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Le Zohar ou Livre de la Splendeur est une exégèse ésotérique et mystique de la Torah. Cet important document est attribué à un rav du 2ème siècle de l’ère courante Shiméo’n Bar Yoh’ay et à des sages des siècles suivants. La tradition orale transmise à travers les générations a été compilée, rédigée et fixée par Moïse de Léon à la fin du treizième siècle et achevée en 1286.

Rabbi Moïse de Léon

zohar-moise-de-leon-200poAuteur d’un grand nombre de traités et de commentaires cabalistiques, rabbi Moïse ben Chem Tov de Léon (Castille, 1240-1305) est surtout connu du grand public parce qu’il est considéré comme le rédacteur de la majeure partie du Zohar..

Né dans la ville de Leon, en Castille, au nord-ouest de l’Espagne, vers 1240 ou 1250, Moïse de Leon a vécu à Guadalajara pendant trente ans, puis à Avila.

On ne sait pas grand chose de ses parents, de ses professeurs ni de sa jeunesse. Plus tard, sa famille se plaindra de ne pas le voir beaucoup et d’être pauvre.

En effet, il se consacre exclusivement à son œuvre, à la lecture et à l’écriture, d’une façon quasi monacale. Il transmet ses cahiers à son disciple préféré, Rabbi Jacob.

Il fut d’abord attiré par la philosophie, comme en témoigne un manuscrit du Guide des égarés de Maïmonide qui fut copié pour lui en 1264. Par la suite, il se familiarise aussi bien avec les traditions kabbalistiques de Gérone qu’avec la tendance gnostique représentée par Moïse de Burgos et Todros Abulafia. Il entretient des relations particulièrement étroites avec Joseph Giqatilia dans les années 1270-1286.

Jusqu’en 1286, il adhère à la kabbale des lettres, que l’on appelle aussi « mysticisme linguistique », et qui met l’accent sur l’étude de la signification des lettres de l’alphabet hébreu et des noms divins. Il se détache de l’influence musulmane des Mou’tazilites ainsi que de philosophes tels que Al-Farabi, Avicenne, Averroès, ou encore du philosophe juif Maïmonide (1135-1204) à cause de leur rationalisme. Après avoir exploré la voie de la mystique des lettres, il se tourne vers une élaboration théorique de la kabbale tout en se refusant de se limiter à la seule raison.

Mû par son enthousiasme à l’égard des doctrines théosophiques et par le sentiment qu’il fallait contrecarrer les tendances rationalistes qui se développaient dans le judaïsme espagnol, Moïse de León rédigea diverses œuvres pseudépigraphiques destinées à propager les doctrines de la Kabbale. C’est le cas du Midrash ha-Neelam (Le Midrash mystique) et de la plus grande partie du Zohar, rédigés entre 1270 et 1300. C’est aussi le cas d’autres traités pseudépigraphiques portant sur l’éthique et l’eschatologie de l’âme et intitulés Testament de Rabbi Eliezer ou encore ‘Orhōt Hayyim (Les Chemins de la vie).

Moïse de Leon a écrit beaucoup de livres, parmi lesquels La Lumière semée, Le Secret des doigts, La Rose du témoignage, Questions et Réponses, Le Secret des dix sefirot, Le Livre de la grenade, l’Ame intelligente, aussi appelé Le Livre de la balance, Le Tabernacle du témoignage, Le Portique du fondement du char, Secrets,Commentaires sur la prière,…et on lui en a attribués un grand nombre.

Plusieurs fois dans son œuvre Moïse de Leon indique pourquoi l’écriture lui est nécessaire. On sent, à travers son besoin d’étudier, l’inquiétude profonde d’un homme convaincu de posséder la clef du sens de la Torah face à une génération séduite par la philosophie aristotélicienne.

Il composa de nombreuses autres œuvres en hébreu, sous son propre nom. Deux ouvrages seulement ont été imprimés : Ha Nefesh ha-Hakomah (L’Âme intelligente), réédité à Bâle en 1608, et Shekel ha-Qodesh, publié à Londres en 1912. D’autres œuvres importantes subsistent sous forme de manuscrits : le Shoshan ‘Edūt, le Sefer ha-Rimmon (sur les motifs des préceptes), le Mishkan ha-Edūt (sur l’eschatologie et le char d’Ézéchiel).

Il y a aussi chez lui une urgence d’écrire à cause de la situation précaire des juifs en exil. C’est pour cette raison qu’il est contraint de révéler des secrets cachés jusqu’alors, transmis seulement de maître à disciple, pour les dévoiler au plus grand nombre. Il vise un lectorat large et populaire.

Ce qu’il cherche avant tout, c’est à rendre la mystique accessible à tous pour qu’elle ne s’oublie pas, ce qui peut paraître paradoxal ou inédit dans la tradition ésotérique qui cherche plus à cacher les mystères qu’à les révéler…

C’est pour cette raison qu’il a probablement inventé l’histoire d’un manuscrit ancien de Rabbi Yohanan ben Zakkaï, datant du Ier siècle, qu’il aurait trouvé et qu’il se contente de publier sous le nom de Zohar.

