SHARE
Par Olivier YPSILANTIS

Lire la 1ère partie

A Jérusalem, chez le Professeur Mordechaï Neugroschel, né à Tel Aviv, fils de parents rescapés de la Shoah. Ce dernier confie tout de go aux deux journalistes, Bernard Benyamin et Yohan Perez, qu’à dix-neuf ans il avait été désigné dans la yeshiva pour parler de la Shoah aux garçons de son âge, tant étaient vastes et précises ses connaissances sur le sujet.

Le Pr. Neugroschel est l’un des fondateurs d’Arachim, une organisation dont la mission est de faire connaître la Shoah au monde et d’encourager le retour vers les valeurs essentielles de la religion.

Au sein de cette organisation, le Pr. Neugroschel s’était vu confier une mission particulière : découvrir dans les textes sacrés l’annonce d’événements historiques tels que la Seconde Guerre mondiale.

Il avait pensé d’emblée au Livre d’Esther car dès l’enfance, il avait noté une similitude entre les plans de Hitler et les propos tenus par Aman.

Synagogue de Siegen, détruite le 10 novembre 1938, au cours de la ‟Kristallnacht”.
Synagogue de Siegen, détruite le 10 novembre 1938, au cours de la ‟Kristallnacht”.

Un jour (il ne sait plus quand), il reçoit un appel téléphonique (il ne sait plus de qui) l’informant qu’un article paru dans la presse établissait un lien entre les dix enfants d’Aman et les condamnés de Nuremberg. Cet appel l’incite à enquêter. Il en vient alors aux trois petites lettres et à la grande lettre.

Rappelons que ces différences de tailles entre les lettres abondent dans la Torah mais qu’elles ont toujours une explication précise.

Généralement, elles renvoient à un commentaire, à une description ou à un moment du rituel liturgique. Mais dans le Livre d’Esther, rien, pas la moindre explication, ce qui est exceptionnel.

Afin de résoudre cette étrangeté, le Pr. Neugroschel se met à étudier comme ses aînés la valeur numérique des lettres, la Guematria. Ci-joint, un lien Akadem sur cette méthode d’exégèse biblique :

http://www.akadem.org/medias/documents/2-Methodesguematria.pdf

Hâtons-nous de préciser que la Guematria fait partie intégrante de la culture du peuple juif, qu’elle n’est en rien une pratique magique, occulte. Elle est courante, ouverte ; rien à voir avec la numérologie infiniment plus complexe des kabbalistes.

Ci-joint, les noms de trois des dix enfants d’Aman promis à la potence, des noms dans lesquels figurent les quatre lettres en question :

Parshandata (valeur numérique de la petite lettre, tav : 400) ;

Parmashtah (valeur numérique de la petite lettre, shin : 300) ;

Vaïzata (valeur numérique de la petite lettre, zayin : 7) ; soit 400 + 300 + 7 = 707. Quant à la grande lettre qui figure dans ce dernier nom, vav, sa valeur numérique est de 6.

Le Pr. Neugroschel essaye toutes les opérations à partir de ces chiffres. Rien. Puis un jour, il a l’idée de consulter le Zohar, le livre majeur de la Kabbale, et il découvre que le Zohar considère la lettre vav comme le symbole du sixième millénaire (années 5000 à 6000). 5000 + 707 = 5707, une date du calendrier juif qui correspond selon le calendrier grégorien à 1946, année de l’exécution des condamnés de Nuremberg.

Cette date va être le point de départ d’une troublante recherche.

Les condamnés ont été exécutés très exactement le 16 octobre 1946, le 21 Tichrit 5707, jour de Hoshanah Rabbah, septième et dernier jour de Sukkot.

‟Le jugement des nations est prononcé, dit le Zohar, les sentences sont délivrées par le Trône céleste et les jugements exécutés le jour même.”

D’un côté, les dix enfants d’Aman condamnés à mort ; de l’autre, les onze condamnés à mort par le tribunal de Nuremberg. Mais ce n’est pas tout.

Le Livre d’Esther nous apprend que le roi Assuérus ayant pris connaissance d’un complot grâce à Mardochée avait décidé de le remercier en ordonnant que, vêtu comme un roi, il soit placé sur un cheval blanc que tiendrait Aman, à pied, dans les rues de Suse. La fille d’Aman, pensant que son père était en selle, lança par méprise un sac de détritus sur celui qui marchait, sur son père donc. L’incident suscita une telle émotion qu’on ajouta la fille à la liste des dix fils condamnés.

Il y eut bien onze condamnations, comme à Nuremberg. Mais la fille d’Aman préféra se suicider, en se jetant d’un pont, et ils ne seront plus que dix à monter au gibet.

