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Peut-on aborder la participation arabo-musulmane au mouvement national-socialiste, et les liens entre la résistance antisioniste et les organisations nazies et néo-nazies, sans évoquer les acteurs essentiels que furent la Société des Templiers, les Francs-maçons et sans parler du rôle de l’Allemagne nazie?

Cet article donne un éclairage sur ce que furent les liens véritables entre juifs sionistes et musulmans en Palestine, et quels furent les adversaires réels d’une possible paix.

Qui sont les Templiers?

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Enfants de Templiers devant l’école de Wilhelma.

La Société des Templiers (Tempelgesellschaft en allemand) est un courant religieux protestant d’Allemagne, fondée au milieu du XIXe siècle par Christoph Hoffmann dans le royaume de Wurtemberg. Ses membres prônent le retour aux sources du christianisme et la création d’implantations urbaines et agricoles en Terre sainte.

En 1858, les Templiers sortent officiellement de l’Église luthérienne et fondent la Société des Templiers, comptant alors cinq mille membres.

Le projet de la Société des Templiers (1), était messianique, le retour aux sources du christianisme, la création de colonies agricoles en Terre Sainte et la conversion des Juifs au christianisme pour le retour du Christ.

Ils se sont implantés en Palestine ottomane, à Tel Aviv (Sarona), Haïfa et Jérusalem (Moshava Germanit), Wilhelma (Bnei Atarot), Bethléem de Galilée (2) , Waldheim (Alonei Abba) et Valhala près de Mount Hope.

Peu nombreux mais très actifs et travailleurs, ils ouvrirent des écoles d’agriculture et furent les premiers en Palestine à se servir de machines agricoles et à employer les engrais chimiques.

Au début des années 1930, la communauté des Templiers comptait environ 2.500 personnes vivant en cercle fermé, parlant l’allemand, méprisant les Arabes qui mangeaient « le pain de la paresse » (das Brot der Faulheit) et détestant les Juifs qui menaçaient leur projet messianique dominateur et qui les supplantaient sur les plans agricoles et sociaux. Ils adhérèrent massivement au projet national-socialiste.

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Tombe de Chrisoph Hoffmann II au cimetière des Templiers à Jérusalem

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Les francs-maçons

Depuis 1860, la franc-maçonnerie était présente en Palestine ottomane. De nombreuses loges ont été créées, elles réunissaient les intellectuels et les responsables politiques juifs, musulmans et chrétiens qui réfléchissaient à l’avenir du pays et de ses habitants.

Dans les années 1930 en Allemagne, les francs-maçons humanistes furent persécutés et figurèrent parmi les premiers déportés.

Avec quelques francs-maçons allemands, Léo Muffelmann, qui n’était pas juif, partit pour Jérusalem fonder plusieurs loges d’expression allemande et mettre à l’abri les patentes et documents des obédiences allemandes.

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Léo Müffelmann Grand Maître de la Grande Loge Symbolique d’Allemagne (1881-1934)

De retour en Allemagne, Müffelmann fut de nouveau arrêté, il mourut des suites des tortures infligées.

C’est à partir des loges allemandes qu’il avait créées en terre d’Israël que la Franc-Maçonnerie fut reconstruite en Allemagne après la guerre.

Les archives des loges d’Eretz Israël ont été détruites en 1942 quand l’Africakorps menaçait d’envahir la région. L’armée allemande de Rommel était suivie dans son sillage par le Mufti de Jérusalem, Amin el Husseini qui avait un plan pour éliminer toute la population juive du Moyen Orient. Ce crime n’a pas eu lieu, l’armée allemande fut vaincue à El-Alamein en novembre 1942. L’armée anglaise victorieuse comprenait un régiment de la Brigade Juive créée par Jabotinsky.

Les seules archives dont on dispose aujourd’hui sont celles du Grand Orient de France à Paris, elles contiennent majoritairement des courriers administratifs.

Si on ne sait que peu de choses de leur vie maçonnique, les actions de ces francs-maçons ont laissé des traces dans l’histoire du Moyen-Orient :

Robert Morris (1818-1888)

En l’année 1860, Robert Morris, un avocat, poète et archéologue américain du Kentucky entreprend un voyage dans les pays du Levant. Parmi ses objectifs, il projetait de rechercher des vestiges de l’existence de loges maçonniques datant de l’époque du roi Salomon

Il partit pour la Terre Sainte mais sa recherche demeura infructueuse, il ne découvrit aucune trace ancienne. Il n’y trouva pas non plus de loge en activité, par contre il rencontra des francs-maçons originaires d’obédiences et de pays différents.

Robert Morris décida alors de créer la maçonnerie en Terre Sainte.

Charles Netter (1826-1882)

Les émeutes sanglantes de Damas en 1840, et l’attitude antisémites du clergé et du gouvernement français dirigé par Adolphe Thiers ont incité Adolphe Crémieux, Charles Netter et quelques autres francs-maçons juifs à créer l’Alliance Israélite Universelle. Leur objectif était de lutter contre la haine et les préjugés, de protéger les juifs contre l’oppression mais également de les élever dans l’échelle sociale.