Toutes ses œuvres, qui font souvent des allusions transparentes à l’opus majus, sont fondées sur les mêmes sources que le Zohar et peuvent être considérées comme fournissant la plus authentique exégèse des doctrines qui se trouvent formulées dans celui-ci.

Les universitaires s’accordent à penser que c’est Moïse de Leon lui-même qui a écrit ce commentaire ésotérique de la Torah. Il l’aurait attribué au fameux Rabbi pour s’assurer un plus large public.

Le Zohar, qui traite de la relation de l’homme à Dieu par le monde, est composé de trois parties : le Livre de la Splendeur, ou Zohar, le Tiqqoun Zohar, Restauration de la splendeur, et le Zohar Hadash, Nouveau Zohar.

Son objet est la description des dix sefirot, émanations de Dieu qui représentent la structure du monde et de la destinée humaine.

Pour Moïse de Leon, Dieu est transcendant, non-connaissable, innommable et impensable, mais on peut trouver un accès à son existence manifeste.

Les lettres de l’alphabet hébreu et les mots contiennent une force spirituelle ; les noms de Dieu ont un pouvoir secret. Le sage qui connaît ces noms a le contrôle sur ces forces, qui sont des voies de pénétration de l’émanation divine.

En décidant de faire du Zohar une œuvre accessible pour l’humanité, mais d’une façon voilée ou codée qui en protège encore certains secrets, Moïse de Leon pose également les fondements philosophiques du bien et du mal, ce qui lui permet de former les principes pratiques d’une façon de vivre, une morale et une éthique.

C’est la raison pour laquelle le Zohar est devenu un livre aussi vénéré que le Talmud dans le monde juif. Il a également ouvert le monde de la kabbale aux chrétiens de la Renaissance avec l’idée que tout ce qui est sur terre a son correspondant en haut, et que tout possède une signification spirituelle.

En 1305, Moïse de Leon se rend à Valladolid, où se trouve la cour royale. C’est là qu’Isaac d’Acre, éminent rabbin venu de Palestine, cherche à le rencontrer pour savoir si l’histoire du manuscrit ancien est vraie ou inventée.

Moïse de Leon confirme la véracité de cette histoire et lui promet même qu’il pourra voir le manuscrit original. Il tombe malade et meurt avant de pouvoir le faire. Après sa mort, sa femme nie l’existence du fameux manuscrit. Ainsi aura-t-il gardé ce secret-là jusqu’au bout, laissant à la postérité une œuvre majeure, une entreprise inouïe qui était tout simplement de comprendre le mystère du monde.

Moïse de Leon, dans Le Sicle du sanctuaire, décrit le processus de l’émanation comme extériorisation de la pensée à partir du lieu où est l’Esprit jusqu’au lieu où l’homme parvient à la comprendre. L’homme ne peut jamais en avoir une connaissance claire, il se limite à une perception allusive ou partielle grâce à la voix constituée qui devient audible puis devient Parole.

Secret de l’Union selon les Mystères des Choses Cachées

Par Moïse de Léon

zoharExtrait du Sicle du Sanctuaire (paru aux Éditions Verdier) portant sur les secrets de l’Unité en une vision quasi alchimique des éléments.

Nous avons déjà traité du thème du secret des mystères de l’unité présent dans les sections du récitatif : Écoute Israël. Nous avions également traité et discuté au début du secret de l’unité.

Mais il est dans l’ordre de la connaissance de connaître le fondement de tous les degrés et le fait que tel degré semble ne pas être au même niveau. Et surtout il faut savoir comment tous les degrés sont une seule réalité et une unique cause bien qu’il faille savoir si les sefirot sont créées ou non.

Car si tu dis qu’elles sont créées, comment peut-on faire reposer le fondement de notre foi dans une chose créée ? Et si tu dis qu’elles ne sont pas créées, comment diras-tu que nous connaissons ou que nous atteignons et sondons une chose qui n’est pas créée ? Comment pouvons-nous avoir quelque connaissance ou quelque intuition d’une chose qui n’est pas créée ? Il faut savoir et comprendre que Lui, béni soit Son nom, ne renferme absolument rien que la bouche puisse énoncer et la pensée atteindre. Et parce qu’il ne renferme rien de ce genre, nul ne peut en obtenir ou en acquérir quelque connaissance que ce soit. Mais grâce à la vraie gnose, nous pouvons découvrir le secret de son rang, béni soit son nom, à travers ses dimensions.

Nous savons par-dessus tout qu’à cause de son extrême occultation absolument insondable Il exprima [hors] de Lui le secret de Son existence et Il existentia à partir de Lui le secret de la lumière d’une splendeur véritable sous la forme du secret d’un Point initial dissimulé et mystérieux. Or ce Point se déploya et se m~t à procéder, et de ce déploiement advint à l’être la lumière de la splendeur d’un autre Miroir [1]. Et cette extension de la procession et de l’être se déploya et devint création.

