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Le camp du Grand Arénas, l’étape française des émigrants du Maghreb en route vers Israël

Le camp du Grand Arénas
Le camp du Grand Arénas

par Nathalie Deguigné et Émile Temime

Les origines du camp de transit du Grand Arénas remontent à 1944-1945, époque où Marseille est au centre d’un intense mouvement de populations : prisonniers ou déportés libérés, travailleurs ou soldats coloniaux qui vont retrouver leur famille après des années de séparation, « personnes déplacées [1]», venant des camps ouverts en Europe centrale à l’issue du conflit mondial et en quête d’une nouvelle patrie.

Parmi eux, on le sait, des milliers de Juifs victimes d’un antisémitisme virulent dans leur pays d’origine, qui refusent d’y retourner et aspirent à rejoindre la Palestine sous mandat britannique.

Mais Londres n’a délivré que 15 000 certificats d’immigration, ce qui est loin de répondre à toutes les demandes.

À Marseille, la majorité de ces « personnes déplacées » juives sont censées partir outre-mer, notamment pour l’Australie ou l’Amérique du Sud.

En fait beaucoup rejoignent le flux des réfugiés clandestins, isolés ou arrivés par petits groupes, et dont la majorité est bien décidée à gagner la Terre promise par n’importe quel moyen.

Cependant un autre flux s’esquisse aussi de l’autre côté de la Méditerranée.

La propagande sioniste, qui s’était déjà manifestée avant la guerre en Afrique du Nord, y a connu un nouvel essor en 1943, avec la venue d’émissaires envoyés par le Yishouv  [2]

L’objectif initial était de recruter de futurs combattants prêts à s’engager dans la lutte qui s’annonçait pour l’indépendance de la Palestine.

Les premiers départs organisés de Juifs maghrébins vers la Palestine, très minoritaires comparés à l’émigration des Juifs d’Europe centrale, débutent donc aussitôt la guerre terminée.

camps arenas2Lieu de transit et port d’embarquement, la Marseille d’après-guerre est la plaque tournante de tous ces mouvements, sous l’œil débonnaire des autorités françaises.

Que faire en effet ?

D’un côté, arrêter, refouler – vers quel pays ? – ces hommes et ces femmes errant à la recherche d’une patrie ? C’est, moralement – au lendemain des massacres collectifs opérés par les nazis – et pratiquement, bien difficile.

De l’autre, il est difficile de défier ouvertement les Anglais, qui cherchent à apaiser les Arabes palestiniens. L’Agence Juive [3 ne peut donc agir directement, mais on la laisse soutenir en sous-main le réseau du Mossad Alyah Beth, l’organisation créée par des mouvements sionistes et l’organisation militaire du Yishouv, la Haganah, pour prendre en charge l’émigration clandestine.

Mossad Alyah Beth
Les réfugiés affluent sur les rails du navire Aliyah Bet (immigration »illégale)

C’est aussi que la création de l’État d’Israël a accéléré les départs parmi les Juifs d’Europe centrale.

Ces derniers, qu’ils passent par la voie d’une émigration organisée ou qu’ils gagnent Eretz Israel par leurs propres moyens, sont prioritaires dans la politique d’accueil israélienne des populations juives de la Diaspora.

L’existence du nouvel État suscite également un flux migratoire en provenance du Maroc et de Tunisie.

En Afrique du Nord, des bureaux d’émigration s’ouvrent à Casablanca et à Tunis. Bientôt l’Agence juive engage une politique de regroupement des migrants et ferme de nombreux centres de transit ouverts à Marseille et dans ses environs, jusqu’à n’en avoir plus que quatre en 1950, dont le Grand Arénas.

Il est vrai que l’émigration juive d’Europe centrale amorcée en 1945 se tarit et n’utilise plus guère ces centres.

Finalement, le camp du Grand Arénas, au sud de Marseille, demeure officiellement en 1952-1953 le seul centre accueillant, parfois durant des semaines, voire des mois, les migrants vers Israël.

Ses occupants viennent désormais en quasi totalité d’Afrique du Nord [5]

Un lieu discret à l’abri des pinèdes

En 1945, Marseille abrite, entre autres migrants, des groupes de prisonniers dans l’attente de leur rapatriement.

Ils sont placés provisoirement dans des centres d’hébergement, souvent d’anciens camps bâtis par les Allemands ou des baraquements sommaires. Pour les accueillir dans de meilleures conditions, le ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés confie le soin d’édifier un nouveau camp à Fernand Pouillon, l’architecte bien connu par la suite.

Ce dernier propose d’abord un site au directeur départemental du ministère, M. Charpin : un terrain vierge d’une cinquantaine d’hectares appelé le Grand Arénas. Proche de La Cayolle, un petit village d’à peine cinq cents habitants, il est relativement isolé au sud de l’agglomération marseillaise, sur un territoire aride qui s’étend jusqu’au pied des collines tout près de la mer. La proposition agréée, le terrain est réquisitionné.

Associé à René Egger, Fernand Pouillon construit ensuite rapidement les premiers bâtiments, en usant d’un matériau jusqu’alors inutilisé et connu sous le nom de « fusées-céramique », des éléments ressemblant à des bouteilles en terre cuite [6]. Leur utilisation est une véritable innovation, donnant des bâtiments en arc de cercle (du fait de l’arrondi des bouteilles). Ces formes, la solidité et la nouveauté du matériau confèrent à l’architecture du camp une réelle originalité.

