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L’épée à double tranchant et le souvenir de notre Futur

zain« Le Zaïn signifie les armes de guerre : l’épée aiguisée et la lance de combat », Zohar I:3a)

Selon la Kabbale, la lettre zaïn correspond au septième jour shabbat qui est le jour du souvenir de Dieu. Selon le verbe zekher se souvenir, dont l’initiale est le Zaïn. La valeur pleine de Zaïn est de 67 qui est identique à la valeur de la Sephira Binah, l’intelligence ou le discernement.

Ce que nous apprend Rabbi Na’hman à propos de l’épée à double tranchant : le Likouté Moharan 2:3 – Volume I – Institut Breslev

« Celui qui est digne de cette épée* doit savoir s’en servir pour livrer bataille. Il ne doit la faire dévier ni à droite, ni à gauche, mais doit être capable de « viser un cheveu sans le manquer » (Juges 20:16) »

« Or ceci est impossible sans l’attribut de michpat (justice). Car michpat est le pilier central (tikouné zohar introduction 17:3). Il s’agit de viser avec son arme au point précis, sans dévier ni à droite ni à gauche, mais au centre. Ceci correspond à: « Il règle dévarav (ses affaires) avec michpat (équité) » (psaumes 112:5).

*Cette épée est celle du machia’h, comme il est dit : « Car l’arme essentielle du machia’h est la prière » (Likouté Moharan 2:1)

L’épée de la prière est une arme tellement puissante que le talmud avertit : « Il n’est pas bien qu’un Tsadik punisse les autres » (paraphrase de proverbes 17:26; voir Bekharoth 7a).

Par ses prières, le Tsadik a le pouvoir d’émettre un jugement sur celui qu’il désire; il doit donc faire preuve de prudence. Mais il peut aussi se servir de son pouvoir de la prière pour sauver ceux qui n’ont pas de mérite ou ne sont pas prêts pour le salut (c’était le cas d’Avraham qui pria pour Ichmaël, ce dont se lamente Dieu quotidiennement; voir Maharcha, Soucah 52b, sv Ichmaëlim; cf Zohar II, 32a).

Dans ce cas, ses prières sont plus nuisibles qu’utiles et ne rectifient rien (Bé’hibé Naha’hal). Ce qu’il faut donc c’est michpat – le jugement juste, sincère, équilibré.

Nous avons ici une autre dimension de cette « épée à double tranchant » qu’est le pouvoir de la prière. Toute prière laisse un impact dans les mondes supérieurs; toute parole de supplication est très importante.

Que nous révèle ce passage du Likouté Moharan et ses commentaires ?

Tout d’abord, il faut revenir sur un précepte essentiel : Le monde est un miroir de nous-même. Tout ce que nous voyons, rencontrons et subissons, prend ses racines à l’intérieur de notre être. Ceci est conforme à cette phrase que j’ai reçu en rêve : S’il reste même un centième de part d’Amalek en toi, Amalek vivra en dehors de toi !

Ce rêve m’expliquais pourquoi Hachem a ordonné à Shaoul d’exterminer Amalec et pourquoi il fut puni de n’avoir pas obéi. Ce jour là, j’ai compris que si je reçois du mal d’une personne, quelle qu’elle soit, je ne dois pas prier pour elle, mais pour moi, pour ma réparation, car ce mal, en réalité est en moi.

Et cela m’a rappelé une histoire du Talmud au sujet de rabbi Méir:

« Rabbi Méir vivait dans un quartier avec des voyous qui l’insultaient et le molestaient sans cesse. Un jour, rabbi Meir, n’en pouvant plus et décida, surtout pour eux, de prier pour la mort de ces voyous afin d’alléger leurs fautes ! Lorsque sa femme Brouria le vit elle le traita d’imbécile !

Elle lui cita en effet le Roi David qui disait: « Que Disparaissent les fautes (et non les fauteurs) ». Elle dit à son mari que s’il est confronté à ces voyous, c‘est qu’il a un lien avec eux ! Elle lui dit qu’ils ne sont là que pour mettre en évidence des problèmes qui sont chez toi !Et Brouria lui dit qu’il faut prier pour sa Téchouva . Rabbi Méir s’incline devant sa femme et sur son conseil change sa forme de prière … Les voyous feront Téchouva et deviendront ses élèves ! »

C’est la raison pour laquelle j’ai appelé cette paracha : Les dix cernements, car elle arrive juste après les dix commandements.

