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Les oeuvres d’art découvertes dans une synagogue datant de l’ère romaine à Huqoq montrent également la construction de la Tour de Babel et un calendrier greco-romain.

Des représentations sans précédent du récit biblique de Jonas et de la baleine ont été découvertes dans une synagogue datant du cinquième siècle en Galilée inférieure, en Israël. Sur ces mosaïques récemment découvertes, les jambes de Jonas apparaissent pendantes, sortant de la bouche d’un gros poisson, lui-même avalé par un autre, plus grand, qui est lui-même consommé par un troisième, plus imposant encore.

Selon l’équipe de spécialistes et d’étudiants dirigés par l’Université de Caroline du nord, c’est la première représentation connue de l’histoire de Jonas trouvée dans une ancienne synagogue en Israël.

C’est la septième saison que passe cette équipe dans le vieux village juif de Huqoq.

Depuis 2012, une série d’autres scènes bibliques célèbres ont déjà été trouvées sur le site archéologique lors de fouilles – notamment le déluge et l’arche de Noé et le passage de la mer Rouge lors duquel les soldats de Pharaon sont avalés par un gros poisson, similaire à celui ayant mangé Jonas dans la mosaïque découverte cet été.

En plus de la synagogue romaine, le périmètre abrite également les vestiges de ce qui a pu être une synagogue médiévale.

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Mosaïque de la synagogue de Huqoq datant du 5e siècle, montrant un éléphant de guerre (Crédit : Jim Haberman)

Selon le professeur de l’Université de Caroline du nord Jodi Magness, « les mosaïques de Huqoq sont riches et diverses, d’une manière inhabituelle. De plus, elles montrent des variations dans les récits bibliques qui doivent représenter les traditions orales d’alors qui circulaient parmi la communauté juive locale ».

« Ces scènes sont très rares dans des synagogues anciennes », a ajouté Magness. Le directeur des fouilles a poursuivi en disant que « les seuls autres exemples qui ont été trouvés, ça a été à Jerash en Jordanie et à Mopsueste/Misis en Turquie, et à Khirbet Wadi Hamam en Israël et à Doura Europos en Syrie ».

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Cette mosaïque trouvée dans la synagogue de Huqoq en Galilée inférieure représente des hommes travaillant à une tour de pierre, apparemment la tour de Babel (Crédit : Jim Haberman via UNC Media Relations)

Ces fouilles sont co-dirigées par Shua Kisilevitz de l’Autorité des antiquités israéliennes et parrainées par plusieurs partenaires – Chapel Hill (université de Caroline du nord), la Baylor University, la Brigham Young University, l’Université de Toronto et d’autres. Les travaux devraient continuer en 2018.

Parmi les autres riches trouvailles en mosaïques cette saison, une scène détaillée montrant des hommes en train de construire une tour à l’aide de pierres – qui, selon l’équipe, pourrait peut-être représenter la construction de la tout de Babel. A noter également, un médaillon en mosaïque qui représente Hélios, le dieu du soleil gréco-romain, dans un chariot tiré par quatre chevaux. Il est entouré de personnifications des mois, des signes du zodiaque et de personnifications des quatre saisons.

Parmi d’autres scènes notables découvertes sur le site de Huqoq, l’histoire de Samson et des renards (Juges 15:4), extraite de la synagogue en 2012. En 2013, une mosaïque avoisinante avait été retrouvée, dépeignant Samson transportant la porte de Gaza sur ses épaules (Juges 16:3).

De manière intéressante, il s’est avéré que la synagogue accueillait également des mosaïques dénuées de tout lien biblique. Les saisons de fouilles en 2013 et 2014 avaient ainsi permis de mettre la main sur une représentation de ce qui a pu être la rencontre légendaire entre Alexandre le grand et le plus grand chef religieux juif.

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En photo ici, une mosaïque découverte dans une synagogue de Huqoq représentant le mois de Teveth (Décembre-janvier) avec le signe du capricorne. (Crédit : Jim Haberman, via UNC Media Relations)

« L’une des caractéristiques distinctives des mosaïques de Huqoq, c’est l’incorporation de nombreux éléments classiques [gréco-romains] comme des puttis, des personnifications ailées des saisons et comme – dans la scène de Jonas – des « harpies » [larges oiseaux avec un torse et un visage féminins] représentant les vents de la tempête », a expliqué Magness.

En plus de leur valeur artistique, les mosaïques sont une fenêtre ouverte sur le style de vie et les techniques d’artisanat utilisées il y a environ 1 500 ans.

« Les mosaïques fournissent également un grand nombre d’informations sur la vie quotidienne ancienne, comme les techniques de construction montrées sur la scène de la tour de Babel découverte cet été », a dit Magness.

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