Quinze siècles plus tard, à Nuremberg, onze condamnations à mort seront prononcées mais ils ne seront que dix à monter au gibet, après le suicide de Göring.

Il y a une étrangeté dans le Livre d’Esther. Au lendemain de l’exécution des dix enfants d’Aman, le roi Assuérus demande à son épouse, Esther, d’émettre un souhait qu’il s’empresserait d’exaucer. Elle lui dit : ‟Que l’on pende Aman et sa descendance.” Mais ils avaient été pendus la veille !

Pour le Pr. Neugroschel, il s’agit d’une prophétie : il y aura un projet d’éradication du peuple juif et ses responsables devront être pendus eux aussi. La date figure, codée, 1946, le jour de Hoshanah Rabbah.

Les deux enquêteurs, Bernard Benyamin et Yohan Perez, sont en Bavière afin de poursuivre leurs recherches. Retour en arrière.

Suite au coup d’État manqué de novembre 1923, Hitler est arrêté et détenu à la forteresse de Landsberg am Lech. Condamné à cinq ans, il n’y restera que quelques mois pendant lesquels il travaillera à ‟Mein Kampf”. Cette prison deviendra le principal centre d’incarcération des criminels de guerre nazis ; parmi les quelque 1 500 détenus, environ 275 seront exécutés par pendaison et enterrés dans le ‟cimetière des pendus”.

Jusqu’en 2003, les croix de ce cimetière portaient des noms. Tous ont été effacés par le Land de Bavière. Un Allemand rencontré dans l’église St. Ulrich attenante au cimetière leur apprend que la première version de ‟Mein Kampf” avait dû subir un long travail de réécriture tant le manuscrit était truffé de maladresses, d’imprécisions, d’idées non abouties, de défauts de syntaxe, etc.

Parmi ceux qui s’étaient attelés à ce travail, Rudolf Hess, Ernst Hanfstaengl, Emil Maurice, Joseph Stolzing-Cerny et Bernhard Stempfle, un moine et théologien assassiné sur ordre de Hitler, probablement parce qu’il en savait trop sur la relation de ce dernier avec sa nièce, Geli Raubal.

Cette équipe va donc assurer l’essentiel de la mise en forme du manuscrit pour lui donner une plus grande efficacité.

Les auteurs du ‟Code d’Esther” vont apprendre qu’il y avait un autre homme qui lui aussi avait travaillé à la réécriture du manuscrit : le directeur de la maison d’édition Eher-Verlag.

Après avoir convaincu Hitler d’abandonner le titre original, trop long : ‟Viereinhalb Jahre (des Kampfes) gegen Lüge, Dummheit und Feigheit”, soit : ‟Quatre ans et demi (de lutte) contre les mensonges, la sottise et la lâcheté”, il lui avait proposé un titre promis au succès que nous savons : ‟Mein Kampf”.

Le nom de cet homme, un nom assez courant en Allemagne, il est vrai, est une étrange coïncidence : Max Amann.

Entre 1933 et 1939, Julius Streicher a amassé une fortune considérable en spoliant les Juifs de Bavière. Au début de la guerre, il se vantait de posséder la plus importante bibliothèque juive d’Allemagne, entre trente mille et quarante mille livres.

Les interrogatoires menés à Nuremberg attestent de son intérêt pour le judaïsme, un intérêt d’une nature particulière sur laquelle je préfère ne pas m’attarder. Il faut lire à ce sujet le témoignage de Gustave M. Gilbert, psychologue militaire, et je conseille vivement la lecture de ‟Nuremberg Dairy”.

Je tiens à préciser que je n’ai fait que rendre compte d’une lecture en adoptant un ton volontairement neutre. Ma connaissance de la langue hébraïque et de la Guematria étant proche du zéro, je ne vais pas tout de même pas laisser sous-entendre que tout était écrit… Trop facile, trop commode.

Les écrits fondateurs du judaïsme restent les codes éthiques les plus élaborés et en rien des grimoires à l’usage des diseuses de bonne aventure ou des augures. La pensée juive est une pensée ouverte ; et, disons les choses simplement, si tout est écrit, alors autorisons-nous n’importe quoi ou allons nous coucher pour ne plus nous relever…

Un témoignage de Gustave M. Gilbert au procès Adolf Eichmann (Session N°. 55), mis en ligne sur YouTube et intitulé ‟Julius wanted to be a Zionist” :

Ci-joint, un lien mis en ligne par The Jewish Daily Forward et intitulé ‟One Man’s Quest for Julius Streicher’s Jewish Books” :

http://blogs.forward.com/the-arty-semite/142902/one-mans-quest-for-julius-streichers-jewish-books/

http://zakhor-online.com

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer le site: http://www.terrepromise.fr

Copyright Terre Promise © Elishean/2009-2019/Terre Promise




Print Friendly, PDF & Email