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« Après quoi Abraham enterra Sara, sa femme, dans la caverne du champ de Macphéla, en face de Mambré, qui est Hébron, au pays de Canaan (…). Abraham rendit l’âme (…). Isaac et Ismaël ses fils l’ensevelirent dans la caverne de Macphéla, dans le champ d’Ephron, fils de Mambré, le champ qu’Abraham avait acheté des fils de Heth ».

tombeau des patriarchesmacpelahgrotte2Escalier descendant vers la grotte de Macphélah
(godssecret.wordpress.com).

1 – Seuls les Arabes peuvent mettre fin au conflit

par Robert Nessim Cohen Tanugi

La Lettre du Lien Israël-Diaspora du 1er novembre 2015

Il est vain de croire que, ni demain ni après-demain, le conflit israélo-palestinien ne prendra fin. Dès Mahomet, et, selon la Bible, même dès Isaac et Ismaël, et encore aujourd’hui, les rapports entre les Juifs et les Arabes, descendants d’Ismaël, se sont toujours joués dans un drame, parfois une tragédie, entre deux pôles, la fraternité ou le conflit, et toutes les nuances entre les deux : fraternité, coexistence assumée, cohabitation distante, hostilité, conflit et haine, mais jamais indifférence.

La cohabitation est aujourd’hui inéluctable, car, dans l’étroit périmètre de la Palestine, les deux peuples ont des droits historiques et démographiques tout à fait incontestables depuis les temps bibliques, quoi que prétendent les uns et les autres, ne serait-ce que parce que tous deux descendent et se réclament spirituellement et parfois généalogiquement, du même ancêtre Abraham, vénéré par les deux camps, en particulier à Hébron.

Ce n’est pas par hasard que le premier pogrom arabe en Palestine ait eu lieu à Hébron !

Il est vain de croire que ces données et leurs conséquences changeront. Fraternité, coexistence subie ou choisie, conflit, affrontement ou exclusion, telles sont et resteront les règles du jeu.

Quelle que soit la puissance de l’Europe et des États-Unis, ils ne pourront en rien résoudre le problème qui ne dépend que des Juifs et des Arabes. Or, contrairement aux apparences, les Juifs ne peuvent le résoudre et seuls les Arabes le peuvent.

Ils ne peuvent le résoudre, tout simplement parce que les Juifs admettent tout à fait la cohabitation. Par principe tout d’abord, par l’histoire commune presque bimillénaire ensuite, et, depuis un siècle, par le sionisme au nom duquel ils ont accepté le principe du partage proposé par l’ONU en 1947, refusé obstinément par le monde arabe. Lors de l’Indépendance, ils ont reconnu comme légale et démocratique la présence des Arabes qui avaient accepté de rester avec eux, tout en combattant les Arabes de l’intérieur ou de l’extérieur qui refusaient toute cohabitation.

Encore aujourd’hui, dans le climat pestilentiel dû à l’islamisme terroriste djihadiste et guerrier de Daech, le front du refus est bien plus nombreux que celui des résignés à la paix. Pourquoi les Arabes ne sont-ils pas prêts à admettre la cohabitation que pratique Israël ? Pour deux raisons.

D’abord parce que si l’islam a voulu et veut toujours éliminer les idolâtres et les païens, jamais il n’a ordonné de tuer tous les non-musulmans et pas davantage les Juifs incroyants s’ils ne pratiquent pas le paganisme. Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’adorateurs de dieux de pierre, de bois ou d’animaux ! Le péril est tout à fait ailleurs, aujourd’hui surtout, dans le monde moderne, où la science et la technologie dominent les esprits,

Le danger désormais n’est plus le paganisme, mais l’incroyance totale en Dieu, l’athéisme victorieux ! En conséquence, l’individualisme et la non-croyance en Dieu veulent que chacun soit seul comptable du choix de ses valeurs, de ses désirs et de ses volontés. Si le judaïsme appelle à aimer Dieu – le Shéma Israël – l’individu moderne s’aime d’abord lui-même et non Dieu, qui n’existe pas selon lui.

