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Les sources hébraïques attestent que la génération des enfants d’Israël qui est sortie d’Egypte et qui a reçu la Torah au mont Sinaï, mais également, qui a passé quarante années dans le désert, a accédé au rang privilégié de Dor Déha, ou « Génération de la Connaissance », c’est à dire, que s’est dévoilée aux israélites la faculté de connaissance supérieure du divin, à travers tous leurs sens.

torah sinaiCette conscience transcendante est expliquée et rappelée lorsque Moïse, à la fin de sa vie, conclu une nouvelle alliance avec la nouvelle génération d’israélites qui se tient devant lui et qui doit conquérir la Terre Sainte sous la directive de Josué.

Raby Don Itshak Abrabanel, Deutéronome à la fin de Ki Tavo

Moïse dresse une liste de recommandations et leur rappelle, afin qu’ils aient confiance en leur victoire et foi en l’aide de D.ieu, ce qu’ils ont vu de leurs propres yeux :  » Moïse appela tout Israël…vous avez vu tout ce que Hachem a fait devant vos yeux…ces grands signes et prodiges…et Hachem ne vous a pas donné un coeur pour savoir, ni des yeux pour voir, ni des oreilles pour entendre jusqu’à ce jour  » Deutéronome 29-3

Il leur rappelle les miracles de D.ieu qui les ont conduis à la sortie d’Egypte, le dévoilement de l’attribut de « Royauté » qu’ils ont vu lors de l’ouverture de la mer Rouge, ou encore, les merveilles qu’ils ont vu et entendu lors du Don de la Torah, reçu de la « bouche de D.ieu », un événement à la dimension unique, exceptionnelle et historique. Et que c’est suite à tous ces dévoilements que les Israélites ont manifesté en leur coeur et en pensées un très haut niveau de perception et de conscience du divin.

Un niveau qui est comparé à une vision parfaite, et qui leur permis d’accéder à une plénitude de la « connaissance », « dahat » et de la « foi », la « émounah » :

 » Il t’a été montré pour connaître qu’Hachem, Lui est D.ieu. Il n’en est point d’autre que Lui…Tu sauras aujourd’hui et tu mettras sur ton coeur qu’Hachem, Lui est D.ieu dans les cieux en haut et sur la terre ici bas, il n’en est point d’autre « . Deutéronome 4-35;39

D.ieu a ouvert les cieux supérieurs et les sphères inférieures afin de montrer clairement à tous les enfants d’Israël qu’il n’ y a qu’un seul D.ieu. Rachi Ibid 35

De plus, il est essentiel de rappeler que la Torah dans sa totalité fut transmise par l’intermédiaire de Moïse, le plus grand prophète d’Israël, dont la spécificité de son âme est son lien intime et intemporel avec chacune des âmes d’Israël qu’il nourrie spirituellement. Raison pour laquelle il est surnommé le « Berger de la Foi » ou « Rayah Méémna », et le « Secret de la Connaissance », ou « Sod ha-Dahat ».

La notion de « dahat » fait également référence à la révélation de « l’Esprit Saint », le « Rouah ha-Kodech », Rachi sur Exode 31-3, dont la particularité est d’attirer des lumières cachées très élevées, plus élevées que la sagesse et l’entendement humain.

C’est l’un des quatre niveaux de la prophétie dont Moïse est la source pour tous les prophètes.

C’est aussi pour que le peuple d’Israël parvienne à ce niveau d’attachement et de conscience du divin, que cette génération vécue quarante années dans le désert, un lieu disponible où le temps n’est pas une contrainte, dans le but d’être dispensé des fatigues et des tourments concernant les besoins matériels :  » Afin que vous sachiez que Je suis l’Eternel votre D.ieu… » ; les israélites mangeront alors la Manne toute prête, boiront de l’eau d’une source présente en permanence, leurs habits ne s’abimeront pas etc..

Les sources de la Hassidout développent longuement la nature véritable de la faculté de « Dahat » chez l’homme ; sa nature, sa particularité et son action concrète.

Le sens du mot « dahat » définit généralement un savoir acquis par une étude rigoureuse de la Torah, gravée dans l’âme et pratiquée au-delà de la foi naturelle, dont les enseignements et lois constituent toute expression et règle de vie. Mais au préalable, il est important de rappeler que la notion de « dahat » est l’une des trois forces de l’âme qui constituent le cerveau, soit l’intellect de l’homme, avec la « Sagesse » ou « Hokhmah », et la « Compréhension » ou « Binah », soit la faculté de discernement.

