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Les Juifs de France : Entre tourisme et empathie

Pour les juifs de France, le tourisme en Palestine, était le symbole de ce « sionisme diasporique » dont nous parlions dans le 1er article : la Terre promise des Juifs était une destination à connaître, à aimer, mais de loin, et de temps à autre. C’était un lieu d’émerveillement, de ressourcement, de méditation, pas un endroit pour y vivre. Le passage en France de l’émigration venue du Maghreb (voir l’article 2), a renforcé l’idéologie sioniste, au point que le tourisme de masse s’est déployé, les mouvements de voyageurs entre la France et Israël se sont considérablement multipliés. Cette pratique a su toucher un public de plus en plus large et les autorités israéliennes l’ont favorisé en développant la publicité et l’infrastructure touristique.
france israel vacances

par Ariel Danan

Si fort peu de Juifs habitant la France choisissent de s’installer en Israël entre 1948 et 1982 [1], ils sont en revanche bien plus nombreux à y effectuer de courts séjours.

À mesure que le voyage, difficile en 1948, gagne en facilité, l’État hébreu devient pour eux une destination de vacances privilégiée, même s’il est difficile de déterminer les effectifs exacts de cette catégorie de touristes.

Égrenons quelques chiffres provenant de la presse communautaire juive : ils sont 10 000 en 1960, 18 000 en 1961 ; Israël attend 25 000 Français (juifs ou pas) en 1962 [2, 26 000 en 1963 [3]. Deux ans plus tard, 40 000 touristes français – Juifs et non Juifs – visitent Israël [4, soit 13 % des 300 000 voyageurs accueillis au total par ce pays en 1965 [5].

En 1967, ils ne sont plus que 32 000 en dépit d’un pic touristique au lendemain immédiat de la guerre des Six Jours. Ils sont à nouveau 40 000 en 1968 [6], dont deux tiers seraient juifs [7].

En 1975, Israël accueille 72 760 touristes français [8], 110 000 en 1976 [9] et environ 121 000 en 1977 comme en 1978 [10], contre 293 000 américains, 131 000 allemands et 101 000 britanniques cette dernière année à titre de comparaison [11]. En 1979, ils sont 125 000 [12], 140 000 en 1980, dont 56 000 sont des Juifs, soit 40 %, en même proportion que les pèlerins chrétiens [13].

Ces chiffres montrent au moins qu’une forte minorité de Juifs français a visité le pays au moins une fois dans leur vie, ce qui n’est le cas en 1976 que d’environ 16 % des Juifs de Diaspora [14].

Vacances au soleil, visites familiales, séjours d’études, voyages de solidarité destinés à mieux connaître Israël, pèlerinages, colonies de vacances, tels sont les grands types de voyages entrepris par les Juifs de France.
rosh hashan en israel 1960
1960 Rosh Hashanah In Israel

Les motivations, multiples, sont souvent mêlées.

Le fait est que l’État d’Israël encourage fortement le tourisme : il constitue rapidement la première industrie du pays et permet de renforcer durablement les liens avec les Juifs de la Diaspora alors qu’il se sent souvent isolé sur la scène internationale.

Ainsi, repérer les différents types de voyages qu’y effectuent les Juifs de France revient à interroger en fait leur relation à l’État hébreu. Dans cette perspective, nous nous sommes fondés sur certaines archives, mais surtout sur un dépouillement de la presse juive française, source, entre autres, d’un large panel d’encarts publicitaires de la compagnie El Al [15].

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À compter du milieu des années soixante, la plupart des voyageurs n’utilise plus en effet le bateau – la compagnie maritime israélienne ZIM ayant alors le plus souvent leur préférence [16] – mais l’avion.

EL AL Constellation and Map of Israel, PM 1953 1003, AI, MGG Coll'n

La compagnie aérienne nationale israélienne multiplie donc les encarts publicitaires dans la presse communautaire. Il s’agit d’une source riche d’enseignements, à travers laquelle il est loisible de découvrir comment la compagnie cherche à inciter les Juifs de France à venir découvrir l’État juif et, bien entendu, à emprunter ses vols.

Un pays qui regorge d’attraits

Il va de soi qu’El Al vante la qualité de ses services – très professionnels mais en même temps chaleureux ; il s’agit de convaincre les touristes de la préférer aux autres compagnies aériennes qui desservent également Israël, comme Air France [17]. Néanmoins, c’est sur les attraits de l’État juif qu’insiste surtout la compagnie, et notamment son climat, idéal pour passer des vacances :

Trop chaud, Israël ? Allons donc… ! […] Tous les jours il y fait bon. Il y a du soleil et de l’ombre. Du sable et de la brise. Des boissons fraîches. Des hôtels climatisés… tous les plaisirs des vacances [18]

En Israël l’été commence tôt et finit tard.

C’est pourquoi, dès la mi-avril, vous irez en Israël à la rencontre d’un été précoce. Il a tous les charmes des mois classiques de vacances estivales : la baignade en Méditerranée et en mer Rouge, l’azur des ciels du désert qui vous permet les longues randonnées de découvertes, le soleil garanti [19]

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Il est plus rare qu’Israël soit présenté « aussi [comme] un pays de sports et d’agréments d’hiver [20]». Mais, de toutes façons, les visiteurs juifs en reviennent unanimement ravis, si l’on en croit les témoignages publiés dans la presse : ils ont éprouvé de l’« enchantement [21]» face à la beauté du pays, aux « plages vierges dans des oasis encastrés dans des montagnes tour à tour oranges, roses et violettes [22]», à l’exubérance de la végétation [23].

montagnes rouges

C’est aussi que, dès le milieu des années cinquante, Israël a cherché à s’affirmer comme un pays doté d’infrastructures touristiques de premier plan.

