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Il est écrit dans la paracha Kedochim (19,15) : « בְּצֶדֶק תִּשְׁפּטֹ עֲמִיתֶךָ » (Avec équité tu jugeras ton prochain). Ce verset nous enjoint de juger notre prochain favorablement. Et nos Sages d’ajouter qu’en agissant ainsi, nous pouvons espérer être jugés favorablement par D.ieu (Talmud, traité Chabbat 127b). Cette Mitsva de la Torah si importante, est-elle la source de la prospérité financière extraordiaire de la famille Rothschild ? Voici une histoire…

baron-de-rothschild-1190Reb Méir Anshel Rotschild (le patriarche de la dynastie des Rotschild) était le bedeau de Rabbi Tsvi Hirsch Horowitz, Av Beth Din de Tchortkov (père de Rabbi Chemouël Horowitz et Rabbi Pin’has Horowitz) et il insistait pour ne percevoir aucun salaire de ses services.
On raconte que son maître, Rabbi Tsvi Hirsch économisait jour après jour en vue de la dot de sa fille. Il avait fini par rassembler la respectable somme de 500 roubles qu’il conservait dans une bourse dissimulée à l’arrière de son stender (pupitre d’étude).

Le soir du 14 nissan, au moment de bedikat ’hamets, le saint homme inspecta son stender mais constata avec effroi que la bourse s’était volatilisée. Or il s’avéra qu’à la même période, Reb Méir Anshel, son bedeau venait de fonder un foyer et avait ouvert une petite épicerie qui commençait à prospérer.

Pour les proches de Rabbi Tsvi Hirsch, cette réussite soudaine était la preuve que le coupable de ce larcin n’était autre que leur fidèle bedeau qui avait certainement consacré ce joli pécule à l’ouverture de son commerce.

Rabbi Tsvi Hirsch s’évertua à taire leurs accusations, arguant que la Torah interdisait de suspecter autrui sans preuve concrète, qui plus est lorsque l’accusé en question avait toujours fait preuve d’une intégrité hors du commun. Mais ses réprimandes tombèrent dans l’oreille d’un sourd et les membres de sa famille le forcèrent à se rendre chez Reb Méir Anshel pour le soumettre à un interrogatoire en bonne et due forme.

Voyant son saint maître s’approcher de la vitrine, le nouveau commerçant se réjouit grandement, certain qu’il désirait le bénir dans ses affaires.

Mais sa joie fut de courte durée lorsque, faisant le récit de ses dernières mésaventures, Rabbi Horowitz laissa entendre qu’il figurait en première place dans la liste des suspects.

Loin de se disculper, Reb Méir Anshel avoua avoir subtilisé cette somme pour l’investir dans l’ouverture de son commerce, et promit de lui rembourser 200 roubles immédiatement et le reste en plusieurs traites échelonnées sur une période de six mois.

Rabbi Tsvi Hirsch récupéra son dû et rentra chez lui, le coeur tranquille.

En réalité, le véritable auteur de ce larcin n’était autre que la servante non-juive de Rabbi Tsvi Hirsch Horowitz qui s’était procuré les clés du coffre et avait ravi la bourse contenant les 500 roubles qu’elle avait remis à son mari. Quelques temps plus tard, quand ce dernier constata que les soupçons ne semblaient guère peser sur son épouse, il invita ses amis à la taverne locale et leur offrit la tournée générale.

Au moment de régler l’addition, il tendit au tenancier une pièce d’un rouble, prétextant qu’il venait de la trouver en chemin, et empocha la monnaie.

Le lendemain, la même scène se répéta ; l’ivrogne offrit la tournée à ses camarades et régla ses consommations avec une pièce d’un rouble trouvée, cette fois encore, sur la route…

Ce manège éveilla les soupçons du tenancier qui alla trouver le seigneur polonais pour dénoncer son client. Le dirigeant conseilla au propriétaire de la taverne de l’enivrer lors de sa prochaine visite à la taverne afin que, peut-être, dans sa confusion, il finisse par dévoiler l’origine de sa fortune.

Le tenancier suivit ce conseil et ffectivement, après avoir forcé sur la bouteille, notre homme se mit à dévoiler que son épouse avait volé une bourse contenant 500 roubles à son employeur, le Rabbin local, et qu’il avait enterré le pécule dans la cour de sa maison.
Sans plus attendre, le patron dénonça son client auprès du seigneur qui s’empressa de dépêcher ses policiers pour arrêter le voleur. Après l’avoir soumis à un interrogatoire serré, ils retrouvèrent la bourse à laquelle ne manquaient que les quelques roubles que l’ivrogne avait consacrés à son penchant pour la boisson.

Aussitôt, le seigneur convoqua le Rav de la ville et après lui avoir raconté les aveux du mari de sa servante, il lui remit fièrement le pécule volé. Estomaqué par ces révélations, Rabbi Tsvi Hirsch Horowitz accourut chez Reb Méir Anshil et lui demanda pourquoi il avait endossé la responsabilité d’un crime qu’il n’avait pourtant pas commis.

Ce dernier lui répondit : « Mon maître, lorsque j’ai vu la détresse dans laquelle vous vous trouviez à la suite de ce vol, j’ai décidé d’en prendre la responsabilité afin de vous permettre de retrouver votre sérénité. »

Le sage de Tchortkov se confondit en excuses devant son bedeau pour l’avoir accusé à tort et lui restitua son argent.
Puis il le bénit que par le mérite de son acte, la bénédiction réside dans ses affaires et que lui et sa descendance vivent à tout jamais dans les honneurs et l’opulence.

Les paroles du saint homme s’accomplirent et à compter de ce jour, Reb Méir Anshil Rotschild connut un succès fulgurant dans ses affaires et vit son nom, et celui de ses descendants après lui, associés à une richesse devenue légendaire (source : Dover Chalom p.152).

Extrait du livre « Pniné haTorah » – Editions Torah-Box

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