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En 2008, le dirigeant palestinien a rejeté l’inégalable offre de paix d’Ehud Olmert ; son discours révoltant de dimanche à Ramallah a permis d’expliquer pourquoi…

Par DAVID HOROVITZ

Il y a près d’une dizaine d’années, dans les derniers mois de son mandat de Premier ministre, Ehud Olmert a proposé à Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, à peu près tout ce que les Palestiniens réclamaient à Israël.

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Ehud Olmert, le Premier ministre israélien d’alors, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Jérusalem en novembre 2008 (Crédit photo : Moshe Milner GPO / Flash90)

Accueillant Abbas à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 16 septembre 2008, Olmert a pris une grande carte et a spécifié les incroyables concessions territoriales qu’il proposait dans le but que les Palestiniens créent leur Etat pour mettre un terme, une bonne fois pour toutes, au conflit israélo-palestinien.

Olmert a proposé à Abbas ce qui représentait alors 100 % de la Cisjordanie – avec des échanges de terres à un contre un permettant à Israël d’étendre sa souveraineté sur trois grands blocs d’implantations et aux Palestiniens de prendre le contrôle sur des territoires se trouvant au sein des frontières souveraines d’Israël.

Il a rejeté le « droit au retour » de millions de Palestiniens en Israël – un afflux qui condamnerait l’Etat juif – mais a indiqué sa volonté de répondre à l’appel de l’Initiative de paix arabe pour une solution juste et concertée face au problème des réfugiés, en proposant notamment une compensation financière et l’absorption symbolique de plusieurs milliers de réfugiés.

Le plus dramatique de tout cela : il avait proposé de diviser Jérusalem en différents quartiers contrôlés par les Israéliens et les Palestiniens et de renoncer à la souveraineté israélienne sur le mont du Temple et dans toute la Vieille Ville.

Au lieu de cela, avait affirmé Olmert, le « Saint-Bassin » serait supervisé par une tutelle internationale non souveraine composée de cinq membres, que seraient Israël, l’Autorité palestinienne, la Jordanie, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

Olmert ne voulait pas donner une copie de sa carte à Abbas tant que le chef de l’AP ne l’avait pas approuvée. Ce qu’Abbas a refusé de faire.

A l’issue de cette réunion exceptionnelle, il a été décidé que les deux parties se rencontreraient à nouveau le lendemain afin de travailler sur la finalisation des termes de l’accord.

Dans une interview télévisée accordée à une chaîne israélienne en 2015, Olmert déclarera : « Je lui ai dit : ‘Souvenez-vous de ces propositions. Vous devrez attendre 50 ans avant qu’un autre Premier ministre israélien ne vous propose ce que je vous propose aujourd’hui. Ne passez pas à côté de cette opportunité.’ »

Et c’est précisément ce qu’a choisi de faire Abbas. Il est retourné à Ramallah, où il a esquissé rapidement sa propre carte reprenant ce qu’Olmert avait proposé.

Quelques heures plus tard, son négociateur en chef Saeb Erekat a appelé les Israéliens pour leur expliquer que la rencontre du lendemain ne pourrait avoir lieu comme prévu, les Palestiniens devant se rendre à Amman, mais que les entretiens pourraient reprendre la semaine suivante. Mais il n’ont jamais repris. Des années plus tard, Olmert affirmera avec tristesse qu’il attendait toujours des nouvelles d’Abbas.

En 2015, le chef de l’AP a reconnu qu’il avait rejeté la proposition d’Olmert, au motif que la clause concernant les réfugiés n’était pas satisfaisante et affirmant de façon sournoise concernant la division du territoire :

« Il m’a montré une carte. Il ne m’a pas donné une carte… Il m’a dit : ‘Voici la carte’ et l’a emportée. J’ai respecté son point de vue, mais comment pouvais-je signer quelque chose que je ne recevais pas ? »

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Un croquis de l’offre proposée par le Premier ministre Ehud Olmert au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en 2008. La carte a été dessinée à la main par Abbas. (Walla News)

Sans surprise, Abbas n’a fait aucune allusion à l’extraordinaire proposition de paix d’Olmert lors de son discours anti-Israël, anti-Trump et anti-paix de deux heures devant les dirigeants de l’OLP à Ramallah ce dimanche.

Pourtant, ce discours consternant a fourni l’explication lugubre pour laquelle l’homme chargé de créer un Etat palestinien avait, près d’une décennie plus tôt, rejeté la plus belle opportunité qu’il aurait jamais afin de réaliser cette ambition déclarée.

La vérité est sortie de la bouche aigrie d’Abbas, désormais âgé de 82 ans : il croit lui-même en la virulente propagande diffusée d’abord par son défunt prédécesseur Yasser Arafat puis reprise à son compte durant les treize années qu’il a passées à la tête de l’Autorité palestinienne.

Bien sûr, Abbas a choisi de ne pas accepter l’offre inégalable d’Olmert.

Il aurait fallu que les Palestiniens reconnaissent la légitimité d’un Israël qui, selon les propres termes d’Abbas, n’est qu’un « projet colonial qui n’a rien à voir avec le judaïsme ».