Pourtant, dans les premières années de son existence, l’État hébreu, confronté à des difficultés militaires, économiques, sociales et politiques inhérentes aux débuts d’un nouvel État rejeté par ses voisins, a bien d’autres priorités que le tourisme, et les investissements réalisés dans les infrastructures touristiques sont faibles.

Des efforts conséquents sont toutefois rapidement déployés, notamment à partir de 1956, année où, pour la première fois, un ministère spécifique est créé.

Les autorités israéliennes se sont en effet rendues compte que le pays a le potentiel nécessaire pour attirer des vacanciers et pas seulement des Juifs de Diaspora désireux de découvrir le nouvel État hébreu. Il n’empêche, la publicité d’El Al table sur le fait que les Juifs ont pour lui un a priori positif, et s’y sentent « chez eux » [24]

el alDu reste, un Juif ne se sent pas étranger en Israël. Allez en Italie, en Angleterre, en Suisse, vous ne vous sentez pas chez vous. En Israël, vous n’aurez nulle part cette impression.

Un Juif est partout chez lui en Israël [25]

Le pays du peuple juif

On ne saurait s’étonner que la guerre des Six Jours et la reconquête par les Israéliens de la Vieille Ville de Jérusalem aient considérablement influé sur l’argumentaire touristique d’El Al.

Dès juillet 1967 il intègre en bonne place l’image de la prière au mur des Lamentations), tandis qu’en 1968, qui se trouve être l’année du 20e anniversaire de l’État, l’accent est mis sur la possibilité de visiter désormais la Vieille Ville et les régions nouvellement conquises.

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Pourquoi irez-vous en Israël cet été ?

C’est que l’année du 20e anniversaire bat son plein.

Plus que les autres années, Israël est le lieu de rencontre des Juifs du monde entier.

Ils viennent se recueillir dans la Jérusalem réunifiée. Ils font connaissance avec ces lieux longtemps interdits de leur passé millénaire : le Mur du Temple, le Sinaï, les tombeaux des Patriarches à Hébron, etc. […]

Pourquoi irez-vous en Israël cet hiver ?

Parce que l’année du 20e anniversaire ne se termine qu’en mars 1969 : le yom haatsmaouth [fête de l’indépendance] dure toute l’année.

Vous choisirez parmi les festivités : la semaine des sports nautiques, la journée de la marine, le concours biblique, la semaine musicale, etc. [26][26] L’Arche, juin-juillet 1968, n° 136-137, p. 31 ; Information…

Désormais le thème religieux est très présent. El Al, en collaboration avec l’Office national du tourisme israélien, offre par exemple la possibilité de célébrer une bar-mitsvah sur la nouvelle esplanade devant le Mur [27].

Les Juifs de Diaspora se voient rappeler que, s’ils peuvent dorénavant visiter facilement la terre de leurs ancêtres, tel n’était pas le cas non seulement avant 1967, mais avant 1948.

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C’est là peut-être le sens, dans un encart publicitaire consacré aux attraits touristiques d’Israël et aux vacances peu onéreuses que l’on peut y passer, d’une allusion à Juda Halévy (1075-1141), célèbre poète juif espagnol qui a chanté son amour de la terre d’Israël et qui y serait mort, selon la tradition, juste après y être entré au terme d’un long périple :

Mon corps est en Occident, mon âme est en Orient », chantait Yehouda Halévi. Les fiançailles éternelles du peuple de la Diaspora avec le peuple juif en Sion, vous les revivrez plus intenses, plus émouvantes que jamais, en cet hiver de prélude à la paix [28][

Les touristes français font en tout cas un lien immédiat entre nombre de sites magnifiques et les événements de l’histoire juive.

Il en va ainsi de Tibériade [29, du plateau de Massada, témoin de la dernière défaite des Juifs face aux Romains en 74 [30], mais surtout de Jérusalem.

Jusqu’à la conquête par Israël de la partie est de la ville, les Juifs ont durement ressenti l’impossibilité de se recueillir devant le mur des Lamentations, comme le montre ce témoignage de 1963 :

Jérusalem est une ville de pierres aux maisons robustes et lumineuses. On y respire la sécurité d’une patrie. Mais en déambulant au hasard, on arrive soudain devant une barrière, un fil de fer. On ne peut aller plus loin. La frontière coupe la ville. L’ancienne Jérusalem est là-bas, sur l’autre colline ; le Temple, le Mur des Lamentations sont derrière. Absurdité des conventions humaines et des haines [31]Suzanne Orbach, « Mon premier voyage en Israël »

Après 1967, Jérusalem « réunifiée » devient souvent le but principal du voyage et la Cité de David le thème essentiel des témoignages.

Ainsi le journaliste et historien Roger Berg, racontant sa première nuit à Jérusalem :

Après la traditionnelle montée vers Jérusalem, après l’éblouissement de minuit des pierres roses de la nouvelle Ville ; voici la route qui continue sans interruption vers la vieille Ville. […]

La nuit est courte, car le soleil, en plein mois de décembre, se lève vers six heures. Il n’y a pas besoin de réveil pour le voyageur couché tard. La ville d’or, de cuivre et de lumière [32][32] Allusion à la célèbre chanson Yerouchalayim chel Zahav…, se découvre d’une vaste baie et l’esplanade de ce qui fut le Temple, sommet de la mosquée d’Omar, constitue le premier plan d’un vaste tableau, capable d’inspirer les écrivains au style le plus pur [33]

Le mur des Lamentations, dernier vestige symbolique du Temple, apparaît comme le symbole émouvant de l’unité du peuple juif :

