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« A Souccoth ils nous ouvrent leurs portes et nous reçoivent à bras ouverts. »

Par Annette Malka

Les Samaritains se considèrent comme de vrais juifs. Ils ne reconnaissent que la Torah et le Livre de Josué qui succède immédiatement au Pentateuque. Leur lieu saint est le mont Guérizim en Samarie où ils affirment qu’Abraham tenta de sacrifier Isaac et que Salomon construisit le Premier Temple.

Les Shomronim ou SamaritainsLe mont Gérézim et la communauté samaritaine

La communauté samaritaine, estimée à 600 membres, une survivance de l’ancien peuple samaritain, prétend descendre des dix tribus perdues. Environ 50% d’entre eux vivent dans le village de Kiryat Luza près du sommet de ‘la montagne’ ; l’autre moitié, des citoyens israéliens, vivent dans leur petit quartier de Houlon près de Tel Aviv. Ils parlent arabe dans la vie quotidienne et se servent d’une forme archaïque de l’hébreu dans leur liturgie. Ils sont, semble-t-il, les seuls Samaritains au monde.

Selon la chronique des Shomronim ils feraient partie des dix tribus perdues et seraient des descendants des tribus de Ménashé, Eprhaïm et Lévi.

On les appelle Shomer (qui se traduit : garder) car ils sont les gardiens de la religion ancienne d’Israël. Ils gardent la culture du peuple d’Israël depuis les temps bibliques et leur écriture est de l’ancien hébreu qu’ils lisent et n’emploient que pour la lecture sacrée du Shépher Thora. A l’occasion des fêtes et des Shabbath ils portent une tenue ressemblante à celles des Bné Israël dans temps les plus reculés.

Au moment du retour des Juifs à Jérusalem lorsque le gouverneur Cyrus permit aux Juifs de reconstruire le Temple (538-515) les Samaritains revinrent en grand nombre de Babylone où ils étaient exilés, pour s’installer en Samarie du Sud.

La rupture entre les Juifs et les Samaritains se produisit au 6ème siècle avant l’ère chrétienne.

A leur retour d’exil en 583, les Juifs jugèrent que les habitants de Samarie qui avaient épousés des Gentils, ne pouvaient plus prétendre au titre de Juifs. De leur côté, les Samaritains, très attachés aux enseignements judaïques anciens, rejetèrent les idées nouvelles acquises par les juifs durant les 49 années passées à Babylone.

D’autres sources rapportent que la séparation commença à la période du deuxième Temple lorsque les Samaritains voulurent construire une partie de ce Temple et que les Juifs refusèrent en décrétant qu’ils n’étaient pas Juifs et n’appartenaient pas au peuple juif.

Les Shomronim ou Samaritains 2C’est là que la communauté samaritaine construisit son Temple sur le Mont Gérézim.

En 167 avant l’ère chrétienne le roi syrien de la dynastie des Séleucides, Antiochus III persécuta les Juifs et les Samaritains.

Une partie de l’aristocratie samaritaine de Sichem envoya au roi un mémorandum déclarant qu’ils n’étaient pas Juifs mais d’origine phénicienne et qu’ils déploraient le fait que leurs ancêtres avaient adopté la superstition juive (observant le Shabbat, le culte du D. anonyme, etc.…) et que c’était par erreur compréhensible et regrettable que les gouverneurs du roi les traitaient comme des Juifs, alors qu’ils étaient tout à fait différentiels d’eux et innocents et, en conséquence, ils demandaient l’autorisation de nommer leur Temple du D. anonyme Temple de Zeus. Le roi dona alors l’ordre au gouverneur d’accepter leur demande et de ne plus les considérer comme des Juifs.

Dans le passé

Yohanan, chef des Asmonéens (134-63) se tourna vers le Nord et occupa Sichem et ses environs. Il démolit entièrement le temple samaritain, situé sur le mont Gérézim.

