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1. Première période

caveau-benEzra-ibngavirolEntrée du caveau dans lequel est enterré Rabbi Abraham Ibn ‘Ezra ainsi que Rabbi Shlomo Ibn Gabirol dans le nord d’Israël

Nous possédons très peu d’informations biographiques sur ce grand Sage de l’époque médiéval. Membre d’une famille renommée en Espagne, Rabbi Abraham ibn ‘Ezra serait, selon son parent Rabbi Moché ibn ‘Ezra, natif de Tolède et se serait installé ensuite à Cordoue. Mais l’histoire mentionne tantôt l’une, tantôt l’autre comme le lieu de sa naissance.

Sa vie se divise en deux périodes : dans la première, il se construit une réputation de poète et de penseur, dans son Espagne natale. Il y fréquente assidûment les plus prestigieux érudits de son temps, dont Rabbi Yossèf ibn Tsaddik, Rabbi Yéhouda Halévi, avec lequel il aurait voyagé dans les communautés d’Afrique du Nord, et Rabbi Moché ibn ‘Ezra. Ce dernier fait les louanges du savant et grand Tsadik ainsi que de l’homme éloquent, tandis qu’un jeune contemporain, Rabbi Abraham ibn Daoud, le qualifie, à la fin de sa chronique de dernier grand homme à avoir fait la fierté du judaïsme espagnol, et de l’éminent poète, qui « a renforcé les mains d’Israël avec des poèmes et des mots de consolation ».

commentaire-ibn-ezraCommentaire du Rav Ibn Ezra sur la Tora avec un poème introductif de l’auteur, Naples 1488

Selon de nombreuses sources, Rabbi Abraham ibn ‘Ezra a passé le plus clair de cette période à s’occuper de poésie, mais il poursuit également d’autres savoirs scientifiques, comme l’indique sa production littéraire dans sa seconde période.

Son commentaire sur les cinq livres de la Tora, notamment, comprend nombre de ses discussions philosophiques avec Rabbi Yéhouda Halévi d’une part, et de ses débats avec des représentants du karaïsme, un mouvement renégat, adversaire du judaïsme rabbinique traditionnel et reconnu.

Il ne donne aucune indication précise quant à sa famille. Cependant, on peut déduire de la glose dans son long commentaire sur Chémote (2:2) qu’il avait eu cinq enfants, dont seul Its’hak est mentionné, les autres étant sans doute morts en bas âge.

Rabbi Its’hak ibn ‘Ezra, qui était le beau-fils de Rabbi Yéhouda Halevi, fait route avec ce dernier vers l’Égypte, mais se dirige vers Bagdad, où il compose en 1143 des poèmes en l’honneur de son maître Abu al-Barakat Hibat Allah, et le suit dans sa conversion à l’islam.

C’est probablement dans l’espoir de le ramener au judaïsme que Rabbi Abraham ibn ‘Ezra effectue un premier voyage en Orient (Égypte, terre d’Israël et Irak) et que commence sa vie d’érudit errant. Au cours de ce voyage, il rachète le terrain de la synagogue Ben ‘Ezra du Caire (également appelée synagogue al-Gueniza.

2. Seconde période

syna-ben-ezraLa fameuse Synagogue Ibn ‘Ezra au Caire

Dans la seconde partie de sa vie, Rabbi Abraham ibn ‘Ezra est un solitaire sans attaches, pérégrinant au gré des vents, résidant à chaque étape pendant plusieurs années.

Il se considère comme un exilé, rappelant souvent qu’il est Abraham ibn ‘Ezra l’Espagnol (Haséfaradi). Il évoque son amour pour sa patrie perdue, notamment dans une élégie sur les persécutions des Almohades, qui commencent en 1142 ; il y énumère les communautés d’Espagne et d’Afrique du Nord détruites.

Par ailleurs, il écrit dans son commentaire sur la Paracha de Vaïkra, à propos de la prescription des quatre espèces (Arba’a Minim), dont il faut prendre une branche ou un fruit pendant la fête de Soukkote, que « celui qui est exilé des pays arabes vers les terres d’Edom (l’Europe chrétienne) comprendra, s’il a des yeux, la signification profonde de ce commandement ».

syna-ibnezraIntérieur de la synagogue Ibn ‘Ezra

Dans l’un de ses poèmes les plus connus, Nédod Héssir ‘Oni, il se décrit comme un étranger, écrivant des livres et révélant les secrets de la connaissance. De fait, il est le seul exemple connu d’érudit errant à avoir développé une activité littéraire aussi riche et importante dans des conditions aussi peu favorables.

Il vit en effet dans une éternelle indigence, qu’il excuse en écrivant que « si je faisais le commerce des bougies, le soleil ne se coucherait pas, si je vendais des linceuls, personne ne mourrait ».

C’est en 1140 que commencent ses voyages, Rabbi Abraham ibn ‘Ezra ayant composé plusieurs livres à Rome cette année, afin de propager la science judéo-espagnole parmi les Juifs italiens, qui n’entendent rien à l’arabe. Il en fera de même à Lucques, Mantoue, Vérone, avant de se rendre en Provence puis vers le nord de la France, et en 1158, en Angleterre, Ibn ‘Ezra ayant séjourné à Londres et à Oxford.

