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Le 30 avril 1902 Theodor Herzl achevait son roman: Altneuland

Hertzl alt-neuland3Tout commence le 30 août 1899, Herzl note ce jour là dans son journal :

« Aujourd’hui au milieu des cahots de l’autobus allant à Wahring le titre de mon roman sur Sion m’est venu: Alt-Neuland »

Altneuland signifie Pays ancien Pays nouveau.

Ce roman de Theodor Herzl, achevé le 30 avril 1902, a inspiré le sionisme jusqu’à l’avènement de l’Etat d’Israël en 1948. Il décrit déjà à l’époque un Etat ultra-moderne.

La capitale de la Silicon Valley israélienne porte aujourd’hui le nom de Theodor Herzl : Herzlyah. Herzlya Pituah’.

Et le Mont Herzl est l’un des lieux les plus symboliques de Jérusalem.

« En 1902 écrit Giniewski, Herzl n’avait apparemment atteint que peu de résultats tangibles (…) les fruits ne lèveront que des années après sa mort (en 1904). Il décrit dans la fiction de Altneuland la perfection de la réussite. Dans la réalité il doit se battre les mains nues:

« Nous sommes comme les soldats de la révolution française. Nous devons combattre nu-pieds et sans culottes. Je dois lutter avec une épée de bois, alors qu’il m’en faudrait une d’acier »

Quel est le vrai message de Yom Atsmaout ?… le jour de l’Indépendance d’Israël

Extrait du cours: Herzl, ouah! quel géant !

Altneuland: Pays ancien, pays nouveau

En 1902, Herzl écrit le roman Altneuland dans lequel il décrit le futur Etat juif comme une utopie sociale. Il imagine dans le « Pays d’Israël » une « nouvelle société » construite sur un
mode coopératif. L’Etat juif y est décrit comme une société pluraliste, avancée, une « lumière pour les nations. »

hertzlHerzl (au centre) et la délégation sioniste en route pour la Palestine (1898) (Office de presse du gouvernement d’Israël

Ce livre, exerça un puissant impact sur les Juifs de l’époque et devint un symbole de l’idéal sioniste.

Dans les extraits suivants, Herzl évoque la situation misérable des autochtones de Palestine avant l’installation des sionistes.

p. 223 (…)

‘’Mais je voulais vous demander, mon cher Bey, ce qu’il en était advenu des anciens habitants du pays qui ne possédaient rien, c’est-à-dire de la majorité des Arabes musulmans ?

– M. Kingscourt, votre question renferme en elle-même sa réponse. Ceux qui ne possédaient rien, n’avaient rien à perdre, et naturellement, ne pouvaient que gagner. Et ils ont gagné au point de vue travail, nourriture, bien-être. Il n’y avait rien de plus misérable et de plus lamentable qu’un village arabe de Palestine, à la fin du XIX ème siècle. Les paysans habitaient dans des masures de terre, dont les animaux n’eussent pas voulu. Les enfants se vautraient, dans la rue, nus sans soin et croissaient comme du bétail. Aujourd’hui, tout est changé. Ils ont profité, bon gré mal gré, qu’ils se soient affiliés ou non à la nouvelle Société, d’un admirable régime de bien-être. (…)

La nouvelle Société a acquis le sol pour peu de choses et l’a transformé en une excellente terre. Les champs appartiennent à ce village que vous voyez briller là-haut sur la colline. C’est un village arabe. Vous remarquerez la petite mosquée. Ces pauvres gens sont devenus très heureux, ils peuvent se nourrir normalement, leurs enfants se portent bien et commencent à s’instruire. On a en rien troublé leurs croyances ou leurs usages. On leur a seulement donné une plus grande part de bien-être’’.

p. 159 (…)

‘’Ils passèrent quelques jours dans la vieille patrie des Juifs. De Jaffa ils eurent une impression déplaisante. Le site, en face de la mer bleue est vraiment imposant, mais la ville est dans un état pitoyable. Le débarquement dans ce port misérable est des plus pénibles. Les ruelles qu’emplit une odeur détestable, sont insalubres, mal entretenues. Partout, c’est la misère diaprée de l’Orient : Turcs miséreux, Arabes crasseux, Juifs craintifs, tous vivent dans la presse, dans la gueuserie, sans espoir. Un relent de putréfaction, une odeur de tombe prend à la gorge.

Kingscourt et Frédéric se hâtèrent de quitter Jaffa. (…) Partout, sur leur passage, ils voyaient l’image du plus absolu dénuement. Une plaine sablonneuse et marécageuse, de maigres champs brûlés par le soleil. Des villages à l’aspect sombre, peuplés d’Arabes à face de brigands. Des enfants jouaient nus dans la poussière des rues. (…)

– Si c’est là notre patrie, disait tristement Frédéric, elle est aussi en ruine que notre peuple.’’ (…)

Source: Theodor Herzl, Altneuland. Nouveau pays ancien. Précédé d’un essai de Denis Charbit, Retour à Altneuland : la traversée des utopies sionistes. (Editions de l’éclat, 2004), pp.223, 159.

Sources
http://www.akadem.org/
http://www.harissa.com
http://www.ravdynovisz.tv/video.php?video_id=31154

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