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Une illustre famille venue d’Espagne et qui donna de nombreux exégètes

Les Ḳimḥi sont une famille juive originaire d’Espagne. Ayant fui en Provence lors de la guerre civile en al-Andalus, elle se répand ensuite en Italie, en Turquie, en Syrie et en Angleterre. Le nom est prononcé Ḳamḥi dans les pays arabes.

juifs au moyen agePlusieurs de ses membres se sont distingués, en particulier Joseph Kimhi et ses fils, Moïse Kimhi et David Kimhi, rabbins, grammairiens et exégètes provençaux des XIIe et XIIIe siècles.

L’installation de la famille Kimhi à Narbonne coïncidait avec l’amorce de la décadence de la fameuse «Yeshivah» de ce centre au milieu du 12ème siècle. L’arrivée de cette famille de grammairiens et exégètes et leur activité a certes permis un certain redressement du prestige de l’école narbonnaise, au moins de façon partielle ; ceci, parce que de l’autre côté, un des anciens élèves de cette «Yeshivah», Abraham Ben David, établissait à la même époque un important centre d’études talmudiques à Posquières, où il résidait, et qui, dans ce domaine, prit le relève de Narbonne. C’est ainsi que dans la ville des «Nesiim», les Kimhi, en commençant par le père de la famille, Joseph, puis par son fils ainé, Moshé, ont rapidement attiré des étudiants, intéressés de leurs travaux dans le domaine de la grammaire hébraïque, où ils ont été les véritables héritiers de la grande
école séfarade des grammairiens et de philologues.

Pourtant, la véritable renommée fut celle du fils puiné, David (le «Radak»). Pendant une cinquantaine d’années de travail et d’enseignement à Narbonne le «Radak» a achevé l’oeuvre des maîtres séfarades dans ce domaine: ses commentaires sur la Bible, fondés sur l’élucidation littérale et grammaticale du texte, lui ont acquis une réputation sans pair, au point que son commentaire fut adopté par l’ensemble des communautés juives, aux côtés de celui de Rashi.

L’autorité de laquelle jouissait David Kimhi dans le monde juif se reflète dans sa position d’arbitre et d’apaiseur des esprits lors de l’éclatement de la première polémique sur l’oeuvre de Maïmonide II en fut saisi de toute part; malgré son âge, il dut se rendre en Espagne pour y apaiser les esprits, surtout à Toledo, après avoir employé son influence en Languedoc et particulièrement à Montpellier, où la communauté était divisée de façon radicale entre les opposants à Maïmonide et ses partisans.

(Extrait de L’expansion de l’influence séfarade dans les pays transpyréneens)

Les Oeuvres

Raby Joseph ben Isaac Kimhi dit le « Rikam » est né vers 1110 en Espagne, et s’installera à Narbonne en 1160.

Célèbre commentateur, poête et grammairien, raby Joseph Kimhi est l’auteur de plusieurs ouvrages ; d’un ouvrage sur les lettres hébraïques intitulé « Séfer ha-Zikaron » ou « Livre du Souvenir », d’un ouvrage de commentaires sur la Bible hébraïque intitulé le « Séfer ha-Mékaneh », d’un ouvrage sur les Proverbes intitulé le « Séfer Houkah », d’un ouvrage de grammaire intitulé le « Séfer ha-Galouy », d’un ouvrage de polémique contre les théories chrétiennes intitulé « Séfer ha-Bérith ».

Il traduira de nombreux ouvrages, dont le « Hovot ha-Lévavot » ou les « Devoirs du coeur » de rabbénou Bahiya ibn Pakouda et le « Mivhar ha-Péninim » d’Ibn Gabirol intitulé « Chékel ha-Kadoch ». Raby Joseph décèdera vers 1175. Il est le père de deux éminents talmudistes, raby Moché et raby David.

Raby David Kimhi dit le « Radak » est né à Narbonne vers 1160.

Connu sous le nom de Maistre Petit, il est l’auteur d’un ouvrage de grammaire le « Miklol » ; la première partie s’intitule « Hélek ha-Diqdouk » ou la « Partie grammaticale » et la deuxième partie est un dictionnaire intitulé « Séfer ha-Chorachim » ou le « Livre des racines », comprenant un répertoire complet du vocabulaire araméen utilisé dans la Torah.

Il rédigera des commentaires portant sur le « Pchat », le sens littéral, sur les Prophètes, les Psaumes, les Chroniques, la Méguilat Ruth et sur Job. Il rédigera les ouvrages « Mahasséi Béréchit » et « Mahasséi Merkava ».

Il est aussi l’auteur d’un ouvrage de polémique contre les chrétiens connu sous l’intitulé « Vikouha ». Ces ouvrages seront traduit en latin par l’hébraïsant chrétien, Reuchlin, sous les intitulés « Rudimenta Linguae Hebraicae » et « Lexicon Hebraicum ». Le Radak décèdera en 1235.

Raby Moché Kimhi est né a Narbonne vers 1150.

Il est l’auteur d’un ouvrage de grammaire intitulé « Méhalekh Chévili ha-Dahat » ou « Marcher dans les chemins de la connaissance », qui sera traduit en latin. Il entreprendra des travaux de grammaire intitulé « Séfer ha-Tahbochet ». Il est aussi l’auteur de commentaires sur sur les livres de Hézra et de Néhémyah et d’un ouvrage d’éthique appelé « Tahanoug ha-Néfech » ou « Délice de l’âme » d’après Isaac de Lattés. Raby Moché décèdra vers 1200, à Narbonne.

