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La genèse d’une succession

Traduit et compilé par Gary Chalom Cohen

Après la disparition de Rabbi Israël Baal Chem Tov, son fils Rabbi Tsvi prit sa succession à la tête du mouvement ‘hassidique. Sa tâche n’était pas aisée car, profitant de la disparition du fondateur du mouvement ‘hassidique, les opposants à ce mouvement avaient redoublé leurs efforts pour en venir à bout. Les disciples les plus proches du Baal Chem Tov s’aperçurent du manque de charisme de leur nouveau maître dont la sainteté et la bonté émoussaient la rigueur, indispensable en ces temps de troubles.

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Rabbi Chalom Dov Ber (1860-1920) Le « Rabbi Rachab »

Le premier jour de la fête de Chavouot de l’année 5521 (1761), les disciples du Baal Chem Yov commémorèrent avec émotion le premier anniversaire de la disparition de leur maître.

Le deuxième jour de la fête, Rabbi Tsvi, vêtu de l’habit de soie de son père, présida le repas, entouré des disciples les plus proches. Il prononça un discours ‘hassidique, puis il se mit debout et déclara:

« Mon père m’est apparu aujourd’hui et m’a fait savoir que les serviteurs célestes de D.ieu et les anges, qui résidaient habituellement à ses côtés, étaient allés rejoindre ce jour même notre saint et grand maître Rabbi Bérinié1 fils de Rabbi Abraham. Aussi, mon fils, m’a-t-il dit, tu lui céderas la présidence à la tête de la « Sainte Confrérie2 ». Il siègera à ma place et toi, tu prendras la sienne. Sache que vous réussirez et que son esprit est double. »

À ces mots, il se tourna vers Rabbi Dov Ber, que l’on appelait le Maguid de Mézéritch, et le félicita pour sa nouvelle fonction. Il enleva son habit de soie et le donna au Maguid dont il enfila l’habit. Dès que Rabbi Dov Ber s’assit à sa nouvelle place, les disciples se levèrent pour écouter les premières paroles de leur nouveau maître. La tradition rapporte qu’il disserta alors sur le verset : « …Leur aspect et leur structure étaient comme si une roue était encastrée dans l’autre3 ».

Qui était donc ce successeur de Rabbi Israël Baal Chem Tov?

Ni la date ni l’année de la naissance du Maguid de Mézéritch ne nous sont connues. La tradition ‘hassidique rapporte que sa mère possédait un l’arbre généalogique de sa famille qui remontait à Rachi4 et qui fut brûlé lors d’un incendie.

Une « créature céleste »

Très tôt, le Maguid montra d’extraordinaires prédispositions à l’étude qui lui permirent d’acquérir un immense savoir talmudique ainsi qu’ésotérique. Mais, malgré ses connaissances kabbalistiques, le Maguid se tenait à l’écart du mouvement ‘hassidique qu’il voyait avec méfiance, comme l’atteste ce récit rapporté par le petit-fils du « Peneï Yéochoua5 » :

« Le Penei Yéochoua n’avait jamais vu lui-même le Baal Chem Tov mais il en avait entendu parler. En particulier, lorsque Rabbi Dov Ber de Mézéritch venait lui rendre visite lors de son voyage annuel vers la ville thermale de Karlsbad, où il suivait des cures pour ses douleurs aux pieds. À chacune de ses visites, celui-ci, qui n’était pas encore un disciple du Baal Chem Tov, critiquait avec véhémence le maître du ‘Hassidisme et son mouvement.

Un jour où le Penei Yéochoua dispensait une leçon talmudique à ses disciples, un carrosse s’arrêta devant la porte de la maison d’étude et son occupant envoya son serviteur pour faire savoir au maître qu’il le priait de bien vouloir s’interrompre pour venir le voir. Le Penei Yéochoua répondit alors qu’il lui était impossible d’arrêter ainsi une leçon publique et proposa que l’homme vienne s’asseoir avec ses disciples pour attendre la fin de la leçon. À quoi l’homme fit répondre qu’il s’agissait d’un événement d’une importance capitale, qui primait sur toute étude.

Le Penei Yéochoua sortit alors et le salua. L’homme lui fit savoir que le Cho’het6 de la ville était un être pervers à cause duquel la ville entière mangeait de la viande interdite par la loi juive depuis déjà plus de dix ans et que, dès la fin de sa leçon, il faudrait que le Penei Yéochoua mène une enquête qui aboutirait aux aveux complets du Cho’het.