3. Le séjour en France

ibn ezraRabbi Abraham ibn ‘Ezra se rend en Provence avant 1155, faisant halte dans la ville de Béziers.

Un certain Yedaia Bedersi, natif de la ville, parle de son séjour avec enthousiasme, plus de 150 ans après les faits.

Rabbi Yéhouda ibn Tibbon de Lunel, auteur du fameux ‘Hovote Halévavote et contemporain du Rav, atteste lui aussi de l’importance historique que prit pour les Juifs de Provence le séjour de Rabbi Abraham ibn ‘Ezra dans la France du Sud. Il est à Narbonne en 1139 ou peu avant, et y répond aux questions de Rabbi David Narboni. Il fait ensuite route vers le Nord de la France.

Rabbi Abraham ibn ‘Ezra effectue un séjour de plusieurs années dans le Nord de la France, faisant d’abord étape à Dreux, dans le département de l’Eure. A Dreux, il complète plusieurs travaux exégétiques et, après avoir récupéré d’une maladie, entreprend un nouveau commentaire des Cinq Livre de la Tora. C’est également dans le Nord de la France, peut-être à Rouen, qu’il prend contact avec une autre figure majeure de son temps, Rabbénou Tam, et rédige un poème faisant l’éloge du frère de celui-ci, le Rachbam.

4. Ses œuvres

ibn ezra-berechitCommentaire sur la Tora du Rav Ibn ‘Ezra, édition de Mantoue 1400

Sa principale œuvre est son fameux commentaire sur les Cinq Livre de la Tora. Il a, comme celui de Rachi, engendré une abondante littérature de commentaires, et auquel il doit, plus qu’à ses autres œuvres, sa réputation.

Il existe en de nombreux manuscrits et en éditions imprimées (la première édition a été effectuée à Naples, en 1488). Il a réalisé un long commentaire de l’Exode, outre celui qui se trouvait dans son commentaire sur l’ensemble des Cinq livres de la Tora, en 1153. C’est ce long commentaire qui est le plus souvent imprimé. Un manuscrit ancien, conservé à la bibliothèque de Cambridge, comporte une combinaison de ces deux commentaires.

Les éditions classiques sur le Tanakh (Tora, Néviim, Kétouvim) comprennent également ses commentaires sur les Livres d’Isaïe, des Prophètes, de Iyov, des Psaumes, du Cantique des Cantiques, Esther et Daniel.

Rabbi Abraham ibn ‘Ezra tend à élucider le texte sur la Tora selon son sens simple (Pchate), ainsi qu’il l’explique dans les introductions à ses commentaires. Il y critique les différentes méthodes employées par ses prédécesseurs, celle des Guéonim (c’est-à-dire, principalement du Rav Sa’dia Gaone et de Rav Chmouèl ben ‘Hofni) étant trop abondante en détails et éloignée du sujet, à l’exception du fait qu’elle accorde une importance à chaque commandement.

5. La fin du voyage

tombe-ibn-ezraTombe du Rav Ibn ‘Ezra

En 1160, Rabbi Abraham ibn ‘Ezra est de nouveau en Provence, et traduit à Narbonne un traité astronomique de l’arabe. Si les dates données dans le poème concluant son commentaire sur les Cinq Livre de la Tora sont correctes, il serait décédé à Rome, où il aurait également entamé son dernier traité grammatical, Safa Béroura, demeuré inachevé.

Les vers d’introduction à ce livre, dédié à son disciple, un certain Rabbi Chlomo, ont en effet tout d’un testament : il y exprime l’espoir que ce livre « soit un legs pour Abraham le fils de Meïr, et qu’il préserve sa mémoire de génération en génération ».

Source : http://www.universtorah.com/

Nous allons raconter une histoire qui se rapporte à Rabbi Avraham Ibn Ezra ainsi qu’au Chabath.

En 1159 (4919), il y a 841 ans, Rabbi Avraham Ibn Ezra fit un rêve. C’était une nuit de Chabath, et après le Chabath il écrivit son rêve :

« …Je dormais, et ce sommeil m’était agréable ; j’ai vu en rêve un ange, qui se tenait face à moi et ressemblait à un homme. Il tenait une lettre scellée, et me dit : « Prends cette lettre, c’est le Chabath qui te l’envoie. Je m’inclinai devant D. et Le bénis de m’avoir fait un aussi grand honneur ; j’attrapai la lettre des deux mains et je la lus, c’était comme du miel dans la bouche. »

Voici comment commence la lettre :

« Moi le Chabath, couronne de ceux qui sont précieux, la quatrième des Dix Paroles, je suis un signe entre D. et Ses fils, une alliance éternelle pour toutes les générations… chaque jour on peut trouver les portes de la compréhension, mais le jour du Chabath s’ouvrent cent portes. Mon honneur veut qu’on ne se comporte pas comme en semaine, ni dans les déplacements, ni dans le commerce ni dans les paroles. Et je t’ai gardé tous les jours, parce que tu m’avais gardé attentivement depuis les jours de ta jeunesse. »