Cela n’a que peu à voir avec le paganisme que condamne le Coran. En toute logique, l’islam n’a pas l’obligation d’effacer les athées de la terre ! Or, précisément, la tradition séculaire caricature l’islam en prétendant qu’Allah veut que l’humanité entière se soumette à l’islam ou périsse. Pourtant Mahomet lui-même disait que la conversion de force était condamnable. Et de plus, précisément parce que Juifs et chrétiens sont des peuples du Livre reconnaissant le monothéisme, ils ont le droit de vivre selon le Coran, mais n’ont pas le droit de commander et de dominer des musulmans dans le cadre géographique du monde arabe, du dar al-Arab.

C’est à ce titre que l’islam actuel refuse la présence d’Israël en Palestine du fait que ces terres sont devenues musulmanes. Or c’est une erreur impardonnable : le Coran reconnaît aux Juifs le droit de vivre sur la terre biblique, et il y a de très hautes autorités musulmanes tant au Caire qu’en Jordanie qui osent le rappeler fermement, mais aujourd’hui personne ne cherche la vérité, et seule la propagande formate l’opinion publique.

Une solution existe : une terre de Palestine où deux États juif et arabe, chacun cohabitant pacifiquement avec une minorité de l’autre peuple serait conforme à la vérité et à la justice. Cela, les Juifs le pratiquent déjà. Aux Arabes d’en faire autant sur un État palestinien. Mais, comme on le sait, le Hamas et les fanatiques ne veulent pas de deux États, ils n’en veulent qu’un sur toute la Palestine et, pour certains, sur le monde entier sous la férule d’un califat. Quant au Fatah et à Abbas, ils veulent un État palestinien « judenrein » ! Or les Juifs ont des droits sur toute la Palestine et les Arabes aussi. Un État juif doté de minorités reconnues arabes et chrétiennes et un État arabe doté de minorités juives et chrétiennes seraient conformes à la vérité humaine des trois peuples.

Il ne faut pas désespérer, car maintenant il existe des Arabes puissants et écoutés en Arabie et au Moyen-Orient, prêts à une cohabitation entre Juifs et Arabes. Il est intéressant de noter que des Arabes saoudiens s’aperçoivent soudain qu’Israël n’a jamais attaqué un État arabe : ils se sont défendus, reconnaissent-ils, contre les agressions en particulier de la Syrie, de l’Égypte et de la Jordanie.

C’est à partir de cette minorité qu’une voie s’ouvre vers la paix, assurée de la cohabitation paisible avec le monde juif et chrétien. Si les Arabes fanatiques et extrémistes continuent de fantasmer sur un État palestinien de la Méditerranée jusqu’au Jourdain, ils seront responsables que, du fait de leur aveuglement, Israël soit contraint de le faire à son profit. Les Palestiniens devront alors se contenter de la Jordanie, où 95 % de la population est
palestinienne. Ce n’est déjà pas si mal, puisque la Jordanie détient 75 % de l’ancienne Palestine !

etat palestinien jordanie‘Hévron, source de vie **

Par Rav Haim Dynovisz

La Terre d’Israel aimée et convoitée

Nous ne pouvons parler de la paracha ‘Hayé Sara sans évoquer la ville de ‘Hévron et la Maharat HaMakhpéla.

Israel_Hebron_Cave_of_the_PatriarchsIsrael Hebron Cave of the Patriarchs

‘Hévron est l’un des trois lieux saints d’Israël, avec Jérusalem et Chekhem (Naplouse). Elle est la capitale de Judée et la ville des rois de la tribu de Yéhouda.

Les maîtres du Sod (secrets de la Torah) ‘donnent une belle image pour expliquer le rôle spirituel des trois villes saintes: la sainteté de notre terre prend source à « Hévron, devient un fleuve à Chekhem et un océan à Jérusalem. Si la source est bouchée, l’eau n’arrivera plus à Chekhem et à Jérusalem.

En d’autres termes, Jérusalem ne peut appartenir véritablement à Israël que s’il possède d’abord ‘Hévron. Le danger devient évident lorsque, après avoir perdu le fleuve Chekhem), nous risquons aussi de perdre la source (‘Hévron).

Déjà dans les temps bibliques, nos ennemis connaissaient le secret de de la force de ‘Hévron. Ils savaient que sans ‘Hévron, Israël ne pourrait jamais rester sur sa terre. C’est pour cette raison qu’avant la conquête de la terre par Yéhochoua se trouvaient à ‘Hévron de terribles géants, afin d’empêcher Israël de conquérir la ville (voir Rachi sur ‘Hayé Sara et Chela ‘h).

