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L’ambassadrice américaine Nikki Haley a déclaré aux journalistes devant le siège de l’ONU que « le plan de paix préparé par la Maison-Blanche pour régler le conflit israélo-palestinien est prêt. J’ai lu ce plan. Il a été minutieusement préparé par Jared Kushner (principal conseiller du président Trump) et Jason Greenblatt (envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient) ».

Le plan de paix de Donald Trump – présenté comme l’« accord du siècle » – est donc sur le point d’être dévoilé.

Même si les collaborateurs du président américain n’ont rien laissé filtrer publiquement, les contours du plan sont déjà évidents, selon des analystes.

Netanyahou, le « vainqueur »

Selon les dernières informations, les Américains pourraient présenter leur plan d’ici quelques jours.

Yossi Alpher, un ancien conseiller d’Ehud Barak pendant son mandat de Premier ministre à la fin des années 1990, a déclaré qu’il était clair que les collaborateurs de Trump « tenaient informé » Netanyahou. « Il est au courant de ce qu’il va se passer. Rien ne le surprendra ».

Les analystes conviennent que Netanyahou émergera comme le vainqueur de toute initiative de Trump.

Yossi Beilin, ancien politicien israélien qui fut une personnalité centrale du processus de paix d’Oslo au début des années 1990, a affirmé que Netanyahou arrangerait sans vergogne ce plan à son avantage.

« Il sait que les Palestiniens n’accepteront pas les conditions qu’on leur propose », a-t-il expliqué à MEE.

« Il peut donc paraître raisonnable et l’accepter – même s’il y a des choses qui ne lui plaisent pas – sachant que les Palestiniens le rejetteront et seront alors tenus responsables de son échec. Si le plan est rejeté, Trump affirmera avoir fait de son mieux, avoir proposé le meilleur accord à ce jour et qu’ils doivent maintenant régler le problème entre eux.

Les seuls obstacles à la présentation de « l’accord du siècle » par Washington sont les craintes concernant la santé déclinante d’Abbas.

L’équipe de Trump pourrait préférer abandonner le plan, toutefois, Netanyahou en tirerait profit même ainsi. »

Fragments de territoire

Soucieux de gagner les faveurs de Trump, le président palestinien Mahmoud Abbas avait proposé un échange de terres, cédant 6,5 % des territoires occupés à Israël, comme l’avait signalé MEE il y a un an.

C’était plus de trois fois ce que les Palestiniens avaient accepté lors de précédentes négociations de paix.

Les Palestiniens semblent avoir perdu la bataille et se préparent aujourd’hui au pire.

Abbas s’est moqué de ce plan, le qualifiant de « claque du siècle », et a affirmé qu’il ne commettrait pas d’acte de « trahison » en l’acceptant.

Selon les responsables palestiniens, ils se verraient offrir des frontières provisoires sur des fragments de territoire comprenant la moitié des territoires occupés – soit seulement 11 % de ce qui était reconnu comme la Palestine sous le mandat britannique.

Les zones palestiniennes seraient démilitarisées et Israël contrôlerait les frontières et l’espace aérien.

Israël et les Palestiniens n’auraient plus qu’à négocier le statut des villes de Judée et de Samarie et Jérusalem-Est et Trump soutiendrait certainement Netanyahou jusqu’au bout, selon les analystes.

Les Américains ont rejeté tout principe d’un droit au retour pour les réfugiés palestiniens, soit en Israël, soit en Judée Samarie.

Gaza et le Golan, des aubaines

Le déménagement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem le mois dernier semble indiquer que l’administration Trump reconnaîtra Jérusalem dans son ensemble en tant que capitale d’Israël. Cela priverait les Palestiniens de Jérusalem-Est, longtemps supposée devenir la capitale de tout futur État palestinien.

En outre, différentes informations suggèrent que l’annonce du plan de paix pourrait coïncider avec de nouvelles mesures concernant Gaza et le plateau du Golan.

Depuis plusieurs années, des rumeurs laissent entendre que Washington et Israël font pression sur le Caire pour que les Palestiniens de Gaza s’installent dans le Sinaï.

Selon les médias israéliens, Washington pourrait prochainement dévoiler un programme qui rendrait plus poreuse la frontière entre Gaza et l’Égypte et permettrait aux Palestiniens de travailler et peut-être vivre dans le nord du Sinaï.

L’objectif serait de transférer progressivement la responsabilité de l’enclave d’Israël à l’Égypte et de saper encore plus les perspectives d’un État palestinien.

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Autre initiative favorable à Netanyahou : un ministre du gouvernement israélien a affirmé que l’administration Trump pourrait être prête à reconnaître la souveraineté israélienne sur le Golan, cependant, la Maison Blanche a déclaré que cette mesure n’était pas au programme.

Le plateau a été pris par Israël à la Syrie pendant la guerre des Six Jours et a été annexé en 1981.

Plus d’« occupation »

Un article du Jerusalem Post publié le mois dernier suggérait que le document de la Maison-Blanche ne contiendrait certainement pas d’engagement envers une « solution à deux États ».