Mais c’est au Mur, toujours debout, dernier vestige miraculeux de la splendeur du Temple, l’autre symbole de la ténacité, de la foi juive et de sa durée, que mon souvenir nous porte, ce vendredi soir… Dernier haut lieu de notre voyage que ce Mur des Lamentations, désormais le Mur Occidental, en ce soir de Sabbat, pour la grande prière collective. Une foule dense et colorée, mêlée de touristes curieux, se presse au pied de son Mur retrouvé, désormais le Mur du Retour, si longtemps objet de vénération après dix-neuf cents ans d’exil. Spectacle étrange, inoubliable, exaltant, de cette foule de fidèles en prière, occupant l’enceinte dans le soir sombre, à la lueur des projecteurs, si proche de la Mosquée d’Omar [34

Aux yeux des Juifs français, Israël est donc devenu une destination parfaite qui, après 1967, réunit tous les atouts: qualité des infrastructures touristiques, beauté des sites, enseignements de l’histoire :

Israël, c’est le pays où le mot vacances prend tout son sens : aventure, dépaysement, farniente, détente, mais aussi un pays de tourisme pas comme les autres, car quelles que soient ses origines, le voyageur va trouver là des sites religieux, archéologiques, des monuments, des mers et des montagnes qui lui racontent l’histoire de l’humanité [35]

Témoigner d’une solidarité

Aller en Israël équivaut aussi, naturellement, à un acte de solidarité active vis-à-vis d’un État constamment menacé.

De fait, les années qui suivent la guerre des Six Jours voient le développement de voyages dits « de solidarité », qui ont de surcroît le mérite, aux yeux des autorités de cet État, de faire connaître Israël aux donateurs potentiels invités à voir sur place les réalisations israéliennes.

Ainsi 80 personnes de l’Appel unifié juif de France (AUJF), conduits par Jean Rosenthal, Élie de Rothschild et Michel Topiol, effectuent-ils un voyage de ce type du 18 au 24 janvier 1968 [36]

Cette pratique n’est pas nouvelle, en réalité : en février 1956 par exemple, 30 militants de l’Aide à Israël visitent Israël pendant quinze jours au cours desquels ils sont notamment reçus par le président de l’État Ytshak Ben Zvi [37]

l’Appel juif unifié

La guerre de Kippour ayant marqué l’avènement d’une solidarité plus efficace des Juifs de France, El Al utilise cet élan :

il est bien, plaide la Compagnie, d’avoir fait montre de sa solidarité avec Israël en guerre depuis la France ; il convient à présent de témoigner de son attachement à ce pays en y séjournant ainsi qu’en voyageant avec El Al, la seule compagnie à avoir continué de fonctionner durant les combats [38]

Elle fait grand usage, durant toute la période étudiée, de l’argument selon lequel visiter Israël est un acte concret de solidarité dont le pays a profondément besoin :

Israël est toujours aussi proche de chacun d’entre nous et du cœur de chaque Français : c’est pourquoi vous prendrez El Al pour vous rendre en Israël dès cet hiver, et dès les premiers jours du printemps.

Et visiter Israël, c’est aider Israël à prospérer [39

D’un point de vue israélien, ces voyages devraient avoir l’avantage d’encourager la générosité des donateurs, traditionnellement parmi les plus faibles des communautés de Diaspora sauf lors des crises de 1967 et 1973.

Voici ce qu’écrit Jean Rosenthal, président de l’AUJF, à Jacob Tsur, président du Keren Kayemeth Leisrael (KKL, Fonds national juif), le 30 janvier 1969 :

Nous avons été fortement impressionnés par tout ce que nous avons vu et entendu et plus que jamais nous sommes déterminés à apporter une plus large contribution qu’en 1968.

Il vous plaira sans doute d’apprendre que chacun des membres de la Mission a augmenté son don par rapport à celui de l’an dernier et souvent, de façon très sensible. De ce fait, nous commençons notre campagne avec énergie et enthousiasme [40]

C’est dans cette perspective économique qu’il faut interpréter le développement de l’organisation de voyages de solidarité. Ceux-ci sont présentés par leurs maîtres d’œuvre israéliens comme le meilleur moyen de visiter Israël, grâce à des circuits commentés par des guides professionnels ; mais ils sont aussi plus avantageux pour l’économie israélienne : les touristes séjournent dans les hôtels et non pas chez des membres de leur famille ou chez des amis. Ces circuits se ressemblent tous : du Nord vers le Sud, les participants font le tour des principales villes d’Israël (Tibériade, Tel-Aviv, Jérusalem, Beer Sheva), des lieux historiques (Vieille Ville de Jérusalem, Massada), des musées, tout en rencontrant des personnalités israéliennes [41][

Les cadres communautaires organisent aussi des voyages aux motivations équivalentes – par exemple un voyage de découverte de trois semaines par l’Appel unifié juif de France ou un séjour orienté davantage vers la recherche de contacts réels avec la population israélienne par le Fonds social juif unifié (FSJU) [42]

Le développement de ces circuits est toutefois limité et leur mise en place difficile, en raison apparemment d’un manque d’enthousiasme des Juifs français, que regrette pour sa part Pierre Simsovic dans Information juive [43]

Ils préfèrent avant tout retrouver des membres de leur famille ou des amis et se reposer. Peut-être trouvent-ils aussi les circuits trop onéreux. Quoiqu’il en soit, les voyageurs ne manquent jamais de témoigner à leur retour leur admiration devant le développement du pays.

Citons, parmi d’innombrables exemples, le récit d’une touriste anonyme dans le journal de la communauté juive de Toulouse :

Que dire de ce rapide voyage, si ce n’est notre émerveillement pour tout ce qui a été fait en 16 ans. Il faut vraiment le voir pour le croire. C’est vraiment prodigieux, car Israël a dépassé beaucoup de pays plus riches et dont l’existence est bien plus ancienne, et ce, en très peu de temps.