Tomb_of_IsaacTombeau d’Isaac

Tomb_of_Sara.Tombeau de Sarah

Le Zohar explique que c’est aussi pour cette raison que la Maharat HaMakhpéla se trouvait entre les mains d’Efron. Efron vient du mot afar poussière) et le Zohar fait remarquer que afar désigne la nourriture .du serpent, comme il est dit: «Et tu mangeras la poussière de la terre …» (Béréchit 3: 14).

Dans ce contexte, le mot afar désigne toutes les forces contraires qui nourrissent et renforcent l’empire du mal. Comme nous l’avons vu, à l’époque d’Avraham, Efron était l’incarnation de ces forces et il possédait la Méhara. Lorsque Efron vit que Avraham était déterminé à se l’approprier pour y enterrer Sara, il voulut la lui offrir, mais Avraham insista pour l’acheter.

Le Zohar commente: «lorsque l’on reçoit gratuitement quelque chose, le receveur reste toujours redevable au donneur», aussi un lien continue à les unir et d’une certaine manière le donneur n’a pas perdu son droit de propriété. C’est exactement ce que voulait Efron. Il pensait, par son don, garder un lien avec la Méhara et ainsi la «souiller» spirituellement.

Avraham comprit le danger d’une telle proposition et s’obstina à l’acheter afin de couper tout lien avec Efron.

La Méhara est le lieu où sont enterrés les quatre couples: Adam et ‘Hava, Avraham et Sara, Yits’hak et Rivka, Ya’akov et Léa.

Tomb_of_JacobTombe de jacob-Israël

Le nom ‘Hévron vient du mot ‘hibour, qui signifie l’union, car cet endroit est celui où s’unissent les nations et Israël.

La notion qu’évoque la Méhara est capitale: l’élection d’Israël ne signifie pas l’abandon par Dieu des nations. Bien au contraire, c’est ensemble qu’elles doivent amener l’humanité à sa perfection, mais à la condition que chacune accepte et respecte le rôle spécifique et unique de l’autre.

‘Hévron est l’endroit où se rencontrent et s’unissent deux dimensions, l’une spirituelle et l’autre matérielle.

Nos maîtres enseignent que toutes les âmes, avant de quitter ce monde, passent nécessairement par ‘Hévron car cet endroit est la frontière entre les deux mondes. ‘Hévron est donc le lieu de l’unité parfaite: celle entre Dieu et Son monde, et celle entre les hommes. Nous comprenons ainsi pourquoi les forces contraires font tout, depuis les temps les plus anciens, pour s’emparer de cet endroit.

Pour nous, Juifs en Israël, la possession de cette ville est une question de vie ou de mort. Nous devons pourtant admettre que notre longue histoire s’enracine dans l’irrationnel beaucoup plus que dans le rationnel.

Lorsque la source de ‘Hévron jaillira de toutes ses forces et que le fleuve de Chekhem se dirigera à nouveau vers Jérusalem, alors la capitale d’Israël deviendra celle de l’humanité tout entière.

L’importance de ‘Hévron

par Rav Haim Dynovisz .

La paracha ‘Hayé Sara nous montre avec quelle obstination Avraham souhaite acheter la Maharat HaMakhpéla, et non la recevoir gratuitement des mains de Efron.

Il faut comprendre l’importance de cet achat, car bien évidemment «les actions des Pères sont un signe pour les générations à venir», comme l’enseignent nos maîtres.

Tout dans ce monde contient quatre éléments fondamentaux, et c’est la réunion des quatre qui permet la vie. Ces éléments, du haut vers le bas, sont : le feu, l’air, l’eau et la terre.

Dans le langage moderne, il est possible de les nommer: l’énergie, les gaz, les liquides et les solides.

Dans tous les aspects de la création, nous devons retrouver ces quatre éléments. Aussi, au niveau de l’histoire juive, ils s’expriment de la manière suivante: le feu est Dieu, appelé aussi «un feu dévorant»; l’air ou le souffle est le Juif, appelé aussi nlchmat ‘haim, un souffle de vie (l’âme); l’eau est la Torah,·comme il est dit: «la Torah est l’eau»; la terre est la Terre d’Israël.

Seule la réunion des quatre dimensions permet «l’existence» véritable d’Israël: lorsque Dieu, le peuple juif, la Torah d’Israël, et la Terre d’Israël ne font qu’un, alors le peuple juif reçoit et dévoile toutes les forces de la vie.

