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Dans un article du numéro de mars-avril 2015 de la revue Biblical Archeology Review, l’archéologue Ken Dark de l’université de Reading révèle que la maison où Jésus a passé son enfance pourrait avoir été découverte.

maison de JesusKen Dark. Biblical Archeology Review

Le site, mis au jour pour la première fois en 1880, est situé sous le couvent des Sœurs de Nazareth, mais ce n’est qu’en 2006 qu’une véritable fouille a été entreprise. Il s’agit d’une maison avec cour datant du Ier siècle de notre ère, construite en pierres. Sur le site, les archéologues ont aussi trouvé des tombes, une citerne et une église byzantine plus récente.

Or la localisation de la maison sous le couvent est décrite comme celle de l’enfance de Jésus par plusieurs sources, explique Ken Dark, Il est impossible d’affirmer qu’il s’agit bien de la maison de Jésus, reconnaît le chercheur, mais d’autres éléments penchent en faveur de cette hypothèse.

De gros efforts ont été déployés au cours des siècles pour préserver les restes du bâtiment et les intégrer aux constructions postérieures, précise l’archéologue dans son article, indices de l’importance qui était accordée à cette maison selon le site Live Science.

Dans les siècles qui ont suivi, l’empire byzantin a pris soin de la maison, décorée de mosaïques et surmontée d’une église pour la protéger. L’église a été abandonnée au VIIIe siècle, et reconstruite au XIIe siècle par des croisés, avant d’être réduite en cendres au siècle suivant.

En 1936, le prête Henri Senès, ancien architecte, a visité le site et documenté avec précison sa structure. Ses notes n’ont pas été publiées et seules les sœurs du couvent en avaient connaissance. C’est en 2006 qu’elles ont ouvert l’accès au site et aux archives à l’équipe de Ken Dark, ce qui a permis à cette dernière de reconstituer l’évolution du site.

maison de Jesus2Les archéologues de l’Autorité israélienne des Antiquités ont mis au jour, sur le chantier de construction du « futur Centre international Marie de Nazareth », situé à côté de la basilique de l’Annonciation, les fondations d’une maison juive du Ier siècle. Les vestiges de cette habitation, que le Christ a théoriquement pu voir et fréquenter, ont commencé à livrer de précieuses informations sur la vie des Nazaréens de l’époque. Ils ont aussi permis de mieux interpréter les autres sites archéologiques déjà connus de la «Cité de l’Incarnation».

L’archéologue responsable des fouilles, Yardenna Alexandre révèle: « Nous avons dégagé le terrain jusqu’au niveau du rocher naturel et mis au jour des restes de murs de pierre avec leurs fondations. Nous avons alors trouvé, dans la même maison, des morceaux de céramique de l’époque hellénistique tardive et romaine ancienne. Ces débris attestent que la bâtisse était occupée du premier siècle avant J.-C. au premier siècle après J.-C. »

A la question : C’était une maison juive ? l’archéologue israélienne répond : « Oui. On a trouvé des fragments de jarres en pierre. Or ces sortes de jarres particulières de Judée et de Galilée centrale n’étaient utilisées que par les juifs, pour des raisons rituelles. Ces récipients étaient en effet résistants aux impuretés, tandis que les vases en céramique pouvaient être souillés et devaient alors être détruits. On observe de tels fragments en pierre dans la plupart des maisons juives de l’époque. J’en ai par exemple trouvé beaucoup à Cana, où j’ai effectué de nombreuses fouilles de maisons du temps de Jésus. On n’a pas découvert grand-chose d’autre dans la maison de Nazareth. Seulement quelques objets simples, de la même époque.

La vaisselle en calcaire retrouvée sur le site, suggére qu’une famille juive y a vécu, le calcaire étant considéré par les croyances juives de l’époque comme un matériau ne pouvant être impur.

Yardenna Alexandre poursuit : « On peut affirmer que Nazareth était habité par des juifs à l’époque hellénistique tardive et romaine. C’était un petit village, voire seulement un hameau. On a pu le délimiter partiellement grâce aux grottes et aux excavations de sépultures que l’on a trouvées sur le flanc de la colline. On sait que, selon la tradition juive, ces tombeaux étaient placés en bordure des habitations. On a aussi constaté que Nazareth n’était pas sur la route de transit de l’époque, contrairement par exemple à Cana, qui était une localité beaucoup plus importante. »

En réalité il semblerait que deux maisons auraient été découvertes !