Car l’enseignement de la Torah ne fait pas référence uniquement à une vaste connaissance, ni même à un savoir fondé exclusivement sur les capacités de l’intellect. L’étude de la Torah amène l’être humain à réaliser la volonté suprême de D.ieu, celle de résider dans le monde qu’Il a créé.

En effet, la finalité de sa création et de la descente de l’âme dans ce monde est de lui permettre de mettre en pratique les préceptes divins, assurant son rôle naturel au sein de la création du monde :  » C’est la raison d’être de l’homme « . Kohélèt 12-13

Cette orientation implique de « Connaître D.ieu dans toutes ses voies », Békhol dérakhékha dahéou, c’est à dire, dans son service quotidien, de parvenir à s’unifier à « Lui » dans chaque acte de la vie ; avec toutes les forces de sa sagesse, sa compréhension, et son l’intellect :

 » L’étymologie du mot Dahat peut être trouvée dans le verset « ..et Adam connut Eve ». Il implique l’attachement et l’union. Cette faculté lie l’esprit d’un lien solide et puissant, fixe fermement la pensée dans la grandeur de l’Infini Divin, sans l’en détourner. Car même celui qui est sage et instruit de la grandeur de l’Infini Divin, s’il ne lie pas sa connaissance et n’implante pas sa pensée avec force et persevérance, ne fera pas naître en son esprit, une crainte et un amour véritable mais seulement de vains phantasmes.

C’est la raison pour laquelle Dahat est l’authentification des sentiments et la source de leur vitalité. Il contient la Bonté et la Sévérité, c’est à dire l’amour et ses dérivés, la crainte et ses dérivés « . Tanya chap. 3

Ainsi, les forces de la « Sagesse » et de la « Compréhention », ne peuvent à eux seuls véritablement donner naissance aux sentiments, les mettre en éveils, tant qu’ils n’ont pas eu recours à la nature profonde de « Dahat », étant la faculté de lier et d’unir l’esprit et le coeur, jusqu’au dévoilement dans la pensée véritablement.

Permettant ainsi un dévoilement de l’émotion qui soit proportionnel à l’intensité de la perception, jusqu’à ressentir désormais ce qu’il comprend.

L’homme ne fait pas qu’apprendre pour acquérir un savoir, il vit aussi l’étude et ressent ce qu’il a compris.

Cette faculté possède également l’aptitude de distinguer entre ce qu’il est juste de faire ou ne pas faire, de fuir ce qui est interdit ou de faire la volonté divine :  » Fuis le mal et fais le bien « , comme faire la distinction notamment entre le sacré et le profane.

C’est pour cette raison que l’intégrité du coeur découle de « dahat », car il installe un pont entre l’intellect et le sentiment, pourtant de nature opposés.

Pour atteindre un tel objectif, il faut d’abord rééduquer sa nature et dominer son âme animale qui n’a que des attraits pour les plaisirs du monde. Puis, de s’attacher et s’élever spirituellement par l’application concrète des préceptes de la Torah, la méditation en la grandeur de D.ieu, dans la soumission la plus totale, dans le sentiment de crainte et d’amour du Créateur.

Alors que l’application des préceptes élèvent le corps, l’âme et le monde physique, l’étude de la Torah élève et unifie l’âme à D.ieu dans une union supérieure. Mais afin de mieux comprendre ce qu’est réellement et profondément la Torah.

Raby Yohanane commente ainsi le premier mot des « Dix Commandements« , soit les « Dix Paroles » :

« Je suis » ou « ANoKhY » en hébreu, est l’acronyme de « Ana Nafchi Katvit Yavit », qui signifie en araméen :  » Moi, Mon âme, Je l’ai écrite, Je l’ai donnée « . Talmud de Babylone traité Chabat 105-a.

De fait, au mont Sinaï, les Israélites deviennent les dépositaires et les gardiens de la « Loi divine », la Torah, elle même l’expression unique de la Volonté de D.ieu sur laquelle repose le fondement des valeurs du Judaïsme, sa pratique et sa foi :  » Et vous, qui êtes attachés à Hachem votre D.ieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui « . Deutéronome 4-4.

La « Loi divine », comprend 613 Commandements et 7 lois dites des Rabbanane, divisés en deux catégories : ce sont les 248 ordonnances positives et les 365 ordonnances négatives.

Ces 620 Commandements, dont la valeur numérique équivaut au mot « Kéter« , ou « Couronne », vont être détaillés, commentés et transmises au cours de l’Histoire, par les dépositaires de la Chaîne de la Transmission, de chaque génération.

