SHARE
En 1940, 1670 réfugiés juifs qui fuyaient les nazis sont arrivés en Palestine qui se trouvait alors sous mandat britannique. Les autorités britanniques craignaient que l’arrivée d’un grand nombre de juifs déstabilise la Palestine et ils redoutaient également que des agents allemands ne soient infiltrés parmi les réfugiés. Les réfugiés se sont vu refusé le droit d’asile et ont été déporté vers l’ile Maurice.

Ils ont été détenu jusqu’à la fin de la guerre à la prison de Beau-Bassin. Les conditions de détention été relativement difficile.

Mauritius_used_passport_1940-45
Page de passeport d’un document de voyage allemand estampillé J délivré à une femme juive qui a été internée sur l’île Maurice de la fin de 1940 à août 1945. Ici il est indiqué la date d’arrivée au port de Haïfa comme le 26 août 1945.

Les hommes et les femmes étaient détenus dans deux sections séparées de la prison et ne pouvaient pas se voir librement. La situation sanitaire était précaire et les détenus souffraient du climat tropical, entrainant le décès de plusieurs réfugiés.

En 1945, alors que la guerre tirait à sa fin, les détenus ont été informés qu’ils auraient le droit de s’établir en Palestine. Ils ont quitté l’ile Maurice le 11 août 1945 et sont arrivés à Haïfa le 26 août 1945.

Les juifs sont arrivés à l’île Maurice fin décembre 1940 via deux navires néerlandais, le Johan de Witt et le Nieuw Zeeland. Leur nom de « détenus juifs de Mauriced » a été fixé par la population locale, qui les a immédiatement confondus avec des prisonniers de l’Empire britannique.

Fuyant l’avancée du nazisme sur le Vieux Continent, les futurs détenus de Maurice prennent place à bord de trois épaves flottantes, l’Atlantic, le Milos et le Pacific, qui atteignent Haïfa, en Palestine mandataire, fin 1940.

Les autorités locales, inquiètes de s’aliéner les Arabes de la région si elles ne limitent pas l’afflux de migrants juifs, décident de les expédier vers une autre colonie de l’Empire britannique, l’île Maurice, et pour ce faire les transbordent en partie sur un navire mieux indiqué pour la traversée de l’océan Indien, le paquebot Patria.

Mais celui-ci est coulé par l’organisation sioniste Haganah, qui souhaitait seulement empêcher son départ, le 25 novembre 1940 dans le port de la ville. L’attentat fait plus de 200 morts parmi les réfugiés embarqués sur ce navire.

Sinking_of_the_Patria_(1940)
Le Patria après le bombardement

Les survivants et les réfugiés restés sur l’Atlantic sont conduits à un camp à Atlit, où ils demeurent jusqu’à ce que les premiers reçoivent l’asile politique. Les autres sont brutalement embarqués sur les deux navires néerlandais, lesquels les débarquent à l’île Maurice les 27 et 28 décembre 1940 respectivement.

atlit camps
Entrée au musée du camp de prisonniers d’Atlit

Témoignage :

Le Dr Shun Shin m’avait parlé de cette triste histoire. Il avait été affecté à la prison de Beau-Bassin peu après l’arrivée des détenus juifs. Ils m’avait raconté comment il travaillait jour et nuit pour soigner les réfugiés qui souffraient de typhoïde, de dysenterie et autre maladies.

Voici la traduction d’un extrait de son autobiographie (« Memoirs of a government Medical Officer »):

« Le 26 décembre 1939, plus de 1000 juifs sont arrivés ici à bord de deux bateaux en provenance de Palestine et ont été immédiatement transférés à la prison de Beau-Bassin où ils ont été détenus jusqu’à la fin de la second guerre mondiale. Ces juifs venaient des pays d’Europe centrales qui avaient été envahis par les armées hitlériennes. Ils avaient essayé d’entrer en Palestine mais ils n’avaient pas de visas, et les autorités britanniques ont décidé de les envoyer dans notre île.

Ces pauvres juifs pensaient que Maurice était aussi arriérée que l’Afrique et ils ont tenté de s’opposer à leur déportation d’une manière originale: les jeunes, les garçons comme les filles, se sont déshabillés et se sont allongés nus sur le quai. Les autorités ont utilisé des lances à eau et les ont ainsi contraint à monter à bord des bateaux laissant leurs habits sur le quai.

Lors du voyage vers Maurice, les vêtements ont été restitués à leurs propriétaires un peu à la manière d’une vente aux enchères mais certains n’ont pas pu récupérer leurs habits et sont arrivés nus à Maurice probablement enveloppés dans des couvertures. Ils étaient affamés et étaient affecté par des épidémies de dysenterie et de typhoïde.

