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D’après la plupart des spécialistes en démographie du pays, dont le Pr Sergio DellaPergola qui a réalisé en 2017 une étude de prospective sur les prochaines décennies pour l’Office central israélien des Statistiques, la population israélienne devrait approcher les 20 millions de personnes dans une quarantaine d’années, soit plus du double de celle d’aujourd’hui :

L’Etat juif deviendra alors le pays à la densité démographique la plus élevée de tout le monde occidental.

Alors que la natalité arabe semblait pendant longtemps devoir imposer aux yeux de certains la création « inévitable » d’un Etat palestinien (ce que Yasser Arafat avait appelé « les bombes démographiques » portées par les femmes palestiniennes) -, les records de fécondité sont désormais passés dans le camp des Juifs orthodoxes d’Israël, eux-mêmes à la source de ce boom démographique qui a changé lors des dernières années les données démographiques et géopolitiques au Moyen-Orient !

En effet, alors que le taux déjà très élevé de fécondité moyen des Israéliennes juives est de 3,16 enfants par femme – au lieu de 2 en France, 1,5 en Suisse et 1,4 en Allemagne et en Italie -, ce taux passe à 6,9 enfants par femme chez les Juifs orthodoxes, ce secteur regroupant déjà 20 % des jeunes Israéliens de moins de 20 ans.

C’est ainsi que vers 2060, près du tiers (31 %) des Israéliens seront des ‘harédim, alors qu’ils ne représentent aujourd’hui que 12 % à 15 % – selon les définitions et niveaux de « religiosité » et de pratiques qu’on en donne.

haredim

Alors qu’elle effraye certains tenants antireligieux de l’establishment politico-universitaire du pays, l’inéluctabilité de cette évolution de fond, risque fort de donner un nouveau profil au judaïsme en Terre d’Israël, de transformer certaines structures de la société israélienne, et aussi de faire évoluer les contours du sionisme qui fut pendant longtemps un mouvement à majorité laïque…

L’Utopie israélienne change le monde

Israël n’a aucun intérêt à faire siennes les normes démographiques occidentales qui ont annihilé toutes les valeurs familiales, décuplé le nombre de célibataires et de divorces pour favoriser un hédonisme consumériste individualiste tout à fait effréné qui rend la plupart des gens malheureux…

Mais il existe à l’inverse en Israël de nombreuses solutions pour gérer une population en pleine expansion : alors que 75 % de la Terre d’Israël sont encore largement inhabités (dans le Néguev, en Judée-Samarie, dans la Vallée du Jourdain et dans le nord du pays – autant de régions qui pourraient accueillir une alya encore plus massive), un système scolaire réorganisé selon une autre approche pourrait faire descendre le chiffre dangereux de 40 élèves par classe, pendant qu’une lutte efficace contre la pauvreté et une gestion dûment planifiée et adaptée aux besoins publics (logements, santé, transports, environnement) exploiteraient au mieux l’énorme et incessante créativité technologique aussi bien que scientifique du potentiel démographique israélien.

Remonter les aides sociales

Alors que le Bureau central des statistiques estime que la population haredi atteindra 50% de la population juive totale en 2059, un nouveau rapport de l’Institut israélien de la démographie (IDI) montre qu’entre 2005 et 2016, il y a eu une diminution des naissances correspondant à un enfant par famille haredi, passant de 7,7 enfants par femme à 6,7 enfants par femme.

L’une des baisses du taux de natalité haredi est peut être due a une baisse des allocations familiales en 2003, lorsque le soutien de l’Etat aux familles nombreuses a été réduit.

« Il existe un lien entre la pauvreté dans la société haredi et le soutien de l’Etat, mais plus de haredim entrent sur le marché du travail »,

« Et c’est intéressant, mais les gens qui travaillent et gagnent plus d’argent deviennent plus calculateurs dans leur comportement et leurs décisions, et même s’ils ont plus d’argent que les autres familles vivant sous le seuil de pauvreté, ils peuvent décider d’avoir des enfants. Dans certains cas, ils quittent leur enclave et voient la situation par rapport à d’autres personnes sur leur lieu de travail. Parfois, les exigences du travail les font réfléchir et ils se rendent compte que s’ils ont plus d’enfants, ils ne seront pas en mesure d’atteindre certains postes. »

La population haredi en général devrait augmenter.

Si la population adulte représente 10% de la population totale, les enfants constituent un quart de la population totale.

« Dans une génération à partir de maintenant, les ultra-orthodoxes représenteront 25 pour cent de la population totale. S’il doit y avoir un effet, nous ne le verrons que dans la troisième génération, dans 30 ou 40 ans «.

« La population dans sa globalité va changer radicalement dans les prochaines décennies. Nous verrons une augmentation de la proportion de haredim pénétrer celui la population globale. Ce n’est pas un changement de règles du jeu. Ceci est cependant plus intéressant car cela reflète les changements dans la société, et c’est en quelque sorte lié aux femmes qui rejoignent le marché du travail. »


Sources

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer le site: http://www.terrepromise.fr

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