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C’est au cours du mois de juillet 2018 que devrait, théoriquement, être annoncé le contenu de « l’accord du siècle » du Président américain, Donald Trump concernant le règlement du différend israélo-palestinien.

Si les parties sont régulièrement informées des éléments du programme, le Président américain tarde à le diffuser, compte tenu de la désapprobation du Président Mahmoud Abbas (dont l’état de santé est déclinant) qui le considère comme « la claque du siècle ».

Le quotidien Haaretz en a distillé le détail au compte-goutte : les palestiniens se verront offrir des frontières provisoires sur 50 % de la Cisjordanie.

Actuellement les zones A et B sous contrôle palestinien représentent 40 % du territoire cisjordanien.

Une portion de 10 % de la zone C (sous contrôle israélien) devrait leur être ajoutée pour permettre à l’Etat palestinien de disposer d’une contiguïté territoriale.

Rappelons qu’à ce jour, le passage entre les villes palestiniennes de Cisjordanie s’opère via des checks-points (contrôlés par Israël, en vertu des accords israélo-palestiniens de paix de 1993), ce qui complique la circulation pour les palestiniens, et engendre un coût pour Israël.

Corrélativement, les territoires de zone C sur lesquels se trouvent les implantations juives, seront intégrés dans l’État d’Israël.

Par ailleurs, les zones sous contrôle palestinien devraient être démilitarisées, Israël contrôlant les frontières et l’espace aérien.

Sur ce point, les palestiniens ont d’ores et déjà fait part de leur refus de ce plan, dans la mesure où l’Etat Palestinien de Cisjordanie ne comprendra que 11% du territoire sous mandat Britannique.

Un autre point de discorde, pour les palestiniens, tient à l’abandon de ce qu’ils appellent le « droit au retour » en Israël de millions de palestiniens disséminés dans le Moyen Orient.

Les 5 millions de palestiniens habitant dans les camps de réfugiés situés à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie… n’auront pas le droit d’envahir Israël : ils ne pourront s’établir que sur les terres du futur Etat palestinien de Cisjordanie, sur la bande de Gaza ou sur les terres nouvelles affectés à l’État de Palestine, situées dans le Sinaï.

Trump a, en effet, négocié avec l’Egypte la possibilité de réserver aux palestiniens un territoire de 800 km2 dans le désert. Des infrastructures y seront financées par la communauté internationale à hauteur de 1,5 milliard de dollars pour accueillir une zone industrielle, une usine de dessalement et une centrale électrique. C’est alors l’Egypte qui prendrait en charge de la gestion du contrôle des entrées et des sorties.

Un autre point qui déplait aux palestiniens tient à la reconnaissance américaine de la souveraineté d’Israël sur le Golan. Le plateau dépendant de la souveraineté syrienne, a été occupé par Israël à la suite de la guerre des Six Jours de 1967, avant d’être annexé à l’Etat juif en 1981. Or, cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Ce sera désormais (partiellement) le cas.

Notons également qu’un article du Jérusalem Post du mois de mai 2018, indique que la Maison-Blanche n’entend plus faire référence à une solution « à deux Etats », comme si finalement, une solution éventuellement à trois Etats était toujours envisageable.

C’est d’ailleurs le cas dans les faits, eu égard à l’impossibilité pour les palestiniens de Cisjordanie de s’entendre avec les terroristes du Hamas de la bande de gaza.

Bien évidemment, les palestiniens refusent également les préconisations américaines concernant Jérusalem. Trump a reconnu Jérusalem comme étant la capitale d’Israël et y a déplacé l’ambassade américaine. Il conforte ainsi les mesures de Netanyahou :

– le projet de loi du Grand Jérusalem visait déjà à annexer les grandes implantations juives de zone C de Cisjordanie à l’intérieur des frontières de la municipalité de Jérusalem, intégrant ainsi 150 000 mityachvim à l’intérieur de Jérusalem. Le plan américain s’inscrit parfaitement dans ce cadre.

– un second projet consiste à retirer le statut de résidents de Jérusalem à 100 000 Palestiniens qui vivent de l’autre côté de la clôture de sécurité. Les Palestiniens concernés dépendront alors d’un conseil municipal distinct, ce que ne contredit pas le plan de Trump.

(Notons également que la création de « parcs nationaux » dans la capitale s’accompagne d’une politique incitant les palestiniens à s’établir l’autre côté du mur, pendant que les écoles palestiniennes, situées dans l’enceinte de la clôture de sécurité, se verront contrainte d’adopter les programmes pédagogiques israéliens).

Ainsi, non seulement « l’accord du siècle » n’envisage pas de partage de Jérusalem, mais en outre, il prévoit que les palestiniens établiront leur capitale à Abu Dis, située à 4 km à l’est de Jérusalem (à l’extérieur de la clôture de sécurité).

Un corridor entre Abu Dis et la mosquée al-Aqsa située sur le Mont du Temple permettra alors aux palestiniens d’y venir prier.

Mahmud Abbas a également rejeté cette proposition car la ville Abu Dis, qui accueille déjà 13 000 palestiniens, est cerclée par le mur de sécurité d’un côté, et par les 40 000 juifs de l’implantation de Maale Adumin, de l’autre. Ainsi, les palestiniens n’auront jamais la souveraineté sur l’Esplanade des Mosquées, ce qui était pourtant l’une de leur revendication.

Pour ce qu’il en est de la vallée du Jourdain, le plan de Trump l’attribue à Israël qui a déjà entrepris, en décembre 2017, un vaste programme d’expansion des implantations. Israël vient d’ailleurs d’annoncer la création de zones de tirs militaires, sur la moitié de la bande, et l’expulsion de familles palestiniennes, pour des raisons de sécurité.

Les palestiniens, naturellement informés des mesures envisagées, ont donc annoncé ne pas en vouloir, avant même que le plan soit annoncé. Pour autant, les palestiniens n’ont pas vraiment le choix. L’administration Trump a déjà réduit substantiellement le financement de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (l’UNRWA). Elle devrait également réduire de plus de 200 millions de dollars, les dotations à l’Autorité palestinienne, au cours de l’été 2018. De même, l’Arabie saoudite ne les suit plus.

Netanyahou devrait donc sortir grand gagnant de l’initiative, si elle voit le jour. Mais le plus grand avantage du projet est ailleurs. Il tient l’abandon du concept, absurde, « d’occupation par Israël » de terres présentées comme étant palestiniennes.

Le dernier rapport annuel du Département d’État américain sur la situation des droits de l’homme dans chaque pays du monde, (publié en avril 2018), abandonne pour la première fois l’expression « territoires palestiniens occupés », marquant ainsi le refus par l’équipe de Trump, de considérer la présence israélienne en zone C de Cisjordanie comme étant le résultat d’une occupation.

Si, de surcroît, les terres judéo-Samaritaines de la zone C sont intégrés dans l’Etat d’Israël, il ne sera définitivement plus possible de recourir à la notion absurde « d’occupation de terres palestiniennes ». C’est le problème palestinien.

S’il n’y a plus « d’occupation » les palestiniens ne pourront plus justifier leurs actes terroristes par la nécessité de « résister à l’occupation ».

Autrement dit, Trump est sur le point de détruire les fondements de « la cause palestinienne ».

Par ©Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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