Les hommes ont été logés dans les bâtiments de la prison et les femmes ont été logée dans des baraques en tôle ondulées qui ont été construites rapidement à proximité. Ils étaient accompagnés par des policiers et policières britanniques appartenant à la police palestinienne mais ici ils ont été placés sous le commandement du superintendant Armstrong de la police locale, qui était connu comme le commandant du camp des détenus juifs.

Des gardes des deux sexes ont été recrutés localement, ainsi que quelques sepoys pour aider à maintenir l’ordre. La vieille chapelle de la prison a été transformée en hôpital pour les hommes quelques baraques supplémentaires ont été construite pour recevoir un plus grand nombre de patients.

Le pays n’était pas prêt à accueillir un si grand nombre de personnes et il y avait un manque généralisé en terme d’hébergement, de lits, d’habits et d’ustensiles.

Philippe de Spéville étant l’officier médical de la prison est automatiquement devenu l’officier médical en charge de l’hôpital du camp mais ne pouvait pas consacrer plus d’une heure à cette fonction.

L’état déplorable des conditions de vie dans le camp a alarmé deux députés: Rivet et Laurent sont intervenus et ont obtenu la permission de visiter le camp. Une motion critique a ensuite été débattue un mardi au Council. Le samedi précédent, Balfour Kirk , le directeur des services médicaux s’est rendu à l’hôpital civil pour prendre conseil auprès de Yves Cantin comme il avait l’habitude de le faire lorsqu’il y avait un problème. Yves Cantin lui a recommandé de m’envoyer et le jour suivant je me rendais au camp des détenus juifs.

Lorsque la mention est passée devant le Council ce mardi là, Kirk a informé le Council qu’un officier médical à plein temps avait été détaché auprès du camp et cette déclaration semble avoir apaisé les critiques. Au camp des détenus juifs, je me suis vu attribué un interprète, un juif autrichien qui parlait couramment anglais.

Parmi les détenus, il y avait plusieurs médecins et dentistes:

Abeles, grand et d’humeur gaie, très coopératif, âgé d’environ 35 ans et très actif. Arnold, assez âgé, généraliste autrichien, un peu rouillé mais très coopératif et très actif. Kummerman, surnommé Commarmon par nos infirmières, était très jeune et névrosé, souffrant parfois de dépression. Il avait très peu d’expérience. Lederer, très jeune de Tchécoslovaquie. Je me souviens de lui comme d’un étudiant en dernière année. Steinhaner, environ 30 ans, paraissait très intelligent mais n’était pas plus expérimenté que les autres. Soberski était également rabbin et effectuait les circoncisions; il n’a jamais travaillé dans l’hôpital comme les autres médecins.

Aidé de mon interprète et des docteurs juifs qui travaillaient sous notre supervision, j’ai rapidement acquis un grand nombre de termes médicaux allemands, si bien qu’après 2 mois, les détenus pouvaient me consulter an allemand sans l’intermédiaire de l’interprète.

Robert Horsky s’occupait du cabinet médical; il venait de Tchécoslovaquie et parlait parfaitement 4 langues: tchèque, allemand, anglais et français. Je crois qu’il connaissait également l’hébreu ou le patois Yiddish. Il était mon professeur d’allemand inofficiel et nous sommes devenus amis. Lui et 80 autres tchèques on quitté Maurice le 16 avril 1942 pour s’engager dans l’armée libre tchèque et combattre le nazisme. Après la guerre, il m’a écrit et même maintenant, il m’envoie ses vœux de fin d’année et une carte l’été lorsqu’il part en vacances.

En 1966, alors que j’étais en vacance en Terre sainte, j’ai rencontré un juif autrichien qui connaissait le Dr Arnold qui a ainsi obtenu mon adresse. Nous avons correspondu jusqu’à son décès il y a trois ans. Il s’était installé à Vienne et il m’a demandé des timbres mauriciens; en retour j’ai eu 2 disques de chansons folkloriques allemandes.

Dès le premier jour où j’ai travaillé au camp, j’ai commencé à dire Guten Morgen à tous le monde. La rumeur s’est rapidement répandue qu’un nouveau docteur était arrivé et qu’il connaissait bien l’allemand. Lorsqu’un groupe de détenu était engagé dans une conversation, ils se taisaient immédiatement lorsque j’approchais craignant que je puisse comprendre ce qu’ils disaient et que je les dénonce. Après la tournée du matin avec les médecins juifs, je visitais chaque cellule de la prison. Deux bâtiments de quatre étages; je ne me souviens plus du nombre de cellule par étage.

Les services de Philippe de Spéville n’étaient plus nécessaires et René Lavoipierre qui était officier médical général des Plaines Wilhems a été désigné officier médical en charge du camp de détenus juif le 17 février 1941. Nous étions maintenant deux officiers médicaux en charge des détenus et cela s’est traduit par une très nette amélioration.