On notera que le dernier rapport annuel du Département d’État américain sur la situation des droits de l’homme dans chaque pays du monde, publié en avril, abandonne pour la première fois l’expression « territoires palestiniens occupés », laissant entendre que l’équipe de Trump ne considère plus une grande partie de la Judée Samarie comme occupée, il faut rappeler que cette région contestée est le foyer historique du peuple Juif (le colonisateur et l’occupant ne sont donc pas les Juifs….).

Netanyahou a déclaré lors d’un récent meeting de son parti, le Likoud : « Nos succès sont encore à venir. Nos politiques ne reposent pas sur la faiblesse. Elles ne reposent pas sur des concessions qui nous mettront en danger. »

Redécoupage de Jérusalem

Le plus sensible des problèmes concernant le statut final est Jérusalem, qui abrite la poudrière qu’est la mosquée al-Aqsa, site sacré pour les musulmans, qui se situe sur le Mont du Temple, le lieu le plus Saint du peuple Juif.

La mosquée ayant été construite sur les vestiges du Temple Juif (qui est l’occupant une fois de plus ?).

Trump a reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël et du peuple Juif, en y déménageant l’ambassade Américaine.

Le gouvernement israélien a d’ailleur pris une série de mesures visant à établir un Grand Jérusalem.

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L’idée principale réside un projet de loi visant à redécouper les limites de la ville.

Le projet de loi du Grand Jérusalem vise à annexer plusieurs grandes villes juives de Judée Samarie et à proximité de la municipalité de Jérusalem.

Du jour au lendemain, 150.000 juifs de Judée Samarie deviendront résidents de Jérusalem et leurs terres seront rattachées à Israël.

Abu Dis : capitale palestinienne?

Avec Jérusalem capitale exclusive d’Israël, l’équipe de Trump aurait cherché un endroit alternatif pour une future « capitale » palestinienne hors des limites de la municipalité de Jérusalem, juste pour donner le change.

Selon des rumeurs, ils ont choisi la ville d’Abu Dis, située à 4 km à l’est de Jérusalem et séparée de la ville par le mur qu’Israël a construit il y a plus de dix ans.

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Le plan Abu Dis n’est pas une nouveauté.

À la fin des années 1990, l’administration américaine de Bill Clinton avait proposé de rebaptiser Abu Dis « al-Qods » – « la sainte » en arabe – le nom traditionnellement donné à Jérusalem en raison de ses lieux saints.

Cela avait été considéré comme un prélude à sa désignation comme future capitale d’un État palestinien.

Des informations concernant l’élévation d’Abu Dis au titre de capitale dans le nouveau plan de paix circulent depuis l’an passé. En janvier, Abbas a purement et simplement rejeté cette idée.

Le mois dernier encore, Yaïr Lapid, le leader du parti israélien de centre-droit Yesh Atid, a souligné des informations concernant le changement imminent de statut d’Abu Dis dans des remarques adressées à Netanyahou.

Abu Dis est une ville densément peuplée qui accueille 13.000 Palestiniens.

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Plusieurs ministres du gouvernement israélien ont fait de l’annexion de Ma’aleh Adumim par Israël une priorité.

Netanyahou a reporté cette décision, prétextant une fois de plus la nécessité d’attendre l’annonce du plan de paix de Trump.

Yossi Beilin a déclaré qu’on croyait à tort qu’Abbas et lui avaient convenu d’Abu Dis comme capitale palestinienne dans les années 1990.

« Ce n’était pas une idée crédible à l’époque, et aujourd’hui, la carte a beaucoup changé », a-t-il affirmé. «La capitale palestinienne doit être à Jérusalem-Est. Rien d’autre ne marchera.»

Accès à al-Aqsa

Par ailleurs, on a évoqué un projet visant à créer un étroit corridor entre Abu Dis et la mosquée al-Aqsa pour que les Palestiniens puissent y aller prier..

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Les Palestiniens redoutent depuis longtemps qu’Israël cherche à parvenir à une situation dans laquelle il pourrait imposer sa souveraineté sur la mosquée.

Vallée du Jourdain

Conformément aux accords d’Oslo, environ 62 % de la Judée Samarie a été classée zone C, sous contrôle israélien temporaire.

Sauf que les Accords d’Oslo sont morts, selon les aveux du président palestinien Mahmoud Abbas lui-même, seule l’existence de l’autorité palestinienne et la coopération sécuritaire entre l’AP et Israël restent de ses accords.

Le plan de Trump est censé offrir la reconnaissance de frontières palestiniennes provisoires sur environ la moitié de la Judée Samarie en attribuant en réalité la majeure partie de la zone C à Israël.

Une grande partie de cette terre se trouve dans la vallée du Jourdain, la longue colonne vertébrale de la Judée Samarie.

Le reste de la zone C

Israël se prépare à légaliser certains villages juifs de Judée et de Samarie.

À la fin du mois dernier, la France a contesté la décision de la Cour suprême israélienne d’approuver un plan de démolition du village bédouin de Khan al-Ahmar, à côté de Ma’aleh Adumim.