LE+CAMP+DU+GRAND+ARENAS+A+MARSEILLE

Une fois construit, le camp se présente comme un immense champ portant environ quatre-vingt constructions provisoires en forme de demi-tonneaux qui constituent autant de baraquements rudimentaires, répartis sur une superficie avoisinant les douze hectares et demi [7. Tous parallèles, ils mesurent 30 mètres 50 de long et 6 mètres 50 de large sur une hauteur de 3 mètres 50 ; à chacun son numéro, inscrit en haut de la façade [8]. L’espace entre deux baraquements varie de dix à quinze mètres.

Le camp comprend plusieurs secteurs : un premier ensemble rectangulaire d’une vingtaine de baraquements contient la station de filtrage ainsi qu’une parcelle restée vierge de toute construction, qui abrite une petite pinède. Un second espace s’étire sur quatre hectares du côté du village de La Cayolle. Là sont regroupés notamment les douches, le lavoir installé dans un bâtiment en brique ouvert sur les côtés, des WC et le château d’eau. Cet ensemble est séparé du troisième secteur par une longue allée promenade, bordée de deux murets. Au-delà s’échelonne encore une seconde bande d’une vingtaine de baraquements, parmi lesquels les cuisines. Sauf dans sa partie sud où il est fermé à flanc de colline par une barrière de pin, le camp est entouré d’un mur, un poste de garde se trouvant près du portail, route de Mazargues.

camp-d-arenas-1Dans cet espace relativement protégé des regards extérieurs, les premiers Juifs d’Europe centrale ont coexisté les premiers temps avec des travailleurs indochinois puis algériens, dont le transit prend fin officiellement dans les années 1950-1951.

Du coup l’État acquiert une partie du terrain et le département des Bouches du Rhône aménage quinze baraquements inoccupés depuis le départ des travailleurs algériens pour y loger des familles expulsées [9]. Mais c’est l’affectation de la plus grande partie du camp aux « transitaires » juifs nord-africains qui confère au Grand Arénas sa véritable identité. Les autochtones le désignaient d’ailleurs dans les années cinquante et soixante comme le « camp des Juifs ».

Un grillage délimite désormais deux enclaves. La plus grande correspond à l’origine au « camp des Juifs ». Mais en juillet 1953, le ministère de l’Urbanisme et de la Reconstruction (MRL) décide de bâtir une cité de Relogement à côté du camp.

« Les constructions de caractère provisoire sont réservées aux sinistrés et assimilés dans l’attente de la reconstruction des immeubles dont ils étaient propriétaires ou locataires [10]».

Plan du camp du Grand Arénas en 1953.
Plan du camp du Grand Arénas en 1953.

Cette nouvelle « cité du Nouvel Arénas », rapidement désignée comme les « îlots » par les habitants du quartier, est construite dans le prolongement du camp, vers le sud, là où il n’existait pas de mur d’enceinte.

Gérées toutes les deux à partir d’octobre 1954 par le MRL, le Nouvel Arénas et l’enclave départementale destinée aux expulsés ne forment plus qu’un ensemble [11] où Algériens, Tunisiens, Marocains, Français, Espagnols, Italiens et Gitans vivent à l’étroit dans des habitations sommaires.

À mesure que cet ensemble se développe, le « camp des Juifs » va perdre de son importance, jusqu’à ne plus compter qu’une cinquantaine de bâtiments au milieu des années soixante.

Vingt ans durant, le Grand Arénas et ses occupants juifs nord-africains seront partie intégrante de la vie du quartier.

Lieu de mémoire et d’échanges, le camp représenta aussi pour les migrants, partagés entre attente, incertitude et espoir dans un avenir nouveau, un lieu de vie insolite.

Les modalités de l’émigration juive maghrébine

Le mouvement de départ des Juifs d’Afrique du Nord vers Israël, accéléré depuis 1948, ne touche guère la communauté israélite d’Algérie, c’est un fait bien connu [12]. Elle concerne à l’inverse au premier chef les Juifs du Maroc, même s’il est assez difficile d’évaluer exactement la part de ceux qui partent en Israël et de ceux qui vont se fixer en France.

De 1948 à 1951, cette émigration en Israël est qualifiée d’« alyah de masse », avec près de 36 000 individus (sur une population totale de plus de 250 000 [13]. Chiffre assurément inférieur à la réalité.).

La grande majorité passe par le Grand Arénas.

L’accession de la Tunisie et du Maroc à l’indépendance en 1956 donne une nouvelle et puissante impulsion à l’émigration.

De janvier à octobre, le camp abrite environ 37 000 migrants [14].

Après une période de ralentissement, on observe une nouvelle vague de départs au début des années soixante marquées par la levée de l’interdiction de l’émigration juive au Maroc, l’affaire de Bizerte en Tunisie et l’indépendance de l’Algérie.

De juin à décembre 1961, 14 592 migrants sont enregistrés, à l’unité près, sur les registres du camp [15].

Avant sa fermeture, le Grand Arénas connaît un dernier pic d’occupation avec 14 310 hôtes juifs nord-africains en 1964.