Partant d’un désert de sable, les Juifs ont bâti, au prix d’un labeur et d’un acharnement surhumain et de sacrifices terribles, un pays moderne, magnifique, où tout le monde bénéficie de lois sociales, non appliquées encore dans beaucoup de pays même européens [44]

Une offre spécifique pour les jeunes

Cependant, l’offre de voyages organisés faite aux jeunes est beaucoup plus importante. Elle est due à l’initiative en particulier du Comité national des vacances en Israël qui organise des colonies chaque été, en collaboration avec l’Agence juive et la Fédération sioniste de France (FSF).

  • 130 enfants partent ainsi en Israël en 1951, 174 en 1952, 300 en 1953 [45]
  • En 1954, ils ne sont que 200 en raison de difficultés budgétaires dues à une mésentente entre les associations sionistes, lesquelles couvrent une partie des frais [46].
  • Ils sont en revanche 1 700 à partir ainsi durant l’été 1963 [47]

À partir de la fin des années soixante, la plupart des associations de la communauté – le FSJU, l’Union des Étudiants juifs de France (UEJF), l’Œuvre de protection de la jeunesse juive (OPEJ) etc. – organisent chaque année, en collaboration avec l’Agence juive, des séjours qui permettent aux jeunes de visiter Israël à fond, d’apprendre des rudiments d’hébreu ou de faire mieux connaissance avec la société israélienne, en travaillant par exemple quelques semaines dans un kibboutz.

Ainsi le Département Éducation de la jeunesse juive (DEJJ) organise-t-il des séjours estivaux de six semaines centrés sur la cueillette des oranges dans un kibboutz.

Selon Edgar Guedj, directeur du Département de la jeunesse et des centres communautaires au FSJU, l 150 jeunes gens y participent en 1974 et un tiers d’entre eux, à l’en croire, considèrent ce séjour comme un « banc d’essai pour la Alyah ». Il est paradoxal de voir que le kibboutz exerce encore une attraction très forte – c’était déjà le cas dans l’entre-deux-guerres – alors que son influence au sein de la société israélienne est déjà déclinante.

Mitterand-Kibboutz
En 1970 est venu un jeune Français volontaire encore anonyme, nommé Jean-Christophe Mitterrand. Onze ans plus tard, François, son père est devenu président de la France.

On estime en effet en Israël que ces voyages sont le meilleur moyen de convaincre la jeunesse de Diaspora de s’investir en faveur du pays, voire de choisir de s’y établir.

Dès 1955, célébrant le départ du 1 000e enfant dans les colonies de vacances de la FSF en Israël, La Terre retrouvée note que ces voyages permettent au moins de lutter contre l’assimilation des jeunes et de leur famille :

Non seulement les enfants sont revenus « convertis » à Israël mais par leurs récits vivants, ils ont « converti » leurs parents eux-mêmes, les ramenant au bercail du Judaïsme vivant qu’ils n’auraient jamais dû déserter [48]

« Il s’avère de plus en plus clairement que seul le contact direct avec Israël peut arracher la jeunesse juive de France à toutes les sortes d’assimilation qui la guettent [49]», renchérit le Département de l’Organisation de l’Agence juive dans son rapport d’activité de 1958.

En 1965, le Département de la Jeunesse organise un voyage dont ont profité 826 jeunes. Son but avoué est de les rapprocher, eux et leurs proches, d’Israël [50].

En 1969, dans une étude sur les « vacances en Israël », Simmy Epstein constate que sur 40 000 touristes, 7 000 sont des jeunes. Parmi eux, 400 étudiants envoyés par l’UEJF afin de fournir à chacun « une argumentation solide, dont il usera, à la rentrée, dans les facultés [51]», et de lutter ainsi contre l’antisionisme qui y règne.

Cet argument particulier est repris deux ans plus tard à propos de 40 enfants de l’OPEJ ayant séjourné en Israël :

La propagande insidieuse et hostile que ces quarante jeunes subissaient dans leurs écoles, lycées et collèges – et dont nous avons parlé – n’a plus aucune prise sur eux. Ils sont suffisamment « armés » pour y répondre, disposant d’une argumentation solide puisée à la source même, et ils font du prosélytisme parmi leurs camarades juifs et non juifs [52] »,….

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Danses au kibboutz Gan Shmuel en 1970

Des pèlerinages religieux

La notion de « pèlerinage » est invoquée par des voyageurs juifs en Terre sainte dès avant la création de l’État d’Israël. Sans remonter plus loin, le grand rabbin Abraham Deutsch, par exemple, narre son séjour en recourant à cette notion et au champ lexical qui va avec, pour rendre compte à la fois des efforts fournis, des difficultés surmontées, et de l’intense bonheur qu’on peut en attendre :

Il n’est qu’un seul moyen, ami lecteur : mettre sou par sou de côté, se défendre au besoin telle dépense somptuaire et faire un pèlerinage en Palestine. Oui, un pèlerinage avec tout ce que cela comporte de désagrément accessoire : voyage long et fatigant en mer, chaleurs étouffantes, fusillades nourries même, promenades longues et harassantes ! Ce sont, en comparaison des merveilles qui vous attendent, de toutes petites tribulations que vous supporterez avec une extraordinaire facilité qui ne cesse de m’étonner moi-même. Mais quoi d’étonnant à cela ? C’est la Terre sainte qui, dès que vous la foulez, vous prend, vous possède et qui, en un mot, vous reçoit comme une mère qui a langui après son enfant [53].

