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Gaza n’est pas inclus dans le plan INSS, et il n’y a pas de solution proposée pour Jérusalem.

L’Institut d’études sur la sécurité nationale (INSS), basé à Tel Aviv, dévoilera lundi un cadre de paix à deux États comprenant des mesures qu’Israël peut prendre pour conserver un avantage stratégique même s’il n’existe aucun partenaire de l’autre côté avec qui négocier. 

Selon le plan – établi par une équipe de 13 personnes dirigée par le négociateur vétéran Udi Dekel, qui comprenait le chef de l’INSS et ancien chef du renseignement militaire, Amos Yadlin, et Gilead Sher, chef de cabinet du premier ministre Ehud Barak – Israël déclarerait son engagement en faveur d’une solution à deux États et sa volonté d’engager des négociations directes en vue d’un accord.

Parallèlement, il prendrait des mesures pour faire progresser la «séparation» des Palestiniens et mettre fin à son autorité sur les Palestiniens en Judée-Samarie.

Ce plan s’inscrit dans la perspective de la date à laquelle l’administration Trump mettra en place son cadre de paix tant attendu et de l’incertitude quant à son contenu.

Gaza n’est pas inclus dans le plan INSS, et il n’y a pas de solution proposée pour Jérusalem.

Les auteurs qualifient le cadre de “nouvelle voie conceptuelle vers un avenir sûr pour Israël”.

“Israël”, indique le plan, “travaillera à l’achèvement de la barrière de sécurité, qui jalonnera la voie de séparation et les futurs intérêts territoriaux d’Israël, et déclarera qu’il gèlera la construction dans des colonies isolées situées à l’intérieur du territoire palestinien à l’est de la barrière.”

Selon le plan, 8 à 10% du territoire resteront du côté israélien de la barrière de sécurité, regroupant 86% des Juifs vivant en Judée-Samarie.

 

Israël demanderait la reconnaissance officielle par les États-Unis de la célèbre lettre de 2004 de George W. Bush à Ariel Sharon*, dans laquelle il était écrit que le gouvernement considérait ces régions comme faisant partie d’Israël.

En outre, dans le cadre de ce plan, Israël déclarerait que 20% supplémentaires du territoire de la Cisjordanie, principalement dans la vallée du Jourdain, constitueraient des zones de sécurité israélienne. Ces zones resteraient sous contrôle israélien jusqu’à ce que des garanties de sécurité satisfaisantes soient trouvées pour Israël et jusqu’à ce qu’une entité palestinienne responsable et efficace soit créée.

Le plan indique qu’Israël a intérêt à ce qu’une Autorité palestinienne stable et en état de fonctionnement coopère pour progresser sur la voie d’une solution diplomatique.

Par conséquent, pour tenter de renforcer l’AP, le plan prévoit les étapes suivantes :

Transférer à l’Autorité palestinienne l’entière responsabilité de la zone B, actuellement sous le contrôle général de la sécurité israélienne, créant ainsi une base pour un futur État palestinien dans les zones A et B, soit 40% du territoire, qui abrite aujourd’hui 98% des Palestiniens qui y vivent la Cisjordanie.

Israël transférerait à l’Autorité palestinienne 25% de la zone C actuellement sous son contrôle pour des projets de développement d’infrastructures.

La zone C aujourd'hui
La zone C aujourd’hui

Un effort conjoint serait fait avec la communauté internationale pour mettre en place des projets industriels, touristiques et de haute technologie, ainsi que la construction de logements.

Au cours des phases initiales, l’autorité finale en matière de sécurité et de planification pour cette zone resterait aux mains d’Israël et serait progressivement transférée à l’Autorité palestinienne. Actuellement, Israël contrôle totalement la zone C, qui englobe 60% de la Cisjordanie.

Une artère de transport contiguë allant de l’extrême nord de la Samarie à l’extrême sud de la Judée serait construite afin de réduire les frictions quotidiennes entre Palestiniens, soldats et colons des FDI.

Un plan de développement économique massif serait lancé pour améliorer les conditions de vie des Palestiniens à court terme et promouvoir l’indépendance économique des Palestiniens à long terme, ce qui permettrait une «séparation économique» d’avec Israël. Un mécanisme international à cet effet serait mis en place.

Israël rechercherait une reconnaissance et une approbation internationales pour ces mesures, ainsi qu’un engagement à soutenir ces initiatives, même en cas de rupture des négociations sur un accord final avec les Palestiniens.

Selon les auteurs des plans, ces mesures créeront une situation diplomatique et politique beaucoup plus favorable pour Israël qu’elle n’existe actuellement.

Les auteurs soutiennent que ce plan préserve la sécurité d’Israël et les intérêts de la colonisation, permet de mobiliser un soutien international et régional, n’inclut pas à court terme la nécessité d’évacuer les colonies de peuplement et offre à Israël une flexibilité diplomatique.

Ses auteurs disent que ce cadre «améliore considérablement la réalité existante» en œuvrant pour changer le statu quo, ce qui, selon eux, constitue une «pente dangereuse menant à des risques nationaux importants – principalement un État sans capacité de séparation des Palestiniens».

*En 2004, le Président américain, George Bush, a envoyé une lettre d’assurance à Sharon dans laquelle il disait qu’il reconnaissait les colonies en Cisjordanie occupée comme faisant partie de l’Etat d’Israël et que les réfugiés palestiniens ne reviendraient pas en Israël.

Barrière de sécurité

https://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Trump-plan-not-ready-but-INSS-has-a-plan-Two-state-solution-separation-from-the-Palestinians-568878

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