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Sous l’Empire carolingien, une principauté juive fut tolérée puis reconnue en Languedoc. Ce fut une « nouvelle Jérusalem » voir un premier Israël créé dans le Sud de la France.

A Narbonne, « le roi des juifs » favorisa les menées de Charlemagne en Espagne et lui apporta une aide financière, des chevaux et des hommes.

Il existait une véritable chevalerie juive qui lutta contre les Sarrazins en Espagne.

L’un d’eux, Guilheim de Gellone peut être le chevalier Makhir, de retour d’Espagne, crée un centre d’étude rabbinique en France, dans la vallée de l’Hérault près de Montpellier à Saint Guilhem le Désert. Ce centre n’étudie pas la torah à la lettre mais sous son aspect mystique… la KABBALE est née !

saint guilhem le desert

Mais dès la fin du dixième siècle, la principauté juive disparaît. 

Certaines communautés juives se replient en Normandie où ils sont accueillis, notamment à Rouen. Ils participeront à la bataille d’Hasting en 1066.

Très vite, l’Église assimile à son profit Saint Guilheim le Désert et le travestit pour en cacher sa naissance hébraïque. Guilhem de Gellone est canonisé et les rabbins restés sur les lieux, se convertissent au catholicisme.

L’Église y crée alors un centre de pèlerinage important avant que Saint-Guilhem-le-Désert devienne un point de départ pour la route de Saint Jacques de Compostelle en Espagne.

L’Exilarque Natronaï ben Zabinaï (Makhir), s’installe à Narbonne en 768

Se fondant sur  les chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange, et un texte hébraïque du XIIe siècle : l’appendice de la chronique d’Abraham Ben David (Sepher Hakabbalah -le livre de la tradition), M. A.J. Zuckerman étudie l’établissement dans la « Francie » d’une principauté juive, qu’il date de 768.

La conquête de Narbonne, en 759, fut entreprise par Pépin le Bref avec l’aide des Juifs, qui lui ont livré la cité.

Afin de continuer ses efforts contre les Musulmans d’Espagne, restés fidèles à la dynastie ommayade, le roi des Francs chercha l’alliance abbasside, dont l’un des avantages était le profit que l’on pouvait tirer du prestige de l’exilarque juif de Babylonie, descendant du roi David.

C’est ainsi que l’arrivée en Occident, en 768, de l’exilarque Natronaï ben Zabinaï, déposé par les recteurs des académies talmudiques en Mésopotamie, que l’auteur identifie avec Makhir (le nom du Juif, descendant de la maison du roi David et envoyé par le calife à Charlemagne, selon le récit de la chronique du XIIe siècle), est interprétée comme une action commune abbasside-carolingienne, qui fut menée afin d’assurer la fidélité des Juifs de l’Espagne au roi des Francs.

Dès son arrivée, Makhir fut installé à Narbonne, où Pépin lui accorda un grand patrimoine foncier, malgré les protestations du pape Etienne et le fit marier.

Makhir, anobli et surnommé Théodoric (ou Thierry), aurait épousé la propre sœur de Pépin le Bref, Aude; apparenté ainsi à la famille carolingienne, le dirigeant (« Nassi ») juif, chef incontesté de la juiverie du royaume des Francs, devint en même temps comte de Septimanie et obtint en 791, les privilèges qui représentent le fondement du statut privilégié des Juifs en Languedoc et en Catalogne.

« Les lois carolingiennes accordèrent à Makhir-Théodoric une propriété terrienne en libre aloi, incluant d’anciens biens ecclésiastiques, situés en Septimanie et dans le Toulousain, et étendus à d’autres en Espagne. Par acte d’ordonnance, Makhir-Théodoric devint vassal des Carolingiens et, en retour, assuma la suzeraineté des Juifs. »

Mort en 793, Makhir-Théodoric fut remplacé dans tous ses honneurs et offices par son fils Guillaume, duc de Toulouse et marquis de Gothie, le véritable commandant en chef des armées du roi Louis.

Ce Guillaume serait le fondateur de l’abbaye de Gellone, avec Isaac, le juif que Charlemagne employa dans une ambassade auprès d’Harun al-Rashidia…

En effet, Guillaume, créa, en sa capacité de « Nassi » des juifs, une académie à Narbonne et fonda une bibliothèque, qui fut ultérieurement transférée à Gellone (Saint-Guilhem-le-Desert).

Voici ce qu’écrit Lee Levin auteur de « The Messiah of Septimania », à propos du livre d’Arthur J. Zuckerman :

« De temps à autres, on nous présente des récits d’obscures communautés juives dans des lieux bizarres et inattendus, comme la Chine, l’Inde, ou l’Afghanistan. Mais leur seul point d’intérêt est simplement d’exister, ou d’avoir existé. Or le royaume juif de Septimanie n’était rien de tout cela. Il était vaste, et comprenait les importantes villes de Narbonne, de Toulouse et de Carcassonne, et il ne se contenta pas d’exister. Il joua un rôle majeur dans l’histoire de la France médiévale.

