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La deuxième génération est celle du roi Asa qui succède à Abiam sur le royaume de Juda.

Asa_of_Judah-295x300Asa est le roi qui effaça la faute d’idolâtrie de Salomon qui s’était prolongée sur deux générations (au sens de l’ascendance), celles de Roboam et celle de Abiam.

Le règne d’Asa fut de quarante et un ans.

Pour le présent psaume, la période qui nous intéresse correspond aux vingt premières années de son règne, celles correspondant à la deuxième génération de la nuit. Pour cette première moitié de règne nous pouvons nous reporter aux Chroniques, en particulier en ce qui concerne la bataille qu’il a menée contre Zérah l’Éthiopien :

  • asa-zerah-00017279-300x260Asa[1] disposait d’une armée de trois cent mille hommes de Juda, asa-zerah-00017279armés de boucliers longs et de lances, et de deux cent quatre-vingt mille hommes de Benjamin, portant le bouclier et maniant l’arc. C’étaient tous de vaillants guerriers ! Zérah l’Éthiopien (la suite des Chroniques positionne cet événement avant la quinzième année du règne d’Asa[2]), marcha contre eux avec une armée d’un million d’hommes et trois cents chars, et il s’avança jusqu’à Marêcha. Asa invoqua l’Éternel, son Dieu, et dit : « Seigneur, il n’est pas plus difficile pour toi de donner la victoire au faible qu’au puissant ; viens à notre secours, Éternel, notre Dieu, car c’est sur toi que nous nous appuyons, c’est en ton nom que nous avons marché contre cette multitude. Tu es l’Éternel, notre Dieu : que le mortel ne puisse rien entreprendre contre toi ! ». L’Éternel fit succomber les Éthiopiens devant Asa et Juda, et ils durent prendre la fuite.

Ces premières vingt années du règne d’Asa illustrent bien le début du deuxième psaume.

Pourquoi se démènent les peuples, et les nations agitent-elles de vains projets ? Les rois de la terre se soulèvent, les princes se liguent ensemble contre l’Éternel et son oint.

Asa est l’oint de l’Éternel et Zérah veut le renverser.

Toutefois les efforts des nations sont vains lorsqu’elles essaient de se liguer contre l’Éternel et son oint, le peuple d’Israël. Tout du moins lorsque ce dernier est fidèle à son Dieu comme l’a été Asa dans la première partie de son règne.

Alors quelle que soit la puissance des ennemis d’Israël, l’Éternel se raille d’eux et les broie comme un vase de potier. Car dans ce cas, le peuple d’Israël mérite sa place sur la montagne sainte de l’Éternel, sa souveraineté est établie sur Jérusalem.

C’est ce qu’indique la suite du psaume de cette génération :

« Brisons (disent-ils) leurs liens. Rejetons loin de nous leurs chaînes ! » Celui qui réside dans les cieux en rit, l’Éternel se raille d’eux. Puis il les apostrophe dans sa colère et, dans son courroux, il les terrifie : « C’est Moi (dit-Il) qui ai consacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! » Je veux proclamer ce qui est une loi immuable : « L’Éternel m’a dit : Tu es Mon fils, c’est Moi qui aujourd’hui, t’ai engendré ! Demande-le-Moi, et je te donnerai des peuples comme héritage, les confins de la terre pour domaine. Tu les briseras avec un sceptre de fer, tu les broieras comme un vase de potier. »

David qui est l’auteur des Psaumes peut être fier du comportement d’Asa qui est le digne héritier de son aïeul.

Il est le fils auquel on doit rendre hommage. Le fils qui a la protection de l’Éternel, celui dont les nations doivent rendre hommage.

Celui qui peut revendiquer l’héritage de David, le domaine que l’Éternel lui a réservé à Jérusalem, car comme David il a fait ce qui est droit aux yeux de l’Éternel. Ce qui n’était pas le cas de ces deux prédécesseurs : Roboam et Abiam. Tout du moins cela est vrai pour la première partie du règne d’Asa.

Pendant cette deuxième génération nous assistons à la fin du règne de Jéroboam roi d’Israël.

Son fils Nadab lui succède pendant un court règne de 2 ans en poursuivant l’attitude de son père défiante envers Dieu. Il est tué par Baasa qui lui succède en exterminant toute la famille de Jéroboam confirmant ainsi les prédictions du prophète Ahiyya sanctionnant ses errements.

