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Une « épopée » en cinq épisodes sur « 3 500 ans d’histoire de la première religion monothéiste », de la Bible hébraïque à la Shoah.

1er épisode : L’Exode

Situées en Mésopotamie, les origines du peuple juif remontent aux patriarches, Abraham, Isaac et Jacob qui quittent l’Égypte pour la Terre promise. Débutent alors quarante ans d’errance dans le désert, sous la houlette de Moïse. L’époque dite “des Juges” voit leurs différentes tribus s’unir. Sous le règne des rois David, puis Salomon, le royaume israélite est florissant. Mais les Assyriens conquièrent en 772 avant J.-C. le royaume d’Israël au nord et en 586 avant J.-C., celui de Juda au sud. Le temple de Salomon est détruit. Et de nombreux juifs sont déportés à Babylone. Mais ils réussissent à y maintenir une communauté dynamique et une foi vivante. L’empereur perse Cyrus ayant pris la capitale assyrienne en 538 avant J.-C., il autorise les captifs à retourner dans leur patrie. Quand Alexandre le Grand occupe à son tour le Proche-Orient, certains des Hébreux sont tentés par l’hellénisation, alors que d’autres s’installent dans des villes de la région. Un épisode qui s’achève par le règne d’Hérode. Cette longue période de l’Antiquité est aussi l’occasion d’évoquer les manuscrits de la mer Morte, l’histoire de la Torah et l’origine de la fête de Hanouka.

2ème épisode : la Diaspora

Après la prise de Jérusalem par les Romains et la destruction du Temple, les juifs s’exilent. Ils émigrent tout autour du bassin méditerranéen. Devenu un peuple sans terre, il lui faut trouver de nouveaux fondements pour sa foi… Ses écrits jouent alors un rôle croissant et font des juifs le premier “peuple du Livre” ; le Mischna et le Talmud viennent compléter la Torah. Ils contribuent à maintenir la cohésion des communautés de la diaspora. Selon les pays d’adoption, les juifs sont plus ou moins bien tolérés, mais ils contribuent souvent au rayonnement culturel et au développement du commerce. Au VIIIe siècle après J.-C., les troupes de Mahomet sont en marche et prennent la péninsule Arabique, puis l’Afrique du Nord. En 638, ils s’emparent de Jérusalem. Mais la “cohabitation” entre juifs et musulmans est pacifique, et la conquête de la péninsule Ibérique par les Maures, à partir de 711, va voir émerger une brillante civilisation judéo-arabe, en bonne intelligence avec les chrétiens.

3ème épisode : La Stigmatisation

Après des décennies de tolérance, le Moyen Âge va marquer une nouvelle période de persécution pour les Israélites. L’esprit des croisades fait remonter le désir de vengeance contre les juifs, accusés de la mise à mort de Jésus. Dans diverses villes d’Europe, des rumeurs circulent sur leurs rituels supposés cruels. On les rend coupables de la peste. L’Inquisition mise en place par l’Église catholique à partir du XIIIe siècle va notamment se déchaîner contre eux. Cet épisode, qui raconte la vie de communautés à travers plusieurs grandes villes allemandes (Mayence, Worms, Spire, Cologne), permet aussi de mieux comprendre pourquoi il est question d’ashkénazes et de sépharades. La Reconquista de l’Espagne par Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, rois Très Catholiques, est une tragédie pour les juifs. Après la prise de Grenade en 1492, ils sont poussés à une nouvelle vague d’exil vers l’Afrique du Nord, l’Italie, la Grèce et la Turquie. Ceux qui veulent rester sont contraints de se convertir : ce seront les fameux marranes.

4ème épisode : L’Etoile de David

Si les juifs chassés d’Espagne sont bien accueillis dans l’Empire ottoman et dans l’Italie de la Renaissance, c’est pourtant à Venise que le premier “ghetto” voit le jour, au XVIe siècle… Victimes de persécution, les juifs allemands émigrent en nombre vers l’est de l’Europe et en particulier vers la Pologne. Cracovie devient alors un centre important de l’enseignement rabbinique, tandis que Prague connaît un véritable âge d’or. C’est en Bohême qu’est “inventée” l’étoile de David. Des organismes régionaux et généraux juifs voient le jour : “Conseil des Quatre Pays” en Pologne et “Conseil de l’État de Lituanie”. Une période florissante pour la culture des shtetl et la langue yiddish. Pourtant, la population juive n’est jamais à l’abri des pogroms et des massacres, comme en témoigne le soulèvement des Cosaques de Chmielnicki qui fit des dizaines de milliers de victimes (1648-1649)… À la même époque, Amsterdam, capitale de la tolérance, compte une importante communauté juive