Selon sa mauvaise réécriture de l’histoire, il aurait fallu que les Palestiniens partagent le territoire avec un peuple pour lequel la Terre sainte était si étrangère qu’ils ont préféré aller vers une mort certaine, orchestrée par les nazis que d’y migrer.

« Les Juifs n’ont pas voulu émigrer, malgré les meurtres et les massacres », a-t-il dit. « Même durant l’Holocauste, ils n’ont pas émigré. »

La Terre sainte était si indésirable aux yeux des Juifs, a-t-il élaboré peu après dans son discours révisionniste révoltant, que David Ben Gurion eut besoin de forcer les Juifs du Moyen-Orient à y venir.

« Ben Gurion ne voulait pas que les Juifs du Moyen-Orient viennent en Israël », a affirmé Abbas face à un auditoire enthousiaste, « mais quand il a vu l’étendue de cette vaste terre, il a été forcé d’y amener des Juifs du Moyen-Orient… qui ne voulaient pas y venir. Ils ont volé 50 000 Juifs au Yémen… Puis ils sont allés en Irak, qui comptait de grandes réserves de Juifs… »

L’homme dont la thèse de doctorat a blâmé le sionisme concernant l’Holocauste et remis en question le nombre de victimes juives, a déblatéré dimanche une série de mensonges évidents pour quiconque concernant les événements du 20e siècle.

Il a détaillé une argumentation qui ne permettait aucune connexion juive historique à cette terre – aucune histoire biblique, aucun temple, aucune souveraineté ancienne.

Il a nié le propre passé de la nation juive.

De toute évidence, aucun dirigeant aussi aveugle face à la légitimité de son ennemi n’aurait jamais pu accepter une réconciliation. Certes, l’excuse publique d’Abbas pour avoir rejeté l’offre d’Olmert en 2008 était : « Il ne m’a pas donné de carte. »

Ce qui l’a cependant motivé était sa conviction insistante selon laquelle les Juifs n’ont pas le droit d’être ici.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse au Comité central de l’OLP à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018 (Flash90)
Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse au Comité central de l’OLP à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018 (Flash90)

Le plus tragique est que le leadership aveugle d’Arafat, puis celui d’Abbas, nous affecte tous. Aussi incommode soit-il, le fait est qu’on recense des millions d’Israéliens et de Palestiniens – Juifs, Chrétiens et Musulmans – qui vivent sur ce territoire et que nous devons trouver un moyen de coexister.

La solution, comme cela a toujours été clair pour ceux qui sont prêts à ouvrir les yeux, ne réside pas dans une tentative de solution diplomatique. Il est inutile d’essayer de forcer les deux parties à signer un accord dont ils ne veulent pas, selon un calendrier qu’ils ne respecteront pas.

Au contraire, le long chemin à parcourir exige une certaine éducation – une éducation sur le fait déconcertant que certaines revendications sont concurrentes et contradictoires concernant cette terre.

Conscients que les Palestiniens n’iront nulle part et prêts à tout pour un accord qui pourrait nous libérer du choix de vivre entre le marteau et l’enclume, les Israéliens ont montré leur volonté – cela se caractérisant le plus significativement par l’offre d’Olmert – pour un profond compromis territorial.

Ils ont évincé les Premiers ministres – notamment Benjamin Netanyahu en 1999 – dont ils estimaient qu’ils manquaient des opportunités en faveur de la paix.

Les Palestiniens, en revanche, ont refusé de reconnaître la légitimité juive et se sont convaincus qu’Israël représentait simplement une présence superficielle transitoire qui pourrait éventuellement être évincée, et ceci malgré les preuves spectaculaires qui font montre de force, de la résilience et de la prospérité de notre pays.

Il y a un siècle, il était évident dans l’Islam qu’il y avait eu des temples juifs au sommet du mont du Temple – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Musulmans y ont par la suite construit des mosquées.

Ce que le discours d’Abbas a si lamentablement souligné est que ce récit mensonger concernant l’histoire juive, qui a pris racine au cours des dernières décennies n’est pas seulement cyniquement diffusé par les dirigeants palestiniens à leur peuple, mais aussi largement accepté par les dirigeants eux-mêmes.

L’ONU peut s’opposer à Israël. La communauté internationale aveugle peut reconnaître unilatéralement un Etat palestinien – et ceci au détriment des Palestiniens, puisque ce « soutien » ne fait qu’accroître leur obstination. Mais la seule voie qui mènera à l’indépendance palestinienne passe par un accord négocié avec Israël.

L’offre Olmert d’il y a dix ans a montré jusqu’où Israël était prêt à aller pour établir un partenariat de paix avec les Palestiniens. Le discours ignoble, tragique et autodestructeur d’Abbas de ce dimanche soir a montré que, tant que les Palestiniens n’accepteraient pas la légitimité d’Israël, aucune offre israélienne ne serait convenable.

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Abdullah Al Hadlaq balance tout sur l’imposture de l’UNRWA…

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