Nous avions une intendante très efficace en la personne de Mrs Hewitt, épouse d’un sergent de la garnison locale. Elle est jeune et très jolie, yeux bleus, mince et très active. Elle a été d’une grand aide pour Lavoipierre et était appréciée par tout le monde malgré la discipline stricte qu’elle a imposée. Elle est resté environ deux ans et a du partir lorsque son mari a été transféré au Royaume Uni.

Mrs Hewitt a été remplacée par Mrs Muller qui a par la suite fondé la Clinique Muller, maintenant appelée Clinique Lorette. Mrs Muller a poursuivi le bon travail de Mrs Hewitt et a conquis l’estime des détenus qui ont exprimé leur reconnaissance en organisant un fête pour son anniversaire.

Les deux premiers mois, le travail était exténuant en raison des épidémies de dysenterie et de typhoïde qui on pu être vaincues après que tout le monde ait été vacciné. Des tapettes à mouche des bombes insecticides ont été distribuées en quantité généreuses aux détenus et on leur a donné pour instruction de tuer les mouches et les moustiques dans leurs cellules.

Il n’y avait pas assez de lit pour tout le monde et de nombreuses femmes devaient partager leur lits avec d’autres. Dès qu’un lit devenait vacant suite au décès d’une détenue, une femme s’empressait de l’occuper sans attendre qu’il ait été désinfecté. Je me souviens au moins d’une femme qui a ainsi contracté la typhoïde et en ait morte. Après quelques temps, des lits et des matelas supplémentaires ont été fabriqués et chaque femme pouvait disposer d’un lit individuel.

Les épidémies ont fait de nombreuses victimes qui ont été enterrées au cimetière de St Martin près de Petite Rivière. Les proches pouvaient seulement accompagner le cercueil jusqu’à la porte du camp. Le mort poursuivait son dernier voyage accompagné de quelques officiels. Plusieurs années plus tard, un ami m’a emmené au cimetière de St Martin et la vue des tombes de quelques uns de mes ex-patients m’a rempli de tristesse à la pensée de leurs agonies. Les médecins juifs n’étant pas enregistrés à Maurice devaient travailler sous notre supervision.

Les détenus étaient convaincus que l’ail était très bon pour la santé et il mangeaient quotidiennement autant qu’ils en pouvaient. D’après l’école de pensée anglaise, la chaleur est utilisée pour faire tomber la fièvre et combattre les inflammations. Par exemple, des bouillottes étaient utilisée pour maintenir la poitrine au chaud en cas de pneumonie mais les juifs avaient un point de vue différent. Les patients atteints de pneumonie enveloppaient leurs poitrines de serviettes mouillées. C’était probablement une théorie continentale car les médecins formés en France sont connu pour utiliser des packs de glaces sur l’abdomen en cas d’appendicite au lieu de bouillotes.

Les tchèques étaient bien organisés et bien nourris lorsqu’ils ont effectué le voyage pour la Palestine mais les autres ont souffert de malnutrition et j’ai appris que des filles s’étaient prostituées avec des matelots pour obtenir de la nourriture. La conséquence inévitable étaient des grossesses non désirées et des maladies vénériennes. Les autorités du camp ont du faire face au problème de ces filles mères.

Chaque jour pour deux heures, les femmes étaient autorisées à rendre visite à leurs hommes mais n’étaient pas autorisées à entrer dans les cellules. Les couples avaient l’habitude de s’allonger sur la pelouse à la mode de Hyde Park. Les femmes mariées ont signé une pétition demandant à être autorisées à se rendre dans les cellules avec leurs maris arguant qu’elles étaient privées de leurs besoins physiologiques. La demande a été agrée.

Les juifs étaient issus de toutes les classes sociales et certains étaient très éduqués. Un certain Handel a même enseigné au Teacher’s Training College mais a par la suite été retrouvé pendu dans sa cellule. La famille Haas s’est occupé de la cuisine et a mis en place un petit orchestre qui s’est a l’occasion produit en concert. Il y avait un très bon musicien qui se nommait Steinberg. Certains organisèrent un théâtre de marionnette. Les juifs étaient plutôt bien traités; la seule chose dont ils se plaignait était le fait d’être en détention et la perte de leur liberté.

Certains avaient des proches et amis aux Etats-Unis qui leur envoyaient de l’argent. Les autorités du camp ont ouvert des comptes pour eux et ils pouvaient seulement retirer de petits montants de temps à autre. Dans le camp, il y avait un petit magasin qui était gérés par des détenus et qui vendait des articles divers: papier toilette, bonbons etc

Ils étaient de tous les âges et les femmes étaient de beautés diverses. Il y avait une jeune femme aux courbes généreuses grâce à son soutien gorge moderne. Une petite fille de 5 ou 6 ans avec des yeux bleus était une vraie beauté, plus belle qu’une poupée. Je ne pense pas qu’elle avait du sang juif et ce n’est qu’indirectement qu’elle a été victime des persécutions antisémites.

