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La disparition du gaon rav Chmouel Wozner zatsal le soir du Séder de Pessa’h à l’âge de 101 ans a provoqué une très puissante onde de choc dans l’ensemble du monde orthodoxe.

rav woznerDurant sa longue vie, le rav Chmouel Wozner qui était considéré comme l’un des grands décisionnaires de notre génération, s’est illustré comme un véritable « révolutionnaire ».

Voici un aperçu de l’héritage halachique exceptionnel qu’il nous a légué.

« La grande majorité des décisions halakhiques émises en France proviennent du rav Wozner zatsal. »

Cette affirmation audacieuse, que nous a communiquée l’un des proches du maître, ne reflète pas moins la réalité. Car c’est un fait : la plupart des Rabbanim décisionnaires de France ont obtenu leurs diplômes auprès du rav Wozner ou par le biais de son institut.

À ce jour, on peut affirmer qu’un très grand nombre d’organes rabbiniques, notamment ceux relatifs à la pureté familiale, ont connu un nouvel essor sous son influence. C’est donc une immense dette que le judaïsme français a, souvent sans le savoir, à l’égard de ce décisionnaire d’exception.

Démocratiser la halakha

Il y a encore à peine quelques décennies, la horaa (littéralement : l’enseignement, la prescription halakhique) demeurait un domaine extrêmement hermétique. Ceux qui avaient la chance de côtoyer un décisionnaire digne de ce nom pouvaient l’interroger à leur guise. Mais cette possibilité n’était malheureusement pas donnée à tout le monde, et de ce fait, de multiples questions restaient en suspens.

Déjà remarqué par le ‘Hazon Ich en son temps, le rav Wozner a su prendre le taureau par les cornes et relever le défi de « démocratiser la halakha ».

Enseignant à ses disciples comment établir un pont entre les connaissances théoriques et la réalité quotidienne, il a mis en place une structure de formation de Rabbanim, spécialisés dans l’application concrète de la halakha.

C’est ainsi qu’est née la notion de bet horaa, qui consiste à assurer des permanences de Rabbanim à la disposition du grand public.

Le rav Wozner était un décisionnaire à l’écoute de son époque. À ses yeux, la Torah est un mode de vie que l’on doit inviter dans chaque aspect du quotidien : chaque situation donnée exige des réponses qu’il incombe au Rabbanim d’extraire de la halakha.

C’est lui qui, le premier, a eu l’audace de transmettre des cours publics sur les lois de pureté familiale, souvent considérées alors comme un sujet tabou. Dans cet esprit, il fut le tout premier rav ayant accepté de répondre à des questions halakhiques au téléphone.

À l’époque, il s’agissait d’une véritable gageure, car les risques de banalisation n’étaient pas négligeables. Sa force fut ainsi de tendre un pont entre les sources traditionnelles et les faits de la réalité : il a su démocratiser la notion de horaa, en insufflant au large public le réflexe de questionner sur les sujets les plus anodins ou les questions les plus cruciales.

La halakha conjuguée au relationnel

Le rav Wozner a également marqué son époque par l’attention qu’il portait à l’aspect « humain » de chaque question soumise.

À ses yeux, la halakha ne peut se concevoir comme une somme de préceptes à appliquer froidement. Au contraire, il s’efforçait de découvrir les implications de chaque décision, en la replaçant systématiquement dans son contexte social et humain.

Pour lui, la halakha n’est pas une valeur figée, qui doit être coûte que coûte appliquée selon des règles conventionnelles.

Autant il scrutait les différents aspects des questions posées, autant il observait ceux qui les lui soumettaient, tenant compte de leur sensibilité et de leur condition personnelle.

Cette approche se reflétait également dans ses relations avec ses pairs : il a toujours entretenu d’excellents rapports avec tous les courants.

Le rav Ovadia Yossef – qui le cite de manière systématique dans ses ouvrages – lui vouait le plus grand respect.

Au cœur des grandes polémiques de ces dernières décennies, le rav Wozner était ainsi allé rendre personnellement visite au rav Ovadia, pour souligner qu’aucun différend halakhique ne doit ternir le respect dû à autrui.

Tel était le rav Wozner : un éminent érudit, ayant toujours su rester proche des hommes…

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