Discernement et Cernement

michpatLe discernement c’est être juge, c’est-à-dire que c’est l’attribution à quelqu’un ou à quelque chose d’une qualité. Or, ce ou celui qui est jugé, développe cette qualité….

Si on considère un enfant comme intelligent, il va accroître cette qualité. Si on le considère nul, il deviendra nul ! Le discernement va créer l’autre de la manière dont il aura été discerné.

Lorsque nous cataloguons une personne, nous contribuons inconsciemment à développer en lui les attributs dont nos propres perceptions l’ont affublé.

Ainsi ce que nous discernons, en réalité, nous le cernons … Nous créons la réalité par la nature impitoyable de notre regard. Le Juste est celui qui sait que ce qu’il voit chez l’autre est une partie de lui qui s’exprime aujourd’hui pour être libérée.

« C’est pourquoi il est dit de Yossef: « hadar lo (qu’il est majestueux) le chor (taureau) de son premier né » (Deutéronome 33:17). Comme nous l’avons vu plus haut, « premier né », correspond à l’intelligence interne. « Son chor » suggère l’idée de reagarder. Car il faut se concentrer sur l’intelligence interne inhérente à toute chose. Même dans un endroit qui avait été obscur (auparavant) – quand nous avons le mérite de nous concentrer sur l’intelligence interne inhérente à toute chose – et nous nous rapprochons ainsi de Dieu. Likouté Moharan 1:5

Quel est le but des commandements ?

L’une des explications que l’on trouve dans les enseignements de nos Sages est qu’ils ont pour dessein de raffiner les hommes. Les commandements de la Torah sont destinés à avoir un effet civilisateur sur le peuple juif.

Les enseignements de la ‘Hassidout nous expliquent qu’il existe deux aspects à notre personnalité profonde. L’un est notre Âme Divine, une « étincelle » spirituelle à l’intérieur de nous, décrite comme une parcelle de divinité. Elle vient dans le monde avec une tâche particulière et la Torah et ses commandements constituent les instructions pour la mener à bien.

Pour comprendre la nature de cette tâche, il nous faut considérer le second trait de notre monde intérieur : l’Âme Animale. C’est la force à l’intérieure de nous qui veut vivre, et manger, et posséder… Guidés par la Torah nous devons tenter de purifier et raffiner l’Âme Animale. Ceci signifie, concrètement, que nous devons nous efforcer de contrôler, voire de transformer les caractéristiques fondamentales de notre nature humaine. (chabad.org)

L’interdiction de cuire de la viande avec du lait et la mitsva de prier.

discernement1 » Tu ne cuiras pas l’agneau dans le lait de sa mère »

L’agneau, c’est le Juste qui git en chacun de nous. C’est la petite voix qui s’élève au moment où nous allons transgresser.

Quel voleur n’a jamais eu lors de son premier larcin, un petit remord d’avoir volé ? Puis au fil du temps ce remord disparaît, avec l’habitude. Le voleur s’est fabriqué une nouvelle conscience qui a endormi la petite voix.

Cette cuisson de la conscience initiale dans le lait de l’imaginaire aura transformé le sang de l’agneau. Il aura transformé son regard, sa vision de la réalité. C’est le foie qui véhicule le sang, et lorsque nous changeons notre vision, notre foie ne véhicule plus le même sang.

L’unique but de la consommation de viande selon la Torah est d’élever l’âme de l’animal, cela fait partie du grand secret des guilgoulim.

Lorsque nous consommons de la viande avec du lait, nous donnons la possibilité à notre âme animale de se nourrir de l’imaginaire de l’animal, et comme nous sommes ce que nous mangeons, à ce moment nous enfermons cette âme consommée au lieu de la libérer.

C’est à dire qu’au lieu d’aider l’âme de l’animal à prendre son envol pour aller vers une nouvelle dimension de vie, nous avons fait de cette âme une partie de nous, nous nous sommes approprié son guilgoul. Lors de cette appropriation, nous perdons de notre coté une étincelle qui va aller se réincarner au sein d’un autre animal que nous aurons l’occasion, un autre jour, de rencontrer, pour élever son âme et libérer l’étincelle.

C’est difficile à comprendre dans notre monde physique, mais dans le monde métaphysique, c’est pourtant une réalité. Comment pourrons-nous nous adresser à Dieu si nous avons éparpillé toutes nos étincelles ? C’est impossible alors on va se mettre à penser que la prière ne sert à rien, que Dieu ne peut l’entendre et que ce n’est que de la religiosité engendrée par la peur …etc …

Pourquoi la mitsva de la prière ?