« D.ieu est Un et Son nom est Un » : raby Chnéour Zalman souligne sur ce principe absolu exprimé par la Torah :  » Aussi, pour permettre à l’oreille d’entendre ce qu’elle peut comprendre, l’autorisation a été donnée aux kabbalistes de parler allégoriquement, en utilisant le langage des Séphirot, qu’ils ont appelées « Lumières ».

Ainsi, il a été possible de comprendre la nature de l’Unité de l’Eternel et de ses Attributs « . C’est à dire, bien que les Attributs du Saint Béni-soit-Il transcendent l’intellect et la raison de l’homme, les Sages ont été autorisés à exprimer l’Unification de D.ieu et de Ses Attributs d’une manière qui soit accessible à l’intellect de l’homme. Tanya, Porte de l’Unité de D.ieu et de la Foi, chap. sur le Fondement de la Connaissance. « Je crois », ou les 13 Principes de la foi ; « Any Maamim »

La foi ; un héritage des Patriarches.

La « Foi » inébranlable en l’Eternel-D.ieu, soit la Emounah, est le fondement même du Judaïsme, de la vie juive en générale, dont les sagesses émanent de la Torah écrite et orale reçue au mont Sinaï.

Raby Moché ben Maïmon dans son « Séfer ha-Mitsvoth », comme le « Séfer ha-Hinoukh », classifient la « Foi en D.ieu », la Emounat Elokout, en tant que commandement dit « positif » :

 » Nous devons croire en l’existence d’un D.ieu qui a fait naitre tout ce qui est ; nous devons croire que c’est par Sa Puissance et Sa Volonté que tout existe, a existé et existera jusqu’à la fin des temps…comme il est dit : Je suis l’Eternel ton D.ieu qui t’a fait sortir d’Egypte, d’une nation d’esclavage « . Séfer ha-Hinoukh loi 25 et Exode 20-2

Le croyant, véritable artisan de sa foi, est appelé Maamin, car il vie sa foi au niveau de la certitude, de même que l’homme est certain et n’a aucun doute que son âme fait vivre son corps :  » Le Juste par sa foi il vivra « .

L’étymologie du mot « Emounah » est tiré du mot « imoune », ou « entrainement », et de « oumanout », qui définit le métier ou l’artisanat, dans le sens de fonction et emploi. Ce terme révèle en fait les principes d’apprentissage et d’investissement constant de l’homme, quelque soit la charge.

Rachi explique sur le verset :  » Et Pharaon fit approcher, les enfants d’Israël levèrent les yeux…et crièrent vers l’Eternel « , Exode 14-10 que l’expression « crièrent » se référe ici au service divin sur lequel s’est réalisé l’essentiel de la vie des Patriarches, soit, celui de la prière ou la « Téphilah », et qu’il nomme « Oumanout Avotam » ou « l’Artisanat de nos Pères ».

C’est à dire, que prier l’Eternel était une vocation encrée dans leurs comportements, une profession dont l’activité est celle de cultiver et fortifier sa foi, une disposition spirituel dont le peuple d’Israël a hérité à travers les générations.

Les exégètes soulignent que les Israélites sont qualifiés de Maaminim bné Maaminim, des « Croyants, fils de Croyants », c’est-à-dire, des artisans et détenteurs de la foi de génération en génération, encrée dans leur nature profonde. Talmud de Babylone traité Chabat 97-a

Le « Midrach » Exode Rabah chap. 3 ; Tanhouma Exode édition Buber rapporte les doutes que Moïse avait formulé à D.ieu sur sa mission lors de l’épisode du « buisson ardent », notamment celui concernant la foi des enfants d’Israël voir Exode 4-1 ; et D.ieu de lui certifier, oui ils sont des croyants, comme il est écris :  » Et le peuple eut foi.. », Ibid 4-31 et des fils de croyants, comme il est écris sur Avraham suite à l’épisode de la fournaise à Our Kasdim :  » Et il eut foi en l’Eternel… » Genèse 15-6

La foi immanente du peuple d’Israël en l’Eternel-D.ieu est un héritage spirituel propre au patriarche Avraham, transmis à son fils Isaac puis à son fils Jacob ; un héritage qui fut renouvelée par Moïse à leurs descendants depuis la sortie d’Egypte et l’alliance du Don de la Torah. Une foi qui fut enracinée au plus profond du coeur de chacun.

