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Barkan. Cette zone industrielle située en Judée-Samarie (Cisjordanie) emploie aujourd’hui plus de huit mille personnes.

La plupart n’habite pas sur place. Chaque matin, un peu plus de quatre mille Palestiniens se présentent à l’entrée de cette petite localité de moins de deux mille habitants. Ils viennent y chercher un emploi bien rémunéré et d’excellentes conditions sociales. Les autres sont Israéliens. Ils arrivent d’un peu partout en Israël pour faire fonctionner une centaine d’entreprises dont une usine de recyclage de déchets. Rien de bien romantique.

Voilà 35 ans que la zone existe. Un modèle de coexistence.

En 2012 l’édition française du Jérusalem Post y consacrait un article et citait l’un des industriels de l’endroit :

« Les travailleurs palestiniens ont les mêmes salaires et les mêmes conditions de travail que les Israéliens. » Ses employés « viennent ici le matin pour travailler et rentrent chez eux le soir. « Nous n’avons jamais eu de problème de sécurité ou d’attaque terroriste. »

Trente-cinq ans de coexistence. Tout le monde connait tout le monde. Les mesures de sécurité se relâchent un peu.

Quatre mille ouvriers à contrôler chaque matin pour la reprise du travail. Il faut faire vite, on se contente de vérifier que les employés palestiniens sont bien autorisés à travailler là. Les portiques à détecteurs de métaux sonnent sans arrêt, déclenchés par les montres, les boucles de ceinture ou de chaussures. Alors on laisse passer.

Trente-cinq ans de confiance. Trente-cinq ans à se dire bonjour.

Hier encore, premier jour de la nouvelle semaine, ils étaient tous à leur poste. Ils ne sont hélas pas tous repartis.

Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hagbi (Photo: Yariv Katz)
Kim Levengrond Yehezkel et Ziv Hagbi (Photo: Yariv Katz)

Kim Levengrod Yeheskel, une jeune maman de 28 ans a été abattue de sang froid comme son collègue Ziv Hagbi, à 35 ans père de trois enfants.

Ce n’étaient pas des « colons ».

Kim, habitait Rosh Haayin et Ziv Rishon le-Tzion. L’assassin, lui est un « jeune ». Un jeune palestinien s’entend. Il n’a que vingt-trois ans. Electricien de son métier. Il s’appelle Ashraf Walid Suleiman Na’alwa. Il aurait laissé une lettre annonçant son projet.

Le terroriste, lui, est en fuite. Le Hamas, qui ne tarit pas d’éloges pour ce « héros » distribue des bonbons aux petits gazaouis pour marquer sa joie.

Le Jihad Islamique félicite celui en lequel il voit un futur « Chahid ». Pendant ce temps l’armée israélienne est lancée sur la piste du fugitif. Des membres de sa famille ont été arrêtés.

A Barkan, l’inquiétude est générale. Ce ne sont pas seulement les collègues – arabes et Israéliens – des victimes qui pleurent ces collègues si sympathiques.

Que va-t-il se passer maintenant? Quel avenir pour cette oasis de coexistence?

Ce sont les ouvriers palestiniens qui sont les plus soucieux. Ce n’est pas seulement leur gagne-pain qui est en ligne. Les mesures de sécurité vont être renforcées. La file d’attente devant les postes de contrôle va s’allonger. La méfiance va s’installer.

L’Autorité palestinienne, nous dit-on, s’est elle-aussi jointe aux recherches. Une première ? On se demande si elle a déjà offert une aide financière à la famille du terroriste.

par ©Michèle Mazel
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