Comment put-il donc en arriver là, ce royaume juif coincé entre des Francs catholiques au nord, et des Maures islamiques au sud, qui lui étaient tout autant hostiles ? Quelle histoire ! Pour des raisons dont l’histoire ne donne pas d’explications, la Septimanie avait une importante population juive, en particulier dans la ville portuaire de Narbonne.

Lorsque Pépin III, roi des Francs décida de chasser les Maures du sud de la France et de l’Espagne, il se retrouva à cuire sous le soleil aux pieds des puissants murs de Narbonne, qu’il n’était pas parvenu à franchir au terme de sept années de siège. Il n’était pas non plus arrivé à affamer la ville, car Narbonne était un port, et que lui, Pépin, ne disposait pas de flottille.

Narbonne n’avait aucune difficulté à se ravitailler. Il commençait à désespérer, il n’avait plus d’argent et entrevoyait une cuisante défaite, mais il eut une idée géniale : offrir la somme de 50.000 marcs d’argent aux juifs de Narbonne – une somme énorme – s’ils s’arrangeaient pour lui ouvrir les portes de la ville pendant les quelques minutes dont il aurait besoin pour envahir la place. Pourraient-ils refuser ? Tout le monde sait à quel point les juifs aiment l’argent. Il se trouve qu’ils refusèrent. Le risque était bien trop grand. En cas d’échec, les Maures les massacreraient, et de leur point de vue, ils n’auraient pas tort.

Choqué par leur refus, Pépin réfléchit à nouveau, et il leur fit alors une deuxième offre. Au lieu d’argent, il leur offrit en échange la Septimanie – toute la Septimanie – comme royaume juif indépendant, avec son propre roi juif, et sa propre armée juive. Cette fois, ils acceptèrent de prendre le risque. C’était une offre de parrain, mais cette fois-là ils ne pouvaient pas résister. Les Maures n’avaient pas pensé à s’assurer de leur allégeance, l’idée ne les avait même pas effleurés, mais à cette époque, cela voulait dire que les juifs de Narbonne étaient libres d’agir dans leur propre intérêt. Les portes de la ville furent ouvertes. Narbonne fut conquise. Pépin tint sa promesse.

Les juifs avaient désormais leur royaume, mais ils n’avaient pas de roi. Pépin avait pensé à intégrer une conditionn surprenante dans son offre : celui qui serait choisi comme roi par les juifs devait être un descendant direct du roi David ! Et pourquoi donc ? Cela, ils l’apprendraient plus tard, mais cela leur était d’ailleurs parfaitement égal. Il n’en aurait pas pu être autrement. Ils n’avaient personne en Septimanie, mais ils allaient trouver leur roi à Babylone, parce que Babylone à l’époque était le cœur du judaïsme, avec ses grandes académies de Sura et de Pumbeditha. Un grand nombre de rabbins se prétendaient descendants de David. C’est ainsi qu’ils trouvèrent leur roi, et quel roi !

Il s’appelait Natronai ben Zabinai, ce qui était un nom perse. C’était un sage d’une telle renommée qu’il avait été élu exilarque dès l’âge de vingt ans, ce qui ne s’était jamais vu jusqu’alors. L’exilarque était considéré par essence comme le roi des juifs en exil ; sa parole et ses décisions avaient force de loi. Natronai parlait couramment huit langues. Il avait une mémoire eidétique et il apporta avec lui de mémoire en occident l’intégralité du talmud de Babylone.

C’est alors que quelque chose d’extraordinaire se passa. Il fut proclamé comme le Messie tant attendu. Roi, certes, parce qu’on l’avait nommé roi, mais Messie ? Pourquoi ? Et comment donc?

Cela faisait précisément 700 ans que le temple de Jérusalem était tombé sous les coups des Romains. Depuis lors, d’innombrables prophéties, tirées de nombreuses lectures de la Torah, prétendaient que les juifs avaient été punis par Dieu pour leurs péchés par la destruction du Temple, mais que exactement 700 ans plus tard, le Messie reviendrait rétablir le royaume de Dieu sur terre. Or, miraculeusement, de manière parfaitement fortuite, la rumeur venait d’occident qu’un royaume juif s’était soudainement matérialisé, et qu’il attendait son roi, qu’il attendait son messie. Les prophéties se réalisaient donc ! On se retrouvait avec un royaume juif ! Le Messie était arrivé! Exactement comme dans la prophétie!

Certes, mais Natronai avait d’autres soucis matériels pressants. Dès son arrivée en Septimanie, il se trouva à prendre des décisions importantissimes – il devait proclamer des lois, lever des impôts, établir des cours de justice, lever une armée – bref, tous les attributs du pouvoir, et chaque décision ne pouvait attendre. C’est alors que, tel un coup de tonnerre arriva un
message du roi Charles, le successeur de Pépin III, son père. Selon les termes de l’accord qui devait créer la Septimanie, il était entendu que, selon le système féodal de l’époque, Natronai – qui avait pris le nom hébraïque de Makhir – fasse allégeance au roi des Francs.