Vidéo : Visite de Madame Eleanor Roosevelt au camp de transit du Grand Arénas (muet)

Eleanor Roosevelt visite deux centres subventionnés de l’American Jewish Joint Committee installés dans le sud de la France, la Herbert H. Lehman Home, une maison de jeunes située près de Montpellier et la cité du nouvel Arénas dans les faubourgs de Marseille où transitent les juifs sépharades d’Afrique du Nord désireux de s’installer dans le jeune État israélien et de faire ainsi leur « retour en terre promise » (l’alyah).

Ces mouvements entre le Maghreb et Israël via le Grand Arénas ont parfois été entravés par les pouvoirs politiques.

Ainsi les autorités françaises du Protectorat marocain se sont-elles ingéniées, jusqu’en 1948, à empêcher les émigrants de rejoindre la cité phocéenne. Ils devaient alors y émigrer clandestinement, en passant d’abord en Algérie.

Après 1948, les candidats au départ sont regroupés dans le camp de Mazagan, à 200 kilomètres de Casablanca, où ils reçoivent leur titre de voyage. Ils embarquent alors généralement à bord des bateaux de la Compagnie Paquet.

En 1956, le gouvernement du Maroc nouvellement indépendant multiplie à son tour les obstacles pour arrêter le flux des sorties. Le camp de Mazagan et les bureaux de l’Agence juive sont fermés.

L’émigration se poursuit alors dans la clandestinité à partir de lieux d’embarquement situés désormais dans la zone de Tanger, tout au moins jusqu’à l’accord longtemps tenu secret conclu entre l’État d’Israël et le sultan Hassan II (été 1961).

Aliyah du Maroc
Aliyah du Maroc

Les conditions de transport maritime ne sont pas non plus idéales.

Le trajet est long : il faut compter environ soixante heures pour la traversée de Casablanca à Marseille. Les émigrants, qui voyagent en quatrième classe, ne sont que très rarement autorisés à se déplacer sur le navire.

Pris en charge au débarcadère à Marseille, ils sont convoyés jusqu’au Grand Arénas dans des bus loués par l’Agence juive.

Au camp, ils sont immédiatement enregistrés par les employés, quelle que soit leur heure d’arrivée. Le secrétariat du camp est alors en mesure de transmettre à la Préfecture la liste des nouveaux arrivants afin d’établir des visas collectifs pour Israël.

Encore faut-il une autorisation des autorités israéliennes, laquelle n’est délivrée qu’après un examen médical approfondi.

En principe, le séjour des migrants dans le camp ne doit pas excéder un mois. Mais la sélection opérée par les autorités israéliennes prolonge ce temps de présence et il est arrivé que, de ce fait, le camp connaisse des épisodes de surpeuplement.

En septembre 1956, par exemple, il lui est impossible d’accueillir tout le monde. Il faut rajouter hors enceinte quelques baraquements, et même quelques tentes, qu’on fera disparaître dans les mois suivants.

juifs au campUne fois les formalités administratives accomplies, les nouveaux arrivants sont répartis par famille dans les baraquements. Ils reçoivent des bons en échange desquels ils pourront retirer des récipients pour la nourriture, la literie et des seaux à charbon. La vie de camp peut alors commencer…

Vivre au Grand Arénas

camp-d-arenas-3jpgLes conditions de vie y sont souvent pénibles.

« Tout prenait beaucoup de temps car il fallait faire la queue pour tout [16]», selon un témoin. Les douches et la distribution des repas rythment la vie quotidienne ; ces opérations durent parfois des heures et donnent lieu à des attroupements. Pour ceux qui n’ont jamais eu l’expérience d’un camp, le premier contact est rude. Les « transitaires » ont l’impression d’être projetés dans un monde étrange et contraignant. « Il y a eu d’abord ce premier choc avec les baraquements ». « C’était hideux, c’était une cour des Miracles [17]».

Inévitablement, vivre au camp n’est pas simplement faire la découverte de la collectivité, c’est être soumis à des règles. « On leur disait ce qu’il fallait faire [18]».

C’est aussi une promiscuité permanente, source de gêne constante. Toutes les portes des baraquements sont alignées du même côté ; à l’intérieur, pas de cloisons de séparation, du moins pendant quelques années. « Les familles étaient plus ou moins entassées avec des lits de camp et chaque famille essayait de s’isoler en tendant des cordes avec des couvertures [19]».

Les douches communes et les sanitaires sont à l’extérieur. Le manque d’intimité est parfois mal vécu par ces familles venues du Maghreb. « C’était gênant, même entre filles. On n’avait pas l’endurcissement des réfugiés. […] Pour eux, c’était un camp de luxe, pour nous qui venions d’une vie normale, c’était un choc [20]».

Le linge, lavé au grand lavoir du camp, est étendu sur des cordes tendues à l’intérieur des logements, à l’endroit formé par le renfoncement de la porte [21][21] Information tirée d’un film documentaire tourné au….

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Ainsi la vie au camp s’écoule-t-elle, monotone. Les « transitaires » assurent eux-mêmes son entretien.

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Les murs, désinfectés, sont passés à la chaux. Le sol en terre battue des baraquements est régulièrement débarrassé de sa poussière. Au moment des repas, les émigrants doivent présenter une carte personnelle pour récupérer leur ration distribuée par des employés, au travers de petits guichets.

