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L’ancienne Jotapat est située en Galilée centrale, sur une colline de 419 mètres d’altitude. De profondes vallées entourent la colline de tous côtés, sauf au nord où un col peu élevé la sépare du reste de la chaîne montagneuse.
Site de l'ancienne Yodfat ou Jotapata en Galilée
Site de l’ancienne Yodfat ou Jotapata en Galilée

Dans les textes rabbiniques, Jotapat est décrite comme une forteresse datant de l’époque de Josué ; elle faisait partie des villes conquises par Teglath-Phalassar III en 732 avant l’ère chrétienne.

A l’époque du deuxième Temple, Jotapat était une importante ville juive, mentionnée dans la Michna et le Talmud (loi orale juive).

Son emplacement géographique est précisément celui que décrit Flavius Josèphe, l’historien du Ier siècle (Guerre III, 7, 7).

Entre 1992 et 1998, sept séries de fouilles furent menées sur les ruines de Jotapat, mettant à jour des fortifications et constructions des époques hellénistique et romaine, ainsi que des traces nettes de la destruction de la ville durant la révolte juive contre Rome.

Les Fortifications

A l’époque hellénistique (IIIe-IIe siècles avant l’ère chrétienne), un petit village fut édifié en haut de la colline de Jotapat.

Au Ier siècle avant l’ère chrétienne, sous la dynastie asmonéenne, le sommet de la colline fut entouré d’un mur, tandis que le côté nord, dépourvu de protection naturelle, était fortifié par une double muraille de 5,5 mètres d’épaisseur, renforcée par d’énormes tours.

Au début de l’époque romaine (fin du Ier siècle avant l’ère chrétienne – début du Ier siècle de l’ère vulgaire), un nouveau rempart fut édifié dans le secteur sud de la colline, portant la superficie de la ville à environ 6,25 hectares.

Les quartiers d’habitation

Des secteurs résidentiels densément construits, certains comportant d’étroites ruelles le long du rempart, furent bâtis au début de la période romaine.

Les maisons étaient construites sur des terrasses, l’arrière étant taillé dans le rocher à flanc de colline ; là où la pente était trop abrupte, les pièces étaient conçues en gradins , parfois à 50 centimètres au-dessus de la pièce précédente. Comme il n’existait pas de source à proximité, les habitants de ces quartiers dépendaient de citernes pour leur approvisionnement en eau mais, dans certaines maisons, des mikvaot (bains rituels juifs) ont été découverts.

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Dans la partie sud de la ville, un certain nombre de fours à poterie ont été retrouvés, ainsi que plusieurs dizaines de contrepoids en argile utilisés dans les métiers à tisser, indiquant que cette activité s’y déroulait.

Certaines pièces d’une vaste demeure en ruine exhumée près du sommet de la ville étaient décorées de fresques peintes comprenant des motifs géométriques et une imitation de marbre, signes patents de richesse.

La destruction de Jotapat

Yossef ben Matityahou (l’historien du Ier siècle qui prit le nom de Flavius Josèphe) naquit dans une famille sacerdotale ; nommé commandant de la Galilée au début de la révolte juive contre les Romains en 66 de l’ère chrétienne, il entreprit la fortification de plusieurs villes, la forteresse principale étant Jotapat.

En 67 de l’ère chrétienne, l’armée romaine placée sous la direction de Vespasien (il allait bientôt devenir empereur de Rome) assiégea la ville qui résista pendant 47 jours. Josèphe lui-même décrit le siège, le suicide des derniers défenseurs et sa propre reddition aux Romains (Guerre III, 7).

Des vestiges de la rampe du siège ont été retrouvés au nord de la ville ainsi que des témoignages des combats qui s’y déroulèrent : plusieurs dizaines de pointes de flèches en fer, des pierres alimentant les machines balistiques et de lourds rochers qu’on laissait dévaler sur l’ennemi.

Les squelettes d’une trentaine d’hommes, de femmes et d’enfants découverts dans une citerne, sont les témoins silencieux mais bien réels du sort que connurent les habitants de Jotapat.

Un souvenir personnel, oeuvre d’un habitant de Jotapat, se présente sous forme d’une pierre plate (10 x 9 cm) sur laquelle sont gravés des dessins : sur l’une des faces, une construction comportant une plate-forme avec des marches et un toit à pignons (un mausolée semblable à ceux qui décorent les ossuaires utilisés à l’époque à Jérusalem pour l’inhumation) ; sur l’autre face, est représenté un crabe.

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Selon une interprétation, ces motifs représentent la mort (le mausolée), et le moment de la défaite – le mois de Tamouz du calendrier hébraïque qui a pour signe astrologique le Cancer.

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Les fouilles ont été menées par la Direction des antiquités d’Israël et l’université de Rochester (Etat de New York), sous la direction de M. Aviam et W.S. Green. De 1992 à 1994, D. Adan-Bayewitz a participé aux fouilles pour le compte de l’Université Bar-Ilan.

http://mfa.gov.il

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