En 1964, le grand rabbin de France Jacob Kaplan [54] évoque de façon analogue un récent voyage organisé par le FSJU :

J’ai le sentiment que pour chacun de nous ce voyage a été un pèlerinage. Il existe dans ce pays biblique tant de souvenirs impérissables pour l’âme juive ! Sans doute, les religions issues du judaïsme y ont également leurs lieux saints, mais pour nous, juifs, nos lieux saints sont en si grand nombre qu’on ne saurait les énumérer [55]

Deux ans plus tard, il confère définitivement une dimension religieuse à des voyages initialement pensés comme des actes de solidarité. Il les rapproche en effet du commandement divin fait aux Hébreux, une fois installés en Terre d’Israël, d’aller trois fois par an apporter des sacrifices au temple de Jérusalem lors des trois solennités appelées « fêtes de pèlerinage » : Pessah, Chavouot et Souccot [56 :

Jadis, avant la destruction du Temple, c’était un devoir pour chaque Juif d’accomplir un pèlerinage dans la Ville Sainte et de se présenter devant l’Éternel dans son Temple de Jérusalem.

Non seulement tous les Judéens habitant le pays d’Israël observaient le commandement religieux, mais ceux de la Diaspora. Ces derniers venaient en foule, heureux de se trouver en ce haut lieu sacré du Judaïsme où souffle en permanence l’esprit divin, heureux de fouler cette terre de prédilection qui, selon la parole de l’Écriture, se trouve constamment sous le regard de Dieu d’un commencement de l’année à l’autre.

Mais aujourd’hui comme aux temps bibliques, c’est une mitzvah [57]

C’est aussi une mitzvah émouvante car comment ne pas être profondément remué à la pensée de se retrouver dans les lieux mêmes où se sont produits les plus grands événements de l’Histoire sainte, notre propre histoire ?

Le souvenir du passé nous est infiniment cher, certes, mais la résurrection du pays ne nous touchera pas moins. Tous ceux qui ont visité Israël en parlent avec admiration.

Souhaitons que chacun de nous accomplisse le pèlerinage et se réjouisse sur place du miracle israélien [58] – Jacob Kaplan, « Un message du grand rabbin de France »

Quatre pèlerinages successifs d’une semaine sont organisés entre novembre 1966 et avril 1967.

Les cinq premiers jours y sont consacrés à des visites et à des rencontres à Jérusalem et dans ses alentours, les deux suivants à un tour du nord du pays [59].

Le dernier de cette série de pèlerinages, du 23 mars au 4 avril 1967, a pour but de célébrer la fête de Pourim [60] en Israël sous la direction du grand rabbin Kaplan. Les pèlerins sont reçus par les dirigeants de l’État, notamment le président Shazar, se rendent à Yad Vashem, et visitent le pays, dont le kibboutz largement francophone d’Ein Hanatsiv [61]..

Pour le grand rabbin de France, le bilan est satisfaisant : le voyage a permis aux participants de raffermir leur judaïsme [62].

Notons qu’un voyage équivalent, incluant la visite des lieux conquis par Israël durant la guerre des Six Jours, est organisé du 3 au 15 octobre 1967 à l’occasion du Nouvel An juif, notamment par l’Union des médecins, dentistes et pharmaciens amis d’Israël et l’agence de voyages Océania [63]

En 1969, l’appel déjà cité de Jacob Kaplan est publié à nouveau.

Le Consistoire central, l’Office national israélien du tourisme et El Al programment trois voyages dans l’année pour des groupes limités à 25 personnes.

Le grand rabbin de France en dirige personnellement deux, le grand rabbin de Paris Meyer Jaïs prend la tête du troisième [64].

Ils sont axés sur la visite des territoires conquis en 1967 et particulièrement de la Vieille Ville de Jérusalem [65].

Le voyage de l’équipe qui s’est déplacée en Israël après la guerre des 6 jours:

Visite du vieux Jérusalem (église de la Dormition de la vierge, mosquée d’Omar, mur des lamentations,..), de Saint Jean d’âcre (citadelle des croisés, mosquée…), de Césarée (Théâtre antique), d’Haïfa, d’un kibboutz et enfin de la partie moderne de Jérusalem (musée,…). Images d’archive INA

À l’issue du premier pèlerinage (5-18 mai 1969), Jacob Kaplan revient sur l’importance d’effectuer cette démarche à présent que « les lieux saints les plus importants du judaïsme [ont été] libérés [66]» ; il insiste sur « l’émotion qu’on ressent lorsqu’on a le privilège de fouler ces lieux sacrés [67]».

Il n’empêche, ces pèlerinages – comme les autres voyages organisés évoqués ci-dessus – semblent avoir attiré un très petit nombre de participants, preuve encore une fois de la réticence des Juifs français devant ce type de séjours ou même peut-être, dans un autre ordre d’idées, du manque d’influence des institutions consistoriales.

Quatre ans plus tard, à l’issue de la guerre de Kippour, le grand rabbin Kaplan signe avec Alain de Rothschild un communiqué mettant en place les « Pèlerinages de la Paix », mais nous n’avons pas trouvé d’autre trace de cette initiative concrète de solidarité à l’égard d’Israël que cette annonce dans Unir, signe là encore d’un échec relatif :

Pèlerinages de la Paix en Israël

Notre solidarité s’est traduite par des contributions généreuses à l’Appel Unifié Juif de France, mais nous réalisons combien l’effort financier est dérisoire face au sacrifice de la vie fait par près de deux mille de nos frères pour la défense d’Israël.

Ils sont nombreux parmi nous ceux qui souhaitent pouvoir donner à Israël un témoignage plus concret des sentiments qui les animent.