Le roi des Francs suggérait que Mahkir prenne sa tante Alda pour épouse. Et une suggestion du roi des Francs était un ordre.

Ainsi, tout s’éclairait. Voilà pourquoi Pépin avait exigé que le roi de Septimanie soit un descendant direct du roi David ! Le problème pour Pépin et pour son fils le roi Charles, était que Pépin avait arraché la couronne des Francs aux Mérovingiens ; il avait usurpé le trône, et ils n’étaient pas de sang royal. Voilà ce dont ils avaient désespérément besoin pour établir la légitimité de leur propre dynastie.

Grâce au mariage entre Alda et Makhir, qui descendait en ligne directe du roi David, non seulement ils auraient du sang royal dans les veines de leurs descendants, mais ce serait le meilleur des sangs royaux, le sang de David lui-même !

Mais comment un tel mariage pourrait-il avoir lieu ? Alda était catholique, et aucun prêtre ne la marierait à un juif à moins qu’il ne se convertisse, ce que bien sûr Makhir ne saurait accepter sous aucun prétexte. Et d’autre côté, aucun rabbin n’accepterait de marier Makhir à une non-juive à moins qu’elle ne se convertisse à son tour. Dilemme insoluble ? Il ne le semble pas, car le mariage eut bien lieu, et qu’ils eurent un fils légitime, qui vit son sang juif mêlé à celui des rois carolingiens.

Comment cela put il se faire ? L’histoire reste silencieuse. Il est possible que la chose ait pu se faire d’après les coutumes de l’époque. Mais il ne nous est pas possible d’en savoir plus.

Le roi Charles demanda alors à Makhir de participer avec lui à sa grande campagne pour repousser les Maures de l’Espagne du nord.

Ai-je mentionné que ce « Charles » est mieux connu sous le nom de Charlemagne ? Non, je ne le pense pas. Mais c’était bien lui, et cela veut dire que Charlemagne avait un oncle juif, et que les rois juifs de Septimanie étaient alliés par le sang aux rois carolingiens.

Makhir s’avéra être un roi guerrier de grande valeur, il combattit avec Charlemagne, et ce faisant il quadrupla la superficie de la Septimanie, lui donnant ainsi une existence respectable. Il n’y a aucun doute qu’il dut en grande partie son succès au fait d’être reconnu comme Messie par ses sujets juifs qui se battirent vaillamment sous son étendard – le lion de Juda – et qu’il vola de victoire en victoire jusqu’en 793 EC où Makhir tomba à l’occasion d’une escarmouche de second ordre sur les rives de la Weser en Pannonie.

Les rois qui succédèrent à Makhir jouèrent un rôle important dans l’histoire de la France, les frontières de la Septimanie se déplacèrent sans arrêt, selon les aléas des combats et des alliances.

Le « roi juif » de Narbonne

Pour en revenir au grand Guilhem de Gellone, il est important de préciser que la tradition l’assimile à Roland de Roncevaux et insinue ainsi que son lignage perpétue le Cycle du roi Arthur.

Le secret du Graal (hypothèse kabbalistique reprise par le christianisme) se trouve donc au sein de cette lignée.

« Il s’agit de cet autre Roland, de cet illustre capitaine de Charlemagne, de ce Guillaume qui a donné naissance à l’une de nos trois grandes gestes, de ce duc d’Aquitaine qui en 793 sauva la France des Sarrazins, de ce vaincu de Villedaigne dont la popularité peut se comparer à celle du vaincu de Roncevaux » Léon Gautier, professeur à l’école des chartes

La légende chrétienne s’articule ainsi :

Guillaume d’Orange, né en 742, tumultueux guerrier, duc de Toulouse, marquis de Septimanie, cousin germain de Charlemagne, petit fils de Charles Martel, comte de Toulouse en 790, pourfendeur des Sarrazins lors de la prise de Barcelone en 803. Meurt en 812 à l’âge de 70 ans et est enterré dans l’abbaye et canonisé en 1066.

Il est battu en 793 par les Sarrazins sur les bords de l’Orbieu (rivière qui passe à Lagrasse, Fontfroide, ville rouge Termenes, 80 Km. L’Orbieu affluent de l’Aude, prend sa source près du Puc de Bug Arrache à 822m d’altitude.

La chasse contre les infidèles ne l’a pas empêché de convoler en justes noces avec la dame de son cœur Orable, une fille sarrasine musulmane. A la mort prématurée de sa femme, dans la douleur de l’absente, Guillaume se réfugie dans le cirque de l’Infernet, dans les gorges du Verdus pour y faire retraite.

Pour conclure :

Nous ne saurons jamais la véritable histoire du royaume juif de Septimanie et encore moins celle de Guilhem de Gellone, mais ce qui est certain, c’est que toute la tradition ésotérique chrétienne est basée sur la kabbale qui est une étude des grands secrets de la Torah, et cela n’a pas besoin de preuve pour rester une certitude …

Réalisé à partir de plusieurs sources

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