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par le Ba’al Chem Tov

Rav Meir quitta la maison du Ba’al Chem Tov plein d’espoir. En arrivant chez lui, il raconta à sa femme ce que le Ba’al Chem Tov lui avait dit.

“Au temps fixé, à pareille époque, Je te visiterai, et Sarah sera mère.” (Genèse 18:14)

À cette époque, vivait un certain marchand du nom de Rav Meir. Sa richesse était confortable et tout semblait lui sourire dans la vie. Cependant, la réalité était autre. Après de nombreuses années de mariage, Rav Meir éprouvait un sentiment de tristesse de n’avoir toujours pas été béni en ayant des enfants. Ses amis lui conseillèrent d’aller rencontrer un rabbin, le Ba’al Chem Tov, qui était réputé pour faire des miracles.

En demandant une bénédiction de cet homme saint, l’avenir s’éclaircirait certainement. Malgré les conseils de ses amis, Rav Meir ne croyait pas aux rabbins faiseurs de miracles. Certes, il menait une vie vouée au judaïsme, mais cette notion lui était étrangère ; à vrai dire, il pensait que ces rabbins n’étaient que des charlatans. Ainsi, chaque fois qu’une personne lui conseillait de se rendre chez le Ba’al Chem Tov, il se moquait d’elle. Il lui arrivait même de faire des remarques désobligeantes à propos des pouvoirs supposés de ce rabbin.

Un certain jour, Rav Meir dut partir en voyage d’affaires. Ce voyage devait le faire passer dans la ville de Mézibouz, la ville où habitait le Ba’al Chem Tov. Dans cette ville, habitait Rav Ya’aqov ; celui-ci était un vieil ami de Rav Meir et il se faisait un plaisir d’héberger son ami de longue date. Les deux compères étaient ravis de se rencontrer et ils passèrent toute la soirée à boire, fumer leur pipe et à se souvenir des bons vieux jours de leur adolescence. En fin de soirée, Rav Meir se confia et partagea son sentiment de tristesse de ne pas avoir d’enfants.

En constatant la douleur de son ami, Rav Ya’aqov lui suggéra immédiatement de rencontrer le Ba’al Chem Tov. Rav Ya’aqov lui-même était un disciple du saint homme et il se faisait fort d’arranger un entretien entre le Rabbi et son ami. Cependant, Rav Meir resta égal à lui-même et refusa d’envisager une telle rencontre.

Rav Ya’aqov s’emporta contre son ami et il employa quelques mots durs à son encontre.

“Mon cher ami, comment pourrais-tu refuser l’opportunité unique de rencontrer le Rabbi ? Après tant d’histoires que tu as certainement entendues à propos des personnes dont la vie a changé en recevant une bénédiction du Ba’al Chem Tov, tu dois le rencontrer sans faute ! Tu es aujourd’hui à Mézibouz, et je te garantis que grâce à moi, tu pourras bientôt parler au Rabbi. Je te préviens : je n’accepterai pas un ‘non’ comme réponse. Tu dois impérativement venir avec moi voir le Ba’al Chem Tov ! Dans tous les cas, tu ne seras pas la première personne sans enfants à rencontrer le Rabbi.”

Même si ce fut à contrecœur, Rav Meir se laissa convaincre et il accepta de rencontre le saint homme. De fait, on lui accorda immédiatement un entretien. Lorsqu’il entra dans la salle où étudiait le Ba’al Chem Tov, il réalisa de suite qu’il se trouvait en présence d’un homme qui baignait dans la sainteté. À la demande du Rabbi, il s’assit et commença à raconter la raison de sa visite. Il ne lui fallut que quelques secondes pour ouvrir son cœur et que des larmes coulent de ses yeux.

Ce qu’il dit au Ba’al Chem Tov était simple : même s’il était riche et qu’il pouvait se procurer tout ce que l’argent lui permettait, il était triste de ne pas avoir d’enfants avec sa femme.