Aussi, la création des « Pèlerinages de la Paix en Israël » nous paraît venir à point pour permettre au plus grand nombre de nos coreligionnaires de prendre part à des voyages en groupes qui auront lieu tous les dimanches au départ de Paris ou de certaines grandes villes de province.

Par votre participation au Pèlerinages de la Paix, en même temps que vous apporterez votre soutien moral à Israël, vous aiderez au développement du tourisme si important sur le plan matériel pour Israël [68]

Leurs apparentes réserves devant les voyages organisés (pèlerinages compris) n’empêchent pas les Juifs de France de venir, particulièrement nombreux en comparaison du reste de la Diaspora, en Israël, et de lui marquer leur attachement et leur admiration à leur retour.

Dans cet essor de la pratique du voyage, la guerre des Six Jours marque un tournant car la visite devenue possible de la Vieille Ville de Jérusalem pousse les Juifs à effectuer un séjour qui, par ailleurs, est plus facile à organiser et moins onéreux.

Tourisme, solidarité, visites à la famille, observation de la société israélienne, autant de motifs imbriqués les uns dans les autres, mais, ainsi que l’explique la sociologue Sylvie Korcaz, ces voyages dans un pays où la majorité de la population est juive leur permettent d’abord de « se rapprocher de la condition juive [69]».

Même si, en définitive, seule une (importante) minorité des Juifs de France visite Israël, elle en rapporte des impressions fortes, relayées par la presse auprès de ceux qui ne se sont pas déplacés, participant ainsi activement à l’image que les Juifs de France ont de l’État hébreu.

Le but recherché par les organisations juives et sionistes de France et par l’État d’Israël est donc au moins partiellement atteint : une familiarité plus grande avec le pays, et par là même un sentiment effectif de solidarité, à défaut d’une alyah conséquente.

Dossier à suivre …

Parties précédentes du dossier :

De la France vers la Palestine/Israël – 1 L’émigration de France vers la Palestine (1880-1940)

De la France vers la Palestine/Israël – 2 L’étape française des émigrants du Maghreb en route vers Israël (1952-1966)