Dans le Récit du Commencement il s’agit de yehi, « soit » [à l’impératif], à savoir « Que l’être premier se déploie [2] » Loin s’en faut qu’il y ait ici une nouvelle création pareille à celle des autres créatures, mais ce déploiement, cette procession de l’ être à partir de la cause première, c’est cela la véritable création, et rien d’autre. Grâce à cela nous avons part au Dieu d’lsraël et nous connaissons et découvrons une parcelle de la réalité de Son unité magnifIque et sublime, béni soit son nom.

Ainsi donc tu sauras que dans l’ensemble du Récit du Commencement, pour chaque jour sans exception, tu ne trouves le secret de l’être qu’il recèle qu’exprimé par « soit ! », « soit [3] ». Et nous avons déjà suggéré que son secret est le déploiement de la forme à partir du mystère de la Pensée supérieure qui est la cause première. C’est ainsi que le secret de toutes les essences, aussi bien dans le Récit du Commencement que dans le Récit du Char est l’énigme du déploiement de l’existence. Ce que nous avons suggéré de façon allusive te suffira.

Revenons à ce que nous étions en train d’expliquer touchant au secret de l’Unité, pour faire connaître que tout est un. De plus, à partir de cette voie, tu pourras discerner l’essentiel. À présent, réfléchis et comprends le principe véridique car il faut connaître et sonder le secret de cette unité. Maintenant écoute et apprends : la Pensée est occultée et cachée et à cause de son extrême occultation nul ne peut en avoir quelque perception que ce soit ni rien connaître d’elle.

La Pensée s’est déployée, parvenant jusqu’au lieu d’où émerge l’Esprit et elle s’est liée à lui. Parce qu’elle s’est déployée jusqu’à ce lieu-là, alors l’homme parvient à en obtenir une certaine intelligence. Non pas qu’il obtienne une connaissance claire, mais l’homme arrive à méditer une certaine allusion ou la trace d’une infime compréhension. C’est pourquoi cette extension [de la Pensée] est appelée Binah (Discernement). La Source encore procède et cette Pensée se déploie pour se manifester hors de ce lieu où elle est appelée Binah, et elle doit alors lâcher une Voix constituée de trois choses : de feu, d’eau et de souffle, et elle devient une Voix audible à l’extérieur.

L’homme parvient déjà en sa pensée à connaître, à percevoir et à deviner cette Voix, bien que la chose ne soit aucunement connue. La Source encore procède et devient auprès de la Voix une Parole, car elle vibre dans cette Voix pour parfaire le processus.

Lorsque tu contemples la sagesse, tu découvres, depuis la tête de la Pensée primordiale jusqu’au terme de la Pensée qui est la Parole [4], que tout est un et qu’ il n’y a là strictement aucune séparation : car c’est elle, elle, la Pensée dont nous avons traité, et c’est elle, oui elle, et tu ne trouveras rien d’autre qui soit hormis par son extension et sa procession jusqu’au terme de la Pensée, et tout est un. Cette allusion te suffira pour savoir qu’Il est un en son unité sans aucune séparation d’aucune sorte. Tout est exact pour celui qui comprend et YHVH nous agréera et nous montrera ses sentiers de rectitude [5].

Mais la sagesse, d’où sort-elle ? Où est-il, le lieu du Discernement ? ” (Job 28 : 12).

Nous avons déjà parlé et traité du secret de la Sagesse véritable à propos des mystères des trésors cachés qui sont dans le secret de la réalité de Son existence, que Son nom soit béni. Et cela de façon allusive, appropriée pour celui qui comprend et il s’agit d’un secret valable pour ceux qui ont trouvé la connaissance.

Je vais maintenant entamer un autre exposé. grand et glorieux, au sujet d’un secret dissimulé et caché dans les arcanes du Char. Bien qu’en ce qui concerne les mystères du Char, « nous n’ayons pas à nous occuper des choses cachées », et bien que d’après ce que j’ai 1u et selon mon intention j’aie traité ailleurs des mystères du Char, néanmoins je dois à présent expliquer le secret du mélange des premiers éléments qui sont les réalités supérieures, principes des principes de tous les engendrements [6].

Il s’agit des quatre éléments, feu, eau, souffle et poussière, car « les pères ce sont eux le Char [7] » et le roi David s’est joint à eux [8]. Ce sont eux les principes des principes de tous les engendrements [9] en haut et en bas et toutes les essences se constituent à partir d’eux et en sont les héritières.

Il te faut savoir que le feu, le souffle, l’eau et la poussière sont tous joints ensemble et sont intriqués l’un en l’autre. De plus. nous avons déjà dit que le feu et l’eau sont en controverse l’un avec l’autre. Mais le souffle s’ interpose entre ces deux éléments, entre l’élément feu et l’élément eau, comme il est dit : « Le souffle de Dieu planait à la surface des eaux » (Gen. 1 :2).

En effet, tu trouveras que toujours le souffle en son secret tourne continuellement au milieu du ciel et il est accroché à deux éléments et à ces éléments il s’attache. l’un du côté de la poussière, l’autre du côté de l’eau. La poussière se situe au-dessous de l’eau afin que l’eau engendre la poussière et la fasse germer- Ainsi les éléments se tiennent l’un l’autre et sont mélangés et intriqués l’un en l’autre, tu trouveras en effet que l’élément feu est chaud et sec, que l’élément souffle est chaud et humide, que l’élément eau est froid et humide et que l’élément terre est sec et froid.

