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Par Maryse Choukroun – Historienne

Le marranisme est un phénomène unique par son ampleur et sa durée dans toute l’histoire du judaïsme. Il est l’aboutissement d’une suite d’événements et de situations inhérentes à l’histoire du judaïsme ibérique.

les-derniers-marranesImage du film : les derniers marranes Réalisé par : Frédéric Brenner

Arrivés au Ier siècle comme esclaves à la suite des armées romaines, après la chute de Jérusalem, les Juifs sont affranchis en l’an 212 par l’empereur Caracalla.

Au IVème siècle, les Wisigoths envahissent la région. Lors de la conversion de leur Roi Recared au catholicisme, au VIIème siècle, toute la population est sommée d’embrasser la foi chrétienne. Les Juifs ayant refusé, ils connaissent les premières grandes persécutions.

Menacés d’avoir les deux yeux crevés, (symbole de leur aveuglement devant la vérité de la croyance chrétienne), les historiens estiment à 90.000 le nombre de ceux qui auraient accepté la conversion. Les autres se réfugient dans les montagnes jusqu’à l’invasion des Maures au VIIIème siècle.

A partir du IXème siècle, l’Empereur Charlemagne, entreprend la conquête systématique de la Péninsule. Les Juifs se retrouvent à nouveau en pays chrétien. Durant les trois siècles suivants, on peut dire que leur situation est vivable. La philosophie, la poésie, les sciences s’épanouissent.

C’est ce que certains historiens ont qualifié « l’âge d’or du judaïsme espagnol ». On retrouve tout naturellement des Juifs à des postes élevés dans des charges publiques et honorifiques, ce qui ne va pas sans susciter des envies, et des jalousies aigües.

Mais cette situation va changer du tout au tout avec l’arrivée du nouveau pape Innocent III. En 1215, il réunit un Concile à Latran et promulgue pour tout le monde chrétien les plus virulents dogmes antijuifs :

1) Les Juifs devront vivre dans des quartiers séparés fermés par de hauts murs. (ghettos, juiveries, juderias ou calls suivant les pays).

2) Dès que les juifs sortent de leur quartier, ils sont obligés de porter des signes distinctifs qui les font reconnaitre des chrétiens : un chapeau pointu en Europe de l’Est, ou en Espagne, une longue cape de bure appelée gramelle avec cousue sur la poitrine, une rouelle (rond jaune sur fond rouge, mélange du jaune infamant et du rouge évoquant le sang de Jésus).

3) Et plus grave que tout ce Concile décrète que les Juifs sont un peuple déicide, phrase répétée dans les églises régulièrement. Cette proclamation ne fut annulée que lors de Vatican II en 1965.

Au milieu de toutes ces brimades et humiliations, les Juifs vivent et survivent. Au milieu du XIVème siècle trois épidémies de peste se déclarent à partir de 1348. L’Europe entière est touchée. Les morts se comptent par dizaines et par centaines de milliers.

Le fait que les Juifs vivant dans des quartiers séparés avec leurs propres puits, en observant les règles d’hygiène (mikwe, netilat Yadaim) et la cacherout ont fait que les premiers mois, ils furent moins atteints que les autres habitants.
De là à penser qu’ils avaient empoisonné les puits des Chrétiens, il n’y eut qu’un seul pas qui fut très vite franchi.

Les pestes avaient fait de très nombreux morts et la démographie de la Péninsule était tombée en chute libre, d’où un manque de bras dans toutes les branches artisanales, et plus particulièrement dans l’agriculture.

A ce problème se surajouta des années de très grand froid qui détruisirent les récoltes et la famine sévit en Espagne durant plus de dix ans.
La révolte grondait dans les campagnes.

Des moines tout spécialement formés allaient de villages en villages pour détourner le mécontentement des paysans contre le gouvernement, et le diriger contre les Juifs ceux par qui tous leurs malheurs arrivaient.

Il fallait éradiquer l’Espagne de tous ses juifs, non pas en les tuant, mais en les convertissant. Seul, un refus total devait provoquer leur mort.

Le courroux grandissait, s’enflait, et à la fin du mois de mars 1391, une vague incontrôlée de massacres s’abattit sur la Péninsule, détruisant tout sur son passage, du sud vers le nord.

