Une commémoration très particulière a eu lieu l’an dernier au cimetière de Netanya. Elle rendait hommage à Barouh’ Mizrahi, jeune combattant du Etsel, qui a été tué pendant les combats qui ont précédé la proclamation de l’Indépendance d’Israël.

barouh_mizrahi46Barouh’ Mizrah’i z’l est né il y a 85 ans dans une famille arabe musulmane de Safed. Il a assisté dans sa ville, à proximité de son domicile, à des activités du Betar. Cela l’a incité à s’intéresser de plus près au judaïsme et au sionisme à tel point qu’il a fini par décider de se convertir. Il s’est ensuite engagé dans les forces combattantes et a pris un nom juif.

Par la suite, après une opération contre les Britanniques qui étendaient encore leur mandat sur le pays, il a été arrêté et exilé avec des centaines de compagnons d’armes du Etsel et du Leh’i, deux organisations combattantes pour la liberté d’Israël, dans un camp en Erythrée.

En 1946, une querelle a éclaté entre des gardiens soudanais du camp et des prisonniers juifs. Les gardiens ont alors ouvert le feu, tuant deux hommes et blessant grièvement Barouh’ Mizrah’i. L’incident très grave a suscité de vives protestations dans le monde juif et le Rav Herzog, grand rabbin d’Israël, est venu dans le camp et a rendu visite au blessé Barouh’ Mizrah’i. Ce dernier, craignant de mourir, a demandé au Rav Herzog de veiller à ce qu’il soit enterré dans un cimetière juif.

Finalement, il s’est remis de ses blessures et de retour au pays, a rejoint les forces combattantes. Alors qu’il recueillait des renseignements dans la région de Djénine, il a été arrêté puis tué près de Sa-Nour, en Samarie. Pendant des années, ses camarades ont ignoré où se trouvait son corps. Ce n’est qu’en 1968, après la Guerre des Six-Jours, qu’il a enfin été découvert et a pu être inhumé dignement au cimetière de Netanya lors d’une cérémonie officielle présidée par le Premier ministre de l’époque Menahem Begin z’l.

Yossi Dagan a raconté l’histoire de ce jeune homme idéaliste, ajoutant : « Barouh’ Mizrah’i n’a pas eu le bonheur de fonder un foyer et d’avoir des enfants qui puissent réciter le Kaddish après sa mort. C’est pour cette raison que la communauté de Sa-Nour (localité évacuée au moment du retrait du Goush Katif) a décidé de l’adopter et de devenir membre de la famille qu’il n’a jamais eue ».

Un représentant du Etsel, a déclaré : « L’histoire de Barouh’ Mizrah’i rappelle celle de Ruth. Elle était prête non seulement à se convertir mais également à mourir pour la nouvelle identité qu’elle avait prise. Après ses blessures, Barouh’ aurait pu être exempté et cesser ses activités militaires. Mais il a tenu à retourner se battre et a ainsi perdu la vie, montrant son lien très fort avec le peuple juif ».


Claire Dana-Picard
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