Et en réalité, quand ces quatre éléments se conjuguent, toutes les choses et toutes les essences émergent de leur sein. Chaque élément est agglutiné à l’autre et adhère à lui, chaque élément donne existence à un autre élément : de la procession de l’existence de son essence advient l’autre.

Tu constates ainsi que le secret du feu existentiel souffle, que l’élément souffle existentie l’eau, que l’élément eau existentie la poussière. Chacun est agglutiné à l’autre et est intriqué en lui. Ainsi toutes les essences sont advenues à l’être par le secret des quatre éléments, car les éléments par quatre se tiennent à leur poste, chacun pour accomplir sa fonction propre en relation avec tous les autres, car l’un n’est pas sans l’autre. Quand le feu s’agrège au souffle et le souffle à l’eau, alors les éléments se regroupent, puis quand l’eau s’agrège à la poussière, alors la chose passe de la puissance à l’acte et l’essence acquiert une structure stable, rien jamais ne s’en échappe.

Les éléments supérieurs sont au nombre de trois [10], tandis que la terre est leur vase de réception [11]. Ces quatre éléments sont répartis aux quatre points cardinaux situés « près de la bordure » (Ex. 25:27, 37~14).

Le feu prédomine irrésistiblement du côté du Nord [12] , selon le secret de la disposition de la sagesse. Le souffle se tient selon sa disposition du côté de l’ Est [13] . L’eau se tient selon sa disposition du côté du Sud [14]. La poussière se tient du côté de l’Ouest [15]. Chacun est assigné à son coin, au côté du point [cardinal] où il se tient-

Comme le feu est toujours du côté du Nord, qui est d’une nature froide et humide, les maîtres de la science disent que par nature le feu engendre la nature de l’or. Il en va comme dans le secret du verset : « L’or vient du Nord, etc. » (Is– 37:22). Car en leur secret les quatre métaux que sont l’or, l’argent, le cuivre et le fer n’adviennent à l’être qu’en dérivant de ces éléments. Sans les trois premiers éléments, la poussière ne pourrait faire sortir de la puissance à l’acte aucun métal.

L’or par exemple advient à l’être en s’attachant au secret du feu et au côté Nord, puisque par-dessus tout, lorsque la chaleur naturelle s’approche d’une chose froide, la nature engendre son aspect jaune : et c’est le secret de l’or, cela grâce à la nature qui opère dans ce point cardinal et dans le caractère de cet élément.

L’argent est lié au secret de l’eau et au côté Sud, car lorsque l’eau et le soleil se rapprochent l’un de l’autre, naît une nature blanche, qui est le secret de l’argent.

Le cuivre est rouge et c’est la nature des deux [16] qui l’engendre, car ceux qui connaissent d’après 1′oeuvre [17] que la voie de leur nature engendre le cuivre, le transforment en la nature de l’or et de l’argent, et cela par les oeuvres du soleil dans le souffle [18].

En conclusion. la cause de l’engendrement de l’or, de l’argent et du cuivre repose sur un processus grandiose et véridique qui est un secret profond.

Lors de la combinaison des éléments entre eux et de leur substitution l’un à l’autre, tu découvriras aussi que parfois l’eau engendre l’or et le feu l’argent. En réalité, la cause génératrice du fer est la poussière dans le secret de l’Ouest, car sa cause génératrice est effective à cette condition par l’absence de soleil et la diminution de son rayonnement, la poussière engendre le fer qui est une nature plus sèche que toutes les autres, parce qu’elle se situe au côté Ouest de l’engendrement de la poussière.

En effet, en se liant avec les trois éléments supérieurs et quand l’un d’eux s’attarde sur elle. La poussière engendre alors un reflet de chacun d’eux. Tu constateras ainsi que lorsque la puissance du feu élémentaire de nature chaude qui est du côté du Nord s’approche de la poussière qui est en bas, la poussière engendre de l’or si les trois éléments supérieurs s’approchent d’elle ensemble. Et lorsque les trois éléments supérieurs s’approchent de l’or, eux qui constituent une unique réalité. Alors, l’or engendre la poussière. Quand la poussière s’approche de la chaleur du feu du côté du Nord, l’engendrement de la poussière est de l’or. De là tu pourras comprendre le secret des deux chérubins d’or.

De la même façon, la poussière en s’approchant de l’eau et en se liant à elle du côté du Sud, par l’ardeur du Sud – car l’eau est froide et hum ide et le Sud est chaud et sec – la poussière donc, qui est froide et sèche, en s’approchant d’eux, engendre la nature de l’argent, la poussière en effet l’engendre par la puissance de l’eau et dans le côté Sud. Ainsi donc, tu peux savoir que la poussière qui fait fonction de réceptacle, en s’approchant de chacun des autres éléments, engendre son reflet, une image de chacun d’entre eux.