Les juifs ont développé une haine pour Hitler et le nazisme, la cause de leurs malheurs, mais étaient fiers de leurs nationalités. Un policier anglais a refusé de recevoir un plombage en or et le dentiste juif lui a répliqué: « Si c’est bon pour un allemand, c’est également bon pour un anglais ».

Une fois que les épidémies ont été éradiquées, la vie est devenue trop calme. J’avais à peine une demi heure de travail chaque jour et je passais mes journées à ne rien faire si ce n’est pratiquer l’allemand. Mes patients étaient principalement des personnes âgées qui se plaignaient de maux chroniques. A cette époque, la gériatrie n’avaient pas encore été inventée.

Pendant que j’étais là, une jeune fille a eu une crise d’appendicite et a été emmenée l’hôpital de Moka où elle a été opérée par Roger Pilot avec l’assistance de Lavoipierre et je me suis occupé de l’anesthésie. Lavoipierre était occupé avec l’administration et restait au camp jusqu’au coucher du soleil. Je ne pouvais décemment pas quitter le camp avant lui et je devais rester jusqu’à ce qu’il parte. Franchement, la vie devenait ennuyeuse et j’aspirais à un travail plus prenant et intéressant à l’hôpital civil. Je suis donc allé voir le Dr Kirk et je lui ai demandé à retransféré à l’hôpital civil.

Le jour suivant, il est parti parlé à Lavoipierre. Je ne sais pas quel argument Lavoipierre a pu avancer mais il ne s’est rien passé pendant un mois. Finalement, je suis parti parler au Dr D’Arifat qui gérait le département. Le Dr D’Arifat a immédiatement agrée à ma requête et a embauché Dr Régis Chaperon pour 10 Rs pour à peine une heure de travail par jour ce qui était plus économique que d’employer un officier médical à plein temps. Ainsi je n’ai passé qu’environ 4 mois avec les juifs.

Chaperon n’est pas resté longtemps là. Il a été remplacé par Alex Vellin qui resté en poste pendant 4 ans. Par la suite, Lavoipierre a été retransféré dans le district des Plaines Wilhems et Vellin a pris en charge l’hôpital jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Un médecin juif a alors été envoyé par le gouvernement britannique pour prendre en charge les détenus et les raccompagner en Palestine, en Europe et aux USA. Finalement, les juifs ont quitté Maurice le 10 août 1945 à bord du Franconia.

Après avoir quitté le camp des détenus juifs, Lavoipierre a été récompensé en étant promu officier médical dans les Plaines Wilhems avec un salaire de 12 000 Rs, soit une augmentation de 2000Rs.

Au début, les juifs étaient surveillés de manière très stricte mais après environ un an, ils étaient autorisé à sortir du camp par groupe de 3 ou 4. Lorsque 2 bateaux ont été torpillés au large de Maurice, ils ont été suspectés d’espionnage et ce privilège a été suspendu pour quelques temps. »

Je me suis par la suite rendu dans le carré juif du cimetière Saint-Martin. Alors que je marchais parmi les tombes, je réalisais avec émotion que bon nombre des hommes, des femmes et des enfants qui étaient enterrés là avaient connu mon ami Maxime Shun Shin. Pour beaucoup, son visage rassurant était la dernière chose qu’ils avaient vu avant de fermer leurs yeux pour l’éternité. En lisant les épitaphes allemandes, je constatais que ces réfugiés venaient de nombreux pays d’Europe centrale: Pologne, Autriche, Tchécoslovaquie, Allemagne etc… Ces personnes n’auraient jamais pu imaginer qu’elles mourraient et reposeraient dans une lointaine île tropicale dans le sud de l’Océan Indien.

cimetiere-juif-saint-martin
Le cimetière juif de Saint-Martin à l’île Maurice – © Seconde-Guerre-Mondiale.com

A l’origine, il y a avait 127 tombes datées de janvier 1941 jusqu’à juillet 1945. Une 128ème tombe a été ajoutée en 1989: la tombe de Isia Birger.

Isia Birger est né en Lituanie et a immigré à Maurice en 1937. D’après le recensement de 1939, il était le seul juif de l’ile Maurice. Il a intercédé en faveur des détenus et a servi d’intermédiaire entre les autorités coloniales britanniques et le South African Jewish Board of Deputy. Il est décédé le 5 novembre 1989 et a été enterré dans le cimetière juif de Saint Martin. Une autre tombe a été rajoutée en 2014.

Pour en savoir plus

livre-maurice

 

http://www.seconde-guerre-mondiale.com/

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer le site: http://www.terrepromise.fr

Copyright Terre Promise © Elishean/2009-2018/Terre Promise




Print Friendly, PDF & Email