Notes
  • [1]
    Se reporter à l’article de Jérémy Sebbane dans ce même dossier [N.D.L.R].
  • [2]
    Edwin Eytan, « Les touristes français en Israël », L’Arche, juillet 1962, n° 66, p. 28.
  • [3]
    Edwin Eytan, « Le boom touristique israélien », L’Arche, mars 1963, n° 74, p. 19.
  • [4]
    « 1965 : 40 000 touristes français en Israël », L’Arche, juin 1966, n° 112, p. 5.
  • [5]
    « Une saison exceptionnelle », La Terre retrouvée, 15 mars 1966, n° 12 (637), p. 4.
  • [6]
    Raoul Strul, « Le tourisme 1969 en Israël », L’Arche, 26 janvier-25 février 1969, n° 143, p. 29.
  • [7]
    Erwin Spatz, « Israël et les touristes », L’Arche, août-septembre 1968, n° 138-139, p. 19.
  • [8]
    Jean-Luc Allouche, « Israël, des chiffres et des hommes », La Terre retrouvée, 15 février 1977, n° 10 (859), p. 7.
  • [9]
    « Israël à Strasbourg », L’Arche, mai 1977, n° 242, p. 73 ; Catherine Garson, « Croissance du tourisme en Israël », Information juive, août-septembre 1977, n° 274, p. 2.
  • [10]
    « Trois approches d’Israël pour 122 000 touristes français : Lod, Haïfa, Allenby », La Terre retrouvée, 5 mai 1978, n° 14 (883), p. 13.
  • [11]
    Raoul Strul, « Records israéliens », L’Arche, avril 1979, n° 265, p. 81.
  • [12]
    « Nette progression du tourisme vers Israël », La Terre retrouvée, 28 mai 1980, n° 7 (911), p. 6.
  • [13]
    Emmanuel Haymann, « La vitrine d’Israël », Tribune juive, 27 février-5 mars 1981, n° 661, p. 21.
  • [14]
    « Un demi million de touristes attendus en Israël », Tribune juive, 2-8 avril 1976, n° 405, p. 28.
  • [15]
    Nous avons dénombré 127 encarts de 1948 à 1982 dans la presse juive consultée.
  • [16]
    Cf. Georges Loinger et Katy Hazan, Aux frontières de l’espoir, Paris, Manuscrit. com, 2006. Georges Loinger dirigea la ZIM après la guerre [N.D.L.R.].
  • [17]
    Information juive, juin 1979, n° 293, p. 8 ; Cahiers Bernard Lazare, mai-juin 1979, n° 76-77, p. 32 ; La Terre retrouvée, 15 juin 1979, n° 14 (902), p. 16.
  • [18]
    La Terre retrouvée, 15 juillet 1962, n° 21 (566), p. 7.
  • [19]
    Tribune juive, 19-25 mars 1971, n° 142, p. 32 ; Information juive, avril 1971, n° 211, p. 7 ; Notre communauté, mai-juin 1971, n° 72, p. 14.
  • [20]
    Encart publicitaire paru dans L’Arche, 26 novembre-25 décembre 1968, n° 141, p. 25 ; Journal des communautés, 8 novembre 1968, n° 426, p. 17 ; Tribune juive, 8-14 novembre 1968, n° 19, p. 23 ; Cahiers Bernard Lazare, novembre 1968, n° 20, p. 26 ; La Terre retrouvée, 1er novembre 1968, n° 3 (691), p. 7.
  • [21]
    Terme utilisé dès 1947 par Abraham Deutsch, grand rabbin de Strasbourg, à son retour de Palestine : « Le rabbin Deutsch retour de Palestine nous écrit », La Terre retrouvée, 15 septembre 1947, n° 23, p. 2.
  • [22]
    « Israël de pierre et de sable », L’Arche, mars 1976, n° 228, p. 19.
  • [23]
    Louis Bloch, « La tête contre le mur », Tribune juive, 25 avril-1er mai 1969, n° 43, p. 1 ; Suzanne David, « Nous revenons d’Israël », Journal des communautés, 18 avril 1975, n° 565, p. 14.
  • [24]
    A. M. Dalbray, « Israël : Riviera ou Moyen-Orient », L’Arche, 26 mai-25 juin 1968, n° 135, p. 24 et 26.
  • [25]
    Jacqueline Starer, « Israël, pays des jeunes… », Ami, 15 février 1959, n° 127, p. 6.
  • [26]
    L’Arche, juin-juillet 1968, n° 136-137, p. 31 ; Information juive, juillet 1968, n° 184, p. 4 ; La Terre retrouvée, 1er juillet 1968, n° 18 (685), p. 7. D’autres encarts font référence au 20e anniversaire de la création de l’État d’Israël. Cf. « En 1968, le Yom Haatsmaouth dure toute l’année », Information juive, mars 1968, n° 181, p. 2 et La Terre retrouvée, 15 février 1968, n° 10 (678), p. 7.
  • [27]
    Tribune juive, 19-25 juin 1970, n° 103, p. 10 ; Information juive, juin 1970, n° 202, p. 4 ; La Terre retrouvée, 1er juillet 1970, n° 19 (722), p. 10. Bar-mitsvah : expression hébraïque désignant un jeune homme devenant adulte responsable, d’un point de vue religieux, à l’âge de 13 ans. L’expression est également utilisée pour les festivités qui ont lieu à cette occasion.
  • [28]
    Journal des communautés, novembre 1975, n° 571, p. 20 ; Tribune juive, 14-20 novembre 1975, n° 384-385, p. 32 ; Cahiers Bernard Lazare, janvier-février 1976, n° 53, p. 57 ; La Terre retrouvée, 15 novembre 1975, n° 5 (834), p. 7.
  • [29]
    Arnold Mandel, « Tibériade », L’Arche, avril 1975, n° 217, p. 37.
  • [30]
    Jacqueline Mesnil-Amar, « Paris à Jérusalem, quelques notes de voyage », Information juive, septembre 1972, n° 223, p. 3.
  • [31]
    Suzanne Orbach, « Mon premier voyage en Israël », Ami, septembre-octobre 1963, n° 197, p. 16. Pour une histoire récente de Jérusalem, cf. Catherine Nicault, Une histoire de Jérusalem 1850-1967, CNRS Éditions, 2008, 297 p.
  • [32]
    Allusion à la célèbre chanson Yerouchalayim chel Zahav composée par Naomi Shemer à la veille de la guerre des Six Jours.
  • [33]
    Roger Berg, « Itinéraire de Jérusalem à Paris », Journal des communautés, 22 décembre 1967, n° 407, p. 11. Cf. également : « Au pays d’Israël », ibidem, 25 octobre 1968, n° 425, p. 11.
  • [34]
    Jacqueline Mesnil-Amar, « Paris à Jérusalem, quelques notes de voyage », Information juive, septembre 1972, n° 223, p. 3.
  • [35]
    « Vacances 75 en Israël », L’Arche, juillet 1975, n° 220, p. 13.
  • [36]
    « Une mission en Israël de l’Appel juif unifié », Journal des communautés, 26 janvier 1968, n° 409, p. 8 ; « Une mission de l’AUJF en Israël », L’Arche, 26 décembre- 25 janvier 1968, n° 130, p. 55 et « Une mission de l’appel juif unifié en Israël », La Terre retrouvée, 1er février 1968, n° 9 (677), p. 8-9.
  • [37]
    « Un groupe de militants de l’Aide à Israël en France visite Israël », Journal des communautés, 23 mars 1956, n° 145, p. 13.
  • [38]
    Tribune juive, 21-30 décembre 1973, n° 286, p. 32 ; Information juive, janvier 1974, n° 247, p. 7.
  • [39]