Nous avons déjà traité de ce secret dans le livre La Rose du témoignage. Au vrai, ces éléments qui sont quatre sont les principes des principes de tous les engendrements, mais il existe d’autres éléments dans l’en bas, situés au-dessous d’eux, ce sont les éléments inférieurs dont l’essence a procédé en ce bas monde. Ils sont en réalité à l’image de ceux qui engendrent.

En effet, la poussière est ce qui fait sortir les engendrements suivant leur modèle. «selon leur clan, d’après leur maison paternelle » (Nom. l :2).

En vérité, les quatre métaux que nous avons évoqués, qui sont des entités supérieures qui se sont constituées selon le secret des quatre éléments, engendrent ces entités inférieures par leur quadruple puissance, et chacun engendre son reflet. Chacun des quatre métaux inférieurs émerge de la puissance des métaux supérieurs qui sont les quatre éléments évoqués par nous. Il y a donc un métal qui émerge à l’image de l’or. il est appelé cuivre doré, « métal » en langue étrangère. Il est semblable à l’or mais ce n’est pas de l’or, par cette puissance il a émergé et il est son reflet.

L’argent engendre le p1omb qui est blanc et qui émerge en ayant l’apparence de l’argent. Comprends cela .

En réalité, de même que l’or est dans le côté du Nord, comme nous l’avons dit, et que ce métal émerge de ce même côté, ainsi l’argent qui engendre le p1omb est dans le côté du Sud et l’engendre de ce même côté. C’est la même chose en ce qui concerne le cuivre : par la puissance de la poussière et la cause génératrice du feu, émerge le cuivre inférieur solide. dense comme le fer, et il se situe côté Est.

Tout cela grâce à la puissance des éléments supérieurs que nous avons évoqués : ils engendrent leur reflet en bas.

Le secret est tel que nous l’avons exposé et c’est : « Un fleuve sortait de l’Éden pour arroser le jardin et de là il se séparait pour former quatre bras » (Genèse 2: l 0).

Ce sont les quatre métaux d’en bas qui sont des [métaux] inférieurs ». Les pierres précieuses sont fixées aux métaux que nous venons d’évoquer. Ces pierres précieuses sont les douze mentionnées dans la Torah et elles sont fixées à l’Éphod, et les pierres, selon les noms des enfants d’Israël, ont émergé par la puissance des premiers éléments [19] : « Elles seront en gravures de sceau, chacune à son nom » (Ex. 28:21).

Et tout provient de la procession des éléments supérieurs car, par leur puissance et par leur cause, chacune a émergé. « chacun dans son camp, chacun près de son étendard » (Nom. 1 :52), et comprends qu’il s’agit d’un grand principe d’en haut.

(Voir les Notes en bas de page)

Le Sicle du sanctuaire , l’oeuvre qu’il signa de son propre nom, est d’une importance capitale au moins à deux titres : il nous propose un exposé systématique et quasiment exhaustif de la cabale théosophique de son temps, et confronté au Zohar, il nous en offre une meilleure intelligence. Écrit en 1292 dans la ville de Guadalajara, cet ouvrage élabore une présentation globale du système dessefirot (les émanations) et recèle l’une des synthèses les plus denses de la pensée cabalistique.

La présente traduction est accompagnée de multiples notes qui renvoient aux textes parallèles du Zohar, aux autres écrits de Moïse de Léon et à ceux des cabalistes contemporains. Établie d’après l’édition imprimée et les manuscrits, c’est la première version en langue européenne d’un écrit de ce grand maître du judaïsme médiéval qui nous livre quelques-unes des clés indispensables à l’étude de la mystique juive.

La présente traduction est accompagnée de multiples notes qui renvoient aux textes parallèles du Zohar, aux autres écrits de Moïse de Léon et à ceux des cabalistes contemporains. Établie d’après l’édition imprimée et les manuscrits, c’est la première version en langue européenne d’un écrit de ce grand maître du judaïsme médiéval qui nous livre quelques-unes des clés indispensables à l’étude de la mystique juive.

L’Arche, n° 466, octobre 1996, par Maurice-Ruben Hayoun :

Un intellectuel juif en Espagne

Charles Mopsik nous fait l’aubaine d’une bonne traduction française d’un texte important – le Cheqel ha-qodesh – dans l’œuvre de Moïse de Léon, l’auteur de la partie principale du Zohar.

Comment cet intellectuel juif d’Espagne, né en 1240 et mort en 1305, a-t-il pu opérer une telle mutation qui le conduisit de la rigueur conceptuelle d’un Maïmonide et de son Guide des Égarés à l’exubérant symbolisme sexuel et à la nomenclature séfirotique des textes kabbalistiques ?