Cependant, l’élément essentiel sur lequel «tout» l’édifice repose, est la terre, car le Juif lui-même s’appelle Adam, du mot adama -la terre;

En Erets Israël, l’endroit précis où se réunissent les quatre éléments est ‘Hévron, et plus particulièrement la Maharat HaMakhpéla : l’endroit où sont enterrés (dans le afar, la poussière, la terre) les quatre couples (Adam et ‘Hava, Avraham et Sara, Yits’hak et Rivka, Ya’akov et Léa).

Chaque couple représente en fait un des quatre éléments, et c’est pour cela que la ville s’appelle ‘Hévron, qui signifie «réunie» (du mot ‘hibour) car à cet endroit tous les éléments ne font qu’un.

Aussi, toutes les forces contraires qui veulent détruire Israël, s’efforcent de le priver de sa terre (afar, élément qui soutient tout l’édifice), et en particulier elles s’efforcent de l’empêcher d’être à ‘Hévron, l’endroit de l’unité entre Dieu, Israël, la Torah et la Terre d’Israël.

En vérité, la survie d’Israël dépend de notre présence à ‘Hévron, et surtout à la Maharat HaMakhpéla.

Efron qui signifie en hébreu la terre :(afar) ne voulait pas vendre la Méhara mais seulement «la donner», afin de ne pas s’en séparer complètement, car celui qui reçoit gratuitement se sent toujours redevable et sa propriété n’est pas entière.

Si Avraham avait accepté, il aurait laissé les goyim avoir une prise et un lien avec l’endroit, qui est la racine et la source de toute la sainteté de la terre. C’est pour cela qu’il refusa. Car s’il existe un endroit qui ne peut en aucun cas être entre les mains des goyim, c’est bien ‘Hévron et la Maharat HaMakhpéla.

L’action d’Avraham est pour nous un signe. Puissions-nous, nous aussi, un jour, mériter d’avoir la force et le courage d’agir comme lui.

Les Non-Juifs de la délivrance finale

par Rav Haim Dynovisz – 5 Novembre 2012
RESUME DU COURS par Anne Marie Antonetti:

Quel est le secret de ´Hevron, et que symbolise ce lieu ?

_Tomb_of_the_Patwriarchs1Tomb of the Patriarchs circa 1900

Rashi fait remarquer que, après être passé à Shkhem, puis Beit El, où « il plante une tente », ´Hevron est le 1er endroit où Avraham S´INSTALLA véritablement, en Erets. Il attendait de recevoir d´Hachem cet ordre : « arrête-toi ».

De plus, dans ces 3 lieux, Avraham construisit un MISBEA´H, pour proclamer l’existence d’Hachem, le D. unique, Roi de l’histoire : 2 autels provisoires, là où il n’a fait que camper, qui préfigurent les 2 Temples qui furent détruits ; et un misbea´h à ´Hevron, qui annonce le Temple de la Délivrance finale et de l’éternité.

Cet endroit évoque aussi L’ALLIANCE de D. avec Son peuple, puisque c’est là qu’eut lieu l’alliance, par la circoncision d’Avraham.

Pourquoi ´Hevron représente-t-il ces 3 choses ? Pourquoi pas Jérusalem et le Har HaMoria?

Et quel lien y a-t-il entre, d´une part, l´installation, la Délivrance et le 3ème Temple et, d’autre part, la circoncision ?

La réponse est dans le secret de l´un des noms de ce lieu, « Eloney Mamre, la Plaine de Mamre ».

Rashi nous explique qui est Mamre. : c’est un Cananéen, l’un des 3 grands amis d´Avraham (avec Aner et Eshkol) qui sont, notamment, partis avec lui pour libérer Loth de la main des 4 rois.

Pourquoi la Torah veut-elle mettre en évidence son propriétaire, puisqu’à chaque fois qu’elle parle de ´Hevron, elle cite toujours son nom ? En particulier il est dit qu’Hachem Se dévoile à Avraham « dans l’endroit qui s´appelle Eloney Mamre » ?

Il n´est pas dit Hevron ! Pourquoi est-il tellement parlé de la grandeur de cet homme ? Pourtant, il est le moins grand des 3 amis d’Avraham, puisqu´il est toujours cité en dernier. Or, les choses les plus grandes ont lieu sur son territoire !