« C’était assez touchant de voir ces gens faire la queue avec leurs grandes gamelles et prendre la part qui leur revenait, soit le ragoût, soit le bouillon, soit la dafina [22] qu’on préparait pour le samedi. Il y avait aussi des conserves qu’on distribuait et que les gens pouvaient garder dans leur chambre […] des boîtes de sardines, de thon [23]».

Le camp connait des problèmes d’approvisionnement en eau.

Le 29 septembre 1956, l’administration préfectorale constate que « la population israélienne [sic] présente est de l’ordre de 6 200 individus portant celle de la totalité du camp à 10 000 environ, Nouvel Arénas compris. Il s’en suit que la desserte en eau ne saurait répondre aux besoins et que l’effort anormal exigé des pompes expose à des pannes qui limitent l’approvisionnement essentiel des diverses enclaves [24]».

Quelques mois plus tard, les canalisations se fissurent et le camp doit être ravitaillé par les pompiers de Marseille.

Bref, vivre dans les baraquements se révèle une rude épreuve, accentuée par les intempéries.

L’hiver, ceux-ci, mal isolés et chauffés par des poêles à charbon, laissent pénétrer le froid et l’humidité. L’été, la chaleur y est insupportable car une partie des baraquements est faite de tôle et les toits sont enduits de goudron. Sans doute les émigrants disposant de moyens financiers sont-ils autorisés à loger à leurs frais dans des hôtels marseillais, échappant ainsi à ces inconvénients. Mais le camp reste un passage incontournable pour la grande majorité des migrants.

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Il est aussi un lieu de travail pour une trentaine d’employés. Les hôtes en transit y sont en effet accueillis et accompagnés par un personnel de service recruté par l’Agence juive – soit localement soit en Israël – et pourvu de contrats de trois ans [25]

Certains habitent des logements en préfabriqué à l’intérieur du camp, d’autres logent en ville, d’où, chaque matin, un véhicule amène au Grand Arénas employés, secrétaires, économe, magasinier, cuisiniers. Ce personnel salarié est animé, le plus souvent, par un engagement militant. « Je m’étais occupé sous la période de l’occupation d’essayer d’aider les gens qui se cachaient… toute ma vie s’est déroulée au service de la communauté… [26]

Baraque du Camp au Musée de Herzliya, Israël
Baraque du Camp au Musée de Herzliya, Israël

La question sanitaire

L’état de santé des émigrants, notamment de ceux qui n’ont jamais eu de suivi médical dans leur pays d’origine, s’est parfois ressenti de ces conditions d’existence.

Si, au camp, on fête des naissances, on pleure aussi des parents ou des enfants décédés durant leur séjour. Une stèle à la mémoire des émigrants juifs morts en transit est d’ailleurs érigée dans le carré israélite du cimetière marseillais de Saint Pierre. Aux côtés des victimes de la déportation et des Juifs d’Afrique du Nord tués pendant la guerre, une épitaphe témoigne : « À nos frères et sœurs qui devaient se rendre en Terre Sainte et qui sont morts lors de leur passage à Marseille ».

En réalité, il s’agit seulement des Juifs morts de décembre 1948 à mars 1951, dont les enfants en bas âge ont fourni le plus gros contingent.

Les responsables du camp vont pourtant mettre en place un véritable service de soins médicaux.

Deux médecins sont présents tout au long de l’existence du camp. Le docteur Henenfeld, d’origine autrichienne, est considéré comme le médecin attitré du Grand Arénas. Sans doute a t-il quelque difficulté à communiquer avec certains patients ; il lui a fallu apprendre quelques mots d’arabe. Mais, faute de diplômes français, il ne peut exercer en France. C’est pourquoi le médecin officiellement responsable sera le docteur Wolf, un vacataire de l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) ; il visite régulièrement le camp.

Des infirmières, généralement recrutées à l’OSE, secondent les médecins. De plus, en 1949-1950, l’Agence juive achète la « propriété Colgate », un petit château situé à 250 mètres du camp, pour y aménager un dispensaire. Il accueillera les malades dont l’état de santé réclame l’isolement. Quant aux hospitalisations et aux accouchements, ils ont lieu en ville.

Le service médical du camp s’améliore progressivement. L’infirmerie assure les soins ambulatoires et se dote en 1957 d’un appareil de radiographie [27. Un phtisiologue examine les émigrants. Les maladies de peau comptent au nombre des pathologies fréquentes. Les cas d’impétigo, de gale ainsi que les ulcères variqueux sont soignés avec une pommade « miracle » : le baume du Pérou.

La tuberculose, la teigne et le trachome sont les maladies contagieuses les plus répandues. Les Juifs provenant des mellahs marocains ou des zones montagneuses de l’Atlas sont les plus touchés par ces maladies, notamment par le trachome, que l’on tente de soigner par une application quotidienne d’auréomycine (en pommade) autour des yeux. Les pharmacies de la ville fournissent les médicaments.

N’oublions pas que les émigrants sont soumis aux critères de l’émigration sélective adoptés par le gouvernement israélien de 1952 à 1954, après les arrivées massives de la période 1948-1951 : « Le permis d’immigrer, rappelle Joseph Tedghi, ne sera accordé qu’après un examen médical passé sous le contrôle d’un médecin israélien [28]».

