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Un rapport de la société de consulting Harel-Hertz montre que les investissements et acquisitions japonaises entre 2001 et 2018 ont atteint les 5,66 milliards d’euros.

Les investissements japonais en Israël ont fortement augmenté au cours des 20 dernières années, alors que le total des investissements a atteint environ 5,66 milliards d’euros entre 2001 et la fin de l’année 2018 avec 180 accords, selon un rapport établi par une société de consulting qui se focalise sur les relations économiques entre le Japon et Israël.

En 2018, les investissements des entreprises japonaises et les acquisitions de startups et d’entreprises technologiques israéliennes ont totalisé environ 706 millions d’euros dans 28 accords commerciaux.

Jusqu’à maintenant, pour 2019, il y a eu 13 annonces d’investissements pour un total de 34 millions d’euros. En 2001, il y avait eu 19 accords et en 2010 il y en avait eu juste un seul, selon le rapport.

« Au cours des quatre dernières années, il y a eu une évolution significative des relations commerciales entre Israël et le Japon », a déclaré Elchanan Harel, fondateur et président de la Société d’investissement Harel Heretz Ltd, la société d’investissement et de consulting basée à Herzliya Pituah qui a rassemblé les données. « A ce rythme là, et cela semble bien parti, 2019 va dépasser 2018 aussi bien pour le nombre que pour la valeur globale des accords commerciaux ».

Il pourrait y avoir jusqu’à 50 accords qui n’ont pas encore été annoncés publiquement, a déclaré Harel.

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Elchanan Harel, fondateur et président de la Société d’investissement Harel-Hertz (Photo personnelle)

Les entreprises japonaises ont tendance à ne pas rendre leurs affaires publiques au même niveau que leurs homologues américains, européens ou chinois pour des raisons culturelles mais aussi pour rester en tête de la concurrence, a expliqué Harel.

Le Japon est la troisième plus grande économie dans le monde et le pays abrite certaines des plus grandes entreprises mondiales de production et issues de l’industrie automobile.

Alors que le monde se dirige de plus en plus vers la digitalisation et le recours à des programmes informatiques, ces entreprises ont besoin d’aller chercher des solutions technologiques à l’étranger pour les aider à maintenir leur avantage sur des concurrents mondiaux.

Israël s’est transformé en terrain de chasse populaire pour ces entreprises, a expliqué Harel.

Pendant de nombreuses années, le Japon a évité de faire des affaires avec Israël à cause des craintes de boycott de la part des pays arabes.

Depuis 2014, les relations se sont réchauffées entre les deux pays, et les Premiers ministres ont échangé des visites.

« Les visites mutuelles des Premiers ministres ont constitué un événement important dans le relation entre les deux pays », a déclaré Harel. « C’est à ce moment-là que des organisations économiques au Japon ont été incitées par le ministère japonais de l’Economie à commencer à développer des relations avec des entreprises israéliennes du secteur de la technologie ».

La majorité des investisseurs japonais en Israël sont des sociétés de capital à risque. L’investisseur le plus actif est le Groupe Mitsui, dont le bras armé a investi dans des technologies informatiques comme Autotalks et Kaltura ; des entreprises de sécurité informatique comme Scadafence, des entreprises de la technologie agricole comme Kaiima et Phytech. Softbank, Hitachi, NTT DoCoMo, Toshiba et Sony sont d’autres investisseurs actifs sur le marché.

En juillet 2017, Mitsubishi Tanabe Pharma a déclaré avoir fait l’acquisition de l’entreprise pharmaceutique israélienne Neurodem pour 1,04 milliard d’euros. En 2016, Sony a acheté Altair, un fabricant de puces, pour plus de 178 millions d’euros, alors que le japonais Softbank a investi pour environ 178 millions d’euros dans des entreprises israéliennes.

36% des investissements japonais ont été effectués dans le domaine des technologies de l’information et 30% dans les semi-conducteurs. Le reste se répartit autour des technologies informatiques, automobiles, pharmaceutiques, médicales et agricoles.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue japonais Shinzo Abe au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 mai 2018. (Crédit : AFP / POOL / Abir SULTAN)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue japonais Shinzo Abe au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 mai 2018. (Crédit : AFP / POOL / Abir SULTAN)

« Quand elles investissent, ces entreprises sont à la recherche de technologies de valeur ajoutée pour renforcer leur technologies de base. Elles ne sont pas là pour procéder à une exit rapide », a souligné Harel. « Cela en fait des partenaires fiables et loyaux à long terme ».

