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Le terme « scientifique » employé dans les statistiques soviétiques englobe les personnes qui font de la recherche et les professeurs d’à peu près toutes les disciplines. Ce n’est que depuis 1950 que les recensements indiquent la « nationalité » dans cette branche d’activité.

A cette époque, parmi 162 000 scientifiques, on comptait 25 000 Juifs, soit 15 % environ, alors que cette ethnie représentait un peu plus de 1,1 % de l’ensemble de la population soviétique.

Les autres minorités fournissaient très peu de scientifiques (moins de 5 000, parmi lesquels 1 300 Tatares).

Depuis 1950, cependant, la proportion des Juifs n’a cessé de diminuer parmi les « scientifiques », bien que le nombre total continue à augmenter.

Un travailleur scientifique sur quatre habite Moscou. Comme, d’après le recensement de 1959, 10,6 % des Juifs soviétiques vivent dans cette ville, on peut évaluer à près de 11 % ceux qui appartiennent à la catégorie des « scientifiques » .

Tous les « scientifiques » n’occupent pas un poste important. Les annuaires ou dictionnaires biographiques des savants soviétiques donnent une idée plus exacte du rôle joué par les Juifs dans le domaine scientifique. L’ethnie n’y est pas mentionnée, mais, le nom du père permet d’identifier à peu près sûrement les Israélites.

Un document de cette sorte pour l’année 1968 contenant 1 664 biographies, dont 1 433 se rapportant à des « docteurs » a été dépouillé pour l’Ukraine, où vit plus du tiers des Juifs soviétiques. On peut ainsi connaître les disciplines vers lesquelles ceux-ci se dirigent le plus.

Les savants juifs sont plus nombreux dans les disciplines strictement scientifiques (médecine, chimie, technique). On peut y voir l’effet d’une préférence traditionnelle des Juifs pour la médecine ou la preuve d’une certaine discrimination de la part des autorités soviétiques.

Peut-être les Juifs, se sentant menacés lorsqu’ils enseignent les sciences sociales, évitent-ils ces disciplines.

C’est de 55 à 74 ans que les Juifs sont proportionnellement les plus nombreux.

La baisse est forte après 1946 en particulier pour les sciences sociales. Cependant, même durant les dernières années de l’époque stalinienne (1949- 1952) qui furent très néfastes à la « nationalité » juive, le titre de docteur fut conféré à 18 membres de cette ethnie (dont 6 en médecine) qui ont enseigné ensuite en Ukraine.

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