De fait, responsables et médecins du Grand Arénas reçoivent, à partir de 1952, les visites d’un inspecteur médical mandaté par l’Agence juive de Jérusalem.

Juifs marocains et tunisiens font l’objet d’un examen minutieux, assorti parfois de considérations désagréables.  « Nous avons constaté avec peine que, dans l’ensemble, la qualité d’olim que nous avons vu au camp n’est pas très belle. Ce n’est pas un beau cadeau que nous faisons à Israël en leur envoyant des olim de ce genre [29]».

Et l’Écho d’Israël précise à propos des Juifs tunisiens les plus déshérités : « Ceux qui ne possèdent rien et qu’on appelle en Tunisie les sans culottes présentent un très grand nombre de cas sociaux. Les malades atteints de trachome, de la teigne, etc. sont maintenant admis en Israël mais il n’en est pas de même pour les aveugles, les malades mentaux… et les personnes âgées de plus de quarante ans, sans métier [30]».

Visite médicale au Grand Arénas.
Visite médicale au Grand Arénas.

Les restrictions se font moins sévères par la suite. Il n’empêche que le camp héberge des mois, voire des années durant, des émigrants victimes de cette sélection, et qui attendent leur guérison ou un relâchement de la politique israélienne dans ce domaine. Si la plupart réussiront à partir, quelques-uns mourront au camp du Grand Arénas sans avoir réalisé leur rêve, rejoindre la Terre Promise.

La préparation de l’alyah

Le passage par le camp du Grand Arénas, surtout s’il se prolonge, est le moment de penser à l’installation future en Israël.

Les émigrants autorisés à sortir du camp se rendent en autobus au centre ville pour y faire des achats, mais le trajet est long et certaines acquisitions sont difficilement transportables.

Des commerçants se mettent alors à stationner devant le portail du camp dont l’entrée leur reste interdite.

Ils déballent à même le sol des marchandises hétéroclites destinées à l’équipement de ces futurs citoyens d’Israël, des postes de radio, des téléviseurs, des appareils électroménagers, de la literie, « enfin toutes les choses qu’on peut proposer à des gens qui vont commencer une nouvelle vie [31]».

Entre les vendeurs marseillais et les migrants juifs d’Afrique du Nord, les discussions sont très animées. « C’était folklorique […], il y avait la « meute » de commerçants qui étaient là pour attirer un maximum de personnes [32]».

À l’intérieur du camp, un baraquement spécial sert de lieu de dépôt. Le Département économique de l’Agence juive informe les émigrants de la réglementation en vigueur concernant l’entrée des marchandises en Israël [33]

Les services israéliens s’efforcent aussi d’amorcer l’acculturation à la future patrie.

C’est là l’un des rôles du service d’animation culturelle monté par les responsables du camp : il fait connaître des danses et les chants israéliens. À l’école aménagée dans l’un des baraquements, les enfants apprennent leurs premiers mots d’hébreu. L’impact est cependant limité, car elle n’accueille qu’un nombre restreint d’élèves.

Se distraire au Grand Arénas

On sait l’importance des familles nombreuses dans cette population de Juifs séfarades. Celles de huit à dix enfants ne sont pas rares.

Aussi le service d’animation culturelle décide-t-il en 1957 d’aménager un parc de jeux dans la partie sud du camp [34].

Un an plus tôt, cette même structure avait fait appel aux services d’un projectionniste marseillais qu’elle conservera jusqu’à la fermeture du camp. Il gère une entreprise cinématographique itinérante et réalise notamment des projections à La Cayolle.

« Les films étaient des films commerciaux qui passaient dans les salles de Marseille. […] Vu la quantité de spectateurs, il fallait organiser des séances en plein air. On tendait un écran entre deux baraquements et généralement les gens regardaient devant et derrière [35 ».

Autre loisir plus ordinaire : les promenades à l’extérieur du camp.

Les émigrés s’arrêtent volontiers au café. Le « Bar de La Fontaine », appelé plus couramment le « Bar Martin », tenue par une ancienne « transitaire », est situé en face du camp. Ce lieu devient un lieu de sociabilité entre les émigrés et les gens du quartier [36].

Ces derniers peuvent d’ailleurs assister aux séances de cinéma du camp et, réciproquement, les émigrés peuvent participer aux bals « de village ».

Un habitant de La Cayolle qui a fréquenté le Grand Arénas dans ses jeunes années se souvient de cette convivialité réciproque : « On allait au cinéma, et, eux, ils venaient danser au bar avec nous ».

Les jeunes se retrouvent, s’amusent ensemble, établissent parfois des amitiés durables. « On jouait au ballon avec les Juifs […] moi je jouais au foot avec un qui était inspecteur au Maroc, on s’était pris en amitié [37]».

De même dans les petites rues commerçantes : « Ils nous donnaient du pain pour nos bêtes, se rappelle une ancienne habitante, et nous, on leur donnait de la menthe… Ils venaient chez ma mère porter des sacs de pains et des galettes juives [38] ».

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Une identité communautaire imprégnée des traditions

Dans l’enceinte même du camp, en revanche, des dissentiments, des malentendus se manifestent entre les émigrants séfarades et le personnel, en majorité d’origine ashkénaze.

