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Le IBOUR, plus qu’un supplément d’âme !

La notion de « ibour« , est une notion extrêmement complexe, et de ce fait difficile à appréhender.

haiSelon un enseignement mystique, connu sous le nom de Sod Ha’Ibour, l’âme peut investir un autre corps afin de réaliser une grande action. Il ne s’agit pas du principe de réincarnation, où l’âme a besoin d’être perfectionnée, complétée. Dans le Sod Ha’Ibur, l’âme est complète, mais « l’hôte » a besoin d’une élévation spirituelle en réparation de la faute des ancêtres.

Ce principe est expliqué par le Ari zal qui enseignait que Nadav et Avihou étaient entrés dans le corps de Pin’has lorsqu’il a affronté Zimri. (voir le chapitre 25 de Bamidbar).

Le Ibour est différent du guilgoul, qui est un retour d’une ou plusieurs parties de l’âme, jusqu’à la réalisation de mon projet individuel.

Par le ibour, entre en moi une partie d’âme qui n’est pas moi, soit nefesh, rua’h ou neshama. Cette âme vient de beaucoup plus haut que moi, mais elle appartient à la même famille d’âme. La connexion entre elle et moi se crée par l’intermédiaire de mitsvot.

Mitsva signifie « commandement », mais aussi « tsevet » une équipe : c’est être ensemble, être lié à….

Je fais une mitsva, c’est-à-dire un acte qui a la capacité de me connecter à quelque chose qui, auparavant, n’était pas en connexion avec moi : avec Hachem, bien sûr, mais nos Maîtres expliquent que, par la mitsva, je me connecte aussi à mon âme, à mon intériorité, à mon être véritable.

La paracha « leh leha« , c’est-à-dire « va vers toi, apprends à te connaître » énonce la 1ère parole adressée par Hachem à Avraham, et donc l’un des fondements de l’identité juive.

Le Ari révèle, encore plus profondément, que la mitsva me permet de me connecter à des âmes de justes de la même famille spirituelle que moi, qui ne sont plus dans ce monde. Je crée un lien entre un juste et moi, au point que son âme va entrer en moi : je deviens possesseur d’une âme qui n’est pas vraiment moi, et qui ne pouvait entrer en moi sans cette mitsva.

Tout mon travail dans ce monde est de révéler ma racine d’âme, et toutes les potentialités qui y sont liées.

Mais je ne peux dépasser ce niveau. Quand j’ai exploité tout mon potentiel, nefesh rua’h neshama, et que je veux me surpasser, il a été prévu le système du ibour. Il me connectera à une qualité d’âme bien au-dessus de la mienne, et me permettra de vivre en dépassement total et permanent de moi-même.

A l’occasion d’une chose que je ne serais pas obligé de faire, et que mon intelligence et ma conscience ne pourraient même pas me convaincre de faire, tout d’un coup me vient une force qui m’empêche, d’une certaine façon, de faire ce que j’aurais voulu logiquement ; je me trouve poussé à agir de façon héroïque.

C’est l’exemple du soldat Klein qui s’est sacrifié pour sauver ses hommes, bien qu’il ait eu femme et enfants. Soudain, on est habité par une conscience largement au-dessus de la nôtre. Comme aussi, du temps de l’occupation romaine, deux Juifs tellement assimilés qu’ils avaient pris des noms romains mais qui se trouvèrent tout d’un coup connectés, et hissés à un niveau qui n’était pas vraiment eux ; torturés à mort, ils sauvèrent toute leur communauté.

Humilté et Transparence, deux piliers de toute relation

humilté et transpenceChacun a besoin d’une aide, car personne ne peut se suffire à lui-même.

Nos Maîtres disent que tout le mécanisme de la faute est qu’Adam n’a pas accepté d’avoir besoin de cette aide « kénegdo », que D. lui avait donnée. Après la faute, il changea le nom de sa femme : elle s’appelait « isha », mon épouse, et il la nomma « ‘Hava, em kol ‘hai », « mère de toute vie ». Or, ils n’avaient pas encore d’enfants.

On comprend donc qu’Adam reconnut qu’il avait besoin de la femme pour exister. « Toute vie » dont elle est la mère, c’est lui. Il a besoin d’être « béibour » dans la dimension féminine. Elle est la matrice de sa vie, et il a besoin d’être conçu en elle.

Le fait que tout humain soit créé à l’intérieur d’une femme, est révélateur d’un principe général : tout humain est béibour dans quelque chose qui l’entoure.

En réalité, au début du mariage, la femme est amie, puis épouse, puis sœur, puis mère. Le monde physique n’est que le reflet du monde spirituel. Chacun d’entre nous a besoin d’être le fœtus à l’intérieur d’un autre être.

C’est le secret du ibour : une âme m’enveloppe entièrement et je suis en état de ibour à l’intérieur d’elle ; elle m’aide à me développer, jusqu’à ce que je naisse.

Nos Maîtres disent que, pour arriver à la perfection dans ce monde, il faut une 2ème gestation, qui se fait à l’intérieur de l’âme de quelqu’un qui me prend, me transforme et me fait naître.

Cela permet une mutation totale de mon âme, un dépassement total de moi-même. Mais, d’abord, il faut que j’aie été complètement réparé, dit le Ari. Car celui qui ne l’a pas été a encore l’illusion qu’il n’a pas besoin des autres.

 L’âme embryon dans l’âme matrice

 

Cours du rav Dynovisz
http://www.ravdynovisz.tv/

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