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A travers toute l’Afrique subsaharienne, mais aussi dans la diaspora africaine, des Noirs s’identifient au judaïsme.

En effet, sans parler des Falashas éthiopiens, dont l’histoire est bien connue et qui ont émigré en Israël, les Abayudaya ougandais ne sont pas les seuls à revendiquer une appartenance juive: à travers toute l’Afrique subsaharienne, nous découvrons des groupes qui se livrent à une telle démarche. Cependant, parler de « juifs noirs » sans aller plus dans les détails ne rendrait pas justice à la variété des phénomènes réunis sous cette étiquette commune: certains groupes prétendent descendre biologiquement des Israélites d’autrefois, tandis que d’autres adhèrent au judaïsme sans y associer un héritage génétique réel ou rêvé.

Un livre en anglais tente de proposer un panorama de ces groupes – et plus que cela, en inscrivant cette recherche dans une réflexion sur la représentation des Africains dans l’imaginaire occidental.

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Explications de Guershon Nduwa pour Alya-Express

africainsC’est l’histoire des Juifs africains, oubliés voire niés, qui semble resurgir, après des siècles.

La tradition orale parvient ainsi à suppléer, au moins en partie, l’absence d’écrits, pour reconstituer un passé oublié et souvent controversé ; des migrations ont pourtant eu lieu, en Afrique, entre les populations juives et noires, comme peuvent en témoigner les rares vestiges trouvés ici ou là.

La première question qu’il convient d’évoquer est celle des « tribus perdues ». Exilées en Assyrie au VIIIe siècle av.N.E., dix des douze tribus de l’ancien Israël ne revinrent jamais sur leur terre et disparurent de l’histoire.

Selon les interprétations les plus courantes, elles s’assimilèrent aux populations des terres nouvelles où elles durent s’installer. Cependant, des textes bibliques faisaient de brèves allusions à une survivance de ces tribus, et leur destin fut évoqué plus longuement dans des textes extra-bibliques.

L’éventualité d’une réunion ultime entre les Israélites descendants du Royaume de Juda et les dix tribus se trouva rapidement associée à des perspectives messianiques ; au moment de la rédemption, ou quand celle-ci approcherait, les tribus « perdues » reprendraient leur place. Cette dimension messianique ne doit pas être négligée, notamment si l’on veut comprendre certaines des motivations de groupes juifs qui ont pris à cœur la question des tribus perdues au cours des dernières décennies.

La présence juive en Afrique noire remonte à près de trois mille ans.

Ces africains ont conservé des traces de leur judéité, mais pas comme les Juifs du Yémen qui conservaient des contacts avec d’autres communautés comme en témoigne la fameuse épître de Maïmonide (1135-1204), et qui priaient en hébreu.

Coupés des autres communautés, repliés sur eux-mêmes, ils ont gardé certaines des traditions héritées de leurs si lointains ancêtres.

Les liens entre le monde juif et l’Afrique remontent à l’époque biblique avec Abraham, Joseph, Moïse… mais aussi aux les premières « incursions » juives en Egypte qui datent du temps des Pharaons.

C’est un judaïsme pré-talmudique qui serait similaire à celui des patriarches, des prophètes et des rois David et Salomon.

La présence de Noirs descendants de Juifs est attestée dans les pays suivants :
Nigeria, Zimbabwe, Afrique du Sud, Mali, Ghana, Ouganda,Congo…

Méandres et paradoxes

guershonGuershon Nduwa et un de ses élèves.

Le monde africain noir se partage, aujourd’hui, entre l’islam, présent depuis le 8e siècle, et le christianisme apporté au 19e siècle par les missionnaires. C’est aussi dans la société africaine et dans la mémoire des hommes, qu’il subsiste des traces du passé juif, si lointain et tellement fascinant.

La Torah situe une partie des dispersés en Afrique, au-delà du fleuve d’Ethiopie et dans la terre des savanes, « tsinim ».

Le judaïsme d’Afrique est relativement bien connu dans ses marges du Maghreb, de l’Egypte et de l’Ethiopie. Les sources juives, arabes et africaines laissent entendre qu’il y eut une diaspora au Sahara et au sud de celui-ci. D’innombrables pistes ont été exploitées. ceux qui parlent de mythes des origines des juifs noirs cherchent à justifier leur supériorité blanche comme les colonisateurs et ou leurs descendants.

Toutes les sources sont connues dans la linguistique, l’archéologie et les traditions des peuples du Sahara et de l’Afrique pour comprendre la réalité d’une existence de tribus juives et au Moyen Âge, dans cette région. Cela nous emmène dans une fascinante étude sur les populations comme celles du Touat, des Igbo, des Lembas et les autres…

juifs africainsLe Judaïsme, dans toute sa puissance, s’éveille en Afrique.

Le Talmud, le Zohar, le Rambam, les halakhot du Ben Ish Hay, le Sefer Hanokh, les traditions des Kessim, des Beta Israel d’Ethiopie, les récits des 10 tribus, leurs lois, les Midrashim, y sont étudiés. Les prières journalières, les Shabbatot, les fêtes et les jeûnes y sont pratiqués. Des enfants y commencent leur éducation par Pirkey Avot et la lecture Shabbatique des Tehilim avec Taamim.

C’est cela, qui constitue le Judaïsme, et non pas un préjugé racial, économique, ou géographique. La Mishna du traité de Nega’im fait état d’un certain aspect physique de la population générale de l’époque de Rabbi Ishmael. Ils étaient de la couleur du Askeroa, l’arbre d’ébène.

Mais il y avait des Israélites qui avaient bien sûr d’autres caractères. Et les histoires de caractères n’étaient utiles pour nos Maîtres, que pour identifier la lèpre sous différents types de peau, et non pour authentifier une origine ethnique. Le propos des Sages de la Torah n’est pas de mettre en cause l’authenticité génétique de ceux qui sont juifs.

Fédération internationale des juifs noirs

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