La politique à l’Alliance Israélite Universelle, avec Charles Netter était d’accepter des élèves et apprentis arabes.

Dès le début trois élèves musulmans, enfants des paysans du village contigu de Yazour, furent admis à Mikveh Israël, la première école d’agriculture en terre d’Israël, créée par Charles Netter dans le but de faire revivre la terre ancestrale.

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Une salle de cours

En 1887, un des élèves était le frère du gouverneur de Jaffa.

Ben Gourion a déclaré en 1967 : « La création de l’Etat a été rendue possible grâce à la fondation de Mikve Israël ; si ce centre n’avait pas été créé, je doute que l’État d’Israël ait pu voir le jour. Tout a commencé à ce moment et nous ne sommes venus que pour terminer l’ouvrage sur le plan politique et national ».

Alexander Howard ( ? -1904)

Iskander Awad de son nom d’origine s’affilia au Temple de Salomon puis à la loge Barkaï. Il était un chrétien maronite libanais, l’agent local de l’agence de voyage Thomas Cook qui organisait des voyages au Proche-Orient.

Cette activité lui a permis de faire fortune et d’avoir une situation sociale importante, jusqu’à devenir un des premiers entrepreneurs immobiliers de Jérusalem au-delà des murailles de la vieille ville, ainsi que de Jaffa.

Il a construit des immeubles dans la rue commerçante de Jaffa qui a porté son nom. Aujourd’hui nommée rue Raziel, on peut encore y voir la maison de Howard avec une frise sur la porte portant à côté de la devise en arabe « Salaam al Ibrahim » celle en hébreu « Shalom al Israël » (La paix soit sur Israël)

Encore plus surprenant compte tenu de l’évolution ultérieure des relations entre les deux communautés aux environs de 1890, la maison de ce franc-maçon arabe devint le siège du Comité Central des Hovevei Zion (Les Amants de Sion), un mouvement pionnier de sionistes russes qui promouvait l’immigration en Palestine.

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Hovevei Zion

Conjointement avec Rolla Floyd, un franc-maçon américain, mormon, membre de la loge, Howard établit le premier service de diligence entre Jaffa et Jérusalem ; il bâtit des hôtels à Jérusalem, Jaffa et Latroun. Floyd succéda à Howard comme agent de Thomas Cook. Il prit la présidence de la loge en 1884.

César Araktingi (1865-1941)

César Araktingi, de confession chrétienne (Grec-Catholique), venait d’Egypte et était déjà franc-maçon quand il s’affilia à la loge Barkaï. Cela se passa le 13 mars 1906, il fut bientôt élu à la présidence de la loge et le resta jusqu’en 1929, c’est-à-dire, pendant 23 années !

Au nom de Barkaï, César Aractingi a demandé au ministre de l’intérieur turc, qui était franc-maçon, de faire cesser les massacres contre les Arméniens. En vain. Le ministre en question était Talaat Pacha, l’organisateur de ces massacres.

Youssef el-Issa (1870-1948)

Youssef el-Issa était un journaliste arabe chrétien. Avec son cousin Issa el Issa ils fonda en 1911 à Jaffa le quotidien Falastin puis à Damas Alif Ba’ ces journaux étaient réputés les plus influents dans la région au début du 20ème siècle.

Falastin a d’abord été le porte parole de la lutte contre l’influence puis la colonisation britannique au Moyen-Orient. Au commencement, le journal eut pour le sionisme une position considérée comme « neutralité positive».

En 1914, Falastin publia la traduction en Arabe du Manifeste sioniste de Menahem Ussishkin. En 1930, Albert Einstein y publia une lettre pour la coopération pacifique des Juifs et des Arabes.

Mais Falastin devint de plus en plus opposé au sionisme.

Il accompagna les débuts du nationalisme arabo-palestinien, fut virulent contre l’immigration juive et les achats de terre, décrivant le sionisme comme la pire menace pour la population arabe de Palestine.

Youssef el-Issa avait néanmoins des amis juifs dont le franc-maçon Maurice Schönberg, l’horloger qui a érigé la Tour de l’Horloge, monument bien connu de Jaffa. Il était antisioniste mais favorable à l’apport culturel et économique des juifs installés dans la région.

Dans les conflits qui divisèrent les arabes de Palestine, Youssef el-Issa était du côté de la bourgeoisie naissante contre les cléricaux-féodaux.

Il a soutenu le maire franc-maçon de Jérusalem, Ragheb Nashashibi contre le Mufti, Amin el Husseini.

Il était lié à Omar el Bitar, le maire franc-maçon de Jaffa qui a vendu aux juifs les terrains sur lesquels ont été édifiée la ville de Bne-Brak, et à Fakhri el Nashashibi lequel s’opposa les armes à la main, à la révolte arabe de 1936, révolte revendiquant la fin du mandat britannique sur la Palestine, la création d’un État arabe indépendant sur tout le territoire et la fin de l’immigration sioniste. Fakhri el Nashashibi fut assassiné par le clan Husseni.