Les familles sont censées être transférées dans la ville d’Abu Dis.

Rappelons cependant que ce bidonville, composée uniquement de « cabanes » est construit dans une zone militaire et sans aucune autorisations. Il n’y a pas d’électricité ni eau courante ni égouts.

Gaza et le Sinaï

Il devient de plus en plus difficile pour l’administration Trump et Israël d’ignorer la catastrophe humanitaire qui se déroule à Gaza, en raison de la politique désastreuse du mouvement terroriste Hamas.

Cherchant apparemment une solution, la Maison-Blanche a accueilli dix-neuf pays lors d’une réunion en mars pour examiner la situation à Gaza. L’Autorité palestinienne a boycotté cette réunion.

Et oui, il faut rappeler ici que les palestiniens sont plus divisés que jamais.

Aucune des factions terroristes ne supporte l’autre. Fatah, Hamas, Djihad Islamique, djihadiste de tout horizon, islamiste affilié à l’Etat Islamique (Daesh), tous se tirent dans les jambes.

Comment envisager alors de faire la Paix avec des palestiniens qui eux-mêmes sont en guerre?

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À l’époque, les médias arabes avaient rapporté que le plan de paix de Trump pourrait inclure un engagement de l’Égypte à mettre à disposition le nord du Sinaï pour un futur État palestinien.

Selon un responsable du Hamas, le Caire avait assuré qu’il était opposé à « l’installation des Palestiniens au Sinaï ».

Cependant, un article paru dans Haaretz a ravivé les inquiétudes selon lesquelles la Maison-Blanche pourrait essayer de parvenir à une fin similaire par d’autres moyens, en lançant une initiative pour Gaza qui coïnciderait avec le plan de paix.

Le journal note que l’équipe de Trump a recueilli les propositions d’un général israélien, Yoav Mordechai, qui a participé à la réunion de la Maison-Blanche en mars.

Une première étape verrait les Palestiniens de Gaza recrutés pour travailler sur des projets à long terme d’une valeur de 1,5 milliard de dollars dans le nord du Sinaï.

Des projets financés par la communauté internationale qui comprendraient une zone industrielle, une usine de dessalement et une centrale électrique.

L’opposition égyptienne à une telle initiative serait en train de s’affaiblir, vraisemblablement face à la pression de Washington et de ses alliés arabes.

Contestation palestinienne

Les Palestiniens font de leur mieux pour essayer de mettre un terme au plan de paix, comme ils l’ont toujours fait.

Ils boycottent actuellement l’administration Trump pour montrer leur mécontentement.

Le ministre des Affaires étrangères Riyad al-Maliki a appelé les États arabes à rappeler leurs ambassadeurs des États-Unis en signe de protestation.

Par ailleurs, une réunion d’urgence de l’Organisation de coopération islamique en mai a proposé qu’une force internationale de maintien de la paix, modelée sur celles envoyées en Bosnie et au Kosovo dans les années 1990, soit déployée pour protéger les Palestiniens, qui n’ont pourtant besoins d’être protégés que d’eux même.

Autre signe de colère vis-à-vis de l’initiative de Trump, les Palestiniens ont défié les États-Unis en soumettant un recours à la Cour pénale internationale à La Haye pour mener une enquête sur Israël pour crimes de guerre.

Eran Etzion, l’ancien responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, a toutefois averti qu’un tournant pourrait se profiler.

« Une implosion palestinienne se profile et cela pourrait changer la situation de manière inattendue. La question est de savoir quelle implosion surviendra en premier : la catastrophe humanitaire sur le point d’engloutir Gaza ou le vide politique créé par le départ d’Abbas.»

Pression arabe

Néanmoins, les Palestiniens sont soumis à d’énormes pressions pour céder au plan de paix.

L’administration Trump a stoppé le financement de l’agence des Nations unies pour les réfugiés, l’UNRWA, qui s’occupe de plus de deux millions de « réfugiés » dans la région.

Elle a également retiré plus de 200 millions de dollars de financement à l’Autorité palestinienne cet été en raison du versement de salaires aux terroristes emprisonnés.

Trump a également cherché à embrigader les États arabes pour mettre la pression sur Abbas.

Le dirigeant palestinien se serait vu remettre un document de 35 pages émanant des Américains lors de sa visite en Arabie saoudite en novembre dernier, et aurait reçu l’ordre de l’accepter ou de démissionner.

Ces dernières années, les Saoudiens ont accru leur aide à l’Autorité palestinienne, ce qui leur a donné un plus grand moyen de pression sur le dirigeant palestinien.

En échange de l’adhésion des États arabes au plan de Trump, Washington semble lancer une politique plus draconienne envers l’Iran pour limiter son influence dans la région.

Les États arabes comprennent qu’ils doivent d’abord désamorcer la question palestinienne avant de pouvoir être vus comme travaillant en étroite collaboration avec Israël et les États-Unis sur la question iranienne.

Source Koide9enisrael et Middle East Eye (mais épuré par koide9enisrael de la propagande pro-palestinienne….)

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