A ce titre, dans le Zohar, Moïse est appelé « Rahaya Mahémna » ou « Berger de la foi », car il assure à Israël en permanence sa subsistance dans le domaine de la foi, comme il est dit : « Moché émet ouTorato émet », soit :  » Moïse est vérité et sa Torah est vérité « , et  » Israël vit que la grande main d’Hachem…ils eurent foi en Hachem et en Moïse son serviteur « . Exode 14-31

Cependant, la « Emounah« , la certitude en l’Eternel-D.ieu, évoque un niveau bien plus élevé que celui des forces de l’intellect, au-delà de la connaissance, la compréhension ou du ressenti, car :  » Aucune pensée ne peut le saisir « .

Toutefois, le précepte de la « Emounah » fait également appel au précepte et à la notion de « Dahat », à savoir, celui de la connaissance en D.ieu dans le cadre de son quotidien, par son attachement dans Ses voies et à la méditation sur la grandeur de D.ieu, comme il est écrit :  » Dans tous tes chemins, connais Le  » et  » Connais l’Eternel ton D.ieu « .

C’est grâce à la conjonction de ces deux notions, la foi et la connaissance, que le peuple d’Israël a acquit un niveau de perception du Divin, d’une force de vérité si intense, qu’elle est comparée à une vision claire de l’homme. La « Emounah » implique que l’Eternel-D.ieu est, tel qu’Il est Très-Haut et élevé, au-delà de la « Sagesse », dont la source est la « Lumière infinie de D.ieu. » Bien au-delà de toute perception de Son Etre, et donc, impossible pour l’homme à saisir :  » Et Ma face ne peut être vu « . Ibid 33-23

L’Amour et la Crainte de D.ieu, les « ailes spirituelles ».

Ce rapport innée à la foi en D.ieu du peuple d’Israël, ressenti et vécu comme une certitude achevée, découle du lien intrinsèque de l’âme divine, la partie la plus raffiné, avec sa source dont elle est issu, l’Essence divine, le Créateur l’Eternel-D.ieu. Cette relation intime est inaltérable du fait de leur union profonde, elle est la conséquence de la divinité qui réside en son âme :  » car elle est une partie du divin supérieur, vraiment « .

C’est pour cette raison que la foi n’a pas besoin d’une vision de la chose, ni d’une preuve intellectuelle, car sur une chose que l’on voit de ses yeux, ne se rapporte pas la notion de foi. De fait, de par son essence et identité, l’âme sait d’elle-même que D.ieu existe.

C’est également pour cette raison que l’âme désire naturellement s’attacher et s’unifier à sa source divine, qu’elle oscille telle une flamme, notamment, aux moyens de l’expression des deux attributs émotionnels appelés « l’Amour de D.ieu » ou Ahavat ha-Chem, et la « Crainte de D.ieu » ou Yirat ha-Chem, deux sentiments de l’âme dont le siège est le coeur, mais qui naissent et découlent de l’intellect.

Deux attributs essentiels aussi à l’élévation de l’âme divine, à son raffinement, à la soumission de l’âme animal, allusion aux « deux ailes spirituelles » de l’homme, en comparaison aux volatiles.

Ils sont la base vitale et le moyen de l’observance de tous les préceptes, 248 dits « positifs » et 365 dits « négatif », ils assurent la perfection du précepte accomplie. Alors que la base de l’amour et de la crainte est la foi, fondement de l’observance, au-delà des forces de l’intellect. Cependant il faut souligner que suite à de nombreuses réflexions, la crainte demeure le fondement de l’observance de tous les préceptes et la phase initiale du service de D.ieu :  » Le prémice de la sagesse est la crainte de D.ieu ».

Il existe deux niveaux d’Amour et deux niveaux de Crainte :

Les sources distinguent à propos du sentiment Amour : la notion de Ahavah Zouta ou « Amour Petit » et Ahavah Rabah ou « Amour Grand ». Et deux niveaux de Crainte : la « Crainte Supérieure », ou Yira Hilaha, celle qui fait que l’on a honte face à la grandeur de D.ieu, et la « Crainte Inférieuire », ou Yira Tataa, celle qui fait que l’on redoute de se révolter contre le Roi. Tanya, Likouté Amarim chap 41 à 43, Iguérète Ha-Kodech chap. 15 ; voir Dérekh Mitsvotékha

Ainsi l’homme au quotidien, lors de son observance des 613 préceptes de la Torah, son étude, comme la qualité de son investissement intellectuel dans l’application les lois, révèle donc le niveau de sa foi, de sa soumission à la Volonté divine, que l’on appelle Kabalat Hol Malkout Chamaïm.

Ce niveau d’abnégation et d’obéïssance aux lois se révèle également lors de son rapport face à tous les commandements, qu’ils soient d’ordre toranique ou rabbinique. Car à propos des préceptes sur lesquels il est rappelé de faire attention de n’en piétiner aucune, la Torah souligne qu’aucun homme ne connais la rétribution de chaque « mitsvah », et donc de son importance dans l’échelle des valeurs spirituelles.