Youssef el-Issa fut avec Ragheb Nashashibi, représentant des Palestiniens au congrès Arabe de 1920 qui décida que l’émir Faysal régnerait sur la Syrie, le Liban et la Palestine. Faysal avait signé en 1919 un accord avec Haim Weizman pour la coopération judéo-arabe. L’Angleterre fit capoter cet accord.

Joseph Amzalak (1828-1916)

Un autre franc-maçon de la loge était Joseph Amzalak, membre d’une famille de riches juifs sépharades, il habitait Jérusalem. Avec Jacob Valero, il fonda en 1848 la première banque en Palestine.

Vice-consul britannique à Jaffa il a contribué à l’édification de la ville de Rishon LeZion et il participa avec le banquier Joseph Navon à la construction du chemin de fer Jaffa-Jérusalem, le plus grand chantier de la région à l’époque.

Il a bâti une maison dans l’enceinte de Jérusalem près de la Porte de Jaffa, qui était considérée comme la plus belle de la ville. Celle-ci, postérieurement transformée en l’Hôtel Mediterranean, fut le lieu de rencontre des francs-maçons à Jérusalem.

L’archéologue Charles Warren y avait ses quartiers quand il a mené les premières grandes fouilles au Mont du Temple ouvrant ainsi une nouvelle ère de l’archéologie biblique avec Claude Reignier Conder qui a réalisé la topographie de Jérusalem.

Herman Melville, Mark Twain et l’ancien président des Etats-Unis et franc-maçon, le général Hiram Ulysses S. Grant y ont séjourné.

L’archimandrite Pantaleimon Athanassiadès (1870 – ?)

L’adhésion la plus étonnante fut celle d’un haut dignitaire ecclésiastique. L’archimandrite Pantaleimon Athanassiadès, membre du synode du patriarcat grec. Il fut initié en novembre 1913 après qu’à la demande du Grand Orient, la loge ait du expliquer au candidat la spécificité laïque de l’Obédience.

Après la campagne de Palestine de 1917 et la prise de Jérusalem par Allenby, la ville était dévastée. Représentant aux États-Unis du Patriarcat de Jérusalem, il sollicita l’aide des Américains pour reconstruire la ville chrétienne et particulièrement le Saint Sépulcre. Malgré l’hostilité due à la rivalité des clergés chrétiens il réussit à restaurer l’édifice.

Ragheb Nashashibi (1881-1951)

Le clan Nashashibi est l’un des plus importants de Palestine, gardien des lieux saints musulmans de Jérusalem, la mosquée El Aksa et le Caveau des Patriarches.

Notables, propriétaires fonciers, marchands, fonctionnaires, occupant des fonctions importantes dans l’administration et la politique, les Nashashibi sont devenus une des familles plus influentes de la Jérusalem arabe.

Ils ont eu une forte influence dans les affaires palestiniennes pendant la période du mandat britannique, de 1920 à 1948. Ils ont rivalisé avec le clan Husseini pour la direction des affaires politiques. Les tendances de ces deux familles étaient opposées.

Les Husseini, féodaux-cléricaux penchaient pour l’obscurantisme et le nazisme tandis que les Nashashibi, qui représentaient la bourgeoisie commerçante montante étaient en faveur du libéralisme.

Les positions britanniques et germaniques en faveur des Husseini ont été déterminantes.

Ragheb Nashashibi, chef du clan Nashashibi à l’époque, était franc-maçon. Il avait été initié à Barkaï le 26 avril 1914. Il a été un personnage politique influent tout au long de la période du mandat britannique, et au-delà.

Il était maire de Jérusalem en 1920, il a formé le Parti National Arabe Palestinien en 1928 et le Parti de Défense Nationale en 1934. En 1936, il a rejoint le Comité Arabe Supérieur, formé à l’initiative d’Amin al-Husseini, il en démissionna très vite avec l’ensemble du Parti de la Défense nationale et ses alliés des clans Khalidi et Dajani, parmi lesquels les francs-maçons étaient bien représentés.

La grande révolte arabe de 1936-1939 a été déclenchée par les Husseini qui étaient violemment antisémites et partisans de l’Allamagne nazie.

La communauté juive en fut la première victime, mais ils ont en ont également profité pour s’attaquer aux membres des clans rivaux et aux administrateurs britanniques.

Ragheb Nashashibi a été forcé de fuir après plusieurs tentatives d’assassinat commanditées par le muftî, Amin al-Husseini.

Le neveu de Ragheb, l’avocat Fakhri Nashashibi, a organisé des forces connues sous le nom de « Bandes de paix » (Fasaïl al Salam) pour combattre les Husseini. Ils l’ont assassiné en 1941.

Considérés comme politiquement modérés par rapport aux Husseini, les Nashashibi étaient favorables à une opposition politique, plutôt qu’à la violence face au mandat britannique et au sionisme.