Admirablement orchestrée au départ par l’évêque de Séville, ces pogroms avaient pour but soit, en ayant même recours à la force, de convertir les Juifs, soit de les supprimer. C’est donc aux cris de  » à feu et à sang  » et  » la conversion ou la mort » que la foule déchaînée envahit tous les quartiers juifs.

Dans la région de Séville, 4000 Juifs furent tués en quelques jours, à Cordoue, tout le quartier fut réduit en cendres. Les juiveries de Barcelone, de Majorque, de Lérida, Saragosse et bien d’autres plus petites, furent rayées de la carte.Les Juifs qui refusaient d’embrasser la foi chrétienne furent brulés sur des buchers improvisés ou passés au fil de l’épée.

Des témoignages parlent du sang dévalant les ruelles, des hurlements d’hystérie de la populace déchainée, des Juifs tirés par les cheveux jusqu’à des fonts baptismaux dans lesquels ils étaient plongés par la force pour être convertis.

Devant le déchaînement de la foule en furie, nombreux furent les Juifs qui pensèrent que le seul moyen de s’en sortir et de survivre était d’accepter une conversion, persuadés que l’ordre allait bientôt être rétabli, et qu’ils pourraient reprendre le cours normal de leur vie d’ici quelque temps.

En l’espace de cinq mois, temps durant lequel ces massacres firent rage, on estime à 50.000le nombre des Juifs morts en Espagne, et à 250.000 celui des convertis.
C’est un phénomène unique dans toute l’histoire du judaïsme.
Mais il ne s’arrêta pas avec la fin de ces exactions.

Les hauts dignitaires de l’Eglise se montrèrent fort déçus par les résultats. Ils avaient espéré une arrivée en masse pour ne pas dire totale des Juifs dans le giron du catholicisme. Voyant qu’ils n’avaient pas obtenu par la force les résultats escomptés, ils décidèrent d’essayer la persuasion.

Dès 1401, il fut décidé que tous les Juifs dès l’âge de 7 ans, devaient être amenés, si besoin était, par la force, deux fois par semaine dans les églises pour écouter les sermons virulents des Frères Prêcheurs, Dominicains et les Franciscains.

Le plus célèbre d’entre ces moines, mais aussi le plus fanatique fut le Frère Vincent Ferrier, qui, par des discours enflammés détruisait systématiquement les arguments du Talmud.

En 1411, il entra dans la grande synagogue de Tolède, en plein office de Shabbat, brandissant une immense croix, et la transforma immédiatement en église Santa Maria la Bianca.

Pour convaincre un peu plus les hésitants, on interdit aux Juifs la plupart des métiers, c’est à partir de cette époque qu’ils furent réduits à pratiquer l’usure, alors qu’en même temps on promettait monts et merveilles à ceux qui se convertissaient.

Durant tous ces événements très nombreux furent les Juifs qui virent dans la conversion une échappatoire plus ou moins provisoire à tous leurs malheurs. Mais la réalité, hélas, fut toute autre.

Les convertis se divisaient en trois groupes :

– Ceux qui décidèrent de changer de vie totalement et qui, oubliant leurs origines devinrent de bons et sincères chrétiens.

– Ceux qui, craignant qu’on mette en doute leur nouvelle foi, ou, pour éviter des représailles, firent du zèle et devinrent les plus grands et les plus dangereux antijuifs.

– Enfin les autres, les plus nombreux, qui, croyant que la crise n’était que passagère, voulurent, en cachette, rester fidèles à la foi de leurs ancêtres, et continuer à pratiquer, en se cachant, le judaïsme.

Ils furent appelés les Marranes, ou plutôt, comme on le dit maintenant, les crypto-juifs (ceux qui pratiquent le judaïsme en secret).

Le mot marrane est très péjoratif. Il signifie, dans le patois castillan  » porc « , ou plutôt  » cochon « . Il fut donné par les Espagnols aux nouveaux convertis, d’une part en signe de mépris, et d’autre part, parce que certains de ces nouveaux convertis, pour montrer qu’ils s’étaient bien intégrés mettaient des morceaux de porc à sécher à leurs fenêtres.

En se convertissant, obligation leur était faite de changer d’identité.