Les comportements opposés de Roboam et de Jéroboam à cette génération entraînant pour l’un la bienveillance divine et pour l’autre sa colère illustrent bien les conclusions du psaume de cette génération :

Et maintenant, ô rois, sachez comprendre, tenez-vous pour avertis, juges de la terre ! Adorez l’Éternel avec crainte, et réjouissez-vous en Dieu avec tremblement. Rendez hommage au fils, de peur qu’il ne s’indigne, et que vous n’alliez à votre perte ; car bien vite sa colère prend feu : heureux tous ceux qui s’abritent en lui!

  • [1] II CHRONIQUES Chapitre 14, versets 7 à 11
  • [2] Voir II CHRONIQUES Chapitre 15, verset 10 qui cite un fait postérieur à cette bataille la quinzième année du règne d’Asa.

– 930 à +50 > Première garde de la nuit

Le peuple Juif a fauté à trois reprises dans le désert, chacune de ces fautes aurait du entrainer l’extermination du peuple Juif par Dieu.

Ces fautes ne sont pas de l’entière responsabilité du peuple Juif (cela ne sera pas expliqué sur ce site), Moïse a pu ainsi obtenir pour chacune d’elle que l’extermination du peuple Juif ne soit pas effective.

Par contre, il n’a pu éviter que le peuple juif subisse 147 malédictions, 49 d’entre elles sont édictées dans le livre du Lévitique (faisant partie du Pentateuque), le 98 autres sont évoquées par Moïse lui-même dans le Deutéronome (cinquième et dernier livre du pentateuque).

Chaque malédiction est associée à une génération de vingt ans.

Les 147 malédictions correspondent donc à une durée d’environ 3 millénaires, soit environ un millénaire pour chaque série de 49 malédictions. Cette période de 3 millénaires c’est la nuit du peuple Juif qui comporte 3 gardes : une garde par série de 49 malédictions.

Les 98 malédictions du Deutéronome correspondent à deux des fautes du peuple d’Israël dans le désert : celle de Réfidime et celle des explorateurs. Les malédictions associées à ces deux fautes de par leur signification toucheront le peuple Juif dès qu’il entamera son exil au sein des nations. Celui-ci commence à la destruction du second Temple. Celle-ci est associée à la période 50-70 de notre ère, ce qui correspond à la génération 50, la première génération de la seconde garde de la nuit.

Les 49 malédictions du Lévitique correspondent à la faute du veau d’or, elle sanctionne l’attirance du peuple d’Israël pour le paganisme.

Celles-ci sanctionneront le peuple d’Israël pendant toute la durée d’existence des deux temples de Jérusalem. Pendant tout ce temps, le service au temple est encore effectif et l’association avec le Lévitique n’est pas fortuite puisque ce livre du pentateuque décrit principalement les obligations du peuple Juif, de ces prêtres et de ses rois envers le service au Temple.

Cette période démarre à la mort du roi Salomon en -930 et jusqu’en 50 de notre ère puisque la génération 50-70 est déjà associée à la destruction du second Temple et donc à l’initialisation de l’exil du peuple Juif.

Les errements paganistes du peuple Juif pendant ces 49 premières générations de la nuit sont effectifs, puisqu’ils génèrent la fin du royaume d’Israël et l’exil prolongé de sa population puis la destruction du premier Temple par Nabuchodonosor et l’exil du peuple du royaume de Judée pendant 70 ans à Babylone. Mais au moins pour le peuple de Judée, ces 49 générations auront pour résultat à leur issue un peuple fidèle à son Dieu et qui n’est plus attiré par les dieux païens.

Ainsi, si les deux premiers Temples étaient nécessaires pendant la première garde de la nuit à attacher le peuple Juif à son Dieu, à la veille de la destruction du second Temple, la présence d’un Temple n’est plus indispensable et les Juifs pourront bientôt remplacer les sacrifices au Temples par des prières.

Selon la tradition juive, un jour est décomposé en six « gardes » de quatre heures. Trois gardes pour le jour, trois gardes pour la nuit :

Rabbi[1] Eliezer affirme : la nuit comprend trois gardes, et, à chacune d’elles, le Saint Béni Soit Il siège et rugit comme un lion, ainsi qu’il est dit : « L’Éternel rugit d’en haut et donne de la voix depuis sa demeure sainte, il rugit, il rugit en son domaine ».

Ce premier millénaire correspondant aux 49 malédictions du Lévitique symbolise la première garde de la nuit. Celle-ci est marquée par Nabuchodonosor puis les dynasties Perses. Le premier lion à rugir est donc le lion de Mésopotamie qui s’attaque au Temple de Jérusalem puis aide à sa reconstruction.

[1] TALMUD, BERAKHOT 1, 3a qui inclut une citation de JEREMIE Chapitre 25, verset 30

Paul David

-910 à -891, psaume 2 : L’agitation des nations

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