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Le Maroc et son drapeau juif

Vous avez entendu parler de la grande importance du peuple Juif et de leurs représentants dans le gouvernement marocain… Toute personne curieuse s’est sans doute demandé pourquoi cette “étrange étoile juive sur le drapeau marocain »?

Petit retour dans l’histoire :

Le drapeau “alaouite” est-il marocain?

Histoire de Marrakech : Avènement de la dynastie alaouite

Le mouvement qui s’impose en ce milieu du XVIIème siècle a vu le jour très loin de Marrakech, dans le Tafilalet : il s’agit des chrifis alaouite, fils de Moulay echrif.

Leur origine chérifienne ainsi que leur résistance aux incursions turques dans l’oriental les a propulses sur le devant de la scène, comme force alternative aux ambitions des divers prétendants du moment, princes ou simples aventuriers.

Les Alaouites étaient les premiers à utiliser un drapeau rouge. Les dynasties précédentes, Mérinides et Saadiens, utilisaient un drapeau blanc. Le drapeau était hissé tous les matins, et redescendu tous les soirs, flottant au dessus des forteresses de Rabat et de Salé.

A l’origine, cette étoile comportait six branches (étoile de Sulaymân), mais ensuite, elle fut réduite à 5 branches (pentagramme), ce qui permet au drapeau marocain d’arborer l’emblème des 5 piliers de l’islam.

Une fois le pouvoir restauré (1666), la dynastie a d’abord choisi Fès comme capitale et centre du pouvoir, d’une part parce que Fès fut prise avant Marrakech, mais aussi parce que le sud en général, et Marrakech en particulier, ont opposé une farouche résistance à l’installation du nouvel ordre politique.

Cette méfiance a entraîné la disgrâce de cette cité puis son démantèlement, ordonné par le sultan Moulay Ismail (1672-1727). Le palais Albadiâ a servi de « carrière » et de « magasin » pour les nouveaux palais de Meknès ; la description de ce chef-d’œuvre est néanmoins conservée dans les écrits et poèmes de l’époque.

Après en avoir enlevé le marbre, les décorations et boiseries, les portes et issues du célèbre palais d’Almansour sont murées ; ses vestiges ne seront redécouverts qu’au début du protectorat (1916).

Sidi Mohammed Ben Abdellah est nommé par son père héritier du trône, et vice-roi à Marrakech ; ce futur grand roi (Mohammed III), instruit, fin, et pieux, a « dû loger sous la tente n’ayant pas trouvé dans la casbah une seule ancienne maison royale habitable ». Le nouveau sultan a besoin de Marrakech, comme Marrakech a besoin de ce prince éclairé et subtil.

La partie nord du Maroc étant toujours sous la menace des troupes navales européennes, les voisins de l’est (trucs d’Alger) n’ayant jamais cessé leurs escarmouches et les incidents de frontières, Marrakech, ville à l’intérieur des terres, et proche des portes atlantiques (Safi, Mazagan, Essaouira), permettait le contournement des blocus, et l’ouverture sur « le nouveau monde ».

Sous le règne de Sidi Mohammed Ben Abdellah (1757-1790), Marrakech avait récupéré son rôle de « ville du Makhzen » (pouvoir et autorité), état et statut auxquels elle était destinée, depuis sa fondation.

Elle subit de grands aménagements sur les plans urbanistique et architectural : la cité royale de la Kasbah va être rebâtie et agrandie ; elle retrouve son faste et sa grandeur d’antan.

Un ensemble de dépendance sont ajoutées autour du palais royal ; dans le même élan, les souks, mosquées et jardins (agdal notamment) vont être préservés, agencés et reboisés.

Pour bien asseoir son projet de cité impériale, il fait venir une large partie des élites sociales et économiques de Fès, Tétouan et Salé, renforçant ainsi le commerce et l’éducation.

Presque tous les édifices publics et religieux qui ont perduré depuis la fondation de Marrakech portent la trace de la restauration et de la maintenance de cette époque.