De même, la Hassidout développe comment au plus profond de l’homme, l’étude de la Torah comme l’accomplissement des préceptes permettent à la partie spirituelle de l’homme, à l’âme divine, de se connecter avec les mondes spirituel et l’univers, de s’attacher et s’unifier à D.ieu, par l’intermédiaire des trois moyens d’expressions et habits de l’âme, ce sont : la « Pensée » ou « Mahachavah », la « Parole » ou « Dibour » et « l’Action » ou « Mahassé ».

Or, au regard des textes, la foi intègre en l’Eternel-D.ieu embrasse également d’autres notions, dont le précepte « positif » de « Santifier le nom de D.ieu », ou Kidouch ha-Chem, et le précepte « négatif » de « Ne pas profaner le Nom de D.ieu », ou Hiloul ha-Chem, deux approches qui se rapportent aux devoirs de l’homme envers son créateur, à savoir, celui de s’écarter des idolâtres et de haïr l’idolatrie, de ne pas succomber aux arguments et aux pressions des hérétiques ou des puissants, de transgresser volontairement et même involontairement les 613 Commandements, de diffuser la foi en l’Eternel, de prier au quotidien avec un Minyane, soit 10 personnes, et de sacrifier sa vie :  » Ne profanez pas Mon saint Nom, afin que Je sois sanctifier au milieu des enfants d’Israël, Moi l’Eternel Je vous sanctifie « . Lévitique 22-32, Rachi et Hykar Chifré Hakhamim

Toutefois, quant à la notion de sacrifier sa vie plutôt que de transgresser la Volonté divine, la notion de Mésirout Néfech, les Sages du Talmud soulignent le principe fondamental, que les préceptes ont été donnés à l’homme pour « qu’il puisse vivre par elles », et donc, qu’il ne meurt pas par elles. Talmud de Babylone traité Chabat 52-b

Et de ce principe essentiel découle de nombreuses lois.

C’est également à ce sujet qu’il est enseigné dans des cas de « Force majeure », ou Pikouah Néfech, que l’homme a le devoir de transgresser les commandements divins plutôt que d’être tué, malgré la gravité de l’acte :  » La Torah demande que l’on transgresse un Chabat pour lui, afin qu’il puisse par la suite, respecter de nombreux Chabat « . Ibid Chabat 151-b

Cependant, la Torah stipule qu’il existe trois exceptions spécifiques pour lesquelles l’homme a le devoir de donner sa vie, plutôt que de transgresser ; celui de pratiquer l’idolâtrie, l’immoralité et le crime. Des exceptions aux nombreux commentaires dans les sources du Talmud de Babylone.

La « Emounah » implique également l’acceptation des treize fondements du Monothéïsme hébraïque, et, dont rejeter un seul de ces treize fondements est considéré comme de l’apostatie.

Ces 13 Principes ont été consignés par raby Moché ben Maïmon dans son commentaire de la Michnah. Traité Sanhédrine, chapitre 10-1

  • 1 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit son Nom, est le Créateur et le Guide de tous les êtres créés, que Lui seul a créés, crée et créera.
  • 2 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit son Nom, est Un et Unique, qu’il n’y a aucune autre unicité quelconque semblable à la sienne, et que Lui seul est notre Dieu, l’a été et le sera.
  • 3 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit son Nom, est incorporel, qu’Il n’a aucun caractère anthropomorphique, ni aucune représentation.
  • 4 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit son Nom, est le premier et le dernier.
  • 5 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit son Nom, est le seul qu’il convient de prier et qu’il ne convient de prier personne d’autre.
  • 6 – Je crois, avec une foi totale, que toutes les paroles des Prophètes de la Bible hébraïque sont vraies.
  • 7 – Je crois, avec une foi totale, que la Prophétie de Moïse notre maître, que la paix soit sur lui, est vraie, qu’il a été le plus grand des prophètes, de ceux qui l’ont précédé et de ceux qui l’ont suivi.
  • 8 – Je crois, avec une foi totale, que toute la Torah actuellement en notre possession a été donnée à Moïse, notre maître, que la paix soit sur lui.
  • 9 – Je crois, avec une foi totale, que cette Torah ne sera pas modifiée et qu’il n’y aura aucune autre Torah donnée par le Créateur, béni soit-Il.
  • 10 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit-Il, connaît toutes les actions et toutes les pensées de l’être humain, comme il est écrit :  » C’est Lui qui modèle leurs coeurs, Lui qui perçoit toutes leurs actions « . Psaumes 33-15.
  • 11 – Je crois, avec une foi totale, que le Créateur, béni soit-Il, récompense ceux qui observent ses commandements et punit ceux qui les transgressent.
  • 12 – Je crois, avec une foi totale, en la venue du Machiah (ou Messie) et, bien qu’il tarde, j’attends néanmoins chaque jour sa venue.
  • 13 – Je crois, avec une foi totale, en la résurrection des morts, Téhyiat ha-Métim, le jour où telle sera la volonté du Créateur, béni soit-Il, que son souvenir soit glorifié à tout jamais.