Ils estimaient que les objectifs politiques arabes étaient plus susceptibles d’être atteints en travaillant dans le cadre du système du Mandat, plutôt que contre lui.

Ils étaient également disposés à faire des compromis. Le clan Nashashibi, par exemple, a condamné le terrorisme arabe, il a favorisé la partition proposée par la Grande-Bretagne en 1937 et a accepté le livre blanc de 1939, les Nashashibi ont également soutenu la participation arabe au Conseil législatif proposé par les Britanniques. Opposés au sionisme, ils étaient néanmoins prêts à tolérer un foyer Juif.

Une rue de Jérusalem porte le nom de Ragheb Nashashibi, c’est là que se trouve le consulat de Grande Bretagne.

La rivalité des Husseini et des Nashashibi a débordé les frontières de Palestine.

L’Egypte et les Frères Musulmans ont aidé les Husseini.

Le clan Nashashibi a été soutenu par le roi Abdallah de Jordanie.

Ragheb qui a du s’exiler en Jordanie y a été nommé ministre d’Etat en 1949.

Abel Pann (1883-1963)

Peintre israélien, né en Lettonie, fils de rabbin, il étudia la peinture à Odessa puis comme beaucoup d’artistes juifs, il vint à Paris et poursuivit ses études dans l’atelier de Bouguereau.

Abel Pann débarqua en Palestine pour la première fois en 1914, il s’y installa définitivement en 1920. Il a enseigné à l’Académie Bezalel, l’école des Beaux Arts de Jérusalem.

Zeev Jabotinsky (1880-1940)

Il a contribué à organiser la défense juive en Palestine, on lui doit la création de la Légion juive.

Il fut commandant du premier bataillon juif qui combattit du côté des Anglais contre les Turcs, dans la Campagne de Palestine.

Jabotinski créa le Parti Révisioniste, absorbé par le Herout de Menahem Begin, lequel fut à l’origine du Likoud. Il était membre du conseil politique de l’Irgoun, organisation militaire clandestine.

Il était le leader de la tendance la plus nationaliste du sionisme. Il n’est quasiment aucune ville israélienne qui, pour l’honorer, n’ait donné son nom à une artère ou un parc.

Jabotinsky a été initié en 1931 à la loge Etoile du Nord à Paris. Cette loge était une de celles qui regroupaient les francs-maçons réfugiés russes après l’interdiction de la Franc-Maçonnerie dans l’URSS des années 20.

Il parait impossible que Jabotinsky n’ait pas été en relation avec les francs maçons d’Eretz Israël, d’autant qu’après la grande révolte arabe de 1936 menée par Amin el Husseini, les loges de Palestine étaient devenues juives, de nombreux francs-maçons arabes ayant été assassinés par les partisans du Mufti.

On ne connaît pratiquement pas la teneur des travaux en loge et ce qu’il en était de la fraternité de rigueur. On n’arrive à recouper les relations personnelles entre francs-maçons de communautés différentes que par des témoignages, par exemple les Mémoires d’Issa el Issa ou l’Histoire de la famille Valero.

Ce que l’on sait c’est que tous les francs-maçons, qu’ils soient chrétiens, sionistes ou nationalistes arabes se sont dressés contre Amin el Husseini et le nazisme.

La rivalité des Allemands et des Britanniques pour obtenir le soutien des Arabes lors de la deuxième guerre mondiale a radicalisé durablement les positions.

La victoire du clan pro-nazis Husseini sur les Arabes modérés a étouffé les espoirs de paix des sionistes et des démocrates arabes.

Le nazisme en Palestine

En 1933, le SS Ernst Wilhelm Bohle créa les sections de l’étranger du parti nazi.

Plus du tiers des Templiers en Palestine en étaient membres.

Ils furent chargés de l’espionnage, du contrôle des populations allemandes, et du soutien des mouvements subversifs contre les ennemis de l’Allemagne.

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Ernst Wilhelm Bohle – Photo www.alamy.com

Bohle établit les contacts des nazis avec les autorités arabes en Palestine mandataire.

L’appui financier allemands au muftî el Husseini s’inscrit dans cette politique arabe qui trouvait une résonance dans le cadre de l’antisémitisme d’État allemand.

Islamisme militant – nazisme, un lien incontestable?

Le sujet sent le soufre, il n’est pas politiquement correct.

Pourtant le lien de parenté idéologique et de continuité entre le national-socialisme et l’islam militant est incontestable.

Il remonte aux années 1930 et se poursuit jusqu’à nos jours.

Le nationalisme arabe ne se réduit pas à sa composante fascisante, mais cette dernière représente un élément fondamental pour comprendre la guerre interne à l’islam.

Elle s’incarne aussi bien dans la guerre de l’islamisme contre les musulmans humanistes et modérés et contre l’Occident que dans la diffusion des thèses antisémites dans le sillage des méthodes de propagande nazies.

C’est un facteur essentiel, bien que généralement occulté, de la perpétuation des conflits du Proche-Orient.