Rashi révèle que, lorsqu’Hachem dit à Avraham qu´il devait se circoncire, Avraham hésita et demanda à ses amis : « faut-il réaliser ce commandement, ou non ? » Aner et Eshkol lui dirent non. « Seul Mamre l’encouragea à se circoncire » en lui disant : « si Hachem te le demande, tu dois le faire ». C´est donc grâce à lui qu’Avraham put atteindre ce niveau, et Mamre a un rôle très important dans l’alliance. De là, on comprend que c’est par le mérite d’un non-Juif, et même Cananéen, que les 3 choses les plus importantes de notre histoire se sont réalisées !

L’installation en Israël passe par un non-Juif, l’alliance qu’Avraham hésitait à faire passer aussi par lui, ainsi que la Délivrance finale, évoquée sur son territoire.

Mais pourquoi, au moment où cette mitsva de la circoncision est donnée, la Torah lie-t-elle cette alliance avec la conquête de la Terre ?

Rashi explique que la promesse de la Terre est répétée ici car, sans la circoncision, il n´y a pas de possibilité d’acquérir la Terre. Le Rav, par les commentaires de Rashbi, nous explique le lien fondamental entre la Brit Mila et l’installation sur la Terre d´Israël. Mais que signifie la circoncision ? L´intention est de faire naître une nation différente des autres.

Car toute nation est dirigée par les hommes, mais la nouveauté d´Israël est d´être une nation, témoin vivant de la Royauté d´Hachem. Les religions appellent D. « créateur », source de notre existence ; ou « père », source d´amour ; mais nous L´appelons « Roi », ce qui signifie que l´histoire humaine, dans tous ses aspects, est entre les mains d´un Roi qui est Hachem Lui-même. Et c´est le plus difficile à accepter, car nous voyons toutes les horreurs qui se passent sous nos yeux dans ce monde !

Le Projet d´Israël est de créer une nation qui dévoile que, dès le départ, tout a toujours été entre les Mains d´Hachem, et que tout a un sens et une signification. Pour l´acceptation d´un tel dévoilement, il faut une mutation totale de la conscience humaine. Un homme complètement nouveau naîtra, à la Délivrance, par des mutations intérieures, à la fois psychologiques, intellectuelles, et surtout au niveau de l´âme, pour que l´homme arrive à comprendre que D. est Roi, décide de tout, et fait ce qu´Il veut !

Mais il est Roi, et non dictateur. Il dirige tout, en association avec l´homme. La circoncision est le signe que nous faisons une alliance avec un D. Roi, et nous voulons transformer le Projet en réalité. En échange, nous recevons la Terre d´Israël, lieu par excellence où nous pouvons exister en tant que nation.

Les 2 premiers amis d´Avraham représentent l´ami non-Juif qui reconnaît les valeurs d´Israël, mais veut un Israël spirituel, du ciel, et non de la Terre ; ceux qui nous aiment, mais seulement tant que nous sommes sans terre, et disent « je ne suis pas antisémite, mais antisioniste ». Aner et Eshkol disaient : « tu n´as pas besoin d´une nation et d´une terre, D est partout, universel. Reste universel.

Ils ne voulaient pas que l´alliance passe par la matière, par le corps, par une nation ; ils étaient trop spirituels et voulaient le Juif de l´esprit seulement.

Mamré était moins grand, mais représente le non-Juif qui comprend que, pour le bien de toute l´humanité, il faut aider les Juifs à être une nation sur sa Terre. Il y avait seulement un ami sur 3, car il y en a très peu qui comprennent le secret de la mission d´Israël ; et Hachem le récompense en se manifestant partout sur sa terre ! Hachem Se dévoile sur son territoire car, quand on donne à Hachem un petit peu de ce qu´il veut, Il nous donne tout !

Mamre participe à l´élection d´Israël, et Hachem l´intègre à part entière dans toute l´histoire de la Torah : à chaque fois que l´on parle de l´histoire d´Israël, le nom de Mamre est cité. Quand un non-Juif comprend qu´il fait partie intégrante du Projet et qu´il doit aider Israël à se réaliser, à la fois sur les plans matériels et spirituels, il fait partie intégrante du Projet et atteint le niveau d´Israël.