Les différences culturelles donnent parfois aux « transitaires » le sentiment d’être incompris et maltraités.

Prenons par exemple les habitudes alimentaires : « Les Djerbiens, lorsqu’on leur a offert la soupe à la juive polonaise comme on fait tous les soirs, étaient horrifiés… Ils préféraient avoir pour leurs petits enfants, même à peine sevrés, un morceau de pain frais sur lequel ils étalaient de l’huile d’olive. Ils pimentaient ça très fort et c’était leur façon de manger [39]».

C’est aussi que les employés de l’Agence Juive considèrent le camp du Grand Arénas comme un « petit bout d’Israël ».

Ils regardent souvent de haut le mode de vie, la condition sociale, le manque d’instruction d’une partie des émigrants marocains. Une curiosité particulière entoure les « Chleuhs », des Juifs des régions montagneuses du Maroc.

Préventions et comportements qui se manifesteront bientôt en Israël même, dans un contexte plus large. « Arénas, c’est un épiphénomène de ce qui s’est passé en Israël [40]». Pourtant, les employés israéliens apprécient aussi la convivialité, la générosité de leurs coreligionnaires. « Ce qu’ils avaient, ils le prêtaient, et ça, c’était formidable [41]».

Le judaïsme sert néanmoins de vecteur, de lien entre ces communautés.

Certes, les pratiques religieuses ne sont pas totalement identiques entre Ashkénazes et Séfarades. Mais la célébration du culte, sous la houlette du rabbin Simon Schwarzfuchs, nommé responsable des offices par l’Agence juive jusqu’à la fermeture du camp, va nécessairement les rapprocher dans cet espace restreint. Pour ce faire, un baraquement blanchi à la chaux est transformé en synagogue.

Au Grand Arénas, le shabbat conserve sa place particulière.

Aucun employé ou intervenant ne vient travailler le vendredi soir ou le samedi. « Quand les bateaux arrivaient au port le samedi matin, il était interdit de débarquer [les passagers], de les faire monter dans les autobus et de les ramener au camp [42]».

Pour ne pas enfreindre les interdits, la cuisine est préparée la veille, notamment la traditionnelle dafina que les cuisiniers du camp laissent mijoter, sur une plaque chauffante spéciale, jusqu’au samedi midi. Un chohet (sacrificateur) surveille rigoureusement la pureté des aliments.

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Bien entendu, on y respecte le rite de la circoncision des nouveau-nés, comme on célèbre à la synagogue du camp plusieurs Bar Mitzvah (fête qui consacre la majorité religieuse à treize ans). Les grandes fêtes juives ne sont pas oubliées. Pour Pessah, la Pâque juive, les responsables distribuent des galettes de pain azyme. Pour la fête de Soukkot ou « des cabanes », des émigrants construisent avec des branches de pins, à côté de leur baraquement, une cabane à ciel ouvert où ils prennent leur repas durant huit jours.

Les visites des personnalités donnent également lieu à de brèves cérémonies religieuses. Le président d’Israël, Itzhak Ben Zvi, vient au Grand Arénas en 1955 et donne son nom à la synagogue.

Les émigrants reçoivent aussi la visite de rabbins israéliens. Cela contribue à installer l’idée – fausse – chez beaucoup d’émigrants que le camp des Juifs est une enclave israélienne en terre française, jouissant d’un véritable droit d’exterritorialité.

Une enclave sous surveillance

En réalité, les responsables israéliens entretiennent des rapports étroits avec les autorités françaises, qui chargent des inspecteurs de surveiller le camp à partir de 1953.

Ils sont deux à disposer d’un bureau dans le secrétariat du camp. « Ma fonction, écrit J. S., inspecteur au Grand Arénas, était d’appliquer les instructions qui consistaient à réaliser un fichier des émigrants en transit [43 », fichier qui commence à être tenu à compter du 15 février 1953 [44. Les inspecteurs ont également l’obligation de rédiger un rapport mensuel à l’intention du commissaire de police de Mazargues.

Les émigrants sont soumis à la règlementation française sur les visas de sortie. Délivrés par le commissaire, ils font office de pièce d’identité. Ce n’est qu’après avoir obtenu ces laissez-passer que les « transitaires » ont la permission de sortir du camp et de circuler librement dans Marseille. Au départ, le commissaire en établit une trentaine par jour [45]. Mais bien des jeunes sortent sans autorisation.

Une réglementation détaillée est officiellement établie par les autorités au mois de décembre 1953.

Ces mesures sont destinées à mettre un terme à certaines infractions, concernant notamment la durée du transit et les départs effectifs pour Israël.

Chaque personne désormais « fera l’objet d’une fiche individuelle comportant en particulier : son état civil complet, ses empreintes digitales, le pays dont il provient, l’indication du passeport, titre de voyage, ou laissez passer qu’il possède, la nature du visa qui lui permet de pénétrer en France, la durée de transit accordée ainsi que la date d’entrée en France [46».

A vrai dire, ces indications sont rarement réunies dans leur totalité, et les empreintes digitales, en principe exigées, ne seront jamais relevées. Les autorités françaises sont en fait assez sceptiques sur l’efficacité de la procédure car « un certain nombre d’identités figurant sur les titres de voyage avaient été établies phonétiquement et mal orthographiées [47]».