    L’Arche, 26 mars-25 avril 1969, n° 145, p. 18 ; Information juive, mars 1969, n° 190, p. 6 ; Le Monde juif, janvier-mars 1969, n° 53, p. 76 ; La Terre retrouvée, 15 février 1969, n° 8 (692), p. 10.
  • [40]
    Archives de l’Etat d’Israël, archives du ministère israélien des Affaires étrangères, dossier : « France : Judaïsme, collecte », cote : 4233/8, lettre datée du 30 janvier 1969 de Jean Rosenthal à Jacob Tsur.
  • [41]
    Cf., par exemple, le programme du voyage organisé par le journal du Fonds social juif unifié : L’Arche, mars 1964, n° 86, p. 23. Pour les années 1970, cf. le programme du voyage organisé en 1976 par le Congrès juif mondial : « Voyage de solidarité du judaïsme français avec Israël », Information juive, août-septembre 1976, n° 264, p. 3.
  • [42]
    Catherine Garson, « Cet été en Israël », L’Arche, juin 1980, n° 279, p. 61-62.
  • [43]
    Pierre Simsovic, « Touristes et vacanciers en Israël », Information juive, février 1973, n° 228, p. 7.
  • [44]
    « Voyage en Israël », L’Amitié, décembre 1964, n° 6, p. 4. Quatre ans plus tôt, Pierre Mendès France faisait preuve du même enthousiasme : « Impressions d’un bref voyage en Israël », Journal des communautés, 8 janvier 1960, n° 231, p. 13.
  • [45]
    « Assemblée générale du comité national des colonies de vacances en Israël », La Terre retrouvée, 15 janvier 1954, n° 10 (359), p. 2.
  • [46]
    « Les colonies de vacances en Israël », La Terre retrouvée, 15 juillet 1954, n° 22 (371), p. 6.
  • [47]
    « En 1963 1 700 jeunes aux camps d’été en Israël », La Terre retrouvée, 1er décembre 1963, n° 5 (585), p. 7.
  • [48]
    J. C. et G.H., « Grâce aux colonies de vacances, 1 000 enfants Juifs de France ont appris à aimer Israël », La Terre retrouvée, 15 septembre 1955, n° 23 (397), p. 11.
  • [49]
    Archives sionistes, archives du Département de l’Organisation de l’Agence juive, dossier : « France, 1958 », cote : S5/11438, rapport d’activités pour 1958.
  • [50]
    « 800 jeunes reviennent d’Israël », Journal des communautés, 8 octobre 1965, n° 357, p. 11.
  • [51]
    Simmy Epstein, « Vacances en Israël », L’Arche, 26 juillet-25 août, 1969, n° 149, p. 16.
  • [52]
    Sylvain-Yves, « Séjours engagés de lycéens en Israël », La Terre retrouvée, 15 janvier 1971, n° 8 (733), p. 9.
  • [53]
    Abraham Deutsch, « Lettre de Palestine », Bulletin de nos communautés, 29 août 1947, n° 18, p. 3. Abraham Deutsch (Mulhouse, 1902-Jérusalem, 1992) est nommé grand rabbin du Bas-Rhin au lendemain de la guerre. Il s’installe en Israël en 1969.
  • [54]
    Jacob Kaplan (Paris, 1895-Paris, 1994), après avoir été notamment rabbin de la synagogue de la rue de la Victoire à Paris à partir de 1933, devient auxiliaire du grand rabbin de France Isaïe Schwartz en 1939. Il est nommé grand rabbin de France par intérim en janvier 1944. Elu grand rabbin de Paris en 1950, il est de nouveau, avec Henri Schilli, grand rabbin de France par intérim en 1953 avant d’être élu grand rabbin de France en 1955, poste qu’il occupe jusqu’en 1980. Cf. David Shapira, Jacob Kaplan. Un rabbin témoin du XXe siècle, Paris, Albin Michel, coll. « Présences du Judaïsme », 2007.
  • [55]
    « Une délégation du FSJU en Israël », L’Arche, juin-juillet 1957, n° 6-7, p. 64.
  • [56]
    Pâque, célébrée du 15 au 22 Nissan, commémore la sortie d’Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse. Shavouot est la fête des moissons et commémore le don de la Torah les 6 et 7 Sivan. Souccot est la fête des Cabanes célébrée du 15 au 21 Tichri ; elle rappelle la protection accordée aux Hébreux par Dieu dans le désert du Sinaï durant les quarante années qui suivirent la sortie d’Égypte.
  • [57]
    Terme hébraïque désignant un commandement divin.
  • [58]
    Jacob Kaplan, « Un message du grand rabbin de France », Journal des communautés, 25 novembre 1966, n° 382, p. 7 ; « Pèlerins en Israël », Bulletin de nos communautés, 18 novembre 1966, n° 22, p. XI ; « Un appel du grand rabbin de France », Le Monde juif, janvier-mars 1969, n° 53, p. 75.
  • [59]
    Encart publicitaire d’El Al publié dans : L’Arche, décembre 1966, n° 118, p. 22 ; Bulletin de nos communautés, 18 novembre 1966, n° 22, p. 8 ; Cahiers Bernard Lazare, novembre-décembre 1966, n° 6, p. 48 et La Terre retrouvée, 15 novembre 1966, n° 5 (651), p. 6.
  • [60]
    Fête célébrée le 14 Adar. Instituée par les rabbins, elle commémore le sauvetage par Esther et Mardochée de la communauté juive de Perse menacée d’extermination par Haman, grand vizir du roi de Perse.
  • [61]
    « Un pèlerinage religieux en Israël », Journal des communautés, 28 avril 1967, n° 393, p. 5.
  • [62]
    « La religion d’Israël dans l’Etat juif », La Terre retrouvée, 30 avril 1967, n° 16 (662), p. 3-4.
  • [63]
    « Un pèlerinage de Tichri en Israël », Journal des communautés, 29 septembre 1967, n° 401, p. 13. Signalons que l’agence Océania s’est fait une spécialité du voyage en Israël (alors Palestine) dès la fin des années trente, cf. l’article de Catherine Nicault dans ce même dossier [N.D.L.R.].
  • [64]
    Encart publicitaire d’El Al, Journal des communautés, 11 avril 1969, n° 436, p. 5.
  • [65]
    « Lag Baomer en Israël », Tribune juive, 18-24 avril 1969, n° 41-42, p. 4.
  • [66]
    « Une interview du grand rabbin Jacob Kaplan : le pèlerinage en Israël : une aventure de notre temps », Journal des communautés, 27 juin 1969, n° 441, p. 7. L’interview est également publiée dans La Terre retrouvée, 15 juin 1969, n° 16 (700), p. 4-5.
  • [67]
    Ibid.
  • [68]
    Unir, décembre 1973, n° 6, p. 4.
  • [69]
    Sylvie Korcaz, Les Juifs de France et l’État d’Israël, Dossier des lettres nouvelles, Denoël, 1969, p. 154. Pour un regard anglo-saxon plus récent sur la question, cf. David M. Gitliz et Linda Kay Davidson, Pilgrimage and the Jews, Westport, Connecticut London, Praeger, 2006, p. 201-210.

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