Pendant qu’il parlait, le Ba’al Chem Tov regarda Rav Meir dans les yeux, sans dire mot. Lorsqu’il termina de raconter son histoire, le Rabbi réfléchit quelques instants avant de s’exprimer. “Rav Meir” commença-t-il, “je désire que vous vendiez la totalité de votre stock de marchandise. Avec l’argent ainsi obtenu, vous irez ensuite voir la personne non juive qui possède les silos de votre ville et vous lui proposerez de les lui acheter. Je vous promets qu’en moins d’une année, D-ieu vous bénira avec un fils. Après sa naissance, je désire que vous reveniez me voir afin de me raconter ce qui sera arrivé.”

Rav Meir quitta la maison du Ba’al Chem Tov plein d’espoir, mais en étant également un peu sceptique. En arrivant chez lui, il raconta à sa femme ce que le Ba’al Chem Tov lui avait dit. Celle-ci approuva le conseil du saint homme et demanda à son mari de le mettre en application le plus vite possible. Rav Meir était moins enthousiaste à cette idée.

Le propriétaire des silos de la ville était réputé pour son antisémitisme ; l’idée même de parler à un juif lui était désagréable et celle de faire du commerce avec eux encore plus insupportable. Cependant, devant l’insistance de sa femme, Rav Meir alla rencontrer cette personne afin de lui proposer d’acheter les silos.

Lorsque Rav Meir se présenta à l’entrée des silos, il demanda à rencontrer le propriétaire des lieux. À sa grande surprise, il reçut une réponse positive et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il se retrouva devant l’antisémite notoire. Ce qu’il entendit de ce dernier le surprit encore plus : cet homme habituellement peu sympathique lui déclara qu’il était content de la voir car il désirait lui faire une proposition, celle d’acheter les silos ! Évidement, Rav Meir accepta l’offre et ‘affaire fut rapidement conclue.

Aussitôt rentré chez lui, et encore sous le choc, Rav Meir raconta à se femme ce qui venait de lui arriver. Celle-ci ne fut pas surprise car elle était convaincue du pouvoir de la bénédiction du Ba’al Chem Tov. Rav Meir voyait les choses sous un angle différent. Plutôt que d’y voir l’effet du saint homme, il parla de coïncidence, même s’il accepta l’idée qu’elle fut surprenante. En fin de compte, il vendit son stock de marchandise, comme le Ba’al Chem Tov le lui avait conseillait. Le bénéfice engendré correspondit exactement à la somme qu’il devait remettre au propriétaire des silos. En peu de temps, sa nouvelle affaire devint florissante.

Exactement une année plus tard, sa femme donna naissance à un fils. Sous l’effet de la joie que cette naissance lui causa, Rav Meir oublia sa promesse de retourner chez le Ba’al Chem Tov. De fait, il avait tout oublié du saint homme, même sa promesse qu’une année plus tard il serait le père d’un fils.

Lorsque ses amis lui faisaient remarquer sa réussite depuis une année – la naissance de son fils et l’achat des silos de la ville d’un antisémite notoire – Rav Meir haussait simplement les épaules. Il répondait le plus souvent que tout cela était le hasard qui lui avait amené ces bénédictions dans sa vie. Il oublia même la demande du Ba’al Chem Tov de lui faire part de la naissance de son fils.

Rapidement, les évènements prirent une nouvelle tournure et Rav Meir regretta d’avoir un fils. Celui-ci se révéla être particulièrement sauvage et il était tout simplement impossible de le laisser à l’école. Même après avoir offert un salaire des plus généreux, aucun enseignant n’accepta l’offre de Rav Meir de devenir le tuteur privé de l’enfant rebelle. Les plus tenaces parvenaient à rester une semaine ou deux avant de déclarer forfait ! Rav Meir commençait à désespérer de trouver une idée pour élever son fils. Ce sentiment était encore plus terrible que celui de ne pas avoir d’enfants.