Officiellement, donc, des mesures de contrôle existent ; les inspecteurs restent au camp jusqu’en 1957. Mais pas au-delà, car la guerre d’Algérie mobilise toutes les forces de police.

De toute façon, à l’échelon local, les relations se sont toujours davantage instaurées sur une base de confiance ou de laissez-faire.

Les inspecteurs sont peu intervenus à l’intérieur du camp, sauf en septembre 1954, lors de la destitution d’un commandant du camp sur décision du commissaire de Mazargues. « C’était une brute épaisse, écrit J. S, je ne l’aimais guère [48]».

Durant ces années de surveillance, les inspecteurs ne sont pas davantage intervenus dans l’enclave départementale du Nouvel Arénas, mitoyenne de l’enclave juive.

Ils se bornent à échanger des points de vue sur les questions de sécurité avec le représentant du MRL, alors que les habitants du Nouvel Arénas sont de plus en plus nombreux. Chaque baraquement est alors divisé en trois, voire en quatre appartements, pour loger ces familles supplémentaires de diverses provenances, majoritairement des familles nombreuses.

La promiscuité et l’insalubrité sont évidentes. La cité de relogement se cessera plus de se dégrader avec les années pour tomber dans la catégorie des îlots insalubres au milieu des années 1960.

La fin du camp et sa démolition

À cette époque, la fermeture et la démolition du Grand Arénas semblent inévitables dans un contexte de résorption générale des bidonvilles menée à l’échelle nationale. Du reste, la migration en provenance d’Afrique du Nord se ralentit dans les années 1960. Seule l’année 1964 se signale, on l’a vu, par un dernier regain d’occupation dans l’enclave juive.

Dès le 1er juillet 1965, la société d’HLM Logirem prend en charge la gestion et l’entretien de l’ensemble du camp [49]. Elle récupère des espaces en voie de « bidonvillisation » pour y édifier des logements collectifs.

En 1966, en préalable à la démolition du camp, elle construit une cité de transit, la cité Chicago puis la cité Mandarine (ou le Baou).

L’Agence juive décide alors de fermer son enclave du Grand Arénas.

D’un côté, les conditions de vie au camp ne se sont guère améliorées alors que les nouveaux migrants ont un niveau social plus élevé que celui de leurs prédécesseurs des années cinquante.

De l’autre, les responsables du camp s’inquiètent que la sécurité n’y soit plus assurée que par un seul gardien, alors qu’après la fin des “événements” d’Algérie, les tensions grandissent entre Israël et ses voisins.

L’Agence Juive repère alors dans le quartier de Montolivet un ancien hôpital militaire situé au 26 boulevard Rougier [50], qu’elle achète.

L’administration du camp de Montolivet fonctionne dès la fin de l’année 1965 bien que l’accueil des premiers migrants soit prévu pour le 1er mars 1966 seulement.

Quant aux habitants de l’enclave départementale, ils devront être relogés eux aussi, car le camp du Grand Arénas ferme officiellement le 8 juin 1966.

Selon un rapport de la Logirem, « l’opération s’est déroulée normalement avec l’assistance de Mr le Commissaire Principal chargé du Commissariat de Mazargues. Au cours de cette opération, le bidonville du quartier a été complètement résorbé, ses habitants ont été relogés et leur habitat précaire qui se trouvait sur ce terrain a été démoli. Toutes les carcasses de véhicules divers ont été détruites et seront enlevées dans les moindres délais ainsi que toutes les autres épaves qui jonchent aujourd’hui le terrain qui sera remis ainsi en état pour permettre l’édification de toutes constructions futures [51]».

Du camp du Grand Arénas, entièrement rasé au début des années 1980, il ne reste presque rien aujourd’hui.

L’espace dégagé fut en partie aménagé pour y accueillir une entreprise et une grande surface. On ne distingue plus l’emplacement du portail d’entrée. Un bout de grillage remplace de-ci de-là le mur d’enceinte. Deux poteaux symbolisent la partie du camp des Juifs réservée au personnel. Quelques marches d’escalier et un vieux four cimenté subsistent, perdus dans cet espace silencieux.

Une inscription peinte se détache pourtant sur un long morceau du mur de l’allée promenade : « hôpital à 250 m ». Seuls ces mots témoignent encore du passage en ces lieux des émigrants juifs d’Afrique du Nord vers Eretz Israel, à une époque où la France et l’État d’Israël sont, pour reprendre les propos du général de Gaulle, « des amis et des alliés » [52]

Dossier à suivre : De la France vers la Palestine/Israël – 3 Les Juifs de l’Hexagone en Israël (1948-1982)

Précédent : De la France vers la Palestine/Israël – 1 L’émigration de France vers la Palestine (1880-1940)