C´est pourquoi cet endroit s´appelle aussi ´Hevron, qui vient de lé´haber, rattacher : après avoir été tellement détachés les uns des autres, et après toute l´histoire, Mamre est celui qui rattache, le symbole de l´humanité reconstruite, le tiers qui a compris qu´il doit se tenir aux côtés du Projet, et qui va, avec Israël, amener la Délivrance finale ; ensuite, toute l´humanité sera sauvée.

Mamre représente tous les hommes et toutes les femmes non-Juifs dans le monde qui s’associent véritablement au Projet !

Rav Dynovisz

La Caverne de Makhpéla

Par Chlomo Messica,

Avec la conclusion du livre de Béréchit, la Torah va nous décrire le huitième et dernier enterrement qui eut lieu dans la « Caverne de Makhpéla ». Petit tour d’horizon de ce que représente, dans les écrits traditionnels, ce lieu de sépulture plusieurs fois millénaire et rempli de « kédoucha » …

La Caverne de MakhpélaLa ville de ‘Hévron compte parmi les « Quatre Terres de vie », puisqu’elle est la seconde des quatre plus importantes villes d’Erets Israël, après Jérusalem et avant Safed et Tibériade. De tous temps, les Juifs du monde entier firent preuve d’une très grande abnégation pour se recueillir sur les tombes des Patriarches et des Matriarches.

En fait, ce sentiment général pourrait se résumer par ces quelques mots de rabbi Yéhouda haLévi : « Qui me laissera errer dans ces lieux où l’ֹEternel apparut à Ses Visionnaires, (…) j’aspire à ‘Hévron, le plus éminent des lieux de sépulture… ».

L’entrée du Gan Eden

Ce lieu revêt en effet une dimension extraordinaire dans la tradition juive.

Comme le rapporte un passage du saint Zohar (Béréchit, 38), Adam haRichon – le premier des hommes qui fut l’œuvre des mains du Saint Béni soit-Il – vit une lumière extrêmement subtile sortir du Gan Eden pour briller dans la grotte de Makhpéla. C’est pourquoi il désira ardemment y être enterré tout à côté de l’entrée du Gan Eden.

Dans son commentaire sur la paracha ‘Hayé Sarah, rabbénou Bé’hayé suit la même voie en expliquant :

« Avraham connaissait l’importance de l’endroit car il est le couloir d’entrée pour le Eden, (…) et c’est pourquoi il le choisit, parce qu’il est l’entrée du Gan Eden ».

C’est d’ailleurs pour cela que la ville où se situe cette grotte est appelée ‘Hévron, comme l’explique le Alcheikh Hakadoch, « au nom du ‘hibour [lien] qui relie la grotte avec le monde d’En-Haut, conformément à notre tradition voulant que ce lieu soit l’entrée du Gan Eden ».

De par cette dimension extraordinaire de la Caverne de Makhpéla – reliant le Ciel à la Terre –, ce lieu est donc particulièrement propice pour l’acceptation des prières, comme le rapporte le Rama de Pano dans son ouvrage « Assara Maamarot » : « Toute prière qui monte au Ciel emprunte la voie de la Méarat haMakhpéla ».

Or, non seulement le domaine de la prière est-il intiment lié à cet endroit, mais également celui de l’étude. On rapporte en effet au nom du ‘Hida qu’« un Ancien rêva un jour que celui qui étudierait de manière désintéressée à ‘Hévron apporterait une grande réparation pour les fautes commises, (…) car celui qui étudie à ‘Hévron est semblable à qui étudierait au mont Sinaï ».

Mais l’importance de la ville de ‘Hévron ne se résume pas uniquement à la présence de ce lieu de sépulture puisqu’en de nombreuses circonstances, il apparaît que les plus grandes figures du peuple d’Israël attachèrent une très grande valeur à s’installer et à vivre entre ses murailles ! C’est en effet à ‘Hévron que D.ieu se révéla à Avraham lors de l’Alliance de « Ben haBétarim ». C’est en cet endroit qu’il réalisa sa propre circoncision et qu’il reçut la visite des trois anges.

Ainsi, les plus grands personnages de notre peuple y vécurent, et c’est là-bas qu’éclot le règne de David qui allait donner jour à la dynastie de la Royauté de David.

Il semblerait d’ailleurs qu’à travers les siècles, il y a eu de tout temps une présence juive à ‘Hévron.