Après quelques temps, ses affaires amenèrent de nouveau Rav Meir dans la ville de Mézibouz. Cette fois encore, il fut hébergé par son vieil ami Rav Ya’aqov. Celui-ci était enchanté d’entendre que Rav Meir et sa femme avaient été bénis par la naissance d’un fils et que leurs affaires rencontraient un grand succès.

Au cours de la discussion, Rav Meir fit part de la difficulté qu’il rencontrait avec l’éducation de son fils.

En entendant les difficultés de son ami, Rav Ya’aqov demanda à Rav Meir s’il avait informé le Ba’al Chem Tov de la naissance de son fils.

Cet seulement en entendant la question de son ami que Rav Meir se souvint de sa promesse non tenue au saint homme. “Mon D-ieu ! Je suis tellement honteux d’avoir oublié ma promesse” dit Rav Meir. “Comment ai-je pu être aussi ingrat envers celui qui m’a béni de la sorte et ne pas lui annoncer que mon fils était né ? Je me souviens maintenant que c’est particulièrement le Ba’al Chem Tov qui m’avait demandé de lui annoncer cette naissance.”

“Rav Meir,” dit Rav Ya’aqov, “tu dois réparer tes torts immédiatement. Sans doute que le Rabbi pourra t’aider de nouveau comme il l’a déjà fait. Vas-y sur le champs ; je t’accompagne !”

Rav Meir fut de nouveau introduit dans la salle d’étude du Ba’al Chem Tov. Lorsque le saint homme le regarda, Rav Meir le supplia de lui pardonner de ne pas l’avoir informé de l’achat des silos de la ville, ainsi que de la naissance de son fils. “Cependant, je dois avouer que je regrette quelque peu d’avoir demander un fils” dit Rav Meir d’une voix triste. “J’éprouve les pires difficultés pour l’élever. Mon fils se comporte comme un animal ; aucun enseignant n’accepte de lui donner des leçons. Je ne sais plus quoi faire. Que peut-on espérer avec un tel fils ?”

“Je vais vous dire exactement ce que vous devez faire,” répondit le Ba’al Chem Tov. “Retournez chez vous et vendez les silos qui vous appartiennent. Avec les bénéfices, rendez-vous à la foire annuelle de la ville de Leipzig. À cet endroit, achetez toute la marchandise que vous pourrez et vous resterez une année entière dans cette ville à faire ce commerce. Lorsque nous retournerez chez vous, vous ne reconnaîtrez pas votre fils : il se sera transformé en un étudiant exemplaire du Talmud.”

Rav Meir remercia vivement le Ba’al Chem Tov et retourna immédiatement chez lui. Arrivé dans sa ville, il vendit son affaire de silos et alla de suite dans la ville de Leipzig où il commença sa nouvelle affaire commerciale dans la foire annuelle. Après quatre mois, tous les acheteurs et vendeurs avaient quitté la ville. Rav Meir réfléchit : “Que vais-je faire pendant les autres huit mois où je dois rester à Leipzig ?” Il prolongea son séjour le plus de temps qu’il put, mais après peu de temps il décida de rentrer chez lui. Il loua une carriole qu’il chargea de la marchandise qui lui restait et prit le chemin de sa maison.

Il quitta la ville de Leipzig un vendredi matin. Sur le chemin du retour, la personne qui menait la carriole se trompa de route et se perdit. Chabath allait bientôt arriver et aucun signe de vie n’était visible aux alentours. Les deux malchanceux voyagèrent aussi longtemps qu’ils purent et lorsque l’heure de Chabath arriva, ils s’arrêtèrent le long d’une forêt.

“Allons chacun dans une direction,” dit Rav Meir au chauffeur de la carriole, “et nous essayerons de trouver un abri pour la nuit dans la forêt.”

Rav Meir commença à marcher et après peu de temps, il aperçut le scintillement d’une lumière au loin. Il continua de marcher en direction de la lumière et en fin de compte, il se présenta devant une maison imposante dans la forêt. Cette maison était celle d’un juif et les lumières celles de Chabath.