Le Zohar, désigné à juste titre comme la Bible de la mystique juive, porte sa marque, même si, comme le note justement Juda Liebes dans de remarquables études, Moïse de Léon a peut-être été une sorte de rédacteur ou de « metteur en forme » d’une vaste littérature consignant par écrit les débats entre différents maîtres contemporains de l’ésotérisme – un peu comme un cénacle qui se réunit à intervalles réguliers pour méditer sur les secrets de la Torah…

Avant d’en dire plus, il est juste de souligner les mérites du traducteur-éditeur qui a fait précéder le texte français d’une longue introduction sur l’auteur et son œuvre : mises à part les pages déjà anciennes mais consultables de Gershom Scholem, consacrées à Moïse de Léon, nous ne disposions d’aucun exposé valable sur l’homme et son œuvre. On peut dire qu’aujourd’hui cette lacune est comblée et que la voie est désormais ouverte vers une importante présentation de la personnalité et de l’œuvre de Moïse de Léon.

Cet homme, nous explique M. Mopsik, est passé d’une mystique fondée sur les lettres à une autre forme de méditation ésotérique, plus théosophique.

Il cite une exégèse du terme du Sefer Yetsira (Livre de la Création), qui fit couler tant d’encre : belima. Au lieu de reprendre la traditionnelle division du mot en beli ma (« sans quoi », sans fondement ontologique), Moïse retient belhom, qui signifie : « fermer », ou se retenir de parler (comme, dans la même source : belom picha miledabber), Moïse de Léon est coutumier de ce genre d’exégèse : souvenons-nous, dans le Zohar même, de la-assot et hachabbat ledorotam qui devient le-dirotam.

Il faudrait dire un mot des relations conflictuelles dans l’âme de l’auteur entre la philosophie aristotélicienne et l’ésotérisme juif. Tributaire d’un vocabulaire philosophique devant servir à exprimer une idéologie toute différente, Moïse de Léon a vécu dans une sorte de tension polaire qui s’est traduite par une œuvre fructueuse et originale, comme l’entrechoquement des concepts aristotéliciens et des théologoumènes mystiques.

Or Moïse de Léon est mort en 1305 ; de 1303 à 1306 eut lieu une terrible controverse concernant les écrits de Maïmonide et l’enseignement des matières scientifiques. Œuvre de la maturité, ce Sicle du sanctuaire fut écrit en 1292, à un moment où le corpus averroïste figurait presque totalement en version hébraïque, et déjà avait commencé l’âge d’or de l’averroïsme juif médiéval avec Isaac Albalag (seconde moitié du XIIIe siècle), Joseph Ibn Caspi (ob. en 1340), Gersonide (ob. en 1344), adepte critique d’Averroès… Et dès le premier tiers du XIVe siècle, l’imposante silhouette de Moïse de Narbonne (1300-1362) allait se profiler avec tant d’insistance sur l’évolution de la pensée juive, c’est-à-dire post-maïmonidienne…

Ces éléments ont dû, ensemble ou en partie, peser sur l’écriture de notre auteur… Comment pouvait réagir un auteur au tempérament si résolument mystique à l’imposition par les philosophes aristotéliciens d’une hiérarchie d’intellects dits « séparés » (de la matière) dont le rôle, chez Maïmonide, est si primordial dans l’acte d’intellection humaine, du don de la prophétie et dans l’accès à la félicité éternelle ?

Moïse de Léon s’est lancé, comme tant d’autres, avant lui et après, dans une nomenclature séfirotique qu’il décrit avec une verve et une profondeur sans égales ; il établit même des correspondances entres ces triades séfirotiques et les bénédictions des shémoné esré.

Mais ce qui est encore plus frappant dans l’attitude de Moïse de Léon, c’est sa volonté de maintenir la fiction pseudépigraphique jusqu’au bout : c’est ainsi qu’en page 97 et passim il se cite lui-même en produisant un passage du Zohar, en feignant de le présenter comme un extrait d’unmidrash ou, ailleurs, du Yeroushalmi ! Une certaine sensibilité poétique se fait sentir dans l’usage symbolique de quelques citations rabbiniques, par exemple : « avant la création l’univers était comme de l’eau dans l’eau… », ce qui signifie que dans ce chaos informe précédant la création, le processus divin de différenciation des séfirot, soit des règnes successifs, n’avait pas encore été initié.

On notera aussi de judicieux aperçus où les hauts dons spéculatifs de Moïse de Léon font merveille : la comparaison, déjà amorcée par le midrash, entre la prophétie authentique et saine de Moïse et la divination entachée d’impureté d’un Biléam… Il existe aussi un intéressant passage traitant des différences entre la femme juive et l’ismaélite, qui ne laisse pas d’étonner ; ou encore sur la circoncision, et les imitations de ce rite par d’autres confessions. La symbolique des couleurs et l’alchimie ne sont pas en reste.

Déclaration d’Elie

Seconde introduction au Tiqouney ha-Zohar, fol. 17a.

Le Tiqouney Zohar a été attribué à R. Siméon ben Yohaï mais la critique historique considère que sa rédaction remonte à la fin du XIIIe siècle en Espagne.

Elie prit la parole et dit :

Seigneur de tous les mondes, Tu es un mais non par le nombre. Tu es élevé au-dessus de tout ce qui est élevé, mystérieux plus que tout ce qui est mystérieux, la pensée ne Te saisit d’aucune manière.