Amin el Husseini, le Grand mufti de Jérusalem

On ne peut pas concevoir le Proche-Orient d’aujourd’hui si on ne comprend pas le rôle du Grand Mufti de Jérusalem, Amin el Husseini (1896-1974).

Il était l’héritier et le dirigeant d’un des plus importants clans palestiniens de Jérusalem. Doté d’un grand sens politique, de charisme, d’une intelligence brillante et d’une impressionnante faculté de manipulation, il fut surnommé le Glaive de l’Islam.

Il a été présent et influent dans tout le Proche-Orient de la première moitié du 20ème siècle.

Engagé en Turquie, pendant la première guerre mondiale il était officier d’artillerie dans l’armée turque. Basé à Smyrne, il a participé au génocide arménien.

Après la victoire des alliés en 1918 il change de camp et se met au service des Anglais.

De retour en Palestine il a organisé les émeutes arabes qui firent au total plusieurs milliers de morts.

Les principales sont le pogrom de Jérusalem en 1920 à l’occasion des festivités de Nabi Moussa, l’émeute de Jaffa en 1921 pour le 1er mai, les massacres de 1929 avec celui d’Hébron et la Grande Révolte arabe de 1936 à 1939.

Mais les incidents étaient permanents, le pays vivait dans un état de guerre larvée.

En 1920, le haut-commissaire anglais, Sir Herbert Samuel fit arrêter le franc-maçon Zeev Jabotinsky (3), organisateur des milices de défense juive, et Amin el Husseini, organisateur des émeutes. Puis il gracia ce dernier, pensant ainsi calmer la situation.

Pour tenter de se concilier les arabes tentés par l’Allemagne nazie, le Colonial Office (4) avait choisi de s’allier au clan Husseini (5) contre les sionistes et les clans palestiniens aux visions plus démocratiques.

Malgré son jeune âge, 24 ans, sans qualifications religieuses et sans mandat électif, et bien qu’il fut l’organisateur des violences, sir Herbert Samuel le nomma Grand Mufti de Jérusalem à la place du consensuel député-maire de Jérusalem, Ragheb Nashashibi (6), franc-maçon, chef de la famille rivale, nationaliste palestinien modéré et humaniste.

Il est manifeste que nommer Al Husseini à ce poste, avec tous les titres religieux qu’il accumulait, représentait une stratégie britannique pour transformer en guerre de religion la lutte nationaliste entre les Arabes et les Juifs (7) de la Palestine mandataire.

Les Britanniques, alors favorables à l’exclusion du sionisme, publièrent le Livre Blanc qui limitait les droits des Juifs et drastiquement leur immigration en Palestine.

Les Anglais encouragèrent les Arabes à la violence (8).

La nomination d’el Husseini fut une catastrophe qui a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui.

Le mufti lança la rumeur qui accusait les Juifs de vouloir détruire les lieux saints musulmans (elle a toujours cours de nos jours !).

Il appela à la violence contre les juifs, les francs-maçons et les familles palestiniennes rivales.

Ce fut la lutte des majlisin, les partisans du Mufti contre les mu’aridin (9) , les opposants, dirigés par le clan Nashashibi. Les premiers bus sautèrent avec leurs passagers, des temples maçonniques furent incendiés, de nombreux francs-maçons arabes et juifs furent assassinés (10) par les Husseini, parmi eux Ahmed Nahif, Mohamed Saïd al-Chanti, Mustapha Darwish et Abraham Arwatz, Haïm Zelikow, Walter Mouftah, Jacob Eliahu Mizrahi.

C’est à cette période que se forma un rapprochement entre les juifs et les arabes modérés qui formèrent les « Unités Nashashibi » appelées aussi « bandes de paix » (fasa’il al-salam). Elles furent désarmées par les Anglais et arrêtées (11).

Le clan Nashashibi qui comptait beaucoup de francs-maçons fut décimé. Le chef des bandes de paix, l’avocat Fakhri el Nashashibi, a été tué.

Les hommes de main des Husseini pendirent et mutilèrent des francs-maçons arabes, laissant exposés leurs cadavres avec un écriteau « Vendu aux Juifs ».

Les loges se mirent en sommeil pendant ces périodes de troubles qui firent 5.800 tués, 15.500 blessés et 112 condamnés à mort exécutés par les Anglais.

Il faut noter que lors des émeutes, les véhicules arborant le drapeau avec la croix gammée se voyaient autorisés à traverser les zones contrôlées par les milices arabes.

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Les véhicules britanniques ou juifs étaient en revanche systématiquement mitraillés.

La route entre Jérusalem et Jaffa, surplombée par des villages arabes hébergeant les milices, fut impraticable durant toute une période, sauf pour les Allemands.

La proximité était réelle et ancienne avec l’Allemagne.

Les troupes impériales du Reich avaient combattu aux côtés des Turcs durant la Première Guerre mondiale dans la région de Palestine ottomane, et les sympathies réciproques subsistaient.