On retrouve ainsi des témoignages datant des tout débuts du Moyen-âge – en 614 exactement – rendant compte du soutien qu’apportèrent les Juifs de ‘Hévron aux Perses, sous le régime de la dynastie des Sassanides, dans leur conquête de la Terre sainte contre l’Empire byzantin. Mais lorsque 14 ans plus tard, l’empereur Héraclius – l’un des derniers monarques de l’Empire romain d’occident – reconquit ces terres contrôlées par les Perses, il se vengea cruellement des Juifs, qui l’avaient trahi, en anéantissant toute la population juive de ‘Hévron.

Bien que très longtemps réduite à quelques familles isolées, la communauté juive de ‘Hévron ne tarda pas à renaître !

Mais avec la ténacité qui le caractérise, le peuple juif revint ensuite sur les traces de ses pères, et la communauté juive de ‘Hévron, quoique très longtemps réduite à quelques familles isolées, ne tarda pas à renaître.

Ce n’est que quelques décennies plus tard que l’on retrouva la trace d’une communauté juive à ‘Hévron dans le témoignage d’un ancien manuscrit rédigé en arabe et retrouvé sur les lieux. On y apprend qu’à l’époque d’Omar Ier, le second calife musulman qui conquit la Terre sainte des mains des chrétiens, fut entreprise la construction d’une synagogue sur les lieux de la Caverne de Makhpéla dans les circonstances suivantes :

« alors que le calife s’approchait de ‘Hévron et que les Chrétiens pressentaient déjà leur déroute imminente, ils détruisirent intégralement l’immense église qu’ils avaient érigée sur les lieux de la sainte sépulture. Pour ne laisser aucune trace de ce lieu saint, ils enfouirent profondément l’entrée de la grotte avec les décombres, de sorte qu’il devint impossible de la localiser.

Lorsqu’Omar pénétra dans la ville, les Juifs lui proposèrent alors un marché : en échange de l’autorisation d’y construire une synagogue, ils indiqueraient au calife le lieu précis de l’entrée du saint lieu de sépulture. C’est ainsi que, pendant longtemps, subsistèrent une synagogue et un cimetière juif tout près de l’entrée de la Méarat haMakhpéla.

Quelques siècles plus tard (en 1171), le célèbre voyageur Binyamin de Tolède relata sa visite des lieux par un témoignage remarquablement vivant :

« Etablie jadis dans la montagne, la province de ‘Hévron est aujourd’hui détruite. C’est dans la plaine et dans le champ de Makhpéla que se situent aujourd’hui la ville et la grande place que l’on appelle ‘Sanat Abram’, qui fut une synagogue du temps des Arabes.

Les non juifs y ont marqué six sépultures aux noms d’Avraham et Sarah, Its’hak et Rivka, Yaacov et Léa, et ils affirment aux pèlerins chrétiens que ces lieux sont les tombeaux des Patriarches. Mais lorsqu’un Juif se présente, il tend une somme d’argent au gardien de la caverne qui lui ouvre une porte en fer datant de l’époque de nos ancêtres. On peut alors descendre des escaliers, qui mènent à un palier où il n’y a rien…

On reprend alors la descente d’un second escalier menant à un palier qui ne contient rien non plus. Et c’est seulement au troisième palier que l’on trouve six tombes, l’une en face de l’autre (…) ».

Une dizaine d’années plus tard, un sage originaire de l’Empire germanique, rabbi Peta’hya de Ranschburg, se rendit lors d’un voyage exceptionnel sur la tombe des Patriarches, et donna une description semblable de l’aspect de la Caverne en ajoutant quelques détails intéressants. Il décrit qu’à l’entrée du troisième escalier, formant une cavité à même la roche, des morceaux de fer particulièrement épais étaient fixés dans le sol, d’où un vent puissant s’échappait, « et lorsqu’un homme se tenait devant l’entrée de la grotte, la puissance du souffle l’emportait en arrière ».

Aux yeux de ce Sage, il ne faisait aucun doute que ces détails ainsi que de nombreux autres étaient l’œuvre de la Main divine puisque « jamais l’homme n’aurait pu façonner de telles choses »…

Ainsi, même si nous ne sommes plus en mesure de percevoir la tombe des Patriarches telle qu’elle nous est décrite dans tous les témoignages de la tradition, ceux-ci nous révèlent néanmoins l’importance capitale qu’occupera à jamais ce lieu particulier dans le cœur du peuple juif.

Chlomo Messica pour Hamodia

Sources :

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