5ème épisode : Sion

Les théories du philosophe juif allemand Moses Mendelssohn (1729-1786), grande figure du siècle des Lumières, sont reprises par le mouvement haskala en Europe de l’Est. C’est aussi l’époque des “juifs de cour”. C’est aussi l’époque des “juifs de cour”. Après les révolutions qui ont ébranlé la France puis d’autres pays d’Europe, les juifs, enfin dotés de droits civiques, sont de plus en plus tentés par l’assimilation, à Berlin, en Ukraine ou en Russie. Puis revient le temps des pogroms. Et nombreux sont les candidats à l’émigration vers le Nouveau Monde. À la fin du XIXe siècle, l’avocat hongrois Theodor Herzl, profondément marqué par l’affaire Dreyfus, jette les bases du sionisme dans son ouvrage L’État juif. Les premiers colons juifs s’installent en Palestine, alors que l’Europe sombre dans le drame de la Première Guerre mondiale. Après l’échec de la République de Weimar, les nazis accèdent au pouvoir en Allemagne. Bientôt viendront “la Nuit de Cristal” et la “solution finale”. Quelques années plus tard, les survivants des camps fonderont l’État d’Israël.

Critiques… par Véronique Chemla

Rude tâche de brosser l’histoire du peuple Juif en cinq volets, soit environ cinq heures.

Des carences informatives majeures, notamment sur la réalité de la dhimmitude, sur l’exode des Juifs des pays arabes et la renaissance de l’Etat d’Israël.

A cette tâche s’attelle Nina Koshofer dans un documentaire qui mêle aux archives des scènes reconstituées et qui a été ramené de six à cinq volets, rythmés par des dates de l’ère hébraïque et en leur équivalent dans l’ère commune.

Respectant l’ordre chronologique avec des sauts dans l’époque contemporaine, ce documentaire, se décline en cinq volets :
L’exode – les patriarches, la Terre promise, les royaumes de David et de Salomon, l’exil à Babylone, la tentation de l’hellénisation, les manuscrits de la mer morte -, La diaspora – la Mishna, le Talmud, l’empire arabe -, La stigmatisation – les croisades, la Grande peste, l’Inquisition, la Reconquista -, L’étoile de David – ghetto de Venise, judaïsme européen, pogroms – et Sion : Haskala (mouvement de pensée juive influencé par le mouvement des Lumières), affaire Dreyfus, nazisme, Shoah (Holocaust).

La réalisatrice veut percer le mystère du peuple Juif qui n’a pas reconnu en Jésus son messie, qui n’a pas rallié Mahomet et qui, malgré les persécutions – pogroms, conversions forcées, réductions en esclavage, Shoah – est resté fidèle à l’Eternel. Ce peuple a « préservé son identité » au fil des millénaires, et a respecté les principes – circoncision, cacherout… – de la première religion monothéiste au monde. Une religion dont les commandements ont inspiré maints droits inscrits dans des déclarations universelles, des codes nationaux, etc.

Les rappels intéressants : les penseurs Juifs, dont Maïmonide, ainsi que la figure de l’altruiste Donna Gracia Mendez ; les questionnements et commentaires sur les textes ; « 638 : les guerriers d’Allah s’emparent de Jérusalem et renouvellent l’interdiction faite aux Juifs d’habiter la ville. Pour sceller leur pouvoir, les musulmans édifient le Dôme du Rocher sur le mont du Temple ».

Des maladresses sur les Juifs : « Partout leur influence est considérable. Penseurs de génie, artistes, scientifiques… »

Des traitements aberrants : la recréation de l’Etat d’Israël en 1948 est évoquée très succinctement, en incidentes par rapport, par exemple, au rayonnement de Bagdad ou à l’après-Shoah.

Des stéréotypes : le mythe al-Andalus d’un âge d’or des relations judéo-musulmanes sous domination musulmane. La dhimmitude est minorée et mal présentée : le dhimmi n’a pas véritablement de droits. « La notion de droits s’oppose à celle d’une tolérance concédée au vaincu du jihad moyennant l’acceptation de mesures discriminatoires, situation qui caractérise la condition du dhimmi. Cette tolérance, du reste, est provisoire et peut être abolie si l’autorité musulmane juge que le dhimmi contrevient aux règlements de son statut » (Bat Ye’or).

Des oublis : les ghettos dans les pays musulmans – mellahs au Maroc -, l’antisémitisme islamique et l’exode d’environ un million de Juifs généralement contraints de fuir, entre les années 1940 et les années 1970, des pays arabes, d’Iran et de Turquie où ils vivaient parfois des siècles avant la conquête arabe.

http://www.veroniquechemla.info/

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