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Une étude pionnière menée au laboratoire de biophysique du Prof. Roy Beck-Barkai à l’Université de Tel-Aviv, par la doctorante Rona Shaharabani, indique pour la première fois un lien clair entre les indicateurs physiologiques du corps, comme le niveau des constituants biochimiques ou la température, et les changements structurels de la myéline, gaine d’isolation des fibres nerveuses dont la dégradation est l’une des caractéristiques de la sclérose en plaques.

Selon les chercheurs, ces résultats pourront servir de base au développement d’un traitement de cette maladie jusqu’ici incurable.

L’étude, menée en collaboration avec la doctorante Maor Ram-On du groupe de recherche du Prof. Yeshayahu Talmon au Technion, et a été publiée le 15.10.18 dans la prestigieuse revue scientifique PNAS.

Environ 2,3 millions de personnes dans le monde souffrent de sclérose en plaques, maladie dégénérative auto-immune qui affecte le système nerveux central et peut entraîner une invalidité grave, voire la mort.

« La maladie se caractérise par la destruction d’une substance appelée myéline, qui enveloppe les fibres nerveuses transmettant les signaux électriques du cerveau aux divers organes du corps et permettant donc aux différentes parties du système nerveux de communiquer entre elles », explique le Prof. Beck-Barkai.

« L’hypothèse est que ce processus se produit lorsque le système immunitaire attaque la myéline, mais jusqu’à aujourd’hui on ignore encore comment se produit ce phénomène, et il n’y a pas non plus de médicament contre la maladie. En tant que biophysiciens, nous avons cherché à examiner les aspects physiques, physiologiques et structurels du processus qui affecte la myéline ».

Une approche créative

« Notre organisme est intelligent et sait comment maintenir un environnement physiologique constant, notamment une température optimale et des concentrations appropriées de sels chimiques dans le corps », ajoute la doctorante Rona Shaharabani.

« A l’état normal, la myéline se constitue de protéines et d’acides gras qui s’auto-assemblent en une enveloppe multicouche formant un » rouleau » autour des fibres nerveuses.

Chez les patients atteints de sclérose en plaques, ce cocon subit un changement structurel, et prend peu à peu une forme alvéolaire en nid d’abeille. Dans cette situation, les cellules immunitaires pénètrent facilement dans la miélyne, et l’attaquent de l’intérieur. Nous avons voulu savoir si les changements de la structure de la substance pouvaient être causés par des modifications de l’environnement physiologique, c’est-à-dire des types et des concentrations des composants chimiques du corps et de sa température. »

Les chercheurs ont regroupé tous les composants biologiques de la myéline, acides gras et protéines, dans un tube à essai, en reproduisant avec précision la relation quantitative existant entre eux dans la substance à l’état normal, et en les exposant à différents environnements physiologiques.

Ainsi, cinq sels – potassium, sodium, magnésium, calcium et zinc – ont été étudiés à différentes concentrations, ainsi qu’à des températures variables.

42 degrés Celsius

Les résultats ont montré que même un léger changement de la concentration physiologique de chacun de ces sels pouvait entraîner des modifications de la structure de la myéline passant d’un ‘rouleau’ sain au ‘nid d’abeille’ caractéristique de la sclérose en plaques. Les chercheurs ont également constaté que ce changement de structure pouvait également être créé par une température supérieure à 42 degrés Celsius.

« En fait, dès la fin du 19ème siècle, il y a 120 ans, les médecins s’étaient aperçu qu’un patient atteint de sclérose en plaques pouvait subir une crise de la maladie en entrant dans un bain chaud, et ils utilisaient même ce phénomène à des fins diagnostiques », conclut le Prof. Beck-Barkai.

« De même il est possible qu’on ai déjà remarqué des niveaux de concentration de composants biochimiques relativement élevés chez des patients atteints de sclérose en plaques.

Mais à ce jour personne n’avait examiné le lien éventuel entre ces données et le développement de la maladie. Les résultats de notre étude résultent d’une approche créative qui n’avait pas été adoptée jusqu’à présent dans ce domaine, et ouvrent la voie à de nouvelles directions de recherche sur la sclérose en plaque, maladie considérée aujourd’hui comme incurable. Nous espérons de tout cœur que nos collègues chercheurs ‘relèveront le défi’ et utiliseront nos résultats pour tenter d’identifier les causes de la SEP, en élaborer un diagnostic précis et éventuellement, à l’avenir, développer un médicament efficace pour cette maladie grave ».

SOURCE : Site de l’Association française de l’Université de Tel-Aviv

https://www.coolamnews.com

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