Dès qu’il eut terminé ses paroles, l’homme pressa le cocher de reprendre sa route, avant même que le Penei Yéochoua n’ait le temps de lui demander son nom.

Le Penei Yéochoua fut très troublé par cet événement. Il termina immédiatement son cours et fit venir le Cho’het qui finit par avouer tous ses méfaits. Le Penei Yéochoua pressentit alors que l’homme qui lui avait rendu visite était le Baal Chem Tov.

Quelques mois plus tard, l’homme s’arrêta de nouveau à proximité de la maison d’étude et pria le Penei Yéochoua de venir le voir. Cette fois-ci, le Penei Yéochoua sortit immédiatement et constata qu’il s’agissait effectivement du même homme. Celui-ci demanda alors au Penei Yéochoua de transmettre en son nom à Rabbi Dov Ber, lorsqu’il viendrait le voir, qu’il ne pourrait guérir ses douleurs aux pieds tant qu’il ne lui rendrait pas visite. Comme la fois précédente, l’homme se dépêcha de quitter le lieu et le Penei Yéochoua acquit la certitude qu’il s’agissait bien du Baal Chem Tov.

Lorsque le Maguid rendit sa visite annuelle au Penei Yéochoua, celui-ci lui fit part de ses deux entrevues avec l’homme qu’il pensait être le Baal Chem Tov. Il lui conseilla alors de répondre à son invitation, car, à son avis, ces événements n’étaient pas fortuits. Le Maguid accepta son conseil et se rendit chez Rabbi Israël Baal Chem Tov dont il devint un éminent disciple.

Comme le Baal Chem Tov lui avait demandé de se rendre une dernière fois à Karlsbad, il s’arrêta une fois encore chez le Penei Yéochoua. Lorsqu’ils parlèrent du Baal Chem Tov, le Maguid ne tarit pas d’éloges sur lui et son discours enthousiaste étonna quelque peu le Penei Yéochoua. Il lui demanda alors où étaient passées toutes les questions qu’il posait à son propos. Le Maguid répondit :

« Tant que je pensais qu’il n’était qu’un simple mortel, toutes mes questions étaient justifiées. Maintenant que je le connais et que je sais qu’il est difficile de croire qu’il est un être humain, mais qu’au contraire, tout laisse à penser qu’il fait plutôt partie des créatures célestes et que sa définition transcende toute perception humaine, nous ne pouvons poser aucune question à son propos. »

Rencontre

Le récit du petit-fils du Penei Yéochoua ne dit rien sur la rencontre du Maguid avec le Baal Chem Tov. La tradition ‘hassidique nous la décrit ainsi :

« Lorsque le Maguid de Mézéritch arriva à Medziboz, ville du Baal Chem Tov, il trouva une communauté structurée autour du maître et dont l’étude et le comportement répondaient aux exigences d’une vie juive de haut niveau. Cependant, étant lui-même d’une grande érudition tant en Talmud qu’en Kabbale, sur laquelle il avait fondé son éthique, il ne fut pas impressionné outre mesure par ce qu’il voyait.

Au bout de quelques jours, il décida de partir, rassuré quant au Baal Chem Tov et le mouvement ‘hassidique, mais en se disant que cette école de pensée n’avait rien de nouveau à lui apporter.

Comme c’était la tradition, il entra rendre visite au Baal Chem Tov pour prendre congé de lui. Il lui fit alors part de ses impressions et déclara qu’il ne se sentait aucune attirance particulière vers le mouvement qu’il avait fondé.

Là-dessus, le Baal Chem Tov lui demanda s’il savait étudier. Le Maguid répondit qu’il avait appris le Talmud pendant plusieurs années. Le Baal Chem Tov lui demanda s’il avait des connaissances kabbalistiques, à quoi le Maguid répondit qu’il avait en effet abordé cette étude.

