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Oudy Ch. Bloch, avocat au barreau de Paris et au barreau de New-York, dénonce le rôle joué par la diplomatie française dans la propagation de la haine anti-israélienne.

La « politique arabe » du Quai d’Orsay n’est pas récente. Dans « Un siècle de trahison », David Pryce-Jones détaille comment, tout au long du XXème siècle, la France a mis en œuvre une diplomatie masquant un antisémitisme bon teint qui s’est tout naturellement matinée d’antisionisme à la création de l’État d’Israël.

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En début d’année, Causeur publiait une enquête du regretté Luc Rosenzweig et de Vincent Chebat (NGO Monitor) révélant que le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) – alors placé sous l’autorité du Premier ministre – finançait des livrets et des vidéos de propagande publiés par l’Union juive française pour la paix (UJFP).

Dans ces recueils à destination, notamment, des écoles, cette dernière dénonçait entre autres inepties un « racisme d’Etat » français et un apartheid structurel israélien. Démasquée, on attend toujours la preuve du remboursement des fonds versés et le déréférencement du soutien de l’État sur les vidéos. Mais le CGET n’est pas le seul vecteur de la « politique arabe » de la France.

L’Agence française de développement (AFD) concoure elle aussi régulièrement au financement d’associations pro-palestiniennes qui exigent le retrait du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et du Hamas des listes d’organisations terroristes et soutiennent la libération de terroristes condamnés en tant que tel.

Démasquée grâce à la persévérance de NGO Monitor, et malgré de nombreux articles de presse, courriers et questions au gouvernement, l’AFD leur garde son soutien. Tout récemment, c’est en faveur de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine (PFP) que l’AFD est intervenue, accolant son logo à une brochure d’intoxication idéologique sur la « Nakba ».

Le prétexte « informationnel » de cette plaquette ne résiste pas à l’étude de l’avant-propos. On y lit ainsi que « 70 ans après la « Nakba » (la « catastrophe » en arabe) c’est-à-dire la création de l’État d’Israël sur une partie de la Palestine historique en 1948, près de 8 millions de Palestiniens restent des déplacés de force, qu’ils soient réfugiés à l’étranger ou déplacés internes ».

Trois lignes de contre-vérités qui discréditent totalement cette plaquette. Ainsi :

  • La « Palestine historique » est une fiction historique. La Palestine en tant qu’État n’existe pas et n’a jamais existé. Et pour cause, les palestiniens l’ont refusé à au moins cinq reprises.

La « Syrie Palestine » est le nom donné en l’an 135 par l’empereur Hadrien à la Judée (où la présence juive est attestée depuis plus de 3.000 ans) suite à la révolte de Bar Kokhba afin d’essayer d’effacer le lien entre le peuple juif et Israël. Il n’y a pas non plus de « peuple palestinien ».

Israël fut envahie successivement, et entre autres, par les babyloniens, les grecs, les romains, les byzantins, les musulmans, les croisés, les mamelouks et les ottomans. Aucune des peuplades, semi-nomades et claniques, qui y ont séjourné ne s’y sont structurées autour d’un sentiment national. Cela explique pourquoi la Jordanie et l’Égypte – qui occupèrent et annexèrent la Judée-Samarie et Gaza pendant 19 ans de 1948 à 1967 – ne tentèrent jamais d’y créer l’État Palestinien qu’elles réclameront, pour leurs « frères de Palestine », dès qu’Israël aura conquis ces territoires en 1967.

Les Juifs, en revanche, y ont bâti des royaumes et toujours marqué leur présence ce qui y justifie la refondation d’un État structuré.

  • Les « réfugiés » palestiniens n’ont pas été chassés d’Israël. L’immense majorité d’entre eux a fui le territoire sur ordre des dignitaires arabes qui entendaient liquider le tout jeune État hébreu et « jeter les Juifs à la mer » en quelques semaines seulement.

