Dès 1770-1780, les Juifs d’Alsace et de Lorraine s’associèrent en Hevrot, société de secours mutuels qui formèrent l’ossature des futures communautés.

YiddishLa Hébra rassemble des membres généralement d’un même lieu d’origine. Ils assurent ainsi les derniers devoirs, la visite aux malades, l’aide aux veuves, et autres œuvres de bienfaisance.

Après la Révolution française de 1789, le nombre de ces ‘’Sociétés’’ fut réduit et lors de la promulgation du décret du 17 mars 1808, elles passèrent sous la houlette du Consistoire de Paris. Au milieu du XIXème, elles furent finalement regroupées sur le titre de : Comité de Bienfaisance. Cet organisme deviendra dans les premières années du XXème siècle le CASIP’.

Devant l’étendue des pogroms qui se répandent dans toute l’Europe Orientale, les juifs des différentes communautés de ces pays décident d’émigrer.

Ces vagues d’émigration commencent autour de 1880 et enfleront après le drame de Tisza-Eszlar en Hongrie en 1883. Une grande partie des Juifs de l’Empire tsariste opte pour les Etats-Unis, peu finalement choisissent la France : quatre mille Juifs russes jusqu’en 1901, trois mille de Roumanie, un millier de Pologne et quelques-uns de Hongrie.

En effet, un certain nombre d’immigrés, désespérés de la longue attente d’un visa et compte tenu d’une certaine bienveillance de l’Administration française, décident pour cette raison de rester définitivement en France.


Les réfugiés s’installent majoritairement à Paris et se regroupent dans le IIIème arrondissement, autour du Carreau du Temple, et du IV éme arrondissement : rue des Rosiers, des Ecouffes, du Roi de Sicile, de la Juiverie (qui deviendra Ferdinand Duval après l’Affaire Dreyfus) et forment autour du métro Saint-Paul ; le ‘’Pletzl’’ (la Place).


Sur les routes de l’exil menant au Nouveau Monde, quelques-uns de ces juifs s’installèrent en France en s’écriant : ‘’Heureux qui comme Dieu en France’’.

Or, ces Juifs importèrent avec eux leurs coutumes religieuses, leurs sentiments politiques, leurs sociétés d’entre-aide, etc…. Arrivés à Paris, ils créèrent donc des Société de Secours Mutuel selon leurs origines, leurs affinités professionnelles ou politiques, etc. Dans le milieu aschkénaze, on appelle ces Hevrot ‘’Sociétés’’ : Landmanshaften.

Shalom Aleikhem, écrivain yiddish emblématique terme trouvera, plus particulièrement toute sa signification dans les milieux juifs venant d’Europe Orientale. Par le biais de ces sociétés d’entraide, les Juifs vont animer un système culturel, politique et syndicaliste très particulier : la Yiddishkeit.

Ce yiddishkeit est un art de vivre spécifique aux juifs originaires d’Europe de l’Est. Sa langue vernaculaire est le Yiddish. Ainsi, le yiddish connaît un regain d’intérêt en cristallisant une tradition culturelle d’une très grande richesse.

En ce qui concerne la culture yiddish il est aisé de parler de véritable culture faite de théâtre, de littérature, de poésie, de cinéma mais aussi de gastronomie.

Le yiddish sera aussi est véhicule des idées politico-syndicalistes des juifs et principalement celui des Bundistes. Il y aura d’ailleurs de dures joutes oratoires en Palestine et dans le monde juif entre les Bundistes et les Sionistes pour le choix d’une langue nationale : l’Hébreu ou le Yiddish.

Frédéric VIEY

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