Tu es Celui qui fit surgir dix structures que nous appelons dix sefirot, c’est par elles que les mondes cachés et invisibles ainsi que les mondes visibles sont dirigés, en elles Tu te dérobes aux yeux des hommes. Tu es Celui qui les lie et les unit, et parce que Tu es à l’intérieur, quiconque sépare ces dix l’une de l’autre, c’est comme s’il Te divisait. Ces dix sefirot se meuvent selon leur ordre, l’une est patience, l’une impatience, l’autre juste mesure. Tu es Celui qui les guide et nul ne Te conduit, ni d’en haut ni d’en bas ni d’aucun côté. Tu les as orné de vêtements d’où les âmes prennent leur envol à destination de l’humanité, et Tu les as paré de nombreux corps – corps qui portent un tel nom au regard des vêtements qui les couvrent.

Elles ont dénommées respectivement :
Hessed (4, Bonté), bras droit; Guevourah (5, Puissance), bras gauche; Tiferet (6, Beauté), Tronc; Netsah (7, Victoire) et Hod (8, Majesté), deux cuisses; Yessod (9, Fondement), terminaison du corps, signe de l’Alliance sainte; Malkhout (10, Royauté), bouche, Torah orale — ainsi les nomme-t-on. La Hokhmah (2, Sagesse) — le cerveau —, est la pensée intérieure. La Binah (3, Intelligence) est le coeur, et par elle le coeur comprend. Au sujet de ces deux-là, il est écrit : “ Les mystères appartiennent à YHVH notre Dieu ” (Deutéronome 29:28). La Couronne suprême (1, Keter) est la Couronne de la Royauté, à son propos il est dit : “ Il indique dès l’origine ce qui sera à la fin ” (Isaïe 46:10) […].

Seigneur des mondes, Tu es Cela, l’Origine des origines, la Cause des causes, qui arrose l’Arbre [= les sefirot] par cette Source [= la Couronne], et cette Source est comme une âme pour un corps car elle vivifie le corps.

Mais de Toi il n’est ni image ni représentation parmi toutes choses intérieures ou extérieures. Tu as créé le ciel et la terre, Tu en as fait émergé le soleil, la lune, les étoiles et les constellations. Et sur la terre, les arbres, les végétaux, le jardin d’Éden, l’herbe, les animaux, les oiseaux, les poissons et les hommes, afin que les entités supérieures se laissent connaître à travers eux, ainsi que leur façon de conduire les êtres d’en haut et d’en bas.

Mais de Toi nul ne sait rien, et hors de Toi les êtres supérieurs et inférieurs n’ont pas d’unité, Tu te fais connaître comme leur Seigneur. Chaque sefira possède un nom en propre, les anges les invoquent grâce à lui, mais Toi Tu ne possèdes aucun nom propre car Tu remplis tous les noms et Tu es leur plénitude. Lorsque Tu les abandonnes, tous ces noms restent comme un corps sans âme. Tu es sage, non d’une sagesse connue, Tu es intelligent, non d’une intelligence connue, Tu n’as pas de lieu connu si ce n’est pour faire connaître Ta force et Ta puissance aux hommes, et pour leur montrer comment Tu conduis le monde par le jugement et la miséricorde, qui sont Justice et Droit, en fonction des oeuvres humaines.

Le jugement c’est la Puissance, le Droit c’est la Colonne médiane [= 6, Tiferet], la Justice c’est la sainte Royauté, les “ balances de justice ” ce sont les deux Piliers de vérité [7, Netsah et 8, Hod], le “ juste poids ” c’est le signe d’Alliance [= 9, Yessod]. Tout ceci afin de montrer comment le monde est dirigé, ce qui n’implique pas que Tu possèdes une justice connue, qui est le jugement, ni un Droit connu, qui est la miséricorde, ni aucun de ces attributs.

Extrait de Tiqquney ha-Zohar, « Déclaration d’Elie », fol. 17a
Source du texte : Journal des Etudes de la Kabbale

Notes du texte : « Secret de l’Union selon les Mystères des Choses Cachées »

[1] Il s’agit de la sefira Binah, qui émane de la sefira Hokhmah. à laquelle le « Point » se réfère.

[2] Moïse de Léon s’inspire ici d’une exégèse de R. Acher ben David, qui déclare dans son commentaire sur le premier chapitre de la Genèse, à propos de l’expression « que la lumière soit » : « [Dieu] vit que toutes les choses étaient cachées et il dit : Que toutes les choses qui sont dans la puissance de l’Agent se déploient et qu’elles opèrent et grandissent » (Ms.Paris. BN de France, 823, fol 179b) Voir aussi Zohar 1, 232b-233a pour une exégèse semblable du verbe yehi

[3] Dans le premier chapitre de la Genèse, chaque jour comporte une mention du verbe être (yehi ou vayehi).

[4] La « Parole » est une désignation de la sefira Malkhout.