Ces versets expriment une obligation générale de servir Dieu.

  • « Vous servirez l’Eternel votre Dieu. » (Ex 23, 25)
  • « C’est l’Eternel ton Dieu que tu craindras, et c’est lui que tu serviras »(Dt 6, 13)

Selon Maïmonide, on y trouve l’obligation particulière de prier. Les sages ont en effet expliqué que le mot avoda (service) renvoyait à la notion de téphila (prière. Il est écrit: « Si vous écoutez mes commandements que Je vous prescris en ce jour, en aimant l’Eternel votre Dieu et en Le servant de tout votre cœur et de toute votre âme… » (Dt 11, 13). Les sages en tirent l’élaboration suivante : « Quel est donc le service du cœur ? Ce n’est rien d’autre que la prière » (Ta’anit 2a).

D’après Na’hmanide (dans ses notes sur le Séfer Hamitsvot de Maïmonide), il n’y a aucune obligation de la Torah de prier chaque jour. Selon lui, l’enseignement élaboré à partir des versets mentionnés plus haut, que cite Maïmonide, doit être conçu comme une hasmakhta (un appui).

Ce sont les membres de la Grande Assemblée qui ont institué les trois prières quotidiennes. Or, de l’avis même de Na’hmanide, ce n’est qu’en temps de détresse qu’il existe une obligation de se tourner vers Dieu par la prière, comme nous l’apprenons du commandement de sonner des trompettes d’argent (Nb 10,9).

Il est dit en effet : « Lorsque vous entrerez en guerre sur votre terre, contre l’ennemi qui vous tourmente, vous sonnerez des trompettes et vous vous rappellerez au souvenir de l’Eternel votre Dieu ; et vous serez délivrés de vos ennemis. »

Car la véritable prière contient la ferveur du coeur.

Pour Rabbi na’hman, la prière est fondamentale, mais elle doit être accompagnée de l’attribut de michpat (justice, équité).

Selon l’enseignement de Rabbenou : « Se lever au milieu de la nuit pour se consacrer à l’étude de la Thora, à la prière et à la prise de conscience (hitbodedout) permet de distinguer le bien du mal et de développer la mémoire à des fins positives en particulier le souvenir permanent du monde futur. Ainsi on pourra repérer et comprendre les allusions qu’ Hachem nous envoie chaque pour nous permettre de nous rapprocher de lui. (Likoutey moharan T54 part 1) »

Hitbodétout : lorsque la prière s’entoure de l’attribut de michpat

hitbodédoutLa Hitbodétout, c’est: « Parler à Dieu dans notre langue maternelle ».

Choisir de préférence la nature ou sinon, un endroit calme et retiré. Déverser son cœur, se juger, s’encourager, apprendre à se connaître, implorer de l’aide, briser sa solitude en s’adressant au Seul interlocuteur qui puisse nous comprendre … C’est la chose la plus importante, parce que c’est la clé de tout le reste.

Lorsque nous parlons de nos crainte nous écoutons nos réponses. L’intelligence interne nous répond. Encore faut-il en parler en toute transparence.

Quel autre interlocuteur que Dieu lui-même pourrait garantir un niveau parfait de transparence ?

Il faudrait être fou pour se lever à minuit et s’adresser à Dieu en proférant des mensonges ! Mais même si cela arrivait, ça ne pourrait durer plus de 5 minutes, car très vite la petite voix endormie se réveillerait.

Comment celui qui mange l’agneau dans le lait de sa mère pourra-t-il résister devant la Vérité de la Hitbodédout, devant sa propre vérité intérieure…. Combien de temps pourra-t-il tenir l’agneau endormi ? Lorsque le coeur de l’homme est dans la détresse, très vite, il se ramollit.

Ce qu’il faut comprendre c’est que tant que machia’h n’est pas venu, nous sommes dans la détresse de l’exil, et encore plus dans les temps de la fin que nous vivons actuellement.

Pratiquer la Hitbodédout pour activer le discernement

Faites un essai. Isolez-vous dans l’intention d’entamer ce dialogue. Si vous n’y parvenez pas (timidité, inhibition ou autre) ne vous en faites pas, c’est normal. Persévérez simplement, continuez à essayer et à vouloir. Prononcez au moins ces paroles: « Mon Dieu, aides-moi à Te parler ! » … ou bien tout simplement: « Mon Dieu ! ». Si vous persévérez, vous recevrez bientôt l’inspiration.