Selon l’explication de Pascal Fleury : Si la découverte d’une maison juive du Ier siècle vient confirmer définitivement l’existence d’une bourgade à Nazareth, à l’époque de Jésus, elle remet en revanche partiellement en question l’interprétation des autres sites archéologiques visités par les pèlerins.

Ainsi, par exemple, la grotte enchâssée dans la basilique de l’Annonciation, considérée selon la tradition comme le lieu où vivait la Vierge Marie et où elle aurait reçu la visite de l’archange Gabriel, ne serait qu’une annexe ou une cave de la présupposée « maison de Marie », la bâtisse ayant complètement disparu.

Les fouilles actuelles soulèvent une autre question: s’agit-il vraiment de la «première maison juive du Ier siècle» trouvée à Nazareth, comme le prétend l’Autorité israélienne des Antiquités ?

Car dans les années 1900, une autre «maison vénérée» du Ier siècle avait été trouvée à proximité, sous une cour de la propriété des Religieuses de Nazareth. Les fouilles avaient été menées par les Soeurs, avec les bons conseils du Père Séjourné, prieur des dominicains de l’Ecole biblique de Jérusalem. Ces fouilles anciennes, entreprises dès 1884 et peu scientifiques, avaient permis de mettre au jour, outre les restes de cette habitation, plusieurs grandes grottes avec tombeaux, une chambre sépulcrale juive avec pierre roulante de la période hérodienne (Ier siècle) et une crypte creusée dans le rocher avec autel pouvant être le «Tombeau du saint», ou «Tombeau du Juste », cité par la tradition.

Les Soeurs avaient aussi découvert une fontaine-citerne, des canalisations, des dallages de pierre, des voûtes byzantines et divers vestiges de culte de l’époque des Croisés.

Après la Seconde Guerre mondiale, les recherches furent reprises par le Père Sénès, de l’Institut biblique pontifical de Jérusalem. Il tenta de démontrer que ce site correspondait à l’église ancestrale construite sur la «maison dans laquelle le Seigneur notre Sauveur a été nourri», comme l’avait décrite l’évêque gaulois Arculfe, en 670. Ce sanctuaire ancestral abritait-il la maison de Jésus et le tombeau de son père nourricier, saint Joseph, surnommé «Le Juste»?

Le bibliste et archéologue suisse Jean-Bernard Livio, qui a étudié longuement le site et publié ses résultats en 1982 (cf. «Le Monde de la Bible», No 16), reste dubitatif. « J’ai beaucoup d’hypothèses, mais aucune conviction », affirme le Père jésuite, lors d’une rencontre sur le terrain avec l’archéologue Yardenna Alexandre. « Les éléments en présence restent insuffisants pour établir un véritable rapport scientifique », regrette-t-il.

L’archéologue israélienne se montre plus catégorique. Pour elle, les constructions découvertes sous la propriété des Religieuses de Nazareth ne sont pas du Ier siècle mais plus tardives.

De fait, la présence de tombes exclut la possibilité d’habitations juives: « Les juifs n’étaient pas d’accord de mêler tombes et bâtiments sur le même site. Cela est encore le cas aujourd’hui. Mais pareille cohabitation ne dérangeait pas les chrétiens, qui vivaient à Nazareth à l’époque byzantine ».

Selon la spécialiste, en revanche, les caveaux pourraient être du Ier siècle. « Pour le déterminer, il faudrait savoir ce qu’il y avait dans les tombes », interroge-t-elle. Le problème, répond Jean-Bernard Livio, c’est que les vestiges des tombes ont disparu : « Lors des fouilles, les Soeurs ont pris des notes dans leur journal de communauté. Elles y évoquent la découverte d’un squelette, de pièces de monnaie, d’une bague dont le chaton manquait. Mais ces vestiges ont été confiés pour examen à des pèlerins de passage, et tout a été perdu ».

Par ailleurs, d’autres publications de l’équipe menée par Ken Dark sont attendues, précise Live Science, mais il faudra encore attendre avant que des chercheurs n’étant pas affiliés au projet de fouilles puissent analyser les découvertes et juger de la crédibilité de ces conclusions.

Sources :
http://www.slate.fr
http://www.dreuz.info/

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