En 112, Yohanan pensa que le moment était venu d’agrandir encore son territoire. Il attaqua la Samarie, la ville hellénistique des Samaritains, qui était la seule forteresse hellénistique qui restait dans la région montagneuse, au sud de la grande vallée de Jezréel. Les Samaritains demandèrent de l’aide à Antiochus IX qui arriva à leur secours mais ils furent défaits par les fils de Yohanan qui poursuivirent son armée en fuite jusqu’à Beit-Chéan. Quatre mois plus tard Samarie tomba aux mains des Juifs et fut complètement rasée.

Les Samaritains se révoltèrent aussi contre les Romains et, dans la bataille du Mont Gérézim, ils furent défaits et une douzaine de mille d’entre eux tombèrent sur le champ de bataille. Trois jours plus tard après sept semaines de siège et une résistance acharnée, les Romains occupèrent la forteresse de Iotapata où ils massacrèrent presque toute la population qui s’y trouvait, à savoir une dizaine de milliers de personnes.

Sur le mont Gérizim ; la présence chrétienne s’intensifia durant l’époque byzantine, un des héritages en sont les ruines d’une église octogonale construite par l’empereur romain Zénon, au 5ème siècle. Les vestiges d’une mosquée et d’un château remontent à Saladin.

Les Shomronim ou Samaritains 3Au 4ème et 5ème siècle la communauté samaritaine comprenait un million deux cent milles âmes qui étaient dispersés dans les montagnes et les villes du pays, du sud du Liban au nord de l’Egypte mais principalement autour du mont Gérézim.

Les différents gouvernements contraignirent la population à se convertir et les persécutèrent jusqu’en 1917 où il ne resta que 146 âmes.

Au début du 9ème siècle, Abou El Fatah, principal chroniqueur des Samaritains, raconte en détail leurs souffrances. Les attaques répétées des conquérants musulmans vont peu à peu saper cette puissance, en particulier les Abbassides et surtout le Calife Al Ma’amun (813-833) qui détestaient les Samaritains et les persécutèrent. Les Samaritains étaient fort nombreux lors de la conquête musulmane et il semble que leur puissance se soit maintenue jusqu’au 19ème siècle.

Les révoltes des Samaritains

Les révoltes des Samaritains se succédèrent ce qui montre bien la force de cette secte. Elles en entraînèrent finalement le déclin. La plupart de leurs places fortes ont été détruites au cours des guerres incessantes qui opposèrent à l’armée Abbasside au 9ème siècle divers groupes d’opposants. Au cours de ces difficiles périodes de nombreux Samaritains ont été tués, d’autres se convertirent à l’Islam et un certain nombre émigra vers l’Est.

Depuis la création de l’Etat d’Israël la communauté des Samaritains a pris un nouveau départ grâce au soutien du pays et commence à s’épanouir.

Naplouse ou Chrem, sur un plateau au-dessous du mont Gérizim et à Houlon.Naplouse ou Chrem, sur un plateau au-dessous du mont Gérizim et à Houlon.

Les Samaritains considèrent que le mont Gérizim répond mieux à la description d’Abraham que le mont Moriah et ils ont érigé un temple concurrent du Temple de Jérusalem sur cette hauteur stratégique.

Une synagogue moderne a remplacé le temple détruit par un tremblement de terre en 1927.

shomronimElle abrite une ancienne Torah écrite en hébreu ancien : Les cinq livres de Moïse (le pentateuque) est la seule partie des Ecritures que les Samaritains ont adoptée. Moïse est donc le seul prophète. Cette Torah serait une copie fidèle des paroles de Moïse donc la plus vieille Torah au monde. Les universitaires cependant, considèrent que ces éléments les plus anciens n’ont pas été écrits avant les 10-12ème siècle.

shomronim 2Les Samaritains célèbrent leurs fêtes annuelles sur l’emplacement de l’ancien temple rival de celui de Jérusalem, il en est ainsi pour la fête de Pâques en avril, le soir précédent la lune de Nissan. (Avril)

Ils respectent à la lettre la loi de Moïse concernant l’égorgement, la cuisson et la préparation de l’agneau pascal. Seul un Samaritain peut-être mis en contact direct avec l’animal sacrifié mais les visiteurs sont autorisés à regarder la cérémonie.

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