– Soit ils choisissaient la traduction de leur prénom hébreu : ainsi Haïm devint Vidal, Mazel Tov se transforma en Astruc ou Bonastruc, Sitruk et Yom-Tov en Bonjorn.

– Soit ils gardaient la première lettre symbolique pour préserver le souvenir de leur prénom juif : Abraham donna Arnaud, Andres, Barouh, se transforma en Bendit, Benedict. Isaac donna Ignace ou Isidore, et Jacob devint Jacques ou Jaime, etc…
Comme nom de famille,

– Soit ils prenaient leur métier : Nous connaissons tous les Sastre, les Herrero, les Ferrer, ou Sapatero.- Soit ils se contentaient de leurs origines géographiques: les Catala, les Zwili, les Catalayud, les Gueron, Sarragosse, Rossellini etc….

– Parfois même, obligés avant de se convertir à vivre dans des espaces restreints ou dans une même rue, ils finirent par s’appeler, Delaporte, Sasporta ( en Catalogne ) , De la Calle, les Carrer ou les Carrera etc…

– Ceux qui manquaient d’imagination dans ces moments d’épouvante, prenaient ce que le religieux qui les convertissait leur suggérait, à savoir, le prénom du saint du jour, mais surtout le nom du Roi. Combien sont devenus des Martinez, Sanchez, Fernandez ou Perez.

-Enfin, les derniers, ceux qui voulaient faire du zèle et choisissaient des noms de famille tels que  » Santa Maria « ,  » Dos Santos « , Iglésias », Santa Cruz, Delacruz, Delacroix etc… Dès qu’ils étaient convertis, ces nouveaux chrétiens, étaient séparés de leurs anciens coreligionnaires.

Durant une période de deux ans ils étaient pris en charge par les dominicains éduqués à cette intention. Entassés dans des lieux isolés, nommés, à Barcelone, la place des  » Renégats « , ou dans d’autres villes simplement  » rue de la conversion  » (comme à Perpignan par exemple), on leur enseignait leur nouvelle religion.

Obligés de suivre tous les offices quotidiens, d’écouter les leçons, les discours et les sermons, d’aller à confesse régulièrement, la base de l’enseignement consistait à leur inculquer la crainte du mensonge en les menaçant des affres de l’enfer, peu à peu ces nouveaux convertis, devinrent des fidèles comme les autres ou tout du moins la majorité d’entre-eux paraissait l’être.

Admis alors dans la société chrétienne, ils essayaient de s’intégrer et de se fondre pour se faire oublier. Lorsque leur fortune, à nouveau refaite, le leur permettait, ils essayaient de s’acheter une identité, c’est-à-dire de s’allier à des Chrétiens bien vus dans la société, mais sans ressource, ce qui était très fréquent dans la petite noblesse. Ceux-ci n’hésitaient pas à se mésallier pour redorer leur blason.

Et c’est dans un de ces cas là que le marranisme va être découvert.

Un ancien juif, fort riche, converti, vivait depuis peu au milieu des Chrétiens. Il avait une jolie fille promise à un jeune noble espagnol.

Or, un soir, alors que ce dernier s’était rendu en cachette dans sa chambre, la mère frappa à la porte. Affolée, la jeune fille cacha son amoureux dans l’immense cheminée. Comme presque partout dans les demeures, les cheminées étaient superposées, et le son montait facilement.

Or par malheur, c’était la veille de Pessah, et ce jeune homme fut le témoin auditif d’une scène qui le laissa sans voix. Stupéfait, il alla sur le champ tout rapporter à son confesseur. La découverte de la persistance de la religion juive chez les convertis, provoqua une émotion intense au sein de l’Eglise.

Il fallait extraire au plus tôt cette gangrène de leur âme, et pour cela, il fallait découvrir les coupables, les faire avouer et les châtier d’une façon exemplaire en public pour provoquer la peur et même l’effroi chez ceux qui auraient voulu les imiter.

Les évêques de tout le pays persuadèrent les souverains d’installer l’Inquisition. L’Inquisition était un tribunal religieux qui cherchait, arrêtait, « questionnait » (euphémisme pour ne pas dire torturait), condamnait et exécutait elle-même les sentences. Cette institution était totalement indépendante du pouvoir royal.