Les héritiers de ce grand sultan n’ont pas pu ni su conserver et faire prospérer son héritage, car, avec la mort de Sidi Mohammed Ben Abdellah (1790), Marrakech est à nouveau le théâtre de luttes pour le pouvoir, générant saccages et destructions.

Marrakech deviendra cependant une « seconde capitale », sous le règne du sultan Moulay Slimane (1798-1822), qui veillera à la rénovation et la restauration des édifices religieux.

Au milieu du XIXème siècle, le sultan Mohammed Ben Abderrahmane quitta Fès pour Marrakech, lui restituant son statut de capitale du Royaume.

C’est à partir de ce moment que Marrakech « l’ocre » va être décrite par les artistes, les romanciers ; grâce à leurs travaux, la vie fastueuse de ses palais et ryads sera connue ; Le fleuron architectural de cette époque sera la Bahia du grand vizir Ba-Ahmed (BA-HMAD, décédé en 1900).

Le drapeau Alaouite a donc régné sur le Maroc pendant plus de 3 siècles

A l’origine le drapeau actuel des alaouites était frappé d’une étoile juive à six branches. Cette photo (ci-dessus) du drapeau alaouite frappé d’une étoile juive de David est tiré d’un vieux Larousse.

L’étoile de David était aussi sur les pièces de monnaies alaouites :

alaouite-1953

Au XVIIe siècle, lorsque le Maroc était sous l’autorité de la dynastie alaouite, son drapeau arborait une couleur rouge unie. Les chérifs de la Mecque employaient cette teinte comme couleur de référence. Le drapeau va la garder jusqu’à l’époque du protectorat français en raison de sa similitude avec les couleurs de la marine française.

L’actuelle étoile verte à cinq branches a été introduite le 17 novembre 1915 par un dahir du sultan Moulay Youssef, soit un peu plus de trois ans et demi après le début du protectorat.

En réalité, l’Étoile de David ou sceau de Salomon a fait partie des armoiries du Maroc et ornementait le drapeau rouge, au moins jusqu’au début du XXe siècle, avant que le Protectorat français n’impose de remplacer ce symbole par l’étoile à cinq branches actuelle.

C’est donc la France qui a orienté cette décision…

Pour expliquer cette anomalie certains disent que contrairement à une idée reçue et véhiculée, cette étoile à six branches, qu’on appelle le sceau de Salomon (ou le sceau de Sulayman) ou “l’étoile de David” n’est pas un symbole propre aux juifs. Elle est dans les trois cultures musulmanes, chrétiennes et juives, le symbole de la sagesse, de la vie et de la santé. D’ailleurs, au Maroc et jusqu’en 1954, le sceau de Salomon figurait encore sur les pièces de monnaie marocaines, notamment celles de 100 et 200 francs, de même que sur certains timbres du Makhzen.

Selon l’historien Rachid Sbihi. “L’étoile à cinq branches a été imposée en 1915 au Sultan Moulay Youssef par le Général Lyautey. C’était au moment où ce dernier se préparait à ramener le contingent militaire du Maroc à la deuxième guerre mondiale…

Quoi qu’il en soit cette étoile de David sur le drapeau marocain semble ne pas bénéficier de beaucoup de publicités… Serait-ce que les marocains soient gênés de sa réalité ?

Salomon et David étaient tous les deux des prophètes sacrés, chez les israélites comme chez les musulmans. Et c’est pour cette raison que l’étoile à six branches était apposée sur les bannières marocaines, sans que les Marocains y trouvent une quelconque gêne.

Mais le Maréchal Lyautey, avec sa mentalité européenne de l’époque, devait voir dans l’étoile de David un symbole “déshonorant”. Il a alors décidé d’en supprimer une pointe.

La France avait déjà commencé son entreprise séparatiste entre juifs et musulmans, bien avant l’arrivée d’Hitler ….

Réalisé à partir de plusieurs sources

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