Et, comme le montre une note du consul allemand de Jérusalem, il ne s’agit pas d’une instrumentalisation par les nazis du nationalisme arabe mais d’une véritable convergence idéologique.

Le Muftî appela à l’insurrection après la mort dans des combats avec les forces britanniques de Izz-ed-Din al Qassam, prédicateur xénophobe affilié au clan Husseini.

Les Britanniques réprouvèrent les violences contre les Juifs mais n’envisagèrent aucune mesure de rétorsion. Pour Husseini, le message signifiait qu’il n’y aurait pas de sanction à la poursuite des violences antijuives.

La plupart des clans palestiniens n’avait pas adhéré à la politique de confrontation armée des Husseini. Ils ont été mis au pas, avec l’aide des Britanniques, mais surtout en raison de l’appui de l’Allemagne nazie.

Les méthodes du clan Husseini rejoignaient celles des nazis en ce qui concerne l’établissement d’une dictature répressive.

Ils ont expulsé avec la plus grande violence leurs adversaires au sein du camp palestinien.

Du côté Palestinien, il y a eu plus de morts, du fait de règlements de compte, d’assassinats que dans le combat contre les Juifs et les Britanniques.

Des centaines de leaders appartenant à onze clans palestiniens furent assassinés par les Husseini.

La charia fut imposée avec rigueur, les comportements non-islamiques punis, tandis que les Frères musulmans en Égypte appelèrent au jihad en faveur d’Husseini…et à l’élimination du camp adverse des Nashashibi et de ses alliés, parmi eux les clans Khalidi et Dajani.

Pendant la deuxième guerre mondiale Amine al Husseini se rapprocha d’Hitler.
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Le mufti de Jérusalem Amin el Husseini reçu par Adolphe Hitler.

Il le rencontra ainsi que de nombreux dignitaires nazis et fut nommé Premier Ministre du Gouvernement Pan arabique par le régime nazi.

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Le mufti de Jérusalem Amin el Husseini reçu par Heinrich Himmler Reischführer des SS.

Ses quartiers généraux étaient situés à Berlin.

Il planifia la construction d’un camp de concentration à Naplouse, pour parfaire la Solution Finale et exterminer le Yichouv, la communauté juive de Palestine, avec l’aide du Reich.

Ce plan ne vit pas le jour grâce à la défaite de Rommel à El Alamein.

Il recruta plus de 20.000 soldats musulmans qui se livrèrent à des crimes de guerre en Bosnie (12).

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Le mufti de Jérusalem Amin el Husseini passe en revue les soldats de la division SS musulmane « Handzar » en effectuant le salut nazi.

Selon l’historienne Bat Ye’or, leurs atrocités « choquèrent même les Allemands. Femmes, enfants, vieillards furent tués à coups de hache, empalés, enterrés vivants, suspendus à des crocs de boucherie, ensevelis dans des fosses sous la chaux vive après avoir été sauvagement mutilés (13) ».

On connaît les détails de plusieurs opérations communes montées par la Waffen SS et les réseaux palestiniens du Grand Mufti.

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Le mufti de Jérusalem Amin el Husseini passe en revue les soldats de la division SS musulmane bosniaque en effectuant le salut nazi.

Le plan Atlas (14) en octobre 1944 a rassemblé trois officiers SS allemands originaires de la Société des Templiers sous le commandement du major Kurt Wieland de Sarona et deux proches de el Husseini, Abdul Latif et Hassan Salameh.

Leur objectif était de collecter des renseignements dans la Palestine mandataire, transmettre les informations en Allemagne et recruter et armer des Palestiniens anti-britanniques, fomenter des tensions entre Juifs et Arabes.

Der Großmufti von Jerusalem bei den bosnischen Freiwilligen der Waffen-SS
Der Großmufti von Jerusalem bei den bosnischen Freiwilligen der Waffen-SS

Le mufti de Jérusalem Amin el Husseini en compagnie de SS musulmans.

L’historien israélien Michael Bar-Zohar rapporte que l’objectif était aussi d’empoisonner les ressources en eau potable de Tel Aviv pour faire des dizaines de millier de victimes.

Les archives du MI5 (15) n’ont pas rapporté ce point mais cela ne prouve rien. Le plan a échoué, les participants ont été arrêtés.

Après la guerre Amin el Husseini fut recherché pour crimes de guerre par la Yougoslavie et l’Angleterre. Il se réfugia en France, accueilli par le général de Gaulle comme réfugié d’honneur (16).

C’est peut-être ainsi que commença la politique arabe de la France.

Puis malgré la surveillance dont il était censé faire l’objet, il partit tranquillement et gagna l’Égypte (17), sous un faux nom avec l’aide d’Hassan el-Banna, le fondateur des Frères Musulmans avec qui il entretenait une alliance fondée sur « leur haine commune des Juifs ».

Depuis la fin de la guerre, les Frères Musulmans maintenaient les liens du mufti (18) avec la Ligue arabe. En octobre 1946, Amin el Husseini, bien caché au Caire, a remercié le gouvernement français pour son hospitalité et l’approbation tacite à son évasion.