La principale source de renseignements ne pouvait être que la délation provoquée par la jalousie, ou la crainte de l’enfer. Tous les convertis furent soupçonnés. Le moindre faux pas pouvait les mener aux buchers.

Ces bûchers ou auto-da-fe dressés sur les places publiques et allumés dans une mise en scène spectaculaire dont le but était de frapper les esprits.

 » La terreur doit provoquer la dénonciation pour certains, et pour les autres, le retour définitif et sincère au catholicisme « 

La terreur régnait dans les villes et les villages, s’engouffrait dans les rues et les ruelles, envahissait les demeures. Chaque voisin, chaque membre du personnel, chaque jeune enfant même pouvait sans le vouloir, à n’importe quel moment, dénoncer ces crypto-judaïsant lors des séances de confesse qui étaient régulièrement imposées.

Lors de ces séances, les curés avaient une liste de questions précises à poser, et il suffisait que quelqu’un réponde par la positive ou même hésiter avant de répondre pour envoyer sans délai le suspect ou plutôt le présumé suspect en prison, avec toutes les conséquences que cela impliquait, c’est-à-dire la « question » faible mot pour désigner la torture. La torture menait aux aveux, les aveux condamnaient au bûcher.

Les marranes devaient donc agir dans le plus grand secret. Ils se réunissaient la nuit, dans des caves aménagées sous leurs demeures. Ils devaient se méfier de tout et de tous. Ils attendaient que les fils aient 16 ans pour leur révéler leur secret et les initier.

Privés de tous les livres religieux, coupés de toutes les pratiques, il ne leur restait, pour rester fidèles à la foi de leurs ancêtres que l’étude plus approfondie de l’Ancien Testament, éventuellement, la récitation du Shema, et les jeûnes.

Les jeûnes finirent par devenir la pratique la plus courante car la moins dangereuse, ainsi que le respect des morts, même si l’enterrement avait été catholique, ils jeûnaient pour les huit jours, ils jeûnaient pour le mois etc…

Les mères, elles, initiaient leurs filles juste avant leur mariage. Comptaient surtout, le prélèvement de la Hala, l’allumage d’une bougie pour Shabbath, qu’elles mettaient dans fond d’une jarre que l’on fermait, et le respect, au maximum de cette journée.

Les curés avaient donc une liste fort longue, liste établie par le curé de Los Palacios, de questions très précises sur les habitudes ou les détails de la vie quotidienne qui pouvaient révéler une appartenance au judaïsme. Ces questions étaient posées régulièrement lors des confessions.

Elle avait été réalisée au début pour trahir les judaïsants, or par effet de boomerang, elle servit bien plus à initier des marranes qui auraient eu tendance à méconnaître certaines coutumes. Et donc, involontairement, elle a servi à la continuité du marranisme.

Quelques exemples de questions :

Cuisinaient-ils le vendredi pour le samedi ? puis ensuite mangeaient-ils ce qu’ils cuisaient le samedi ?

La mère de famille jetait-elle un peu de pâte dans le feu en pétrissant?

Trempaient-ils la viande avant de la faire cuire ?

Changeaient-ils de linge de corps le samedi ou le dimanche ?

Mangeaient-ils à la période de Pâque, du pain non levé ?

Etouffaient-ils les volailles ou les égorgeaient-ils avec un couteau spécial?

Le père bénissait-il son fils en lui mettant la main sur la tête ou en lui faisant le signe de croix sur le front ?

Se lavaient-ils le visage en rentrant de la messe ? (après qu’on leur eût fait le signe de croix sur leur front).

Autant de faits et gestes qui pourraient paraître anodins, mais qui pouvaient envoyer quelqu’un sur le bûcher.

La vie des marranes, au cours des siècles fut faite de craintes, de peur, de suspicion.

Fallait-il que leur foi première fut profonde pour résister au temps, à l’oubli, aux subterfuges, aux simulacres.

Seule, et pour cause, la circoncision n’était pas pratiquée. Mais s’il leur arrivait, un jour, de pouvoir quitter la Péninsule ibérique si inhospitalière, leur premier acte était de se faire circoncire, et nombreux sont les témoignages des XVIIème et XVIIIème siècles sur ce point, et particulièrement en Hollande ou dans les îles des Caraïbes.

