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La pensée du Maharal de Prague a été répandue en France grâce surtout aux écrits d’André Néher. Le Maharal reste un personnage de légende avec son célèbre Golem, qui influença Gustav Meyrink. Mais c’est surtout en tant que penseur du judaïsme qu’il reste un pilier du judaïsme. Toute sa recherche des textes (Talmud, Kabbale) tourne autour du thème de l’exil et de la vocation d’Israël, leur sens religieux et métaphysique.
LE MAHARAL DE PRAGUE
Statue du rabbin Löw sur la façade de l’hôtel de ville de Prague

Le Maharal était célèbre ou notoire à la fois pour ses décisions juridiques intransigeantes, telles que l’interdiction de l’utilisation du vin gentil et pour la promotion d’un programme éducatif éclairé qui renversait les modes d’étude traditionnels.

(Ses attitudes conservatrices et ses tendances réformatrices ont souvent créé des tensions au sein de la communauté, en particulier entre les élites religieuses et le leadership laïc.)

Comme le suggère ce paradoxe, les écrits de Maharal défient les généralisations rapides.

Théologien systématique, le Maharal a vu le monde à la fois céleste et humain à travers le prisme des contraires qui peuvent se compléter ou se contredire. Dans l’ensemble, il a utilisé les sources rabbiniques classiques comme toile de fond pour ses discours et a découragé l’étude de la littérature humaniste,

Le Maharal a créé ses sermons selon ses propres structures très schématiques. Dans ce système, il y avait une polarité claire et distincte entre les Juifs et les Gentils, qui, selon le Maharal, résident sur différents niveaux d’existence.

Le Maharal a prononcé sur les différences intrinsèques entre les Juifs et les Gentils à d’innombrables occasions.

Le Maharal dit ouvertement : « la vraie Torah appartient à Israël et à Israël seul ».

Maharal

Rabbi Judah ben Betsalel Levaï naquit en 5285 (1525), probablement à Posen. Encore très jeune il se fit un nom par son érudition talmudique. Il avait une vingtaine d’années lorsqu’il fut nommé Rabbin de Nikolsburg, en Moravie, situation qu’il devait occuper pendant une vingtaine d’années.

Toutefois, il doit l’apogée de sa célébrité au titre de chef spirituel de la communauté juive de Prague, alors centre principal du Judaïsme en Europe orientale. Dans cette ville, le Maharal établit la grande académie talmudique connue sous le nom de Klaus.

(Le bâtiment historique de cette académie fut ravagé par un incendie quatre-vingts ans après sa mort, mais fut reconstruit plus tard et appelé la Synagogue de Klaus).

Parmi ses élèves étaient Rabbi Yom Tov Lippmann Heller et Rabbi David Ganz qui devinrent les plus grands talmudistes de leur siècle.

Le Maharal faisait l’admiration de ses contemporains, tels Rabbi Salomon Louria (Maharshal), Rabbi Méir (Mahram) et d’autres encore, qui l’appelaient affectueusement « Pilier de fer, support d’Israël », ou « Notre souffle de vie » ou encore « La merveille de notre époque ».

Par ses grandes connaissances en mathématiques, astronomie et des sciences presque perdues aujourd’hui, Rabbi Judah ben Betsalel Levaï s’était aussi fait un nom parmi les non-juifs. Il était un ami intime des astronomes Tycho Brahe et Johannes Kepler. Ces deux savants le présentèrent un jour à l’empereur Rodolphe II.

On raconte que l’empereur vint souvent en visite chez le rabbin pendant la nuit afin de discuter avec lui politique et sciences et que Rabbi Judah Levaï profita de ses hautes relations pour protéger la communauté juive chaque fois qu’elle était en danger.

Ce grand érudit écrivit de nombreux ouvrages traitant de sujets rabbiniques, dont un des plus importants s’appelle « Gour Aryeh ». C’est un commentaire sur l’interprétation biblique de Rachi. Quelques-uns de ses meilleurs livres traitent du Moussar ou de l’éthique.

Dans ses conférences et dans ses écrits, il ne cessait de souligner l’importance de l’interprétation littérale des Écritures, condamnant la méthode sophistiquée connue sous le nom de Pilpoul.

À son avis les enfants devraient d’abord acquérir de solides connaissances de la Bible et de la Michnah avant de s’aventurer dans l’étude du Talmud.

Tous ses écrits, et plus particulièrement ses commentaires sur Pirkei Avoth ainsi que la collection de ses conférences, comme Netsa’h Israël (« L’éternel Israël »), Netivoth Olam (« Les voies du monde »), reflètent une image du saint caractère de cet homme.

Tout laisse supposer que le Maharal de Prague était également un génie kabbalistique, car la légende ne cesse de mentionner ses connaissances de la Création divine et des secrets de D.ieu. Il était connu comme le plus grand thaumaturge.

L’histoire la plus célèbre est celle du Golem.

Ce fut la création d’un homme que ce rabbin façonna d’argile et à qui il donna vie en prononçant le nom de D.ieu. Grâce au Golem le Maharal put empêcher de nombreuses calamités de fondre sur les Juifs et réduire à néant les fausses accusations portées contre ses coreligionnaires. À la veille de chaque Chabbat, Rabbi Judah enlevait du Golem l’amulette sacrée sur laquelle était inscrit le nom de D.ieu, pour ne pas profaner le Chabbat. Lorsque le Golem eut accompli sa mission, le Maharal le cacha dans le grenier de la synagogue de Prague.