À ces mots, le Baal Chem Tov sortit le Ets Haïm7 et le pria de lui en expliquer un passage qui citait un certain nombre de créatures célestes. Le Maguid lut le texte et en donna l’explication. Le Baal Chem Tov dit alors :

« Ce n’est pas ainsi que l’on apprend8. »

Le Maguid réfléchit et trouva une explication plus profonde du texte. Le Baal Chem Tov répéta :

« Ce n’est pas ainsi que l’on apprend. »

Après une nouvelle réflexion, le Maguid déclara :

« Je ne peux trouver de meilleure explication. Montrez-moi donc comment vous étudiez ce texte. »

Le Baal Chem Tov prit l’ouvrage des mains du Maguid et lut le passage à voix haute et, chaque fois qu’il prononçait le nom d’un ange, celui-ci apparaissait dans la pièce où ils se trouvaient. Le Baal Chem Tov leva les yeux et dit alors au Maguid :

« Voyez-vous, c’est ainsi que l’on apprend… »

Le Maguid sut alors qu’il avait beaucoup à apprendre du maître du ‘Hassidisme. »

« Chez soi »

On raconte qu’un jour le Baal Chem Tov chargea l’un de ses ‘hassidim qui retournait chez lui, tout près de Mézéritch, de transmettre son bonjour à son éminent disciple, le saint et juste Rabbi Dov Ber.

Le ‘hassid, qui n’était qu’un simple paysan, fut très honoré de la mission dont le chargeait le Baal Chem Tov et se dit que Rabbi Dov Ber devait être à coup sûr l’un des chefs spirituels de la ville de Mézéritch.

Lorsqu’il arriva à Mézéritch, il demanda où habitait Rabbi Dov Ber, pensant que tout le monde le connaissait. À son grand étonnement, nul n’avait entendu parler de lui et ce n’est qu’après de grands efforts qu’il réussit à savoir que, dans une ruelle du quartier le plus pauvre de la ville, demeurait un maître d’école qui répondait au nom de Reb Ber et que c’était peut-être de lui qu’il s’agissait.

Lorsque le ‘hassid arriva dans la ruelle remplie de boue où s’exhalaient des odeurs fétides, il vit, à l’endroit indiqué, une petite maison vétuste et branlante dont les misérables fenêtres étaient à moitié cassées. Le cœur serré, il frappa à la porte. Un homme d’une quarantaine d’années, au visage rayonnant de noblesse et de sainteté, lui ouvrit la porte. Le ‘hassid comprit immédiatement que cet homme était bien l’éminent disciple de Rabbi Israël Baal Chem Tov.

Le Maguid lui demanda de l’excuser, car il était au milieu de sa leçon et le pria de bien vouloir revenir lorsqu’il aurait fini.

Le visiteur jeta un coup d’œil sur l’intérieur de la maison, composée d’une unique pièce d’une grande pauvreté. Le siège du maître était une bûche de bois et les enfants étaient assis sur des planches posées sur des bûches en guise de bancs, autour d’une table de fortune.

Le ‘hassid alla régler quelques affaires en ville où il rencontra un ‘hassid du Baal Chem Tov de sa connaissance. Lorsque celui-ci apprit que son ami revenait de chez leur maître, il fut rempli de joie et lui demanda de lui répéter ce qu’il avait entendu à Medziboz. Le ‘hassid lui cita alors les versets de la Bible sur lesquels avait disserté leur maître.

Ces versets constituaient tout l’enseignement du Baal Chem Tov pour ces Juifs ignorants qui n’en connaissaient même pas vraiment le sens. Mais le fait même de les avoir entendus de la bouche de leur maître donnait à ses versets un rayonnement particulier dans lequel ils puisaient des trésors de joie et d’enthousiasme.

Au cours de la conversation, le ‘hassid fit part à son ami de la mission dont l’avait chargé le Baal Chem Tov envers son éminent disciple qui n’était qu’un simple maître d’école qu’il avait réussi à trouver au prix de grands efforts.

Son ami, qui n’était pas à même de comprendre la véritable valeur du Maguid, lui dit qu’il avait entendu que celui-ci était un homme d’une érudition et d’une spiritualité exceptionnelles, à qui on avait proposé à maintes reprise la charge de grandes communautés juives mais qu’il avait toujours refusé. Il se contentait d’enseigner à des enfants sans aucun salaire et tirait sa subsistance de quelques menus travaux que son épouse et lui-même faisaient. Il ajouta qu’il désirait se joindre au ‘hassid dans sa visite au Maguid.

Lorsque les deux hommes entrèrent chez le Maguid, les planches qui composées la table et les bancs avaient été transformées en lits pour les enfants. Le Maguid, quant à lui, siégeait au milieu de la pièce sur une bûche et tenait un livre dans ses mains.

Lorsque le Maguid apprit le but de la visite des deux hommes, il fut rempli de joie. Il pria les visiteurs de prendre place sur les planches qui avaient été transformées en lits.