Mais quand Rabbi Avraham Ibn Ezra arriva à la fin de la lettre, elle contenait un reproche ouvert. Stupéfait, il se mit à trembler :

« Mon cœur est chaud en moi, et mon âme s’échappe presque, et je demande à celui qui se tient en face de moi : quelle est ma faute, quel est mon péché ? Car depuis le jour où j’ai connu le D. redoutable Qui m’a créé et que j’ai appris ses mitsvoth, j’ai toujours aimé le Chabath, avant qu’il n’arrive je sortais à sa rencontre de tout mon cœur, à sa sortie je l’accompagnais dans la joie avec des chants, qui était plus fidèle que moi de tous ses serviteurs, et pourquoi m’envoyait-il cette lettre ? »

L’ange lui fit savoir que l’un de ses disciples s’était laissé séduire par de fausses idéologies et avait « décidé » que le Chabath commençait le matin et continuait jusqu’au dimanche matin. Simplement comme cela, une « découverte » sans aucun fondement, contraire à toute la tradition que nous détenons depuis Moïse, et contraire à ce qui est écrit dans la Torah : « Il y eut un soir – et ensuite – il y eut un matin ».

Ainsi de tout temps se lèvent divers « Sages » qui font toutes sortes de propositions. Celui-ci pense que telle chose n’est pas à considérer comme un travail interdit le Chabath, un autre fait preuve de légèreté à propos d’autre chose. Mais la Torah est éternelle, le Chabath se plaint de l’insulte qui lui est faite, et le Rav Abraham Ibn Ezra termine en écrivant :

« Quiconque adopte cette explication, D. vengera en lui l’honneur du Chabath. Quiconque la lit, que sa langue s’attache à son palais, et quiconque l’écrit, que son bras se dessèche et que son œil ternisse, et alors il y aura de la lumière pour toute la maison d’Israël ! »

Cette lettre a été imprimée pour la première fois à la fin du Choul’han Aroukh du Ari, et elle nous enseigne combien il faut veiller à l’honneur du Chabath !

http://www.hevratpinto.org

L’astrologie savante d’Abraham Ibn Ezra et la nouvelle de la conversion de son fils…

Ibn Ezra a écrit neuf traités astrologiques ainsi que traduction de l’arabe vers l’hébreu de deux autres, couvrant toutes les branches de l’astrologie.

Il était bien versé dans différentes théories et s’alimentait de plusieurs sources.

Il connaissait les travaux de ses prédécesseurs et s’employait à comparer leurs idées, pour la plupart du temps, terminer avec ses propres conclusions. Avec une reconnaissance appropriée, il se réfère à l’astrologie hindoue, persane et arabe, mais il fut le plus souvent fidèle au Tetrabiblos de Ptolémée.

Ptolémée a accordé une grande importance aux étoiles, ce qui n’est maintenant plus pratiqué abondamment que par l’astrologie sidérale. Il a aussi mis l’accent sur les planètes (au détriment des signes astrologiques) et il tenait compte surtout de leurs relations avec les autres planètes (aspects) et avec l’horizon local. Il a expliqué l’importance des 4 « angles » du thème4(Ascendant, Descendant, Milieu-du-ciel, Fond-du-ciel).

Le Tétrabiblos repose pour l’essentiel sur la doctrine des quatre qualités élémentales.

Son fils :

Isaac ibn Ezra, fils d’Abraham, se fait une réputation de poète dès son jeune âge, lorsqu’il habite probablement encore en Espagne. Juda al-Harizi dit de lui qu’à cette époque, « Isaac puisait, comme son père, aux sources de la poésie, et une partie de la brillance des poèmes du père brille dans les chants du fils. »

Il quitte probablement l’Espagne avec son père, avant 1140.

Selon un témoignage, il se trouve aux côtés de son beau-père, Juda Halevi, dans le bateau qui fait route vers Alexandrie. Cependant, si Juda Halevi a en vue la terre d’Israël, Isaac se rend à Bagdad.

En 1143, il est le protégé d’Abu’l-Barakāt al-Baghdādī (Nathanael). Lorsque celui-ci se convertit à l’islam, Isaac ibn Ezra suit son exemple.

Selon Al-Harizi, « lorsqu’il arriva dans les pays d’orient, la gloire de Dieu ne brillait plus sur lui ; il se débarrassa des habits précieux du judaïsme, et en revêtit d’autres, étranges. »

Abraham ibn Ezra se lamente dans deux élégies sur la conversion de son fils ; l’un de ces poèmes a été composé trois ans après l’abandon du judaïsme par Isaac, ainsi qu’il ressort de la seconde strophe. La nouvelle pourrait donc avoir pris du temps à parvenir à Abraham ibn Ezra.

(Wikipédia)

Article réalisé à partir de plusieurs sources

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