De fait, les données montrent que sur toutes les entreprises japonaises qui ont investi entre 2001 et 2018, seulement 8 % ont cessé d’opérer, alors que 66 % sont toujours actives, 4 % ont fait l’objet d’une offre initiale publique et 22 % ont été achetées.

Malgré cela, le Japon reste un petit investisseur en Israël.

Les investisseurs américains sont les acteurs dominants du marché local, accaparant un total impressionnant de 35 % des investissements levés par des entreprises israéliennes, selon un rapport du mois de novembre 2018 produit par le Centre de recherche IVC qui étudie l’industrie.

Les investisseurs chinois, britanniques, japonais et allemands représentaient environ 3 % des investissements de chaque entreprise.

Les entreprises chinoises ont réalisé des percées majeures en Israël, notamment avec le rachat du géant local de l’agroalimentaire Tnuva en 2014 et avec des accords pour gérer les ports clefs de Haïfa et d’Ashdod.

Au début du mois, le géant chinois du e-commerce a fait l’acquisition de la startup israélienne Réalité augmentée Israël, un fabricant de technologies de réalité artificielle basé à Ramat-Gan, dans ce qui représentait sa deuxième acquisition en Israël.

« Les Japonais ont remarqué l’intérêt que la Chine accordait à Israël et cela les a inquiétés » et poussés à développer de leur activité, a noté Harel. « Et cette prise de conscience a été fantastique », a-t-il dit.

Il y a environ 70 entreprises japonaises actives en Israël. Elles suivent de près le marché local de la technologie, grâce à des représentants, des bureaux et des centres de R&D dans le pays, selon ces données.

Israël et le Japon ont déclaré en janvier qu’ils allaient coopérer dans le développement des technologies de santé numérique et promouvoir des partenariats dans les domaines de l’automobile et de la sécurité informatique.

Les deux nations ont signé un total de six accords, dont un protocole sur la coopération dans le domaine de la santé numérique.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, au premier plan, aux côtés du vice-secrétaire d’Etat américain à l’Energie Dan Brouillette, durant une réunion à Jérusalem, le 16 janvier 2019 (Crédit : Ministère de l’Energie)
Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, au premier plan, aux côtés du vice-secrétaire d’Etat américain à l’Energie Dan Brouillette, durant une réunion à Jérusalem, le 16 janvier 2019 (Crédit : Ministère de l’Energie)

Dans une évolution qui pourrait bien conduire au développement des investissements japonais en Israël, les récentes tensions entre la Chine et les Etats-Unis vont peut-être entraîner des difficultés supplémentaires pour les entreprises israéliennes qui souhaitent faire des affaires avec la Chine.

Les Etats-Unis cherchent à négocier un accord commercial avec la Chine, et les deux plus grandes économies mondiales sont bloquées dans l’impasse d’une guerre économique où chaque pays a imposé des taxes respectives sur des produits importés. Cette guerre a fait naître la crainte que les Etats-Unis ne voient pas d’un bon œil le renforcement des relations commerciales entre Israël, un allié de longue date des Etats-Unis, et la Chine.

La Chine et Israël ont développé leurs relations commerciales au cours des dernières années et lancé des négociations pour des accords de libre-échange.

En janvier, Dan Brouillette, l’adjoint du ministre américain de l’Energie, a prévenu qu’à moins qu’Israël ne mette en place des procédures de contrôle très strictes pour les investissements chinois, le partage d’informations entre les deux alliés pourrait être menacé, selon un article de Bloomberg.

« Ces tensions vont probablement pousser les entreprises israéliennes de la technologie à rester à distance des investisseurs chinois, et à préférer les investisseurs japonais à la place, a souligné Harel. Le Japon, comme Israël, est un allié stratégique des Etats-Unis, et le Japon pourrait aussi devenir la plaque tournante des activités asiatiques des entreprises israéliennes. Il est donc très probable que les entreprises japonaises prennent la place de la Chine ».

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