Le ‘hassid lui dit alors :

« Que puis-je vous dire ? Je suis loin d’être un homme riche, mais, si vous veniez chez moi, vous y verriez, D.ieu merci, une table, des chaises, des bancs, des lits pour les enfants et tous les meubles nécessaires à une maison. »

« C’est vrai, répondit le Maguid, chez soi, c’est différent. Il faut avoir une table, des chaises, des lits, un chandelier… »

Le ton avec lequel le Maguid avait prononcé ces mots leur donnait un sens évident même pour ces deux Juifs ignorants : le monde ici-bas n’était pas son « chez soi », sa vraie résidence était celle de son âme.

Destinée

Un jour, la femme du Maguid vint le trouver avec son fils Abraham9 alors âgé de cinq ans et se lamenta :

« Aucune nourriture n’est venue à la bouche de notre fils depuis déjà trois jours. Chaque jour, il vient de l’école pour prendre son repas et s’en retourne comme il est venu. Le soir aussi, il se couche sans manger. Que va-t-il advenir de lui ? »

Le Maguid terminait alors sa prière du matin. Ses Téfiline10 de Rabbénou Tam11 de la tête étaient déjà dans leur sac et il s’apprêtait à ranger celles du bras. Lorsqu’il ressortit sa main du sac, il tenait une pièce d’or entre ses doigts. Il déclara alors :

« Cette pièce est d’origine miraculeuse et il est donc interdit d’en tirer profit. Mais, ajouta-t-il, tu trouveras un morceau de pain sur l’étagère que tu pourras donner à notre fils. »

Lorsque le petit Abraham avait pénétré dans la chambre du Maguid avec sa mère, deux larmes avaient coulé sur ses joues à la vue de son fils qui avait faim.

Ces deux larmes provoquèrent un jugement céleste. Les accusateurs reprochèrent au Maguid d’avoir eu de la peine pour une souffrance physique, ce qui n’était pas digne de son niveau alors que les défenseurs affirmèrent que ce n’était là qu’un sentiment de pitié pour un enfant affamé qu’il aurait aussi bien pu avoir pour un autre enfant que le sien et qu’un sentiment de pitié était un sentiment spirituel.

Le tribunal céleste décida que le Maguid ne manquerait désormais de rien, mais, qu’en contrepartie, il devrait prendre une charge communautaire à la mesure de ses qualités exceptionnelles.

Le Maguid tourna vers son épouse et lui dit :

« Eh bien ! nous avons perdu. Nous aurons notre pain quotidien. »

En ce deuxième jour de Chavouot de l’année 1761, la décision du tribunal céleste fut appliquée.

Une brève biographie

PAR HAIM MELLUL

Successeur du Baal Chem Tov, Rabbi Dov Ber, qui structura la ‘Hassidout, naquit à Loukatch, vers 5464 (1704), à son père, Rabbi Avraham. Encore enfant, il apparut qu’il possédait des capacités hors du commun et il fut envoyé à Lvov, dans la Yechiva du « Pnei Yochoua ». Là, il accumula de profondes connaissances du Talmud.

Rabbi Dov Ber, le Maguid de Mézéritch

Après son mariage, il enseigna la Torah aux enfants d’un village et en profita pour s’isoler, se plongeant dans l’étude de la Kabbalah. Il eut alors une vie de jeûnes et de mortifications, qui affaiblirent sa santé. Il devint ensuite un « Maguid », personnage central dans la vie des communautés à cette époque. Voyageant dans les villes et villages de Podolie et de Wholinie, il conduisait les Juifs à la Techouva par ses commentaires et ses discours publics.

Peu après, Rabbi Dov Ber se rapprocha du Baal Chem Tov qui, d’emblée, se révéla à lui dans toute sa grandeur. Il devint son ‘Hassid et le Baal Chem Tov lui enseigna les secrets de la Kabballa et même le langage des oiseaux et des arbres.

Un an après que la Baal Chem Tov ait quitté ce monde, le Maguid prit la tête des ‘Hassidim et s’installa à Mézéritch. C’est de là qu’il délégua ses émissaires auprès de toutes les communautés d’Europe Orientale, afin de diffuser les idées de la ‘Hassidout. En effet, si le Baal Chem Tov fit de nombreux voyages, le Maguid resta chez lui. Du reste, la ‘Hassidout était d’ores et déjà connue, jusque dans les contrées les plus reculées. Mézéritch devint alors un grand centre, attirant des milliers de Juifs qui, ayant eu connaissance des enseignements délivrés par les émissaires, étaient désireux de rencontrer le maître. Ainsi, le cercle de ceux qui étudiaient la ‘Hassidout s’élargit considérablement et, en 5525 (1765), trois grands centres furent créés, l’un à Loubavitch, dirigé par Rabbi Issakhar Dov, le second à Karlin, dirigé par Rabbi Aharon et le troisième à Horodok, dirigé par Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk.