[5] Un texte parallèle se trouve dans Zohar. 1, 246b. “La Pensée est commencement de tout. et parce qu’elle est Pensée elle est intérieure, close et inconnaissable. Quand cette Pensée se déploie davantage. elle parvient au lieu où l’Esprit réside. et une fois arrivée à ce lieu, elle est appelée Binah, car elle n’est plus aussi enclose qu’auparavant. Et bien qu’il soit enclos, l’Esprit se déploie et lâche la Voix condensant feu, eau et souffle, qui sont Nord, Sud et Est Cette Voix est la somme de 1′ensemble des puissances et cette Voix conduit la Parole et établit le mot en sa perfection, car la Voix a été émise du lieu de l’Esprit et elle est venue mener la Parole pour exprimer des paroles de rectitude. Lorsque tu contemples les degrés, Il est Pensée, Il est Discernement, Il est Voix, Il est Parole et tout est un. Et c’est elle, elle, la Pensée, qui est prémisse de tout et il n’y a pas séparation mais tout est un, une seule chaîne, car la Pensée même est liée au Néant et jamais elle ne s’en écarte et c’est : « YHVH est un et son nom est un » (Zac. 14:91.) ». Voir notre trad..t. 1V. p. 187.

[6] Passage parallèle dans Moïse de Léon, Fragment sans titre. fol. 366a et suiv. Un long passage semblable à celui qui suit se trouve dans Zohar 11, 23b-24b. qui est articulé, ce qui n’est pas le cas ici, au motif de la constitution du corps d’Adam. La difficulté de l’exposé qui suit tient dans l’intrication complexe de deux registres distincts : le système des sefirot et la physique médiévale aristotélicienne. L’auteur veut montrer que le monde physique, au niveau de ses éléments fondamentaux, est constitué par la procession des sefirot et de leurs interactions. Les éléments. les métaux, dont l’origine est décrite, ne sont pas seulement les symboles des sefirot : ils en sont aussi et surtout les dérivés physiques. En outre, le texte présente plusieurs lacunes qu’une comparaison avec le passage parallèle du Zohar peut permettre de combler en partie.

[7] Genèse Rabba 47:6, passim. Jeu de mots entre “principes” et “pères” qui en hébreu sont désignés par un même mot (avot).

[8] Ces pères et principes élémentaires correspondent aux sefirot Hessed (Abraham, eau), Guevourah (Isaac, feu), Tiferet (Jacob, souffle), plus David qui correspond à Malkhout ( poussière ou terre).

[9] De même que “ père ” signifie aussi “ principe ”, “ engendrement ” signifie aussi “ résultat, conséquence ”. Toutefois ce n’est pas le sens logique de ce terme qui prédomine ici mais son sens physique comme on va le voir ,l’idée que les minéraux sont des sortes d’êtres vivants qui peuvent être décrits par des termes liés à la sexualité et à l’obstétrique remonte loin dans le temps. Voir à ce sujet R. Halleux, “Fécondité des mines et sexualité des pierres dans l’antiquité gréco-romaine”. Revue Belge de philologie et d’histoire, 48. 1970, p. 16-25. Voir aussi Michel Tardieu, Trois mythes gnostiques,p. 185-190.

[10] Les sefirot Hessed, Guevourah, Tiferet.

[11] La sefira Malkhout.

[12] La sefira Guevourah.

[13] Symbole de la sefira Tiferet. Même symbolisme dans Moïse de Léon,Fragment sans titre. fol. 360a.

[14] La sefira Hessed.

[15] La sefira Malkhout.

[16] Ces “deux” sont sans doute l’argent et l’or : le blanc de l’argent atténuant l’ultra-jaune de l’or, en nait le rouge du cuivre qui en est une sorte d’atténuation.

[17] Cette expression (en hébreu melakhah) est une désignation stéréotypée de l’opération alchimique visant à obtenir la transmutation des métaux.

[18] Il est très nettement fait référence à l’alchimie et à l’oeuvre de transmutation du cuivre en or et en argent. qui est décomposition et retour du cuivre à un état antérieur.

[19] La fin de cet exposé concernant l’origine des métaux inférieurs et des pierres précieuses sera mieux compris à la lumière d’un passage parallèle du Zohar (11, 24b) : “ Viens et vois : feu. souffle, eau et poussière sont tous agglutinés l’un à l’autre et liés l’un à l’autre, et il n’est pas entre eux de séparation. Mais quand par la suite la poussière enfante [les choses qu’elle enfante] ne sont pas attachées l’une à l’autre. à la différence de celles d’en haut, ainsi qu’il est écrit : ‘Et de là il se séparait pour former quatre bras’. (Gen. 2: 10). En elles il y a séparation, parce que la poussière, lorsqu’elle enfante par -la puissance des trois [éléments] supérieurs, fait sortir quatre « fleuves » où se trouvent les pierres précieuses, ces dernières se situant en un seul endroit au sujet duquel il est marqué : . »Là se trouvent le bdellium et la pierre d’onyx » (Gen. 2: 121. Ces pierres précieuses sont au nombre de douze, elles sont réparties aux quatre points cardinaux pour correspondre aux douze tribus, comme il est écrit : « Les pierres seront au nom des fils d’lsraël, douze à leur nom » (Ex.28:21). ” … Source du texte : http://www.kabbale.eu/

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