C’est aux Baléares que le marranisme a été le plus fort. Là-bas, on ne les appellait pas les marranes mais les Xuetes terme peut-être plus infamant encore dans le patois local. Le seul fait de vivre dans des îles rendait leur situation intenable.

Après les sanglants massacres de 1391, il ne resta plus aucun juif aux Baléares; Très peu nombreux furent ceux qui purent s’enfuir vers Alger ou ils fondèrent la première communauté juive. Tous les autres, pris au piège furent obligés de se convertir et nombreux furent ceux qui judaïsèrent en secret.

L’Inquisition majorquine se montra des plus implacables. Les descendants des nouveaux chrétiens devaient vivre dans des rues déterminées et actuellement, six siècles plus tard, on nomme encore leurs descendants:  » ceux de la rue  » « los de la calle « .

Ils vivent encore entre eux, se marient entre eux, on les montre encore du doigt. Jusqu’à ces dernières années, les descendants de ces Xuetes, ceux que la populace appelle encore comme cela, racontent que le vendredi soir ils évitent de lever les yeux vers le ciel pour ne pas être accusés de compter les trois étoiles qui leur permettraient de réciter un « Shema », ou le samedi de craquer une allumette!

Jusqu’à l’arrivée du roi Juan-Carlos, ils étaient inscrits dans les registres d’état civil, comme « descendant de juif converti ».

A l’époque de Pessah, ces Xuertes donc cuisinaient une pâte sans levain, qu’ils étalaient, en la découpant en cercle qu’ils farcissaient avec de l’agneau, des épices, des fruits secs, et du persil.

Le tout était haché, le gâteau refermé et cuit au four. Ainsi, le cérémonial entier de Pessah était respecté. Les mallorquins judaïsant appelaient cela une « coca ».

Ce qui est extraordinaire dans le marranisme, c’est cette fidélité naïve et sincère au judaïsme, qui a traversé le temps, les générations, les espaces.

Apprise dans la crainte et le plus grand secret, passée de génération en génération, la pratique d’une religion s’est transformée en traditions culinaires, en coutumes familiales, en habitudes personnelles et parfois presque en superstitions.

Pourquoi certaines espagnoles au-dessus de tout soupçon de judaisme cuisinent-elles des beignets une semaine avant Noel ?

Pourquoi d’autres trempent-ils le doigt dans du vin renversé sur une nappe le samedi soir, et pourquoi ajoutent-ils  » cela porte bonheur ? »

Pourquoi certaines vieilles femmes ne coudraient ou ne broderaient pour rien au monde le samedi ?

Cette vie d’angoisse, de peur, de crainte, a duré des générations, s’est étendue sur des siècles. L’inquisition réussissait à détecter des dizaines d’années, des siècles après le départ des Juifs, des lambeaux de judaïsme ancrés dans la mémoire de certains.

L’inquisition cessa effectivement d’exister en 1834.

Près 400 ans d’angoisse et de terreur,400 ans durant lesquels ces hommes et ces femmes risquèrent quotidiennement leur vie pour que perdure la fidélité de l’appartenance de leurs ancêtres au judaïsme.

Maryse CHOUKROUN.

Bibliographie non exhaustive:

–Amados de los Rios. Historia de los Judios de Espana 1848
–Garau Frances, la Fe triunfante 1984
–Garau Frances, Encyclopedia catalane
–Graetz Henri Histoire des Juifs T.III « peste noire et Marranes »
–Isaacs Lionel, Jews of Majorca 1936
-Kriegel Maurice, Le marranisme. 2002
–Leroy Beatrice, l’Espagne des Torquemada. 1995
–Marco i Dachs Lluis, los jueus i nosaltres, 1985
–Mechoulam Henri. Histoire d’une diaspora 1992
–Muntaner Sobres els jueus i conversos dels Baleares 1999.
–Roth Cecil, Historia de los Marranos. 1946
–Revah J,S, Des Marranes à Spinoza 1995
–Roth Norman, Conversos, Inquisition and expulsion of jews from Spain.
–Vallicrosa J.M. . Documents hebraics dels jueus catalanes Barcelone 1927

Archives de Palma de Majorque
Revues des Etudes Juives.Sefarad

Source : http://dafina.net

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