Les trois livres présentant l’enseignement du Maguid furent rédigés par ses disciples, « Maguid Devarav LeYaakov » par Rabbi Chlomo de Loutsk, « Or Hatorah » par Rabbi Ichaya de Donivitch et « Or HaÉmet » par Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev.

Le Maguid de Mézéritch aimait tout particulièrement Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, son disciple. C’est à lui qu’il confia la mission de rédiger un Choul’hane Aroukh. Il le rapprocha également de son fils, Rabbi Avraham HaMalakh (« l’Ange »). Ainsi, jour après jour, pendant de nombreuses années, Rabbi Chnéour Zalman enseignait la Guemara à Rabbi Avraham pendant trois heures, puis, pendant trois autres heures, Rabbi Avraham enseignait la ‘Hassidout à Rabbi Chnéour Zalman.

C’est à l’époque du Maguid, à partir de 5530 (1770), que les Mitnagdim, opposants à la ‘Hassidout, se renforcèrent. Le Maguid, à plusieurs reprises, confia à Rabbi Chnéour Zalman des missions secrètes, qui le conduisirent dans les bastions de l’opposition. En 5532 (1772), le Maguid organisa lui-même une confrontation publique entre ‘Hassidim et Mitnagdim. Les idées de la ‘Hassidout furent défendues par Rabbi Chnéour Zalman et par Rabbi Avraham de Kalisk.

A la veille de Roch Hachana 5533 (1773), le Maguid écrivit son testament, indiquant ce que devait être, après son décès, le comportement des ‘Hassidim en général et de son fils, Rabbi Avraham, en particulier. Il écrivit que « l’avis de mon élève, Rabbi Zalman, auteur du Choul’hane Aroukh, peut être considéré comme une petite prophétie. Il faudra, en tout point, se conférer à son opinion, car, même s’il avait vécu à l’époque du Baal Chem Tov, sa personnalité aurait été tout à fait remarquable. »

Peu après, le 19 Kislev 5533 (1773), le Maguid quitta ce monde, à Anipoli.

Les disciples de Maguid se réunirent par la suite. Il fut décidé que quelques uns d’entre eux, conduits par Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, se rendraient en Erets Israël. Rabbi Chnéour Zalman accompagna Rabbi Mena’hem Mendel jusqu’à Mogilev, au bord du fleuve Dniester. Il fut alors chargé de diriger les ‘Hassidim de Lituanie et d’organiser la défense de la ‘Hassidout contre les attaques des Mitnagdim.

NOTES

1. Diminutif de Dov Ber.
2. Ainsi étaient désignés les plus proches disciples du Baal Chem Tov.
3. Ézéchiel 1, 16.
4. Rabbi Chlomo Its’haki, grand exégète du moyen-âge.
5. Rabbi Yaakov Yochoua, auteur d’un important commentaire sur le Talmud, qui dispensa son enseignement dans les villes de Lwow, Berlin, Metz et Francfort.
6. « Sacrificateur rituel » qui a la charge d’abattre les animaux selon les préceptes de la loi juive.
7. Livre de Kabbale compilé à la fin du seizième siècle par Rabbi Haïm Vital, éminent disciple de Rabbi Itshak Louria, à partir des enseignements de son maître.
8. Cette phrase, prononcée en Yiddich, est à double sens. Elle peut signifier en même temps « Tel n’est pas le sens de ce texte » ou « Cette façon d’étudier n’est pas bonne ». Le Maguid l’avait comprise dans son premier sens.
9. Que l’on surnomma plus tard « le Malakh » : l’ange.
10. Phylactères. Boîtiers de cuir dur dans lesquels sont entreposés des parchemins contenant des versets qui proclament l’unité de D.ieu. Ces boîtiers sont posés à l’aide de lanières de cuir sur le bras et la tête durant la prière du matin.
11. La paire de Téphiline commune à tous les Juifs est appelée « Téphiline de Rachi » parce qu’elle est conforme au point de vue de Rachi (cf. note 4). Les ‘Hassidim et certains Juifs d’orient mettent une seconde paire, conforme à l’avis de Rabbénou Tam, petit-fils de Rachi et maître de l’école des Tossafistes.

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