Les 700.000 déplacés de 1948 se sont transformés au fil des ans en des millions de « réfugiés », les palestiniens étant les seuls « réfugiés » au monde à bénéficier de, et à se transmettre ce statut en héritage créant des générations de réfugiés depuis 70 ans sans aucune justification.

Dans l’histoire mondiale des déplacés, il n’existe pas un seul autre exemple de réfugiés qui ont été volontairement maintenus sous ce statut et pour lesquels une agence spéciale de l’ONU (l’UNRWA) a été créée, est financée à fonds perdus et dont le personnel est à ce point corrompu et les donations détournées.

La PFP se garde bien de rappeler comment ces « réfugiés » sont traités dans les pays arabes qui leur refusent la citoyenneté, leur interdisent d’exercer de nombreux métiers, de voyager librement, d’acheter des biens immobiliers, et les maintiennent dans des « camps » pour entretenir la haine d’Israël et des Juifs.

On observera que les 800.000 Juifs qui ont été, eux, véritablement expulsés des pays arabes dès 1948 en y laissant la totalité de leurs biens ont été, pour la plupart, accueillis et intégrés en Israël dont ils ont acquis la nationalité.

  • Pour illustrer la « vie dans les camps de réfugiés » la PFP choisit des épisodes de violences comme si Israël en était responsable. Concernant l’implacable répression jordanienne contre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1971, elle évoque des « tensions » avec les palestiniens alors qu’ils avaient tenté un coup d’État contre le roi Hussein.

Quant à Yarmouk, près de Damas, pilonné tant par l’armée syrienne que par l’EI pendant la guerre civile, on se demande quelle peut bien être la responsabilité d’Israël. Impossible enfin pour la PFP de ne pas faire référence aux camps de Sabra et Chatila, véritable mystification de la propagande palestinienne.

Contrairement aux mensonges répétés en boucle, l’armée israélienne n’a ni soutenu ni aidé les phalangistes à pénétrer à Sabra et Chatila. Pour l’anecdote, ni le personnel de l’hôpital « Gaza », situé à proximité des camps et qui a accueilli les premiers blessés, ni l’unité de l’armée libanaise stationnée à proximité, n’ont eu connaissance de l’ampleur des combats avant la sortie des phalangistes des camps.

Ces témoignages tendent à prouver que sauf à être à l’intérieur des camps on ne pouvait pas savoir qu’un massacre étant en cours. Israël n’a donc pas à en supporter la responsabilité.

Autre mensonge que l’UNRWA elle-même n’oserait pas proférer, la PFP affirme que le « plan de partage de l’ONU [voté en 1947] a été refusé par les Arabes et les Juifs ».

Si la Ligue arabe a effectivement refusé le plan de partage, la communauté juive l’a bel et bien accepté comme cela est évidemment acté par l’ONU.

Prisonnière d’une insondable doxa antisioniste, la PFP ajoute que : « David Ben Gourion déclare unilatéralement l’indépendance d’Israël le 14 mai 1948, déclenchant une guerre avec ses voisins arabes ».

Une tromperie de plus : la déclaration d’indépendance découlait directement du vote de l’ONU et n’était donc pas unilatérale et ce sont le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Égypte et la Jordanie qui ont simultanément attaqué Israël quelques heures après la déclaration d’indépendance.

Enfin la PFP prétend, pour expliquer le sionisme, que les Juifs « seraient incapables de s’intégrer dans un autre État » – ressemblance troublante avec le cliché favori de tous les antisémites à travers les âges, celui du Juif errant, ontologiquement étranger à toutes les sociétés, corps exogène, inassimilable, à exclure à défaut de l’éradiquer.

Pas un mot sur l’antisémitisme multiséculaire et les pogroms qu’ont subi les Juifs tout au long de leur histoire et qui ont structuré leur volonté d’un retour vers leur terre ancestrale.

Avec une telle brochure, la PFP n’informe ni n’éduque. Elle contribue à importer le conflit israélo-palestinien dans une France dont la cohésion nationale est déjà très fragilisée. En soutenant ce type de plaquette, l’AFD s’en rend lamentablement complice.

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