En Égypte, se faisant passer pour un grand démocrate, il reprit ses activités criminelles, cette fois contre les Juifs et Israël.

Les pays occidentaux portaient un grand intérêt au pétrole des pays arabes, le mufti devint un interlocuteur privilégié.

Il a permis à de nombreux responsables nazis (19) (ils furent près de deux mille) de se réfugier dans les pays arabes et les a aidés à obtenir des postes importants dans l’armée, les industries militaires et la propagande (20).

Ils préparèrent avec lui un nouveau génocide juif.

L’influence du national-socialisme

L’exemple palestinien montre que l’apport du national-socialisme n’est pas seulement anecdotique ou symbolique, mais, au contraire, primordial dans la fondation des mouvements de masse nationalistes arabes.

Les principales factions arabes qui incarnent jusqu’à aujourd’hui la revendication anti-israélienne mais aussi djihadiste (21) sont issues des mouvements idéologiquement parents du nazisme.

Ainsi, le Hamas vient des « Frères musulmans », fondée par Hassan al Banna, fervent partisan de l’Allemagne nazie, et le Fatah qui revendique toujours sa filiation avec le Mufti soutien du Führer dans sa lutte contre les Alliés et dans l’élimination du peuple juif.

Si l’antisémitisme les rapproche, il assure également la visibilité idéologique et une convergence mutuelle de ces mouvements : l’encadrement d’anciens officiers SS des camps d’entraînement du FPLP en Égypte dans les années 1960 en témoigne.

Si l’on regarde la situation du Proche-Orient d’aujourd’hui, on ne peut que constater l’omniprésence de l’empreinte du Mufti el Husseini.

Lire aussi :

Les Arabes de Palestine sous la bannière nazie. 1933-1946

L’antisémitisme a été une constante de son action, mais aurait-il pu être manipulé par les Anglais et les Nazis?

Les Anglais ont toujours été particulièrement doués pour créer des situations inextricables. La complexité de leur politique au Proche-Orient a permis bien souvent au Mufti de se jouer de leurs contradictions.

Amin el Husseini a réussi à se rendre incontournable. Grâce aux Britanniques, ses partisans ont pu dominer la société palestinienne sur les plans politique et religieux.

Quant à l’Allemagne nazie, a-t-elle utilisé le Mufti ou a-t-il pu au contraire manipuler les nazis?

Il y avait une telle convergence entre eux sur l’antisémitisme, la gouvernance et la vision d’une société future, qu’ils ne pouvaient qu’être alliés naturels.

En dépit de la neutralité de nombreux Palestiniens, voire le soutien de certains à la population juive durant la guerre d’indépendance de 1947-1949, les élites politiques d’où sont issues les principales factions actuelles ont été marquées et formées par les discours et les méthodes issues de la collaboration avec le Troisième Reich.

Les pronazis palestiniens ont éliminé ceux qui voyaient plus loin que le bout de leur kalachnikov : le roi Abdallah de Jordanie (22), Fakhri el Nashashibi, Saïd Hammami, Ezzedin Kalak, le docteur Issam Sartaoui, Abu Iyiad (23), Anwar el Sadate et tant d’autres partisans du dialogue.

Pour des raisons différentes liées aux politiques respectives d’Israël et des Palestiniens, de chaque côté, l’enseignement de l’histoire ignore le combat des clans palestiniens, en particulier celui des Nashashibi, Dajani et Khalidi (qui étaient nombreux aux côtés des Juifs en franc-maçonnerie), contre les Husseini.

Le rappeler, c’est reconnaître qu’Israéliens et Palestiniens peuvent s’entendre et même combattre ensemble. »

Claude Frydman

 

