SHARE
A chaque retour en France, Ruben Sarfati était assailli de demandes de ses proches, comme lui installés en Israël, pour qu’il leur rapporte des produits français : fromages, chocolats et autres gourmandises.

ruben sarfatiJe me suis aperçu que je n’étais pas le seul dans cette situation. De nombreux produits manquent aux Français qui vivent en Israël, et il n’est juste pas possible de rentrer au pays sans devoir revenir avec un sac plein de victuailles.”

Ce jeune homme de 23 ans n’a pas tardé à se dire qu’il tenait là le bon filon, raconte le quotidien israélien Ha’Aretz. Il a donc ouvert un site en ligne permettant aux Franco-Israéliens de se procurer des produits typiques qu’ils ne trouvaient pas en Israël.

S’il est certes possible d’y trouver des épiceries françaises, elles restent rares, et les produits chers.

On trouve des boutiques françaises à Netanya, où il y a une grande communauté française, mais que faire si vous êtes à Jérusalem et que vous crevez d’envie de biscuits Saint Michel ?”

De nombreux jeunes immigrants arrivent en Israël avec la volonté de créer une entreprise, sans savoir dans quel domaine se lancer, indique Ha’Aretz.

La nostalgie du pays d’origine est un point de départ pour beaucoup d’entre eux. Beth Finkelman, une Américaine de 26 ans, est sur le point d’ouvrir le premier magasin de yaourts glacés en self-service : lorsqu’elle est arrivée en Israël, c’est la chose qui lui manquait le plus des Etats-Unis.

Comme elle, Ruben Sarfati a participé à un programme d’accompagnement pour les petites entreprises.

L’association Gvahim (littéralement “Les hauteurs”) aide les nouveaux arrivants à s’insérer sur le marché du travail israélien : sa branche TheNest (“Le nid”) accompagne les petits business tandis que TheHive (“La ruche”) aide les start-up dans le domaine du high-tech.

Dans les deux cas, le but est de mettre en relation les immigrants avec des experts et des entrepreneurs afin de consolider leur réseau, car là réside la clé du succès selon Gvahim.

Lisa Rahmani, responsable des programmes européens chez Gvahim, revient sur la nécessité absolue de l’insertion professionnelle des olims en Israël.

lisa rahmaniLisa Rahmani, responsable des programmes européens – Gvahim (Crédit : Charlotte Guimbert)

Pour cela elle appelle à la mise en place d’un véritable pouvoir politique francophone. Il n’est pas convenable d’appeler les Français à faire leur alyah tout en ne leur permettant pas d’exercer en Israël leur profession.

Les programmes Gvahim apportent leur réponse à la nouvelle vague d’alyah en proposant un accompagnement professionnel à travers leurs différents programmes.

Ainsi l’association a étendu ses programmes de carrière à d’autres grandes villes israéliennes. Elle a également créé de nouveaux programmes pour les spécificités françaises telles que le programme pré-alyah et le programme dédié au médecin.

Enfin, Gvahim travaille sur la mise en place d’un lobbying francophone aux cotés des autres associations francophones afin d’avoir un réel impact sur le gouvernement israélien.

Alain Zeitoun rejoint Lisa Rahmani sur ce point. « Les Français ont longtemps manqué de mécènes, tels que les mécènes américains ou russes qui ont pu centraliser et coordonner les actions en faveur des olim de leurs pays d’origine. J’espère que l’on verra apparaitre de tels mécènes. Enfin, il faudra que les francophones aient une vraie représentation à la Knesset, mais il y a encore le temps avant que nous ayons des ‘primaires francophones’ pour la Knesset, » conclut-il.

Les intervenants du forum des associations francophones en Israël, ont regroupé les propositions concernant l’emploi selon les quatre points suivants :

– La mise en place d’un guide pratique du marché du travail israélien qui regrouperait des informations générales essentielles sur l’emploi en Israël. Conseils pratiques, offres d’emploi, CV en hébreu ou encore préparation à un entretien d’embauche en Israël, liste des entreprises présentes dans les villes, ce guide serait un véritable outil de renseignement pour les nouveaux arrivants.

– La mise en place de coordinateur-emploi dans les grandes villes qui accueillent beaucoup de francophones. L’idée serait d’avoir un interlocuteur francophone auprès des municipalités qui conseillent et aident les olims à s’insérer sur le marché du travail.

– Inciter les entreprises israéliennes à embaucher des francophones, et inciter les francophones à créer de nouvelles entreprises. Ces incitations seraient aussi bien financières que matérielles.

– Mettre en place des stages en alternance de cours d’hébreu et de travail en entreprise pour faciliter l’insertion des olims sur le marché du travail et pouvoir les préparer en même temps à passer leur équivalence si besoin.

Sources :

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité, de citer le site: http://www.terrepromise.fr

Copyright Terre Promise © Elishean/2009-2015/Terre Promise



Print Friendly, PDF & Email