Plusieurs années plus tard, la cité de Prague fit ériger devant l’Hôtel de Ville un monument, exécuté par un de ses meilleurs sculpteurs, en souvenir de son grand citoyen.

Peu sont les grands hommes de notre histoire juive autour desquels se sont tramées tant de légendes. Le Maharal avait le renom de posséder des forces illimitées.

Il existe une légende qui veut que le Maharal ait montré à l’empereur par une sorte de vision le château de plaisance que celui-ci possédait loin de la capitale. Une autre légende raconte que le Maharal avait fait apparaître les esprits des douze fils de Jacob en présence de l’empereur.

Pour nous, le côté le plus important de la personnalité du Maharal réside moins dans ses pouvoirs surnaturels que d’apprécier l’homme qui, dans de sombres heures de l’histoire juive, a tant fait pour ses frères dont il était le chef spirituel et le porte-parole.

Pour nous, il est celui qui nous a légué une richesse extraordinaire de pensée juive et d’enseignements moraux. Nous le vénérons surtout pour la lumière qu’il a apportée aux étudiants de la Torah et pour la source d’inspiration et de foi contenue dans ses écrits éthiques.

par Nissan Mindel

La vie même du Maharal est un grand mysytère

La Guéoula pour le Maharal

Ses principaux disciples
  •  David Gans qui étudia avec Nicolas Kepler.
  • Rabbi Yom Tov Lippmann Heller, l’auteur du Tossefoth Yom Tov commentaire sur la Mishna.
  • L’un de ses descendants… Karl Marx
Son œuvre

Sur le plan littéraire, le Maharal a produit une œuvre globale sur le sens de l’être juif, de son histoire, de son exil et de ses fêtes. S’inspirant autant des exégètes classiques (notamment Rachi) que du Talmud et de la Kabbale, il offre une pensée forte, originale et cohérente. Il a été un défenseur du Midrash, montrant que derrière ces anecdotes, parfois enfantines, se cachait la véritable sagesse d’Israël, à condition d’en posséder les clefs de lecture. Par ses écrits, il influença le Hassidisme qui allait naître au XVIIIe siècle, et l’intelligentsia juive française d’après guerre, dont André Néher fut l’un des chefs de fil.

Ouvrages philosophiques et mystiques :

  • Netsah’ Israël (Eternité d’Israël) sur le jeûne du 9 av : Réflexion sur l’exil d’Israël et la
    délivrance messianique.
  • Guévourot Hashem (Puissance de Dieu)sur la fête de Pessah. Sens de la naissance du
    peuple d’Israël et de sa vocation spirituelle.
  • Tiféreth Israël (Splendeur d’Israël)sur la fête de Shavouot ; Réflexion sur la valeur de la
    révélation du Sinaï et de l’importance de l’étude.
  • Or h’adash/ Ner Mitsva (Nouvelle lumière et flamme de la mitsva) sur Hanoukka et
    Pourim : Réflexion sur le sens de l’histoire.

Ouvrages éthiques :

  • Nétivoth Olam (Sentiers éternels) : Analyse des vertus religieuses.
  • Dérekh Haïm (Chemin de vie) : Commentaires sur la Mishna Avoth, la référence de
    l’éthique rabbinique.

Ouvrages sur le Midrash :

  • Hidoushé Aggadoth (Interprétations des récits talmudiques): Un commentaire
    systématique des Aggadoth du Talmud.
  • Gour Aryeh (le jeune lion) : Un commentaire sur Rashi du nom de Gour Aryeh.
  • Beer Hagola (le puits de l’exil) : défense du Midrash contre ses détracteurs. Pour le
    Maharal, les « petites histoires » du Midrash cachent la pensée secrète d’Israël, la
    Kabbale.
Sa pensée

Sa pensée tourne autour de deux axes principaux :

  • Donner une signification religieuse à l’histoire d’Israël au coeur de l’humanité. D’où ses
    analyses sur les fêtes fondatrices comme Pessah et Shavouoth (il n’a pas pu écrire sur
    Souccoth).
  • Défendre les thèses de la Kabbale, à travers la défense du Midrash.
Son époque

Les historiens délimitent le XVIe siècle du 12 octobre 1492, date de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, à 1610 avec l’assassinat d’Henri IV.

Le XVIe siècle est marqué en Europe par le développement de la Renaissance, dans le sillage de la renaissance artistique qui prit sa source en Italie. C’est le temps de l’humanisme et des grandes découvertes scientifiques.

Jacques Cartier prend possession en 1534 du Canada au nom du roi de France François 1er.

Mais le XVIe siècle est marqué aussi par les Guerres de religions (1572-1598), jusqu’à l’Edit de Nantes (1598) signé par Henri IV. En Allemagne, naissance de la Réforme avec Martin Luther (1483 – 1546), puis de l’Église réformé du théologien français Jean Calvin (1509).

Le XVIe siècle est aussi celui des premiers esclaves noirs d’Amérique. Du début du XVIe siècle au début du XIXe siècle, près de 7,5 millions d’esclaves sont prélevés par les Européens sur les côtes d’Afrique occidentale.

Lire aussi : NOACHISME : LE MESSIANISME, « L’ETERNITÉ D’ISRAËL » ET LES NATIONS SELON LE MAHARAL DE PRAGUE

SOURCES :

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