Membres connus de la famille Kimhi

Isaac Kimhi est un juif andalou, premier membre connu de cette famille. Il a vécu au XIe siècle.

Joseph ben Isaac Kimhi, fils du précédent, est un grammairien, lexicographe et poète hébraïque, ainsi qu’un exégète et controversialiste provençal du XIIe siècle.

Moïse ben Joseph Kimhi, fils du précédent, est également un grammairien et exégète
David ben Joseph Kimhi dit Maistre Petit, frère du précédent, est, comme son père, grammairien, lexicographe, poète, exégète et controversialiste. Son commentaire de la Bible sera particulièrement prisé par Martin Luther.

Mordecai ben Isaac ben David Kimhi, petit-fils du précédent, a vécu en Provence vers la fin du XIIIe siècle. C’est pour lui que le kabbaliste Jacob ben Jacob HaCohen a écrit son Peroush HaOtiyyot.

Salomon ben Mordekhaï, fils du précédent, a vécu en Provence vers 1300.

Isaac ben Mordekhaï Kimhi, dit Mestre Petit de Nyons est un casuiste et liturgiste ayant vécu à Nyons au XIVe siècle. Il est l’auteur d’un responsum, d’azharot figurant dans des mahzorim d’Avignon et de Carpentras, ainsi que d’un commentaire sur les azharot de Salomon ibn Gabirol. Un certain nombre de responsa de Salomon ben Adret lui sont adressées. Il aurait écrit d’autres ouvrages talmudiques, et est fortement estimé par ses contemporains.

David ben Joseph Kimhi, a vécu à Frascati, en Italie, vers 1326.

Moïse Kimhi, père de Samuel Kimhi, peut-être identique à Moshe ha-Zaḳen Ḳimḥi ; a vécu vers 1342 en Sicile.

Samuel Kimhi, auteur, en 1346, d’un commentaire philosophique et allégorique au Pereḳ Shira.

David Kimhi, a vécu en France vers 1350 ; c’est pour lui que Moïse ben David Kimhi a écrit en 1383 une œuvre conservée en manuscrit dans la bibliothèque du Vatican.
Joseph ben Saul Kimhi, auteur d’un commentaire sur les tables astronomiques de Jacob Bonet rédigé en 1361.

Isaac Kimhi, a vécu à Castiglione, en Italie, vers 1378.

Isaac ben Joseph Kimhi, a vécu à Arles in 1394.

Moïse ben Nissim Kimhi, a vécu à Rome vers 1413.

Juda Raphaël Ḳimḥi, a vécu en Orient, vers 1671. L’un de ses responsa est cité par Moïse Benveniste dans son Penei Moshe, ii., § 123.

Hayyim Kimhi, rabbin à Constantinople vers 1700.

Sinaï ben Hayyim Kimhi, fils du précédent, a édité les Ḥiddoushe Rashba au traité Kiddoushin (Constantinople, 1717).

Abraham Kimhi, rabbin à Constantinople (1710-2015).

Shabbataï Kimhi, mort à Rome en 1712 ; son épitaphe a été publiée par A. Berliner.

Flaminio Kimhi, mort à Rome en 1717 ; son épitaphe a été publiée par A. Berliner16.

Moïse ben Abraham Kimhi, mort à Rome, en 1726 ; son épitaphe a été publiée par A. Berliner.

Samuel Kimhi, rabbin à Constantinople contemporain de Juda Rosanes (mort en 1727). Certains de ses responsa sont inclus dans le Mass’at Moshe de Moshe Israël (Constantinople, 1734).

Israël Kimhi, auteur de l’Avodat Yisrael (Smyrne, 1736), d’une explication sur le rite du Jour du Grand Pardon, et d’un responsum consigné dans le Mayim Rabbim.

Isaac ben David Kimhi, rabbin à Constantinople, où il rédige, en 1736, une haskama (approbation) pour le Reshit Ḥokmah.

David Kimhi, a vécu à Constantinople avant 1738.

Conprado (?) Kimhi, rabbin de Constantinople durant la première moitié du XVIIIe siècle. Selon Frankl, il s’agirait de Samuel Kimhi mentionné dans le Shem ha-Guedolim.

Jacob Kimhi, colporteur et hébraïsant (Constantinople, 1720 – Londres, 1800), fils de Samuel Kimhi. Figure notoire de la ville de Londres, il fréquentait, en tant que vendeur itinérant de babouches orientales, le voisinage du Royal Exchange. Il est l’auteur de Shoshannat Ya’aḳov, un commentaire sur les traités Beitza et Taanit (Constantinople, 1748).

Benjamin Kimhi, imprimeur et éditeur à Salonique, vers 1770. Il a édité et annoté les Sha’are Raḥamim de Ḥayyim ha-Kohen et Salomon Abbadi.

Isaiah Salomon Kimhi, rabbin à Hébron vers 1783

Nissim Joseph David Kimhi, rabbin de Constantinople, mort en 1836

Salomon Kimhi, fils du précédent, auteur de Meleket Shelomo.

Hayim Kimhi, rabbin de Constantinople, grand-rabbin de Damas (1868-1872)

Réalisé à partir de plusieurs sources dont Wikipédia

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