, Israël construira une paix durable avec tous ses voisins ». Cette remarque lui a également fait gagné des applaudissements enthousiastes.

Netanyahu a poursuivi en disant que les nations du monde entier, notamment au Moyen-Orient, étaient en train de faire évoluer leur vision négative d’Israël, à cause d’une région en constante modification et la puissance grandissante d’ennemis communs, comme l’Iran et le groupe Etat islamique.

« Plus que jamais, de nombreux pays de la région reconnaissent qu’Israël n’est pas leur ennemi, mais leur allié », a-t-il affirmé, ajoutant que « l’ennemi commun est l’Iran et l’Etat islamique ».

« Dans les années à venir, nous travaillerons ensemble, ouvertement », a-t-il promis, et les relations d’Israël avec ses voisins allaient « subir une révolution ».

« Le changement qui a lieu dans le monde arabe offre une unique opportunité pour faire avancer la paix », a-t-il poursuivi, et « Israël accueille l’esprit de l’Initiative arabe de paix ».

Netanyahu a aussi pris le temps de faire l’éloge des Etats-Unis, au lendemain de sa rencontre avec le président Barack Obama, rencontre au cours de laquelle il l’a remercié pour l’accord d’aide militaire de 38 milliards de dollars signé la semaine dernière.

Les Etats-Unis, a déclaré Netanyahu, « sont la nation la plus puissante et la plus généreuse sur Terre ».

« Notre lien indestructible avec les Etats-Unis transcende les partis et les politiques », a-t-il affirmé, en référence probablement à ses nombreux désaccords avec Obama, et entre leurs administrations respectives, pendant ces huit dernières années.

Les Nations Unies évoluent

Netanyahu a commencé son discours à l’Assemblée générale en déclarant, très enthousiaste, qu’ « Israël a un futur radieux à l’ONU », avant de se lancer dans une critique acerbe de l’organisation et de ses agences pour leur vision biaisée d’Israël.

« Année après année, je me suis tenu à cette tribune et ai attaqué l’ONU pour son obsession biaisée envers Israël, et l’ONU méritait chaque critique », a-t-il soutenu.

L’Assemblée générale des Nations Unies a passé, l’année dernière, 20 résolutions contre Israël, et seulement trois pour le reste du monde.

« Et que dire de cette blague appelée le Conseil des droits de l’homme ? », s’est-il demandé, menant la charge contre cette instance qui adopte, chaque année, « plus de résolutions contre Israël que contre tous les pays du monde réunis ».

Netanyahu a également attaqué le récent document de l’UNESCO, déniant la connexion de Jérusalem et du Mont du Temple au judaïsme, arguant que c’était comme « dénier le lien entre la Grande Muraille de Chine et la Chine ».

« Les Nations unies, qui ont commencé comme une force morale, sont devenues une farce morale », a-t-il lancé.

Mais, a-t-il ajouté, les choses changent rapidement, et « le jour où de nombreux pays se tiendront aux côtés d’Israël à l’ONU approche ».

« Parce que, une fois rentrés chez eux, les gouvernements sont en train de changer leur position vis-à-vis d’Israël, et cela changera la façon dont les pays votent à l’ONU sur Israël ».

Le Premier ministre a attribué ce changement en cours à un désir mondial pour la technologie israélienne et sa connaissance en recyclage, high-tech, agriculture, désalinisation et « cyber puissance ».

« Dans dix ans, un Premier ministre israélien applaudira les Nations unies », a-t-il conclu.

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