Notes
  • [1] Le nom de cette secte provient des Actes des Apôtres dans le Nouveau Testament, ceux qui suivent Jésus sont des « pierres vivantes » du temple de Dieu. Cela n’a pas de lien avec les Templiers du Moyen-âge.
  • [2] Devenu ultérieurement un moshav. Ce serait le véritable berceau de Jésus selon certaines hypothèses.
  • [3] Jabotinsky était l’organisateur de la défense juive. Il avait été initié en 1931 à la loge « Étoile Polaire » du GODF.
  • [4] Ministère chargé d’administrer les colonies britanniques.
  • [5] La société palestinienne est une structure tribale. C’est une hiérarchie basée sur la famille, le clan et la tribu. Les tribus étaient souvent rivales, pouvant aller jusqu’à la guerre. Globalement, face aux juifs, les tribus ont eu des attitudes différentes, les Husseini par exemple étaient antisémites et partisans du panarabisme et de l’hitlérisme, les Nashashibi étaient modérés et recherchaient le compromis, les Abu Gosh ont privilégié leurs terres que voulaient s’approprier les Husseini. Ils ont aidé le jeune état israélien. (Hélène Jaffiol – Slate, 24 mai 2012).
  • [6] Ragheb Nashashibi était favorable à une fédération jordano-palestinienne qui incluait le foyer juif. Il avait été initié à Barkaï le 26 avril 1914. Maire de Jérusalem entre 1920 et 1934. Il est décédé en 1951. Une rue de Jérusalem porte son nom, étrange coïncidence, au n° 15 de cette rue se trouve le consulat britannique.
  • [7] Cette stratégie avait déjà été employée par Lawrence durant la révolte Arabe, il avait choisi les Hachémites comme chefs, car ils étaient descendants du prophète (Les mémoires de Issa al-Issa – p.114).
  • [8] Journal du colonel Richard Meinertzhagen, ancien chef du service de renseignements britanniques au Caire, et plus tard principal représentant politique en Palestine et en Syrie.
  • [9] On appelait Majsilim les partisans du Mûfti de Jérusalem étaient appelés ainsi parce qu’ils dirigeaient le Suprême Conseil Musulmans al-majlis al-islami al-a’la, adepte du djihadisme. Leurs opposants, les Mu’aridin, partisans du Parti National de la Défense, nationalistes palestiniens modérés soutenaient le clan Nashashibi, ou les francs-maçons étaient nombreux.
  • [10] Roger Nicolet – Historique G.L. Palestine, 17.
  • [11] Le soutien britannique au muftî était réel : dès juin 1936, plus de 9 internés sur 10 du camp d’internement du Sinaï étaient membres du Parti de la défense, fondé en 1934 par le clan des Nashashibi, alors que les proches du clan Husseini étaient systématiquement relâchés.
  • [12] La croix gammée et le turban, La tentation nazie du grand muftî, documentaire diffusé sur Arte le 11 décembre 2012.
  • [13] Bat Ye’or, Juifs et chrétiens sous l’islam. Les Dhimmis face au défi intégriste, Berg international, 1994, pp. 209-210.
  • [14] Archives britanniques du MI5 (archives KV 2/400-402).
  • [15] Military Intelligence, section 5. Service de renseignement chargé de la sécurité intérieure du Royaume-Uni.
  • [16] Bien qu’Amine el Husseini fut considéré par le gouvernement français comme le cerveau de l’espionnage allemand dans tous les pays musulmans.
  • [17] Tsilla Hershco, Le grand mufti de Jérusalem en France : Histoire d’une évasion – Revue Controverses, no 1, mars 2006.
  • [18] Épisode rapporté par Tariq Ramadan rappelant que son grand-père a «préparé et organisé l’exil politique [de Husseini] en Égypte en 1946». – Tariq Ramadan, « Aux sources du renouveau musulman », p. 206, n. 60.
  • [19] Parmi lesquels Wolhelm Voss, le dr. Ernst Springer, le général Otto Remer, Aloïs Brunner, Otto Skorzeny, etc… Les archives du haut commandement de l’armée allemande saisies par les Alliés ont révélé que c’étaient les fonds mis à la disposition du Mufti par l’Allemagne nazie qui lui avaient permis d’organiser et de mener à bien la «révolte de Palestine» dans les années 1936-1939 (voir Paul Giniewski, De Massada à Beyrouth, une leçon d’histoire. Presses universitaires de France, 1983).
  • [20] http://www.europe-israel.org/2016/10/les-anciens-responsables-nazis-devenus-conseillers-de-chefs-detats-arabo-musulmans/
  • [21] Les écrits de Sayyid Qubt sont une référence djihadistes pour les mouvements islamiques radicaux tels le Hamas, Djihad Islamique, Daesh ou Al Qaïda. Mohamed Morsi, président égyptien élu en 2012 puis destitué en 2013 avait déclaré : « J’ai lu les écrits de Sayyid Qutb, j’y ai trouvé le véritable Islam ». La plupart des leaders des Frères Musulmans d’aujourd’hui sont des Qubtistes, partisans de son école du djihad.
  • [22] Le roi Abdallah a déclaré à Golda Meyer : « c’était la Providence qui avait dispersé le peuple juif à travers le monde occidental, pour lui permettre d’assimiler la culture européenne et de la rapporter au Moyen-Orient afin de redonner vie à cette partie du monde ». Golda Meir : Ma vie – Robert Laffont, 1975. Elle avait longuement négocié avec et noué avec lui une vraie amitié. Abdallah considérait qu’Husseini était l’ennemi commun. L’avenir a prouvé qu’il avait raison.
  • [23] Saïd Hammami, journaliste, représentant l’OLP en Grande Bretagne, il militait pour une solution à deux états. Il fut assassiné par Abu Nidal le 4 janvier 1978. Ezzedin Kalak assassiné à Paris le 3 août 1978. Issam Sartaoui, assassiné le 10 avril 1983 par le Fatah-CR, il participa avec Pierre Mendès-France au Conseil pour la Paix, il intervint au GODF. Uri Avnery lui a consacré un livre « mon ami l’ennemi ». Abou Iyiad, chef des services de renseignements, responsable du tournant de l’OLP pour la reconnaissance d’Israël, assassiné le 14 janvier 1991.

Sources :

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