Des paroles venant de très loin, au fond de vous, émergeront soudain. Et ces paroles qui jaillissent de ce qu’il y a de bon, de divin, de caché en vous, c’est le début de la Réponse de Dieu. Si votre coeur est dur comme roc, il fondra peu à peu. Vous pourrez par cette méthode vous métamorphoser.

Du plus petit jusqu’au plus grand, il n’est pas possible de devenir « Cacher* », si ce n’est en parlant chaque jour à Dieu.

*Cacher: Traduction littérale: apte , conforme ou consacré.

Devenir cacher demande une préparation … La Hitbodetout est l’outil le plus remarquable qui soit nous sommes en direct, aucun intermédiaire ne peut intervenir. Et nous sommes aidés en cela par les forces de la nature.

« Car sur chaque brin d’herbe qui pousse, se tient un ange qui l’aide à pousser. »

Notre communication avec Dieu sous la forme de la Hitbodédout, est une relation avec notre âme minérale, l’atome intérieur, la trace laissée par Le Créateur, au sein de « l’Espace Incréé », qui persiste en la Matrice Divine de « l’espace créé » lors du Tsimsoum. Cet « Espace Incréé » est Lumière…

« Que la lumière fût  » exprime cet effet de trace, makif , qui implique l’antériorité de l’effet sur la cause. L’Environnement existe avant la Matière qui n’est plus qu’un Souvenir de cet Environnement.

Se reconnecter au makif, la pierre intérieure, veut dire écouter la Voix Divine.

Le A-venir Olam haba, est encore dans l’Environnement et il n’y a plus qu’à aller retourner le chercher. Ce Retour (Teshouva), est un retour vers le futur, et c’est cela la prophétie car nous avons tous ce don de Prophètie pour nous-même.

Le Prophète est à la fois Juge et médecin.

Par la pratique de la Hitbodédout, nous activons le véritable Discernement (Juge) et nous activons le Pouvoir d’auto-guérison (médecin).

Michpatim – en bref

michpatim2Exode 21, 1 – 24, 18

« Suite à la révélation du Sinaï, Dieu promulgue une série de lois à l’adresse du peuple d’Israël. Elles incluent les lois relatives au serviteur contractuel, aux peines sanctionnant le meurtre, le rapt, l’agression et le vol, les lois civiles relatives aux réparations des dommages, aux prêts financiers, et à la responsabilité des quatre catégories de gardiens, ainsi que les lois régissant le procédé judiciaire mené par les tribunaux.

Sont également enseignées les lois mettant en garde contre le fait de maltraiter les étrangers. L’observance des fêtes saisonnières et des offrandes agricoles qui devaient être apportées au Saint Temple à Jérusalem. L’interdiction de cuire de la viande avec du lait et la mitsva de prier.

En tout, la paracha de Michpatim contient cinquante-trois mitsvot : 23 commandements impératifs et 30 interdictions.

Dieu promet de mener le peuple d’Israël à la Terre Sainte et les prévient de ne pas adopter les comportements païens de ses habitants actuels.

Le peuple juif proclame « Nous ferons puis nous comprendrons » tout ce que Dieu nous commande. Laissant Aaron et Hour en charge du camp israélite, Moïse gravit le mont Sinaï et y demeure pendant quarante jours et quarante nuits pour recevoir la Torah de D.ieu. »

Alors pourquoi dix Cernements

Tout simplement parce qu’il y a 10 séphirot …. et 4 mondes. C’est pourquoi Moïse s’isole pendant 40 jours.

Pour chaque attribut séphira, il y a une réparation dans les 4 dimensions qui sont dans l’ordre : physique, émotionnel, mental et spirituel. Assiah, Yetsirah, Briah et Atzilout. Pshat, Remez, drash et Sod.

Il y a certainement une explication qui relie les 53 mitsvot et les 40 jours.

Car 40 + 13 = 53.

Et 13 est la guématria du mot e’had qui veut dire UN et du mot ahava qui veut dire amour. mais je ne suis pas capable de vous la donner !!!

Désolée, ce sera peut-être partie remise si je tombe sur l’explication d’un rav. Pour l’instant, j’ai juste un peu effleuré le secret du 40 …

Avec amour (13)

Mikhal

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