Le propriétaire de la maison était en train de prier lorsque Rav Meir frappa à la porte. Un employé de maison lui ouvra la porte et le fit entrer. Voyant que l’étranger n’était pas habillé pour Chabath, il courut lui chercher des vêtements adéquats pour le jour le plus saint de la semaine. Chabath se déroula d’une façon habituelle, sans évènements particuliers. Lorsque Chabath fut terminé et la havdala recitée, Rav Meir commença à s’inquiéter du chauffeur de la carriole et de sa marchandise.

“Que contenait la carriole ?” demanda l’hôte.

“J’y avais mis toute la marchandise que j’avais acheté à Leipzig. Cela représente une somme importante. Je me demande ce qui a bien pu arriver au chauffeur également.”

L’hôte proposa d’acheter tout le contenu de la carriole et de verser de suite la moitié du montant de la vente. Rav Meir rédigea immédiatement le contrat de vente et l’hôte lui offrit la moitié du paiement en monnaie sonnante et trébuchante et il lui remit une note de dette pour le restant de la somme. À cet instant, les deux jetèrent un regard par la fenêtre.

“N’est-ce pas la carriole dont vous me parliez, avec son chauffeur ?” demanda l’hôte.

De fait, il s’agissait bel et bien de la carriole où Rav Meir avait déposé sa marchandise. Ils déchargèrent celle-ci dans la remise et Rav Meir se prépara à quitter les lieux.

“Ou pourrais-je bien aller ?” se demanda-t-il. “Le Ba’al Chem Tov m’a conseillé de rester à Leipzig pendant une année. Maintenant que j’ai vendu toute ma marchandise, je devrais sans doute retourner à Leipzig afin d’en acheter de nouveau. Par la suite, en revenant chez moi, je passerai de nouveau ici afin de récupérer le reste de la somme qu’on me doit.”

Rav Meir retourna à Leipzig où il se mit à acheter la plus belle marchandise qu’il pouvait trouver. Au cours de ses conversations, il s’informa sur l’identité de la personne qui l’avait accueilli pendant le Chabath. Même s’il parla à plusieurs hommes d’affaires, personne ne connaissait ce mystérieux personnage qui avait signé une note de dette à Rav Meir. Celui-ci commença à s’inquiéter ; l’homme lui devait une somme importante.

Lorsque l’année toucha à sa fin, Rav Meir prit le reste de marchandise qui lui restait et quitta Leipzig. Tandis qu’il sortait de la ville, un homme l’arrêta.

“Rav Meir, n’avez-vous pas une note de dette qui m’appartient ? Voici l’argent que je vous dois.”

“Je me suis renseigné à votre propos, mais personne ne semble vous connaître. Qui êtes-vous réellement ?” demanda Rav Meir. “En quoi cela vous concerne-t-il réellement ? Voici votre argent. Au fait, lorsque vous verrez votre Rabbi, donnez-lui le bonjour de la part de Yona.”

Rav Meir retourna finalement chez lui. À sa grande surprise et joie, son fils était devenu une personne entièrement différente. Calme et posé, il avait profité de cette année pour devenir un étudiant brillant en Tora. Cette fois-ci, Rav Meir ne perdit pas de temps. Il laissa sur le champ ses affaires et s’en alla de suite chez le Ba’al Chem Tov afin de le remercier de son conseil opportun.

“Une personne m’a demandé de vous transmettre ses amitiés,” dit-il au Rabbi. “Cette personne s’appelle Yona.”

“Vous avez des amitiés à me transmettre de la part de Yona ?” répondit le Ba’al Chem Tov d’une voix amusée. “Savez-vous qui est réellement ce Yona ?”

Rav Meir fit non de la tête.

“Il s’agit tout simplement du prophète Yona ben Amitai !” [le prophète dont le livre Yona porte le nom].

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