Notes
  • [1]
    Pour « Displaced Persons » ou DP, expression en usage chez les Alliés britanniques et américains dont les zones abritent la plupart des grands camps de regroupement en Allemagne et en Autriche [N.D.L.R].
  • [2]
    Yishouv : terme hébraïque désignant la communauté juive en Palestine sous le mandat britannique.
  • [3]
    Créée en 1929, l’Agence juive pour la Palestine, formée de représentants de l’Organisation sioniste mondiale et de non-sionistes (en réalité des sympathisants de la Diaspora), présidait aux relations politiques entre le Yishouv et les autorités britanniques. Après la proclamation de l’État d’Israël, elle devient l’organe chargé de l’organisation de l’alyah (l’émigration juive) et de l’intégration des nouveaux citoyens israéliens.
  • [4]
    Archives départementales des Bouches-du-Rhône (désormais ADBR), Lettre du Délégué Régional de la Fédération des Sociétés Juives de France [Il n’a pas été possible de préciser les références des documents provenant de ces archives, dont le classement est modifié depuis les recherches effectuées pour cet article].
  • [5]
    Pour plus de détails, voir Nathalie Deguigné, Émile Temime, Le camp du Grand Arénas : Marseille, 1944-1965, Paris, Autrement, coll. « Monde », 2008.
  • [6]
    Celles-ci avaient été destinées par les Allemands à la construction d’abris souterrains. Jamais utilisées, elles furent récupérées par Fernand Pouillon.
  • [7]
    Cet espace est ouvert vers le sud, du côté des calanques.
  • [8]
    Laboratoire INAMA (école d’architecture de Marseille-Luminy), Inventaire Fernand Pouillon.
  • [9]
    Dans les années 1958-1959, lorsque le nombre d’émigrants juifs nord-africains baisse considérablement, le Département occupera même une quinzaine de baraquements supplémentaires.
  • [10]
    Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Lettre de l’ingénieur en chef délégué départemental (MRL) au préfet des Bouches-du-Rhône, le 10 octobre 1953.
  • [11]
    ADBR.
  • [12]
    Devenus français en vertu du décret Crémieux, plus de 90 % des Juifs d’origine algérienne ont quitté ce pays dans les années 1960 et ont choisi le France.
  • [13]
    Chiffre assurément inférieur à la réalité.
  • [14]
    Agnès Bensimon, Hassan II et les juifs, Histoire d’une émigration secrète, Paris, Le Seuil, coll. « L’Histoire immédiate », 1991, pp.177-178.
  • [15]
    ADBR.
  • [16]
    Enquête orale.
  • [17]
    Enquête orale.
  • [18]
    Enquête orale.
  • [19]
    Enquête orale.
  • [20]
    Le témoin, D. C., vient de Tripoli.
  • [21]
    Information tirée d’un film documentaire tourné au camp en 1962 et intitulé : Vous êtes mes témoins.
  • [22]
    Dfina ou tfina signifie « mettre sous terre, enterrer, allusion probable à un usage ancien consistant à enterrer le plat le vendredi soir avant le début du shabbat pour qu’il reste tiède », selon Martine Yana, la Table juive, Edisud, Aix-en-Provence, 1992, p. 273. Fait à base de pommes de terre ou de céréales, de légumes secs, d’œufs, de viande de bœuf et d’épices, ce plat se retrouve, avec des variantes, dans toutes les communautés de la Diaspora séfarade.
  • [23]
    Enquête orale.
  • [24]
    ADBR.
  • [25]
    Ces derniers, revêtus du statut de chlikhim (émissaires), ont souvent des postes d’encadrement ou d’animation.
  • [26]
    ADBR.
  • [27]
    ADBR, Rapport du commissaire de Mazargues daté du 7 décembre 1957.
  • [28]
    Joseph Tedghi, intervention pour le colloque de l’INALCO, Les Juifs du Maroc, 1987.
  • [29]
    Doris Ben Simon Donath, Immigrants d’Afrique du Nord en Israël, évolution et adaptation, Paris, Anthropos, 1970, p. 95. Olim : terme hébraïque désignant les Juifs qui font leur alyah, c’est-à-dire « montés » en Israël.
  • [30]
    Écho d’Israël, 27 mars 1952.
  • [31]
    Enquête orale.
  • [32]
    Enquête orale
  • [33]
    ADBR. Les véhicules motorisés et les appareils frigorifiques sont ainsi soumis à des droits de douane, mais chaque émigrant peut emporter sa bicyclette personnelle, sa voiture ou son camion si ces véhicules sont des outils de travail.
  • [34]
    ADBR, Rapport du commissaire de Mazargues daté du 7 décembre 1957.
  • [35]
    Enquête orale.
  • [36]
    La fréquentation du bar par les migrants semble cependant avoir déclinée après la création de la cité de relogement.
  • [37]
    Témoignage oral.
  • [38]
    Témoignage oral.
  • [39]
    Enquête orale.
  • [40]
    Enquête orale.
  • [41]
    Enquête orale.
  • [42]
    Enquête orale.
  • [43]
    Témoignage écrit.
  • [44]
    ADBR.
  • [45]
    ADBR, Lettre du commissaire de Mazargues au commissaire central datée du 19 mars 1953.
  • [46]
    Archives du ministère des Affaires Etrangères, Archives Diplomatiques Maroc (1950/1955), dossier 22b, Lettre du ministère de l’Intérieur au préfet des Bouches-du-Rhône du 15 décembre 1953.
  • [47]
    Témoignage écrit.
  • [48]
    Enquête orale.
  • [49]
    ADBR.
  • [50]
    Ibid.
  • [51]
    Ibid.
  • [52]
    Propos adressés à David Ben Gourion en 1961, à l’occasion d’une visite officielle du Premier ministre israélien en France.

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