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Est-ce un signe des temps ? Est-on en train de retrouver, dans le monde entier, les traces des tribus dispersées ? Il est sans doute trop tôt pour pouvoir se prononcer mais il est clair qu’on assiste à un réveil du peuple juif, dans les endroits les plus reculés de la planète…

caarte obos du nigériaC’est le cas notamment au Nigéria, au cœur de l’Afrique Noire, où vit un groupe, au sein de la tribu des « Ibos », qui affirme être d’origine juive.

Ils seraient environ 30 000, sur les 140 millions d’habitants que compte le Nigeria, à pratiquer le judaïsme. Depuis la fin des années 1990, des Ibos revendiquent des origines juives et cherchent à être reconnus par les rabbins et par l’État d’Israël. Comme les Falashas d’Éthiopie, les Abayudayas d’Ouganda ou les Lembas d’Afrique du Sud.

Le cinéaste juif américain Jeff Lieberman a découvert cette communauté, vivant au milieu d’une population musulmane et chrétienne.

Il a été tellement enthousiasmé par la ferveur et la piété de ses membres qu’il a décidé de venir les filmer et d’en faire un documentaire passionnant, qu’il a titré : « Re-Emerging : The Jews of Nigeria ».


Au Nigeria, la découverte d’une pierre en onyx portant le nom « Gad » en ancien hébreu, du nom d’une tribu d’Israël, a conforté l’idée d’une origine hébraïque. Déjà des similitudes avaient été relevées entre certaines traditions ibos et des pratiques juives comme la circoncision des garçons le huitième jour après la naissance ou la séparation des hommes et des femmes pendant les règles de ces dernières.

Dès l’entrée du camp, on aperçoit une pancarte annonçant, en lettres hébraïques, la synagogue Houqat Israel. Les fidèles portent une kipa sur la tête et sont enveloppés du Talith traditionnel.

Mais d’après ce qui ressort du reportage, ce n’est que récemment qu’ils se sont réellement rattachés au judaïsme mondial, grâce aux moyens de communication modernes.

ibos nigeria

« Il existe un véritable phénomène de construction d’une identité juive dans les pays d’Afrique subsaharienne ces dernières années. Certains groupes locaux pensent être les héritiers de communautés juives s’étant installées là dans les temps anciens. Ce phénomène s’est accéléré avec le précédent des Falashas et la globalisation de l’information », précise la chercheuse française Édith Bruder, auteur de The Black Jews of Africa

Par le passé, ils pratiquaient et respectaient leurs traditions sans savoir qu’ils étaient juifs. Cette communauté a survécu, par miracle, aux massacres entre Musulmans et Chrétiens de la région, continuant à célébrer les fêtes dans la joie et la sérénité. Maintenant, on peut se demander comment ces Juifs sont arrivés au Nigéria et comment ils n’ont jamais été en contact avec le reste du peuple juif. A cela, on peut répondre qu’ils se fondaient dans une tribu comptant plusieurs millions de personnes et n’en constituaient qu’une infime partie totalement négligeable.

Pour Jeff Lieberman, ils ont été fortement influencés par les forces coloniales et les missionnaires venus en masse dans la région pour convertir au christianisme la population. Et comme ces derniers proposaient une religion « qui ressemblait à la leur », ils se sont laissé facilement convaincre.

Et pourtant, les « Ibos » auraient toujours été appelés les « Juifs du Nigeria », de par leurs caractéristiques juives, leur intelligence et leur acharnement au travail. Mais ils ont également été des cibles lors des massacres.

Lieberman explique encore : « Au sein de cette immense tribu, vit ce groupe qui se définit comme juif à tous points de vue, et si on lui propose par exemple la conversion, il en sera très vexé ». Et de préciser que malgré toutes les vicissitudes qu’ils ont traversées, « ils ont tous une histoire commune, transmise de père en fils, disant qu’ils sont venus d’Israël et qu’ils font partie des « anciens Hébreux».

Depuis que leur existence a été révélée au grand public, les membres de cette communauté ont décidé de vivre pleinement leur judaïsme en respectant les règles de la Brit Mila, de la Cachrouth, ainsi que le Chabbat, les prières, et même l’immersion rituelle qu’ils pratiquent dans le fleuve attenant.

Et ce n’est pas simple : certains ont été rejetés des familles chrétiennes au sein desquelles ils vivaient et très souvent, la situation a dégénéré, entrainant des violences.
Les liens de cette communauté avec Israël ne sont pas encore très clairs et ils n’ont, pour l’instant du moins, obtenu aucune reconnaissance officielle. Quant au peuple juif dans son ensemble, depuis la diffusion du documentaire de Jeff Lieberman, les réactions sont variées.

« D’un côté, indique-t-il, j’ai eu des réactions très positives et mon film est projeté dans de nombreuses synagogues et dans des centres communautaires dans tous les Etats-Unis. Mais d’un autre côté, déplore-t-il, de nombreuses personnes rejettent totalement cette idée et se montrent très méfiantes vis-à-vis de ce groupe ».

Sources :
http://www.jeuneafrique.com
http://koide9enisrael.blogspot.co.il
http://www.chiourim.com

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