Le Monothéisme selon Rome

 » Les Juifs conçoivent un seul Di.eu et uniquement en pensée. Pour eux, sont impies ceux qui, avec des matériaux corruptibles, représentent des images des dieux selon les formes humaines. Pour eux, sublime est la Divinité éternelle, non représentable et non soumise à la destruction. Par conséquent, ils ne placent pas de statue dans leurs villes, et encore moins dans leurs temples. Ils ne concèdent cette adulation ou cet honneur ni à leurs rois ni aux Césars « . Histoires de Tacite

Tacite est un historien, un homme d’état et un philosophe romain né en 55 et mort vers l’an 120. Les « Histoires », publiées en l’an 106, décrivent l’Empire romain, de 69 à 96, depuis l’avènement de Galba à la mort de l’empereur Domitien. Une période durant laquelle le second Temple de Jérusalem fut détruit par les Romains et les Juifs éxilés au quatre coints du monde. Il est l’auteur des ouvrages ; « La Vie d’Agricola« , « La Germanie » et des « Annales », un récit historique depuis la mort d’Octave Auguste jusqu’à Néron.

Le « Machiah » : de Moïse au Libérateur

La Torah nomme le Machiah en hébreu, littéralement « l’Oint », celui qui aurra la tâche d’annoncer à l’humanité la fin de tous les exils figurant dans les textes de la Torah écrite, et qui proclamera la Royauté de D.ieu sur terre.

Toutefois, dans le Talmud de Babylone, le substantif « Machiah » s’applique aussi au Grand Prêtre, appelé « Cohen ha-Machouah ». Un terme qui sous-entend que celui-ci a été oint avec l’huile d’onction qu’avait préparée Moïse, la « Chémène ha-Michhah ».

Ce terme est traduit par Messie, ou « Messiah », dans la version biblique latine.

A ce moment, le monde basculera du statut de Gola, « d’Exil » ou Galout, à celui de Guéoulah, ou « Délivrance », comme il est écrit :  » Il y a une fin à l’obscurité « .

A ce propos, raby Yahacov ben Acher souligne que la valeur numérique, la Guématria, des trois mots du deuxième verset de la Torah : « ..et le souffle de D.ieu planait… », Genèse 1-2, a la même valeur numérique que les mots : « cela c’est le souffle du Machiah ».

Cette étude est une allusion aux jours de la venue du Machiah, quant se révèlera à l’humanité la Grandeur du Créateur.

D’un point de vue toranique, dans chaque génération un Machiah « potentiel » existe, Békoah.

D’un point de vue historique, Moïse fut le premier Roi et Machiah du peuple d’Israël, pour avoir libérer les Hébreux de la servitude de l’Egypte et conduit le peuple au mont Sinaï recevoir la Torah. Dans le Zohar, Tikouné Zohar, tikoun 69, p.112-b et 114-a, Moïse est celui qui nourrit le peuple d’Israël de la foi et son équivalent se trouve en chaque génération.

Le roi David est également considéré tel un Machiah pour avoir combattu et délivré le peuple d’Israël des mains de leurs ennemis. De même et son temps, Mordéhaï, pour avoir renforcé les Juifs dans la foi et la pratique de la Torah, fut l’équivalent de Moïse : « Mordéhaï fut en sa génération comme Moïse en la sienne ». Midrach Esther Rabah, chap. 6-2

Le Machiah qui annoncera la Guéoulah Chlémah, la « Délivrance complète », ne pourra être reconnu en tant que tel que s’il répond à des critères précis, définis dans la législation hébraïque.

Le Rambam précise Lois des Rois, chap. 11, que le Messie est un homme versé dans l’étude de la Torah :  » Le Machiah sera plus grand en sagesse que le roi Salomon…Il enseignera la Torah à tout le peuple, même Moïse, et les Patriarches, Avraham, Issac et Jacob, qui se lèveront lors de la Résurrection, étudieront la Torah du Machiah.. « .

