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Comme de nombreux jeunes juifs français, Yossef et Jessica ont quitté la France pour rejoindre Israël. Passage obligé de ce changement de vie: l’armée.

tsahal

Yossef* a 22 ans. Jessica 18. Outre le fait d’être tous les deux juifs, ces deux Français ont un point commun: ils ont quitté la France – il y a deux ans pour lui et dix mois pour elle – pour Israël.

Ils ont laissé famille et amis pour construire leur vie « là-bas ».

Il est alors question de fuir l’antisémitisme européen et la crainte d’être jugé en raison de leur confession religieuse :

« Une partie de moi à toujours été en Israël, même si j’aime la France. C’est le seul pays juif au monde, le seul pays où l’on ne me traitera jamais de sale juif et où l’on ne me dévisagera jamais lorsque j’ai une kippa sur la tête. » explique Yossef.

Mais ce désir de départ ne date pas d’hier. Depuis toujours, Yossef et Jessica ont été éduqués dans l’amour d’Israël et dans l’idée d’un départ possible. Loin de la simple envie d’être dans un pays ensoleillé et où il y fait bon vivre, ce choix relève de la conviction, voire du devoir.

Jessica, jeune bachelière confesse: « j’avais un peu le devoir de vivre là-bas, de servir le pays, de servir mon pays, peu importe les conséquences ».

Et parmi ses conséquences, la première: l’armée.

Tout Israélien – fille comme garçon – doit obligatoirement réaliser son service militaire durant deux ans et huit mois.

Les Français, eux, doivent réaliser à peu près deux ans de service militaire selon l’âge auquel ils arrivent en Israël. Yossef, lui, a réalisé son service militaire comme volontaire étranger.

Après cette période, ils deviennent automatiquement Israélien.

Yossef et Jessica n’envisageaient pas de devenir militaire en France. Mais en Israël, ce n’est pas pareil.

Yossef a fini son service depuis quelques mois, il est dorénavant combattant dans l’unité Golani. Ses quelques photos sur les réseaux sociaux témoignent de son engagement.

Son arme et son treillis militaire ne le quittent plus. Il doit maintenant surveiller les frontières afin de protéger le pays « des pays ennemis tout autour d’Israël » et plus particulièrement du Hamas et du Hezbollah. Le jeune homme tient à préciser : « Le Hamas dirige la bande de Gaza et le Hezbollah une bonne partie du Liban. Officiellement, ils se disent en guerre contre leurs dirigeants, mais officieusement, ils travaillent ensemble. »

Le gouvernement israélien a créé différents programmes pour séduire ces jeunes français à la recherche d’une identité.

Dans les écoles juives installées en France, en terminale, une étape décisive les attend: le bac blanc bleu.

Une semaine avant les épreuves, les écoles organisent un « voyage scolaire » en Israël.

Durant ces quelques jours, les lycéens découvrent le pays, et différents programmes d’intégration.

Créé depuis une quinzaine d’années, la visée est simple: leur permettre de projeter leur avenir en Israël.

Jessica consent à l’utilisation du terme de «propagande» de la part du gouvernement. Ce recrutement semble fonctionner car sur 67 élèves de sa promotion, pas moins de sept lycéens sont partis. D’autres années, il était question de plus de la moitié de la promotion.

Alors que certains olims – ceux qui « montent en Israël » – subissent la désillusion du rêve israélien, les jeunes ne cessent d’y succomber. La proposition parait alléchante : « vivre notre judaïsme librement ».

Yossef souhaite rendre hommage à ses ancêtres avec cette installation : « après 5 000 ans d’exil, il est temps de rentrer à la maison ».

*le prénom ont été modifié

Source https://www.neonmag.fr

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