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Israël envisage la constitution de nano-satellites, construits par Israel Aerospace Industries (IAI), qui permettront une couverture quasi-continue des “zones d’intérêt”, susceptibles d’inclure l’Iran, la Syrie, le Liban et d’autres pays, selon des experts qui ne sont pas connectés de quelque manière que ce soit au programme. IAI a refusé de commenter.
Le NanoSat d’IAI
Le NanoSat d’IAI

Le premier nano- satellite a été développé par IAI et a été lancé dans l’espace en 2017 dans le cadre d’une expérience scientifique.

Le satellite de 5 kilogrammes – environ la taille d’une cartouche de lait – est équipé de caméras spéciales, capables d’identifier divers phénomènes climatiques et d’un système de surveillance permettant de choisir le type de zones à analyser et à étudier.

«Nous développons la capacité de lancer une constellation de nano satellites. Ce grand nombre de satellites nous permettra d’effectuer un nombre beaucoup plus élevé de visites et de surveiller en permanence les zones d’intérêt », a déclaré Opher Doron, directeur général de la Division de l’espace chez IAI.

Les charges utiles optiques des nano satellites sont plus petites et la qualité de leurs charges utiles optiques est moindre. “Mais en utilisant une méthode de résolution temporelle, ce problème est traité de manière très efficace”, affirme Doron. “Cette méthode n’est pas directement liée à la qualité du capteur mais repose sur la fréquence des visites sur un site.”

L’autre problème avec les petits satellites est la couleur. «La résolution est, bien sûr, très importante, mais nous travaillons également à l’amélioration de la qualité des couleurs des images, a déclaré Doron. “Un bon expert en renseignement n’a pas besoin de couleur pour extraire les informations nécessaires d’une image satellite, mais pour les décideurs, la couleur est d’une grande importance.”

Qu’est-ce qui sous-tend tout cela?

Il faut 12 à 15 minutes à un missile balistique pour franchir l’espace aérien d’Iran jusqu’à Israël. Plus un lancement est détecté tôt et plus la trajectoire du missile peut être tracée rapidement, meilleures sont les chances de l’intercepter loin de la cible désignée.

De nos jours, les satellites espions Ofeq en orbite basse, visitent des «zones d’intérêt» à de grands intervalles, de telle sorte que leurs charges utiles optiques ou radar ne peuvent pas surveiller en permanence. La menace des missiles balistiques est un problème majeur. Des sources israéliennes ont indiqué qu’il fallait environ 30 minutes au commandement pour préparer un missile balistique en vue de son lancement jusqu’à ce qu’il soit prêt à être lancé, et ce, si les silos de protection sont bien équipés. Si l’ennemi est au courant du temps de «visite» des satellites-espions au-dessus de son territoire, c’est peut-être le moment idéal pour faire en sorte que les préparatifs avant le lancement ne soient pas détectés.

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Satellite SBIRS (système infrarouge spatial)

Une fois le lancement effectué, Israël est supposé recevoir des avertissements du système infrarouge spatial basé sur l’espace (SBIRS) de Lockheed Martin, la constellation américaine de satellites en orbite géosynchrone (GEO).

Les États-Unis déploient également un système radar en bande X dans le sud d’Israël pour améliorer la détection des missiles balistiques. Ceci complète la couche fournie par le radar de Green Pine, qui fait partie des intercepteurs de missiles Arrow israéliens.

Le premier nano-satellite a été lancé depuis l’Inde par le lanceur PSLV-C37 avec 103 autres nano-satellites.

Le projet de construction et de lancement de nano-satellites a vu le jour il y a dix ans. Une compagnie commune de l’IAI et de Rafael avaient vocation à se charger de la mission. Mais ce plan est resté à l’état de friche.

Yizhak Ben Israel
Yizhak Ben Israel

Yizhak Ben Israel, président de l’agence spatiale israélienne, a servi dans l’armée de l’air israélienne. Il a ensuite été chargé de développer les systèmes militaires les plus avancés et classifiés d’Israël au sein de la direction du développement du ministère de la Défense.

Il note que, bien que les nano-satellites possèdent des capacités beaucoup moins sophistiquées que SBIRS ou d’autres grands satellites, «lorsque vous utilisez une constellation de tels satellites, ces capacités combinées peuvent s’avérer très efficaces dans des missions telles que la localisation de lanceurs de missiles».

L’autre avantage des nano-satellites concerne leur prix modique : “Vous passez de centaines de millions de dollars pour un satellite d’imagerie grand format à quelques millions de dollars lorsqu’il s’agit d’un nano-satellite.”

Pas directement lié au programme de nano-satellites, mais au programme spatial israélien, IAI s’est associé à la start-up britannique Effective Space pour créer une flotte de satellites spéciaux de 880 livres (environ 400 kilos) pouvant ravitailler d’autres satellites dans l’espace.

IAI a signé un accord de coopération technologique et financière avec cette entreprise plus petite. Alors que Effective Space a son siège à Londres, son PDG, Arie Halsband, était directeur général de la division espace de l’IAI avant de créer sa propre entreprise.

Par ARIE EGOZI le 03 octobre 2018 à 15h58

Adaptation : Marc Brzustowski

https://breakingdefense.com/2018/10/israel-plans-anti-missile-nano-satellite-constellation/
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