Il devra susciter le repentir chez tous les Juifs, la Téchouvah, établir la paix entre tous les peuples, déclencher le retour de l’exil des tribus d’Israël ou Kibouts Galouyot, et construire le troisième Temple de Jérusalem, ainsi que situer les éléments comme l’Autel, le « Mizbéah », a leurs endroits précis.

Il doit obligatoirement descendre de la lignée du roi David, lui-même issu de la tribu de Judah :  » Il sortira un bourgeon de la famille de Jéssé…qui rassemblera…des quatre coins de la terre  » Isaïe 11-10

A ce stade, il est présumé « Machiah Potentiel » ou Béhézkat Machiah.

Par la suite, s’il réussit ces missions, il devra être reconnu à Tibériade par le Grand Sanhédrine rétablit, qui doit au préalable recevoir un Prophète annonçant la venue imminente du Messie. Selon la Tradition hébraïque, ce prophète n’est autre qu’Eliyahou, chargé d’identifier et de désigner le Machiah :  » Voici je vous envoie Eliyahou.. ». Jérémie 5-6

A ce stade-là, il est déclaré « Machiah Confirmé » ou Machaih Vadaï et plus personne ne peut s’opposer à sa volonté, de même le peuple d’Israël n’est plus assujettis aux nations:

 » Lorsque cet homme mettra tout cela en oeuvre et qu’il construira le Temple à sa place initiale, il rassemblera les éxilés du peuple d’Israël et nous devrons reconnaitre en lui le Machiah …A cette époque, il n’y aura plus ni famine, ni guerre, ni jalousie, ni rivalité, car les bienfaits seront distribués en abandance, et les délices trouvés comme la poussière. Le monde entier ne s’occupera que de la seule connaissance en D.ieu. C’est pourquoi ils (les Juifs) seront des grands sages, connaissant les choses cachés, comprenant l’intention de leur créateur comme ce que peut en saisir l’homme, ainsi qu’il est dit :  » Car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme l’eau recouvre les océans « . Lois des Rois chap. 11-4 et 12-5

Reconnaitre l’annonce du Machiah :

Dans sa « Lettre aux Juifs du Yémen, ou « Iguérèt Téman », le Rambam écrit que la prophétie reviendra en Israël en tant qu’étape préparatoire à la venue du Machiah. Certains pensent que les prophètes n’existaient qu’aux temps bibliques. Néanmoins, l’un des principes fondamentaux de la foi hébraïque est de savoir que D.ieu gratifie les hommes de la prophétie. Pour nous préparer à recevoir la révélation de l’ère messianique, nous devons percevoir à travers la prophétie, un avant-goût de ce qui nous sera révélé à la fin des temps.

Le Rambam enseigne que, si la prophétie n’était qu’un fait historique ou une révélation des temps antiques, elle n’aurait pas figuré dans un livre de lois destiné aux Juifs des générations futures. Or, la loi juive affirme que D.ieu se révèle aux hommes par l’intermédiaire des prophètes.

Le verset «  J’enverrai un prophète, comme toi «  désigne Moïse, qui fut le premier libérateur des Hébreux de l’exil d’Egypte. Ce verset s’applique à chaque génération.

Cependant, lorsqu’une personne possède les qualités requises et la perfection nécessaire pour accéder à la prophétie, lorsqu’elle donne des signes et accomplit des prodiges, nous ne croyons pas en elle à cause des signes seulement, mais essentiellement à cause du commandement que Moïse nous a donné dans la Torah.

Il nous est interdit de tester outre-mesure un prophète.

Dès lors qu’on l’a reconnu comme étant un prophète, le peuple doit croire en lui, il n’a pas le droit de le critiquer ou de le dénigrer. Selon le Rambam, celui qui affirme que la prophétie n’existe pas est un hérétique. « Chémah Béni » ou Ecoute mon fils, la lettre du Ramban

Lettre de Raby Moché ben Nahman écrite à son fils :

 » Habitue toi toujours à t’exprimer avec sérénité avec chacun et en tout temps. Ainsi, tu seras délivré de la colère qui est l’essence même du mal qui conduit l’homme vers le péché. C’est pourquoi nos maîtres ont dit, que leur mémoire soit bénie; celui qui est habité par la colère, toutes les voies de l’enfer le domineront.

Et, ainsi qu’il est écrit; extirpe ta colère de ton cœur, et fais passer le mal de ta chair. Et, il n’est de mal que l’enfer, ainsi qu’il est écrit; le méchant est destiné au jour du malheur. Et lorsque tu te délivreras de ta colère, les voies de la modestie envahiront ton cœur, car la modestie est la vertu de choix parmi les vertus, ainsi qu’il est écrit; la modestie débouche sur la crainte de l’Eternel.

