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Honi HaMe’aguel (Honi, le traceur de cercles) fut un Sage d’Israël du premier siècle avant l’ère commune, contemporain de Shimon ben Sheta’h, et antérieur aux Tannaim, les docteurs de la Mishna.

honi-hameaguel-mihal-gamlieli1Au cours de ce siècle, un grand nombre de mouvances et dissidences religieuses se développa parmi la population judéenne.

Parmi ceux-ci, certains avaient la réputation de faiseurs de miracles, à la manière d’Élie et Elisée, les Anciens Prophètes.

Le Talmud comporte des récits de tels faiseurs de miracles.

Parmi ceux-ci, la Mishna Ta’anit 3:8 est tout entière consacrée aux exploits de Honi HaM’agel’, réputé pour sa capacité à voir ses prières pour la pluie exaucées.

«Je vous donnerai vos pluies en leur saison « (Wayiqra/Lévitique 26,4) – En quoi sont-elles «nos» pluies, ne sont-elles pas destinées à l’ensemble de l’humanité ? C’est la question que pose le rav Avraham Saba, l’une des hautes personnalités toraniques de la communauté espagnole, qui fit partie des Juifs exilés de ce pays en 1492.

Il répond (in Tseror haMor, Paracha Be’houqotaï) que cette expression surprenante du verset nous apprend qu’en effet les pluies ont à voir avec le peuple juif. Toutes les pluies, même celles qui concernent les nations.

C’est-à-dire qu’Israël a son mot à dire à cet égard, capacité qui l’amène à sanctifier le Nom divin quand les nations sont dans le besoin et qu’elles se tournent vers le peuple juif pour qu’il implore la Grâce divine ! Et le présent verset garantit donc que les prières du peuple juif – ou au moins celles de leurs grands Tsadiqim – seront exaucées !

On trouve dans la Guemara (Ta’anith 23a) que c’était la force dont était investi l’un des grands Sages du temps de la Michna, ‘Honi haMa’agal.

honi-hameaguel-tombeLa tombe de ‘Honi haMe’aguel à ‘Hatsor Guelilith

« Une année, le mois d’Adar était déjà pratiquement terminé, et les pluies n’étaient pas venues. On fit appel à ‘Honi haMa’agal : «Prie, et que tombe la pluie !»Il s’exécuta, mais sans résultat. Il traça alors un cercle par terre, et s’y tint, à l’image de ce qu’avait fait le prophète ‘Habaqouq (2,1) « Je veux me tenir à mon poste d’observation.» Il proclama face au Ciel : «Maître du monde, Tes enfants se sont tournés vers moi, prétextant que je suis face à Toi comme un habitué dans Ta maison. Je fais le serment de ne pas bouger d’ici tant que Tu n’auras pas fait acte de pitié envers Tes enfants.»

Une fois, (lorsque Dieu n’envoya pas la pluie sur Israël en hiver (dans la région où se situe Israël, la saison des précipitations est en hiver), et que la Pâque, qui tombe au printemps) l’on dit à Honi HaMe’aguel: prie que les pluies tombent.

Il leur dit: sortez et rentrez les fours de Pessa’h pour qu’ils ne s’abîment pas.

Il pria et il ne plut pas.

Que fit-il?

Il traça un cercle et se tint au milieu, et dit:

Maître du monde! Tes enfants se sont tournés vers moi car je suis comme un habitué de ta maison.

Je jure sur Ton Grand Nom que je ne bougerai pas d’ici jusqu’à ce que Tu ais pitié de Tes enfants.

Il commença à pleuviner.

Il dit: ce n’est pas ce que j’ai demandé, mais des pluies qui remplissent les puits, les réservoirs et les citernes.

Les pluies commencèrent à tomber avec violence.

Il dit: ce n’est pas ce que j’ai demandé, mais des pluies de bienveillance, de bénédiction et de générosité.

Les pluies tombèrent comme il faut, jusqu’à ce que les habitants de Jérusalem se réfugièrent sur la montagne du Temple pour échapper aux inondations.

Ils vinrent lui dire: de même que tu as prié que ces pluies viennent, prie pour qu’elles partent!

Il répondit: allez voir si la pierre des objets trouvés a fondu.

Shimon ben Sheta’h envoya lui dire: si tu n’étais pas Honi, je t’aurais excommunié. Mais que puis-je faire, tu fais des caprices devant le Seigneur et il fait ta volonté, comme un enfant fait des caprices et dont le père cède.

Les circonstances de la mort de Honi sont également décrites dans le traité Ta’anit (23a):

« Croisant un homme qui plantait ses caroubiers, il s’étonna de la futilité de la chose, puisque, le caroubier mettant 70 ans à pousser, le planteur n’en aurait jamais l’usufruit. Alors qu’il arrivait près d’une grotte, Dieu fit tomber sur lui un sommeil de 70 ans.
A son réveil, Honi se trouva abandonné, personne ne voulant croire qu’il s’agissait de lui.
Il plaignit son sort, pire encore que celui du planteur, car celui-ci était remémoré avec gratitude par sa descendance, alors que le propre petit-fils de Honi l’avait pris pour un mendiant et un affabulateur. Il retourna à la grotte, s’endormit et mourut. »

Flavius Josèphe donne une autre version de l’histoire dans son Antiquités des Juifs :

« Vers – 70 EC, au temps de la guerre qui opposa deux dynasties Hasmonéennes, l’une menée par Aristobule II, l’autre par Jean Hyrcan II (et son conseiller, Antipater l’Iduméen), Honi fut mené de force devant Jean Hyrcan, qui lui demanda de prier pour la défaite de l’autre parti. Lorsqu’il refusa, il fut exécuté. »

Le Maharsha (sur ce passage de Ta’anit ad loc.) concilie ces deux versions, en expliquant que Honi fut « déclaré » tué par les gens de Jean Hyrcan II, mais qu’en réalité, il sommeilla dans la grotte 70 ans.

Sa tombe se trouve près de la ville de Hatzor Ha Gelilit, dans le nord d’Israël. (Photo ci-dessus)

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/
http://www1.alliancefr.com/
http://www.kountrass.com
https://bokertovyerushalayim.wordpress.com
http://haabir.unblog.fr/

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