Grâce à la modestie, ton cœur connaîtra le chemin de la crainte, car elle fera dire constamment à ton cœur ; d’où tu viens et où tu vas, et aussi que tu es vers et vermine, de ton vivant et également à ta mort. Et devant qui es-tu appelé à présenter ta défense et tes comptes ? Devant le Roi vénéré, ainsi qu’il est écrit ; les cieux et les cieux des cieux ne te nourriront pas et il en va de même du cœur des hommes.

Il est écrit aussi; les cieux et la terre sont remplis des paroles de Dieu. Lorsque tu considéreras tout cela, tu craindras ton Créateur et tu te garderas de tout péché. Et, avec ces vertus tu seras heureux de ton lot. Lorsque tu pratiqueras la modestie qui te fera avoir la considération de ton prochain et la déférence pour lui, comme la crainte de tout péché, alors tu sentiras en toi le souffle de la Majesté Divine, Sa Splendeur et les voluptés du monde futur.

Et maintenant mon fils, sache et observe que celui qui dans son cœur, pêche d’orgueil envers ses semblables est rebelle à la royauté des cieux car il se pare des attributs de la royauté des Cieux, ainsi qu’il est écrit; Dieu règne de gloire paré. Et de quoi pourrait s’enorgueillir le cœur de l’homme ?

De richesse ? Mais c’est Dieu qui fait hériter et donne la richesse. D’honneur ? Mais les honneurs reviennent à Dieu ainsi qu’il est écrit; la richesse et les honneurs proviennent de Toi. Et qui peut se vanter du poids de ses biens ? Mais s’il se pare de savoir, s’il suit le langage des gens de foi, s’il se nourrit de la nourriture de se aînés, alors tout cela sera agréable à notre Créateur car de son Souffle il chasse les orgueilleux et de Sa volonté, il élève les humbles.

C’est pourquoi tu humilieras ta personne et l’Eternel t’élèvera. C’est pourquoi aussi je te précise, que lorsque tu pratiques la vertu de la modestie et que tu t’y tiennes toujours, tes paroles seront douce, ta tête baissée, tes yeux toujours portés vers le sol et ton cœur vers les sommets. Tu n’affronteras pas ton prochain en lui adressant la parole et il sera plus grand que toi à tes yeux. S’il est savant ou riche, à toi de l’honorer. Et s’il est indigent et que tu sois plus riche ou plus savant que lui, considère dans ton cœur, que tu es son débiteur et qu’il est ton créancier.

S’il a péché, lui, il a agit par erreur et toi en connaissance de cause. Dans tes propos, tes actions et jusque dans tes pensées et en tout temps, considère en ton cœur, que tu es debout devant le Saint-Bénis soit-il, et sa Majesté présente sur toi. Car sa Majesté remplit l’univers et tes paroles seront prononcées avec respect et crainte, comme un serviteur devant son maître. Soit mesuré avec chacun. Et si un homme t’appelle, ne lui réponds pas à voix forte, mais avec douceur comme quelqu’un devant son maître.

Sois prompt à t’instruire dans la Torah, de façon de pouvoir la mettre en pratique. Et quand tu quitteras ton livre d’études, tu t’attacheras à ce que tu as appris en te demandant s’il y a un devoir que tu puisses accomplir et tu t’y appliqueras, dans tes actes, au matin et au soi. De ce fait tous tes jours seront repentance.

Tu rejetteras de ton cœur, tous les soucis quotidiens à l’heure de ta prière. Prépare ton cœur devant notre Créateur, béni soit-il, et purifie tes pensées. Mesure tes paroles avant qu’elles ne quittent ta bouche, et cela, toute ta vie durant, en tout état de cause et tu ne pècheras pas.. Ainsi, aussi tes paroles et tes actes et tes paroles et tes pensées seront rectitude et ta prière sera pure, clair, nette et fervente, devant l’Eternel, bénit soit-il, comme il est écrit ; prépare leurs cœurs et que tes oreilles écoutent. Tu liras cette lettre une fois par semaine, de façon à la mettre en pratique, ce qui te conduiras toujours vers le Nom, béni soit-il, afin que tu réussisses dans tes voies et que tu es accès, le jour venu au monde futur, réservé aux justes. Alors chaque fois que tu exprimeras un souhait, il te sera répondu du ciel, selon les vœux de ton cœur que tu formuleras pour toujours. « 

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